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lundi 18 mai 2020

Mazzie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés de Jami Attenberg

Mazzie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés


Jami Attenberg


Mazzie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés de Jami Attenberg


Dans le Manhattan de l'année 1918, nous suivons le personnage de Mazzie, une femme solaire, charitable, intrépide et non-conventionnelle. Elle est très appréciée par les habitants du quartier où elle vit, qui la considèrent presque comme une mascotte. Elle tient la caisse du cinéma le Venice. Derrière le comptoir qu’elle surnomme « la cage », Mazzie fait des rencontres aussi étonnantes que belles. Elle rentre véritablement dans la légende New-yorkaise lorsque durant la Grande Dépression, elle met à profit son argent et son temps pour aider les sans-abris de Manhattan.

Mais ce roman, principalement sous la forme du journal intime de l’héroïne, se concentre beaucoup sur l’ « envers du décors » de ce personnage. En effet, la vie de Mazzie n’est pas rose. L’auteur dépeint une héroïne qui rêve de liberté, mais qui dans le même temps ne peut se résoudre à abandonner sa sœur, qu’elle aime profondément. Elle fait souvent passer le bonheur des autres avant le sien. Mazzie n’est pas une sainte immaculée, mais une femme aux prises avec plusieurs démons, notamment celui de l’alcool. Elle est également hantée par des blessures profondes et traumatisantes. Cependant, ce livre n’est pas plombant pour autant, la joie de vivre de l’héroïne, ainsi que sa volonté de fer, nous font dévorer ce roman !

Comme les habitués des bars clandestins, nous succombons rapidement au charme de Mazzie ! J’étais triste de la quitter. J’ai également ressenti de l’affection pour les autres personnages, notamment la sœur Ti, avec qui Mazzie se lie d’amitié, et qui est dévouée elle aussi à la cause des plus pauvres, et qui apporte beaucoup de joie à la jeune femme. J'ai également apprécié Jeanie, la jeune sœur de Mazzie, une danseuse audacieuse, un véritable électron libre. Contrairement à son aînée, elle parvient à s’émanciper du quartier où elle vit.

J’ai aussi aimé le système des voix narratives mis en place par l’auteur. Outre le journal de Mazzie, nous avons également des interviews de voisins, d’éditeurs, et des extraits d’une autobiographie posthume de la jeune femme. Cela nous permet d’avoir plusieurs points de vue sur son histoire, et de nous rendre compte de l'ampleur de sa célébrité.

Enfin, la grande force de ce roman est qu’à travers le regard de Mazzie, nous sommes totalement immergés dans ce New York de la Grande Dépression. Nous ressentons l’animation du quartier.
Mazzie Gordon telle qu’elle est dépeinte dans le roman est un personnage de fiction, même si un article à propos d’une femme éponyme est parue dans la presse dans les années 1930.

Je conseille ce roman à tous ceux qui aiment les héroïnes atypiques et touchantes et les romans historiques. Le charme de Mazzie est irrésistible !

Mazzie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés Jami Attenberg publié aux éditions Les Escales.

J'avais pour la première fois entendu parler de ce roman dans la vidéo de Lemon June:



lundi 11 mai 2020

Félines de Stéphane Servant

Félines


Stéphane Servant



Félines / Stéphane Servant


Les jeunes filles du monde entier voient leurs vies bouleversées lorsque, sans aucune raison apparente, leur corps et leur visage se couvrent de poils drus. D’abord incrédules, les autorités les surnomment les Obscures, tandis qu’elles se définissent comme Félines. Les tensions montent entre les gouvernements qui désirent les emprisonner et les écarter de la société et les jeunes filles elles-mêmes qui souhaitent ne pas être considérées comme des bêtes, mais comme des humaines. Car elles ne sont pas victimes d’une maladie. Leur Mutation semble être le fruit d’une modification inopinée de leur deuxième chromosome X, devenu chromosome O. Autrement dit, elles sont l’avenir. Et elles sont déjà là.

Ce roman est une excellente lecture ! Le style rapide et fluide de l’auteur m’a happée dans le récit. J’ai également aimé le procédé consistant à présenter cette histoire fictive comme un témoignage. A travers ce récit, Stéphane Servant aborde de façon intéressante de nombreux sujets.

Tout d’abord, la Mutation des Félines touche prioritairement des jeunes filles, souvent victimes de violences. L’héroïne, Louise, a par exemple été victime d’un viol, d’autres, comme Alice, subissent une pression de la part de leurs parents. Comme le suggère un des personnages, Fatia, la Mutation à laquelle sont sujettes les jeunes filles est comme une réaction à toutes les oppressions subies à cause de la société, et de certains hommes.

L’auteur aborde également la question de la propagande, et du fait que la peur soit la meilleure arme pour mettre en place un régime autoritaire. Ce schéma peut sembler être du déjà vu dans la littérature ado, mais je trouve qu’ici la force de Stéphane Servant est de faire se dérouler cette prise de pouvoir à notre époque, et non pas dans un temps plus lointain. Cela donne un côté plus palpable aux bouleversements décrits dans le livre, et rend également davantage réaliste le fait que Félines est censé être un témoignage.

Les particularités physiques des Félines et le rejet qu’elles subissent peuvent aussi être liées au racisme, et le voile intégral dont on veut les affubler peut aussi faire penser aux extrémistes des différentes religions monothéistes.

Félines traite aussi le sujet du traumatisme et de la reconstruction de soi, notamment à travers le personnage principal, qui a des cicatrices sur tout le corps, et vit sa transformation presque comme une libération. Sa fourrure lui permet finalement de se libérer du regard des autres sur son corps, et au lieu de se cacher, Louise se met à nue et fait entendre sa voix, notamment en racontant son histoire sous forme de témoignage.

Le roman de Stéphane Servant est donc à la fois féministe, visionnaire et engagé. Il revient avec justesse sur des questions de sociétés à travers cette idée de Mutation, et nous pousse à nous interroger sur nos propres réactions face à l’inconnu, à ce qui nous est étranger. Je le recommande à tous les adeptes de dystopies ou de romans d’anticipations, mais aussi à ceux qui peuvent se sentir lassés de ce genre. L’auteur apporte un vent de fraîcheur en faisant de son histoire un récit intemporel, qui pourrait très bien se dérouler en ce moment. Félines nous invite à sortir nos griffes et à lutter.

Félines de Stéphane Servant publié aux éditions du Rouergue.

lundi 4 mai 2020

Romance d'Arnaud Cathrine

Romance

Arnaud Cathrine


Romance/ Arnaud Cathrine


Vince, 17 ans, ne rêve que d’une chose : vivre une grande histoire d’amour. Mais difficile d’atteindre cet objectif lorsque l’on est homosexuel et que le seul autre gay de notre lycée ne nous attire pas spécialement. Alors Vince attend, il observe les garçons dans le métro, et note dans un carnet une description de ceux qui retiennent son attention, qu'il surnomme ses « garçons volés ». Toute sa vie bascule lorsque ses sentiments envers son meilleur ami d’enfance changent. Peut-être Vince va-t-il vivre enfin sa première histoire d’amour...

Ce roman d’Arnaud Cathrine est une claque, un uppercut d’émotions. Dès les premières pages, avec son écriture tranchante, brutale et crue, il parvient à nous faire nous attacher au personnage de Vince. Comme lui, nous ressentons de la colère face à l’homophobie ordinaire, aux insultes dont il est victime. Comme lui, nous ressentons la solitude et le désir de rencontrer un être unique, parfait, de faire l’amour, de vivre une grande histoire bouleversante.

Arnaud Cathrine parvient à rendre de façon crédible le langage des adolescents, les pensées, les doutes et les envies qui peuplent notre imaginaire. J’ai eu plaisir à voir se développer les relations entre les protagonistes, la naissance de cette histoire d’amour si particulière, les beaux moments que les deux jeunes gens ont vécu ensembles.

En peu de pages, l’auteur parvient également à nous montrer la brutalité de la réalité, la difficulté d’assumer son homosexualité, la violence que l’on peut subir, et la douleur du premier vrai chagrin d’amour.

Arnaud Cathrine aborde aussi une facette de notre sexualité souvent peu évoquée : celui de la recherche, du fait que parfois on puisse faire des expériences avec des filles ou des garçons, par curiosité, sans véritable attirance. Sans porter de jugement, il illustre bien la douleur que cela peut susciter lorsque le partenaire au contraire s’attache à la personne, et souligne donc l’importance du fait d’être au clair dans ses intentions, de ne pas cacher ses véritables motivations, de ne pas jouer avec les sentiments d’autrui.

Avec le point de vue de Vince, nous comprenons également la douleur que peut ressentir une personne lorsqu’elle se rend compte que l’autre ne l’aime pas de la bonne manière. L’attachement et la dépendance de Vince vis à vis de son ami est de plus en plus perceptible au fil des pages.

Avec ses chapitres courts, Romance nous happe et nous ne pouvons nous empêcher de lire. Cette histoire d’amour se vit pleinement. Même si elle n’est pas toujours belle, elle est à découvrir absolument !

Romance d’Arnaud Cathrine aux éditions R-jeunes adultes.

mardi 24 mars 2020

Bonus #3

Bonus #3


En ces temps d'épidémie, il est important de garder contact avec ses proches, via les appels téléphoniques, les SMS, les lettres. Je partage ici les dessins qu'une amie très chère m'a transmis par mail. Ceux-ci sont la démonstration de notre amitié aussi efficaces que tous les mots, rires et confidences que nous pouvons échanger.


Hermione Granger d'Harry Potter par Poohnie



Ophélie de La Passe-Miroir par Poohnie.
 Les précédents dessins de Poohnie sur ce blog ici et là

Son profil sur Deviant Art: ici

lundi 9 mars 2020

Le matin de Neverworld de Marisha Pessl

Le matin de Neverworld

Marisha Pessl


Le matin de Neverworld/ Marisha Pessl


Après la mort de son petit-ami Jim dans des circonstances inexpliquées, Béatrice s’éloigne de son groupe d’amis, et mène une morne existence auprès de ses parents. Ne pouvant cependant trouver la paix, elle décide d’aller confronter ses amis un soir de tempête, pour en apprendre davantage sur leur rôle dans cet évènement tragique. En effet, ils semblent cacher un secret. Mais, alors qu’ils sont tous en voiture, ils sont percutés par un chauffard ivre et se retrouvent piégés dans le Neverworld, une faille dans l’espace temps, où ils revivent indéfiniment la même journée. Coincés entre la vie et la mort, le seul moyen de sortir de cette boucle temporelle est de voter pour qu’une des personnes revienne à la vie, tandis que les autres mourront pour de bon.

J’ai entendu parler de ce roman sur la chaîne d’Audrey-Le Souffle desMots. Ce livre est pour elle une assez bonne lecture, bien que son avis soit plutôt mitigé, et qu’elle ait moins apprécié sa lecture que ce qu’elle avait prévu. Le résumé du roman m’intriguait cependant, et lorsque je l’ai vu en bibliothèque, j’ai sauté sur l’occasion !

Je suis plutôt satisfaite de cette découverte. Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé découvrir le fonctionnement du Neverworld. L’autrice parvient à mettre en place différentes étapes très pertinentes. Dans un premier temps, les personnages nient la réalité, en ne voulant pas croire qu’ils puissent véritablement être coincés dans une même journée. Ensuite, certains d’entre eux profitent du fait qu’ils puissent agir en toute impunité pour commettre les délits les plus atroces, en ayant l’assurance que leurs victimes oublieront tout le lendemain. Enfin, ils vont peu à peu percer les secrets de ce monde et les mettre à profit pour tirer au clair les circonstances de la mort de Jim.

/!\ spoiler ! Le Neverworld est bien plus qu’une simple boucle temporelle, c’est également un univers basé sur un roman, que l’un des autres personnages, Martha, ne cesse de relire. Cet ouvrage, constitué d’univers parallèles et de voyages dans le temps, donne plus d’épaisseur au monde décrit, et permet ainsi aux protagonistes de voyager dans le temps, toujours sur une seule journée, pour progresser dans leur enquête. Ce procédé m’a semblé très ingénieux, car non seulement on en apprenait davantage sur les circonstances de la mort de Jim et le passé des personnages, mais en plus le Neverworld et son aspect fantastique n’étaient pas mis de côté. L’autrice parvient donc à gérer ses deux tableaux : l’enquête policière et la dimension surnaturelle de son roman.

L’histoire est aussi bien menée. Il n’y a pas de moments de flottements, les actions s’enchaînent, et les retournements de situation arrivent presque toujours à nous surprendre. La fin a certes un côté prévisible, mais dans le même temps l’autrice parvient à instaurer un retournement de situation inattendu.

L’intrigue, la charpente et le déroulement de l’histoire sont donc pour moi les gros points forts de ce livre. Cependant, un bémol m’a dérangée tout au long de ma lecture : les personnages. Ce point a déjà été abordé par Audrey dans sa vidéo, et je la rejoins sur l’idée qu’aucun des protagonistes n’est véritablement appréciable. En effet, les amis de Béatrice apparaissent pour la plupart comme des adolescents insouciants et écervelés, qui bénéficient d’une vie facile grâce à la richesse de leur famille. Jim, la victime de l’histoire, semble dès le début n’être pas du tout le prince charmant et le garçon merveilleux décrit par la jeune fille et son entourage. Quant à l’héroïne, elle laisse transparaître parfois une naïveté qui frise la bêtise, bien que la fin du roman donne plus de profondeur à son personnage.

Cela place donc la lecture dans un angle particulier. En effet, cette idée de vote pourrait instaurer un enjeu émotionnel, si nous craignions pour la vie d’un de nos personnages préférés. Or, ici, puisque aucun ne suscite vraiment notre sympathie, notre attente du résultat du vote tient plus de la volonté de voir réaliser notre prévision.

De plus, les protagonistes sont parfois stéréotypés. Béatrice représente la gentille fille, Whitney la belle adolescente colérique, Carton le génie de l’informatique, Martha, le rat de bibliothèque à l’intelligence surdimensionnée, Jim, le faux prince charmant et Kipling le meilleur ami de l’héroïne. Cependant, l’autrice parvient à la fin à jouer avec cette image clichée des personnages lors d’un des retournements de situation de la fin, en mettant en perspective nos propres a priori sur eux. Mais cette remise en question intervient vraiment tard dans le roman, et n’annule pas véritablement l’impression qu’ils nous font ressentir tout au long de notre lecture.

Cela ne me dérange pas de n’avoir aucune affection pour les protagonistes, il y a certains héros de roman que l’on aime suivre même s’ils sont détestables, et parfois parce qu’ils le sont, mais ici je trouvais qu’ils manquaient parfois de profondeur, que nous restions trop en surface.

Ils effectuent certes un cheminement dans le Neverworld, mais nous nous sentons toujours à distance d’eux, sans doute également à cause du fait que l’héroïne, qui est aussi la narratrice, n’a plus rien en commun avec ses anciens amis.

Ainsi, je recommande la lecture du Matin de Neverworld pour la richesse de son univers, la capacité de l’autrice à mettre en place à la fois une enquête policière qui tienne la route mais également un monde parallèle où les règles sont totalement différentes de notre réalité. Le peu d’attachement que nous éprouvons pour les protagonistes n’empêche pas de savourer le suspense établi pas l’autrice.

Le matin de Neverworld de Marisha Pessl publié aux éditions Gallimard Jeunesse.

La vidéo d'Audrey:


mercredi 26 février 2020

Microfictions de Régis Jauffret

Microfictions 2018


Régis Jauffret

 


Microfictions / Régis Jauffret


Dans ce recueil de nouvelles classées par ordre alphabétique, nous suivons sur une page et demi la vie d’un ou plusieurs personnages. Violeurs, parents maltraitants, fous, ratés, nous entrevoyons pendant quelques courts instants, l’existence des rebus de la société, de ceux que nous ne voulons pas voir, que nous préférerions oublier.

Ce n’est pas une lecture agréable, car aucune des nouvelles ne procure véritablement de joie ou de plaisir. Pourtant, elles disposent d’un très étrange pouvoir, celui de nous faire tourner les pages, encore et encore, pour continuer à avancer dans le recueil.

Qu’est-ce qui explique ce phénomène ? La plume fluide et acérée de l’auteur ? Un petit côté voyeur du lecteur, qui plutôt que d’expérimenter l’horreur lui-même, la vit par procuration à travers d’autres personnages, tout comme les lecteurs anglais du XIXe siècle frissonnaient en lisant des romans gothiques dépeignant des monstres, des tueurs et des prédateurs ? Sommes-nous fascinés par le mal, et désireux de pouvoir à la fois nous indigner et dans le même temps nous délecter des pires horreurs ?

Ou bien c’est la seule promesse que le malaise ne sera que de courte durée qui nous fait persévérer.


Microfictions de Régis Jauffret publié aux éditions Gallimard.

lundi 6 janvier 2020

Sans foi ni loi de Marion Brunet

Sans foi ni loi


Marion Brunet


Sans foi ni loi / Marion Brunet


Ecrasé par l’autorité d’un père puritain, Garett pense que sa vie est toute tracée, lorsqu’il se fait prendre en otage par Abigail Stentson, une redoutable hors la loi, coupable d’avoir braqué une banque. Si au départ le jeune homme espère à tout prix être retrouvé par les autorités, il va peu à peu s’attacher à sa geôlière et à la nouvelle vie qu’elle lui propose.

Ce roman de western m’avait attirée de par sa magnifique couverture et la très bonne critique qu’en avait fait Audrey de la chaîne le Souffle des Mots. Je n’ai pas été déçue de ma lecture ! J’ai adoré l’ambiance des saloons, du far West et des chevauchées. Avec de petits détails, Marion Brunet parvient à nous faire plonger dans l’ambiance des siècles passés.

Je suis aussi tombée en admiration pour le personnage d’Ab Stentson. J’ai toujours eu un faible pour les guerrières battantes et intrépides, et celle-ci est particulièrement courageuse. L’autrice réussi le tour de force d'en faire une figure attachante et touchante lorsqu’elle nous en apprend davantage sur son passé, sans renier le côté bourru et violent du personnage.

J’ai aussi adoré la relation d’amitié sincère qui se développe entre Garett et elle. A travers les yeux du jeune homme, nous éprouvons de l’admiration pour cette femme solitaire et différente, qui a choisi de vivre en dehors des règles établies. Le fait que Garett ne tombe pas amoureux d’Ab est également rafraîchissant, et permet d’instaurer une véritable relation de confiance solide entre les deux personnages, sans les éventuels tourments que l'amour pourrait engendrer.

L’autrice parvient aussi à instaurer des touches d’humour à son œuvre, malgré la dureté de certains passages du récit. Outre l’univers des cow-boys et chasseurs de prime, Marion Brunet nous offre un aperçu du monde de la prostitution et évoque le sort réservé aux Natifs Américains dans les plaines de l’Ouest.

Certes, pour les grands consommateurs de Western, le récit peut sembler assez convenu. En effet, le personnage de l’aventurière solitaire est récurrent en littérature. Mais la plume fluide de l’autrice, le regard bienveillant de Garett, la fluidité de la lecture, nous permet d’apprécier cet univers et cette héroïne. Le thème est très différent de L’été circulaire, mais le talent de Marion Brunet est toujours au rendez-vous !

Sans foi ni loi de Marion Brunet publié aux éditions Pocket Jeunesse.