lundi 17 septembre 2018

La Bienfaitrice d'Elizabeth von Arnim

La Bienfaitrice

 

Elizabeth von Arnim


La Bienfaitrice / Elizabeth von Arnim

Anna, une jeune femme de 25 ans est plus intéressée par la philosophie que de se trouver un mari, ne supporte plus de vivre aux crochets de Suzie, sa belle-soeur. La chance va alors tourner en sa faveur lorsqu’un vieil oncle va lui léguer une demeure en Allemagne. La jeune fille va alors s’installer là-bas et décider d’aider à son tour les jeunes filles sans le sou. Elle va alors envoyer des annonces pour accueillir douze personnes sans ressources. Mais tout ne va pas se passer comme prévu…

Ce roman est une agréable lecture, même si j’ai eu quelques soucis avec la fin. Tout d’abord je tiens à préciser que je n’avais jamais entendu parler de cette auteur alors qu’elle apparemment eu beaucoup de succès de son vivant.

Je trouve ce succès totalement justifié, notamment par l’atmosphère du récit. Le ton qu’emploi l’écrivaine n’est pas sans rappeler celui de Jane Austen dans Orgueil et Préjugés. Elle se moque de ses personnages, aussi bien des élues d’Anna que de son héroïne elle-même. Elle fait également preuve de beaucoup d’humour, j’ai ris à de nombreux passages !

Celle qui m’a tout d’abord beaucoup amusé est Suzie, la belle-soeur de notre héroïne. C’est une femme sans distinction, mais prétentieuse, qui se pense au-dessus des autres et qui ne fait rien par véritable charité mais simplement pour être remerciée et pour en tirer une gloire personnelle. Son mauvais caractère a donné lieu à des moments très drôles, notamment lorsqu’elle découvre avec horreur les moeurs allemandes qu’elle juge barbare !

Letty, la fille de Suzie, est également amusante et touchante par son innocence, sa naïveté qui peut parfois conférer à la bêtise. Elle entraîne de nombreux rebondissements dans l’histoire. Son professeur, Miss Leech, est presque pire que son élève. L’auteur se moque gentiment d’elle en contant qu’elle rêve encore au prince charmant en la personne d’un homme qu’elle n’a jamais pu épouser.

Elizabeth von Arnim relate aussi magnifiquement bien les querelles, les ragots et la pingreries des gens du village où s’installe Anna. Elle explique combien une simple petite erreur d’étiquette peut offenser mortellement des individus et les faire devenir des ennemis impitoyables.

Mais ce que j’ai préféré dans le roman c’est la façon dont l’auteur réduit petit à petit à néant le rêve d’Anna. Les élues de la jeune femme sont en effet loin d’être sympathiques et la bienfaitrice elle-même a dû mal à rester toujours aussi dévouée à leur égard.

L’autre point que j’ai aussi bien aimé est qu’Anna, contrairement à d’autres héroïnes, n’est pas une personne qui tombe amoureuse du premier venu.

A ce stade de mon article je recommande à ceux qui n’ont pas lu le roman de ne pas lire ce passage pour éviter de leur gâcher leur lecture.

Or, la jeune femme a un voisin, Axel Lohm, qui décide de l’aider dans la gestion de son domaine. Ils deviennent amis et nous nous doutons qu’Axel est amoureux d’Anna bien que celle-ci ne ressente que de l’amitié pour lui. Lorsque Axel lui fait sa déclaration, (qui d’après moi tombe un peu comme un cheveux sur la soupe), Anna le repousse en lui affirmant qu’elle n’est pas amoureuse de lui.

Cela m’a paru logique et changeait agréablement des retournements de situation habituels. Mais, à ma grande déception, l’auteur a mis en place un retournement de situation faisant qu’Axel se retrouve en prison pour une faute qu’il n’a pas commis. Faisant tout pour le libérer, Anna se rend compte brusquement qu’elle est amoureuse de lui et décide de l’épouser.

J’ai trouvé ses passages très rapides et je n’ai pas compris pourquoi l’auteur a tenu à faire tomber son héroïne amoureuse. Je trouve que cela gâche un peu la fin du récit. J’ai aussi dû mal à savoir qu’elle morale l’auteur désire faire passer. Au départ j’avais l’impression qu’elle sous-entendait qu’une femme n’avait pas forcément besoin d’un mari dans sa vie, et même si elle mettait en garde contre les idéaux via le personnage d’Anna, je trouvais qu’elle avait un esprit très novateur. Au vue de la fin, j’ai l’impression qu’Elizabeth von Arnim s’est rangée dans la morale de son époque, ce qui peut se comprendre, le roman ayant été publié en 1901, mais je ne peux m’empêcher d’éprouver une pointe de déception.

Ceux qui n’ont pas lu le livre peuvent à présent reprendre leur lecture

Malgré ce petit point noir je recommande fortement La Bienfaitrice à tous les amateurs de Jane Austen, de Charlotte Brontë pour son humour et son originalité!

 La Bienfaitrice d'Elizabeth von Arnim publié aux éditions Archipoche.

lundi 10 septembre 2018

Le Faiseur de rêves de Laini Taylor

Le Faiseur de rêves


Laini Taylor

 

Le Faiseur de rêves de Laini Taylor

 

Lazlo Lestrange, un jeune homme orphelin, est fasciné par la mystérieuse citée nommée Désolation. Cette ville pourvue de mille richesses et savoirs s’est coupée du monde il y a deux siècles. Personne ne sait si les habitants sont morts ou s’ils se sont volontairement coupés du monde. Alors que Lazlo parvient à devenir bibliothécaire dans le plus grand institut de la ville, des guerriers originaires de la Cité Mystérieuse débarquent dans la ville. Ils sont à la recherche d’érudits susceptibles d’aider leur ville. Même s’il ignore le problème que rencontre Désolation, Lazlo est déterminé à participer à l’aventure. Il va alors changer son destin à tout jamais…

Ce roman est un véritable coup de cœur ! Je n’avais jamais entendu parler de cette histoire et je l’ai emprunté un peu par hasard à la bibliothèque sur les conseils d’une amie. J’ai été charmée par ma lecture.

Le personnage principal tout d’abord, est très attachant. Lazlo est un être calme, doux et désintéressé mais il fait aussi preuve d’une volonté hors du commun pour accomplir son rêve. Il va évoluer tout au long du roman et devenir plus fort et plus sûr de lui. J’ai adoré le suivre dans ses aventures.

Pour qu’un héros soit attachant, il faut aussi qu’il est un ennemi que l’on aime détester. C’est le cas ici avec Thyon Néro, un alchimiste que Lazlo s’est mis à dos. Alors qu’il l’a aidé à réaliser de l’or, l’arrogant personnage use de son pouvoir pour s’approprier les documents de Lazlo sur Désolation et ainsi de se faire bien voir par les guerriers de la citée. Cependant, il a un côté attachant de par sa fragilité, la pression qui pèse sur ses épaules, (son père et la reine le presse de faire des découvertes extraordinaires). Ses interactions avec Lazlo donnent aussi lieu à des dialogues comiques qui m’ont fait beaucoup rire.

Je ne peux m’étendre davantage sur les autres personnages pour ne pas vous gâcher la surprise, mais je les ai beaucoup apprécié également. Nous suivons notamment une jeune fille nommée Sarai qui a le pouvoir de s’introduire dans les rêves des gens. Son pouvoir est présenté de façon très originale. J’ai aussi été fascinée et écœurée par Minya, une fillette cruelle qui peut contrôler les fantômes. Je ne peux vous en dire plus sur ces protagonistes, mais je vous enjoins fortement à les découvrir.

J’ai aussi adoré la façon dont l’auteure a conçu son univers. Il est exactement tel qu’on l’attend d’un roman fantasy : riche, complexe, bien décrit et bien imaginé. Le style de Laini Taylor est aussi très bon. Elle a un ton qui rappelle à la fois celui des contes et des romans d’aventure. Il est assez soutenu sans être barbant ou difficile à lire.

Bref ce roman est une excellente surprise, je suis ravie de l’avoir découvert. Le seul défaut est que ce n’est qu’un tome 1 et j’ai vraiment hâte de connaître la suite ! La suite est déjà paru en anglais, The Muse of Nightmare, mais je ne sais pas quand elle sortira en français. Je suivrai cependant attentivement l’évolution de la série.

Le Faiseur de rêves de Laini Taylor publié aux éditions Lumen.

lundi 3 septembre 2018

Nous les filles de nulle part d'Amy Reed

Nous les filles de nulle part


Amy Reed

 

Nous les filles de nulle part / Amy Reed

 


Dans la chambre de sa nouvelle maison, Grace voit des mots laissés par une fille visiblement en grande souffrance. En se renseignant auprès de ses camarades, elle apprend que la précédente occupante de sa chambre, Lucy, a accusé un jeune homme de l’avoir violé et que l’on ne l’a pas cru. Elle a été harcelée et mise à l’écart avant d’être obligée de déménager. En apprenant cela, Grace se sent révoltée. Avec ses deux seules nouvelles amies, Rosita et Erin, elles décident de fonder le collectif des filles de nulles part afin de dénoncer les violences faites aux jeunes filles dans les lycées. Mais leurs actions vont les mener plus loin qu’elles ne le pensaient. Toutes les trois vont se découvrir une force qu’elles n’avaient pas soupçonné.

J’avais entendu beaucoup de bien sur ce roman notamment via la booktubeuseCordélia. Je n’ai pas été déçue de ma lecture !

J’ai tout d’abord adoré les trois personnages principaux : Erin, Grace et Rosita. Le point fort de ces protagonistes est qu’elles sortent des critères que l’on a l’habitude de voir.

Grace est grosse, mais le roman n’est pas focalisé sur son poids. C’est évoqué, l’héroïne se sent parfois mal à l’aise dans son corps mais elle n’est pas systématiquement moquée par rapport à cela. Elle est également présentée comme jolie et désirable. Grace fait aussi preuve d’une force de caractère et d’une volonté sans égale. C’est elle qui initie le projet et qui encourage les autres à se joindre à elle. Elle les encourage aussi lorsqu’elles flanchent ou doutent. Grace gagne peu à peu confiance en elle et prend parfois la direction des opérations. Amy Reed nous livre une belle évolution de personnage.

Erin quant à elle est atteinte du syndrome d’Asperger. Elle a dû mal à s’adapter au monde des adultes, du lycée. Elle doit se battre pour s’adapter. Erin parvient cependant à vaincre ses réticences pour prendre part au combat. A la fin du roman, elle aussi a beaucoup évoluée. Ce personnage atypique permet aussi d'en apprendre davantage sur le syndrome d'Asperger, bien que, tout comme Grace, elle ne soit pas uniquement définie par sa différence.

Enfin, j'ai aussi eu de l'affection pour Rosita. La jeune femme subit des pressions de la part de sa famille qui désire qu'elle s'investisse dans leur restaurant. Elle cache aussi le fait qu'elle aime les filles. Son ironie et son mauvais caractère la rendent assez drôle. Elle peut aussi montrer une certaine fragilité, notamment dans ses moments de doute. Cela la rend très humaine.

Je ne serais pas dire laquelle des trois j'ai préféré, mais elles m'ont fait passé un excellent moment.

L'autre gros point fort du livre est le féminisme qui s'en dégage. Nous avons des réflexions très intéressantes sur la place des femmes dans la société, la place du désir de la femme, de son rôle dans les relations sexuelles. L'auteure évoque aussi l'horreur du viol. Certains passages sont durs et dépeignent un portrait particulièrement noir du lycée. L'équipe scolaire semble être incapable de protéger les jeunes filles.

Outre les autres personnages principaux, les autres élèves du collectif Les Filles de Nulle Part sont également évoquées. Elles ont parfois des idées très différentes les unes des autres et il est intéressant de les écouter débattre.

Je vous recommande donc chaudement ce roman pour son discours féministe et novateur et ses personnages attachants !

Nous les filles de nulle part d'Amy Reed publié aux éditions Albin Michel.

La vidéo de Cordélia :



lundi 27 août 2018

Les Outrepasseurs tome 4 : Ferenusia de Cindy Van Wilder

Les Outrepasseurs


Tome 4 : Ferenusia

 

 Cindy Van Wilder


Les Outrepasseurs tome 4 / Cindy Van Wilder

Les aventures des Outrepasseurs ne sont pas terminées. Après l’effondrement de leur empire, les anciens magiciens doivent trouver leur place dans le monde des hommes. Mais leurs crimes ne seront pas oubliés pour autant. En effet les ferreux, des êtres qu’ils ont exploités pendant des années afin d’obtenir leur magie, sont bien décidés à faire entendre leur voix. Dans le même temps, Peter essaye en vain d’oublier Arnaud, qui s’est enfermé volontairement dans les souterrains de Maupertuis. Pourtant lorsque l’on annonce un éboulement de terrain à cet endroit, le jeune homme va se précipiter pour porter secours à son ami. Et si les deux jeunes gens pouvaient encore se retrouver ?

J’avais lu les trois tomes des Outrepasseurs il y a deux ans et ils avaient été un véritable coup de cœur ! La fin du tome 3 me paraissait suffisante en elle-même, et l’auteur explique aussi dans les remerciements qu’au départ elle n’avait pas prévu de continuer les aventures de Peter et Arnaud. Finalement elle l’a fait et je n’ai pas été déçu par ma lecture, au contraire, ce tome-ci conclut très bien la série à mon sens !

J’avoue qu’au départ j’ai eu des difficultés à me souvenir de tous les détails mais cela ne m’a pas trop gêné dans ma lecture, notamment parce que ce tome-ci tourne beaucoup autour des ferreux, des êtres ressemblants en tout point aux humains mais qui ont des dons extraordinaires pour exploiter la magie, notamment dans le domaine des arts et de la mécanique. L’auteur nous rappelle brièvement qui ils sont, ce qui est très utile pour la lecture. Elle va aussi nous donner des détails sur leurs origines, et expliquer comment ils vont s’adapter dans le monde des hommes.

Cindy Van Wilder n’oublie pas les derniers membres de la tribut des Outrepasseurs. Nous avons un portrait à la fois effrayant et en même temps impressionnant d’Albane, l’ancienne Maîtresse Ours. Elle est prête à tout pour sauver l’empire bâtit par Noble, quitte à sacrifier son fils. Je ne l’apprécie pas beaucoup mais dans le même temps j’ai été impressionnée par son tempérament.

Enfin j’ai adoré la façon dont l’auteur développe la relation entre Peter et Arnaud. C’est ce que j’avais espéré après la lecture du tome 3, mais je ne vous en dit pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise.

J’ai donc eu un coup de cœur pour ce quatrième tome, je trouve qu’il conclut bien cette série. Je vous la conseille dans son ensemble, pour son histoire riche et originale et ses personnages attachants. Vous pouvez trouver ma chronique sur les précédents tomes ici.

Les Outrepasseurs de Cindy Van Wilder publié aux éditions Gulf Stream.

lundi 20 août 2018

Le Grand Meaulnes d'Alain Fournier

Le Grand Meaulnes


Alain Fournier

 


Le grand Meaulnes / Alain Fournier

François, un adolescent de quinze ans, mène une vie plutôt solitaire et reste à l’écart de ses camarades, à cause d’une douleur au genoux qui le fait souffrir. Sa vie va basculer lorsqu’un soir arrive Augustin Meaulnes, un grand gaillard de dix-sept ans. Derrière cet être taciturne se cache un adolescent au grand cœur et il va se lier d’amitié avec François. Les deux garçons vont devenir inséparables. François est fasciné par son camarade, il admire sa bravoure, sa force et sa soif d’aventure. Un jour Augustin va s’égarer en route et se retrouver dans une étrange fête où les enfants sont traités comme des rois. Se mêlant aux festivités, il va alors rencontrer Yvonne de Galais, une magnifique jeune fille dont il tombera amoureux.

Une fois la fête finie, il est obligé de plier bagage mais il n’aura de cesse de retrouver Yvonne de Galais et sa demeure qu’il nomme le domaine perdu. François, d’abord déterminé à l’aider dans cette tâche, perd peu à peu espoir. Et si cette aventure n’allait pas coûter au grand Meaulnes son bonheur ?

J’avais déjà entendu parlé du Grand Meaulnes à l’école et via une vidéo de la booktubeuse Lemon June. Ayant eut à le lire pour l’année prochaine, je n’étais pas effrayée par la taille de l’ouvrage, qui est relativement court, mais par l’atmosphère qui s’en dégageait. En effet je croyais me souvenir que l’histoire se déroulait à la campagne dans un petit village où il ne se passait pas grand-chose et je craignais de m’ennuyer au cours de ma lecture. Heureusement, j’ai été plutôt satisfaite.

Certes le roman d’Alain Fournier est empreint de nostalgie, d’une certaine mélancolie. L’auteur semble se souvenir avec regret de son adolescence puisque lui aussi est tombé amoureux d’une certaine Yvonne, qui s’est malheureusement mariée avec un autre.

Ce que j’ai apprécié dans l’histoire du Grand Meaulnes ce sont les différentes atmosphères du récit. En effet au début du roman, nous ressentons tout l’ennui et la solitude de François. Puis lorsque Meaulnes arrive au village, il agit comme un stimulant et permet au garçon d’être heureux. Enfin, quand Augustin se perd et débarque en plein milieu d’une fête mystérieuse, Alain Fournier met en place une ambiance fantastique.

En effet, comme le jeune homme ne sait pas où il est arrivé, le lieu paraît hors du temps. De plus, l’auteur passe beaucoup de temps à évoquer les lampions qui éclairent la scène d’une lueur verdâtre, ce qui rend le lieu assez magique. Ensuite, les enfants semblent être les rois de la fête, ce qui peut nous rappeler une ambiance de conte de fées ou des œuvres telles que Peter Pan. Enfin, la magnifique jeune fille dont Augustin tombe amoureux fait figure de princesse.

Cette atmosphère fantastique constitue donc pour moi un agréable contraste avec le reste du récit. En effet je dois avouer que certains passages avant qu’Augustin ne trouve le domaine m’ont paru un peu longs.

Mais après cette scène clé, le rythme s’accélère. J’ai aimé voir combien le garçon faisait tout pour retrouver celle qu’il aime, c’était assez romanesque. L’auteur parvient aussi à ménager du suspens vers la fin de son récit. Jusqu’à la dernière page on ne peut être sûr du dénouement de l’aventure.

Cependant, je suis assez d’accord avec Lemon June lorsqu’elle affirme qu’il faut être davantage dans l’âge adulte pour apprécier à sa juste valeur Le Grand Meaulnes. La nostalgie de l’écrivain est assez pesante et étant moi-même dans l’adolescence, j’ai parfois eu envie de me dégager de cette tristesse qui suinte du récit.

Malgré cela, je vous recommande de lire Le Grand Meaulnes. C’est un classique court, rapide et facile à lire, avec des personnages assez attachants et une atmosphère de roman fantastique ou d’aventure !

Le Grand Meaulnes d'Alain Fournier publié aux éditions Le livre de Poche.

lundi 13 août 2018

Madame Bovary de Gustave Flaubert

Madame Bovary


Gustave Flaubert




Madame Bovary / Gustave Flaubert


Charles, un médecin de campagne médiocre, épouse la ravissante et élégante Emma. Ensemble, ils partent à Yonville pour y chercher fortune. Mais plus le temps passe, plus la jeune femme se sent malheureuse dans son ménage, aux côtés de cet homme ennuyeux et sans charme. Elle va alors commencer à le tromper et à dépenser sans compter pour essayer de combler le vide de son existence. En d’autres termes, Emma Bovary va orchestrer sa chute étape par étape.

Le roman de Flaubert a fait scandale lors de sa parution, l’auteur a même eu un procès pour outrage aux bonnes mœurs. Aujourd’hui bien sûr, ces accusations nous paraissent injustifiées. Il n’en reste pas moins que Madame Bovary est une œuvre qui vous marquera à vie.

Le style de Gustave Flaubert tout d’abord est exceptionnel. Même si ses longues descriptions peuvent effrayer de prime abord, il n’en reste pas moins que ses phrases sont rythmées, avec un vocabulaire riche et soutenu, ce qui n’empêche pas l’auteur d’être ironique envers ses personnages. Chacun en prend pour son grade, aussi bien Emma avec ses rêves de romantisme enfantins que Charles avec sa naïveté ou le pharmacien Hormais avec son côté pédant et ridicule.

De plus, l’histoire de Mme Bovary est assez triste. Cette femme qui semble avoir tout pour réussir épouse le mauvais homme et passe son temps à essayer d’atteindre un bonheur qui n’existe pas. Ses amants la rejette les uns après les autres et elle tombe en disgrâce. La vie d’Emma est une succession de frustrations, de rêves inachevés. Par certains côtés nous éprouvons de la pitié pour la jeune femme, elle est liée par les chaînes du mariage à Charles et à cause de sa condition modeste elle ne peut mener le train de vie qu’elle souhaite.

La scène du bal à Vaubyessard accentue cette impression. Elle est éblouie par tant de richesses, de beautés et elle s’intègre parfaitement à l’assistance grâce à son maintien et sa bonne mine. Mais elle fait aussi preuve de naïveté parfois en ne remarquant par par exemple combien l’existence de ces nobles est fade et vide. De plus, elle ne cesse de rêver au grand amour romantique alors qu’elle s’enfonce peu à peu dans la disgrâce.

Elle a parfois un côté trop passionnel, autoritaire, exalté qui peut la rendre insupportable, mais dans le même temps nous comprenons que c’est le résultat de son existence ratée.

Charles apporte presque une touche de comique à l’histoire. Nous avons d’abord pitié de lui en le découvrant comme le souffre douleur de ses camardes de classe, moqué par les autres parce qu’il est plus pauvre et moins doué. Mais par la suite nous ne pouvons nous empêcher de rire avec Flaubert de la naïveté, de la stupidité et de l’incompétence de Charles Bovary. Il est incapable d’exercer correctement la médecine. La scène où il essaye de guérir le pied bot du jeune commis Hippolyte est édifiante. Au lieu d’aller mieux le garçon perd sa jambe !

Le mari d’Emma montre ici toute son incompétence. Il est aussi un mari qui ne satisfait pas sa femme. Pour commencer, il ne sait ni tenir une conversation ni se conduire dignement, il s’endort au bal et n’est guère sensible au théâtre. Il est certes en adoration pour sa femme mais celle-ci ne peut rien partager avec lui.

Enfin, il se ridiculise aux yeux du lecteur en se laissant de nombreuses fois manipuler et en offrant à la jeune femme de nombreuses occasions de voir ses amants.

Autour d’Emma et Charles gravitent aussi une foule de personnages, notamment Hormais, le pharmacien, que j’ai déjà mentionné plus haut. C’est un être pédant, qui se croit extrêmement cultivé, mais qui peut aussi être cruel. Il tourne le dos à Charles dès qu’il tombe en disgrâce et fait tout pour favoriser sa réussite personnelle. Je l’ai vraiment détesté et j’ai été peiné de voir qu’à la fin, c’est celui qui s’en sort le mieux.

Mais peut-être est-ce l’avertissement de Flaubert, ne pas vivre trop dans ses rêves, ou la réalité finira par nous rattraper.

Madame Bovary est un classique idéal pour ceux qui aiment les histoires pleines d’ironie, de secrets et de fatalité.

Madame Bovary de Gustave Flaubert publié aux éditions Folio.
 

lundi 6 août 2018

La mort, j'adore, saison 1 d'Alex Brocas

La mort, j’adore !


Saison 1

 

Alex Brocas



La mort j'adore saison 1 / Alex Brocas

Au collège, Clémence est le souffre douleur de la classe. Elle est grosse, elle a de l’acné et sa meilleure amie, Élodie lui a tourné le dos dès leur entrée en 6ème ! Alors qu’à 15 ans elle participe à sa première soirée, elle finit lamentablement par s'évanouir à cause de l’alcool. Elle est alors contactée par Crépitus, un démon, qui lui révèle sa vraie nature : elle est en réalité une démone qui a été envoyée sur Terre dans le but d’envahir incognito le monde des humains. Crépitus va alors lui confier plusieurs missions. Mais Clémence doit rester discrète et ne pas abuser de ses nouveaux pouvoirs, en effet, les démons ont des ennemis, les anges. Et ceux-ci sont prêts à éliminer tous les êtres maléfiques qu’ils croisent sur leur chemin…

J’ai emprunté ce roman totalement par hasard à la bibliothèque et j’ai été… troublée par ma lecture. Je suis à la fois amusée par la loufoquerie de l’histoire et le cynisme qui s’en dégage et en même temps horrifiée par certains passages… Parfois on rit mais dans le même temps on se sent mal de rire des malheurs de cette pauvre Clémence.

Le personnage principal que nous suivons est un véritable anti-héros. La jeune fille n’est pas un démon aux pouvoirs extraordinaires, au contraire, elle fait partie des plus faibles de son espèce et ne doit sa survie qu’à son extraordinaire chance ! Elle est parfois très… pathétique, mais en même temps nous nous attachons à son humour grinçant.

J’ai également apprécié le fait que l’auteur nous décrive en détail l’univers des démons, la façon dont ils sont éduqués, etc.

Je suis donc assez mitigée sur ce roman, d'un côté j’ai apprécié ma lecture, j’ai trouvé la parodie de l’histoire où le héros voit sa vie transformée de façon de positive par des pouvoirs, très bien faite. Mais d'un autre côté, certains passages m’ont mis mal à l’aise, je riais, mais je m’en voulais de rire.

On ne passe pas vraiment un bon moment en compagnie de Clémence, vu qu’elle enchaîne les catastrophes, mais c’est un moment assez unique. Ainsi je recommande La mort, j’adore !à tous ceux qui aiment les histoire loufoques.

La mort, j’adore ! Saison 1 publié aux éditions Sarbacane.