Grâce à @de_poudlard_a_anima j'ai pu découvrir le merveilleux premier tome de la série L'assassin Royal de Robin Hobb !
Cela
faisait longtemps que je ne m'étais pas laissée autant embarquer dans
un univers de fantasy médiévale ! Nous y suivons les aventures de Fitz,
le fils illégitime du prince Chevalerie , qui va se voir dispenser la
formation d'assassin pour le compte du Roi. Malgré son jeune âge, Fitz
se retrouve pris au milieu d'intrigues de Cour qui pourraient engendrer
sa chute, voire sa mort ...
Ce premier tome pose les bases de
l'univers dans lequel nous allons évoluer. Malgré les nombreuses
descriptions, je ne me suis pas ennuyée un seul instant.
J'ai
immédiatement ressenti de l'affection pour le personnage de Fitz,
notamment en le voyant grandir et évoluer. L'auteur en fait un
personnage très humain, avec ses défauts et ses moments de doute, mais
également avec un cœur tendre. Sa relation avec Burrich, le maître
écuyer qui l'a élevé, est très touchante, bien que complexe et semée
parfois de non-dits.
D'autres personnages, comme celui du Fou, me fascinent, et j'ai hâte d'en apprendre plus sur eux dans les prochains tomes.
Pour
les amoureux d'intrigues politiques, de fantasy se déroulant au
Moyen-Âge ou de longues sagas, cette série est faite pour vous !
L'Assassin Royal : Tome 1 : L' Apprenti Assassin de Robbin Hobb publié aux éditions J'ai Lu
Holden, un jeune homme de seize ans, s'est fait renvoyer pour la quatrième fois d'un collège prestigieux où ses parents l'ont inscrit. Craignant de rentrer plus tôt que prévu et de subir leur colère, il décide d'errer dans les rues de New York, allant dans des hôtels mal famés, des boîtes de nuit sombres et renouant contact avec de vieilles connaissances. Ce jeune homme est hanté par plusieurs démons : le décès de son jeune frère Allie, la crainte de devoir retourner dans un autre internat où il n'a pas sa place et le souvenir de Jane, une jeune fille qu'il semble avoir sincèrement aimé et qu'il ne parvient pourtant pas à recontacter.
Le ton familier du narrateur nous interpelle immédiatement dès les premières pages du livre. Avec un humour assez cynique, il n'hésite pas à pulvériser les codes du roman classique, et nous livre des informations très succinctes sur sa vie ou son passé. Malgré la cruauté qu'il peut avoir dans ses descriptions ou ses réflexions sur les autres, on ne peut s'empêcher d'éprouver un attachement sincère pour cet adolescent qui porte en lui une grande tristesse, mais également une grande tendresse pour les siens. Son attachement pour sa petite sœur Phoebé ou les souvenirs qu'il partage avec son frère Allie sont bouleversants et touchants.
Des détails comme le gant de baseball sur lequel Allie écrivait des poèmes rendent les protagonistes marquants, atypiques et attachants. Holden semble parfois faire preuve d'une immaturité touchante mais il est au contraire d'une clairvoyance saisissante. Il incarne le désœuvrement que l'on peut éprouver en tant qu'adolescent ou jeune adulte face à l'avenir.
Grâce à lui nous découvrons New York sous toutes ses coutures depuis le quartier de Brodway jusqu'à Central Park.
Ce récit court, qui tient sur une soirée et une journée, nous fait entrer fugacement, mais de façon marquante, dans la vie d'un personnage étonnant.
L'attrape-coeur de JD Salinger publié aux éditions Robert Laffont.
Diane LeGoffe exerce un métier peu commun : elle officie en tant que guérisseuse dans une région reculée de Bretagne. Mais un matin, alors qu'elle se rend au chevet d'un patient, sa voiture dérape sur une plaque de verglas, la tuant sur le coup. Une de ses amies de Paris, écrivaine et journaliste, se rend alors en Bretagne pour soutenir ses deux filles, désormais orphelines. Mais la cadette est formelle : la mort de Diane n'est pas un accident, c'est un meurtre. En effet, sa mère n'était pas seulement dénommée guérisseuse, on chuchotait également qu'elle était une sorcière. Et si le décès de Diane avait été provoqué par un mauvais sort ?
Ce roman est un coup de cœur, une excellente surprise ! Le thème de la sorcière m'a toujours beaucoup intéressée et fascinée, mais je n'avais jamais encore lu de roman comme celui-ci. En effet, nous ne sommes pas dans une œuvre fantastique, où la magie est synonyme de boules de feu et d'éclairs aveuglants. Ici nous sommes face à une pratique plus proche de la nature, plus spirituelle. L'autrice explore les différentes significations des mots "sorcière" et "guérisseuse", en retraçant notamment l'histoire de la sorcellerie en Bretagne. Elle évoque notamment le mythe de Merlin l'Enchanteur. Elle joue très bien sur la frontière ténue qu'il existe entre les phénomènes paranormaux et les phénomènes dits "magiques" qui ne se réalisent que parce que l'on y croit avec fermeté.
La narratrice, écrivaine parisienne, est tiraillée entre une éducation très rationaliste et une attirance pour les forces occultes et la sorcellerie. En menant son enquête sur la mort de sa meilleure amie, elle interroge différents personnages sur leur vision de la magie, offrant au lecteur une palette de perceptions différentes. A travers ce personnage, l'autrice nous invite également à nous pencher sur le métier d'écrivain. La narratrice éprouve une culpabilité car tout ce qu'elle écrit dans ses romans, notamment les choses les plus tragiques, semblent se réaliser. Or peu de temps avant la mort de Diane, elle rédige un passage comportant un accident de voiture. Cela nous fait nous poser la question du pouvoir démiurge de l'écrivain et du pouvoir des mots.
Le roman aborde également avec beaucoup de finesse la question du deuil et de la filiation. La résolution du mystère de la mort de Diane n'est finalement peut-être pas le plus important dans le livre, ce qui est très prenant est surtout le cheminement du deuil effectué par les deux orphelines.
Les chapitres courts et la plume fluides nous font dévorer ce roman.
Je recommande donc cette histoire de sorcières aux amoureux de la Bretagne, des légendes et de l'écriture. Ceux qui préfèrent les pures enquêtes peuvent risquer de s'ennuyer, cependant je leur conseille malgré tout de tenter l'aventure. Le mystère comporte une véritable résolution et ils pourraient avoir une belle surprise !
Le réveil des sorcières de Stéphanie Janicot publié aux éditions Albin Michel.
Contre l'avis de son peuple, Binti se rend à l'Université
d'Ookama, l'un des établissements les plus prestigieux de la galaxie.
Harmonisatrice et virtuose des mathématiques, elle espère y
perfectionner son art.
Mais en chemin le vaisseau dans lequel
elle voyage est attaqué par le peuple des Méduses, une race réputée pour
être belliqueuse et sans merci. Cet événement va changer Binti à tout jamais.
Ce
roman de science-fiction est très original. L'auteur met en place un
univers étonnant, où des créatures hybrides se mêlent aux hommes. Les
vaisseaux dans lesquels voyagent les étudiants sont des poissons géants,
et les villes sont réparties entre différents domaines (la ville des
mathématiques, la ville des armes).
Il décrit également très
précisément les traditions de chaque peuple. Des décors anciens et
familiers tel que le désert se mêlent à des décors ultramodernes et
technologiquement supérieurs à nous.
La jeune fille utilise les
mathématiques pour méditer ou produire des champs de force qui la
mettent en harmonie avec le monde qui l'entoure, ce qui est très
original.
La force de ce roman est aussi la façon dont il aborde
la question du traumatisme. Tout au long du roman, Binti tente de
surmonter ce qui lui est arrivé. Ce n'est pas tant un roman d'action
comme on pourrait s'y attendre (même s'il n'en est pas dépourvu) mais un
roman d'introspection, et de recherche de son identité.
En
voyageant, Binti remet en question les traditions de son peuple et tout
ce qu'elle croit connaître. Elle apprend à se découvrir.
Ce
premier tome nous ouvre donc les portes d'un univers orignal, avec une
héroïne attachante et ouverte d'esprit. Il peut plaire aussi bien aux
amoureux des chiffres qu'aux littéraires convaincus. Je recommande
cependant d'être un lecteur aguerri en science-fiction pour se lancer.
Le dépaysement risque sinon d'être un peu rude !
Dans un
futur qui pourrait être le nôtre, les arbres ont presque totalement
disparu de la surface du globe et la Terre est devenue un immense
désert. Samaa qui vit dans une petite tribu de survivants au sein de
cette étendue de sable doit utiliser quotidiennement des bouteilles
d’oxygène et boire de l’eau gélifiée.
Elle ne rêve que d’une
chose, devenir chasseuse d’arbres, comme ces humains qui parcourent les
plaines désertiques à la recherches des derniers grands végétaux,
qui se dissimulent dans des crevasses. En coupant le bois qu’ils
revendent dans les dernières grandes villes, ils peuvent gagner
suffisamment d’argent pour acheter des boîtes de conserves ou du
tissu synthétique. Mais ce métier n’est accessible qu’aux
hommes.
Un jour Samaa désobéit à la règle et suit le groupe de
chasseur. Alors qu’elle est perdue dans le désert, elle fait une
rencontre qui change le cours de sa vie.
Ce très
court roman, qui tient presque lieu de fable, m’a véritablement
transportée ! J’ai déjà lu des romans de Marie Pavlenko,
notamment Je suis ton soleil (que j’ai beaucoup aimé). Le style
employé par l’auteur est ici très différent. La plume suit le
rythme des pas de la jeune fille, l’écoulement lent du temps dans
le désert. Le ton est presque musical et les mots sont choisis avec soin.
En peu
de pages, Marie Pavlenko parvient à rendre crédible et clair
l’univers dystopique qu’elle met en place. Nous comprenons les
modes de vie de ces derniers hommes, et aussi tout ce qui leur
manque, notamment des connaissances sur le fonctionnement des arbres
et de la biodiversité. Ces végétaux, qu’ils considèrent presque
comme des ennemis, de simples marchandises, seraient en vérité
leurs meilleurs alliés.
L’autrice
décrit également très bien comment Samaa prend petit à petit
conscience de la valeur d’un arbre, et du pouvoir régénérateur
de celui-ci. Même si ce roman est très court, il est très intense,
prenant, et délivre de façon très claire une revendication
écologique. Une fois le livre refermé, nous ressentons un mélange
de tristesse et d’espoir.
Cette
très courte nouvelle, portée par une héroïne audacieuse, peut
plaire à la fois aux amateurs de dystopie, mais également aux
amoureux de films comme Princesse Mononoké, Mon Voisin
Totoro ou Nausicaa de la Vallée du Vent, qui véhiculent
ces mêmes messages écologiques.
Et le
désert disparaîtra de Marie Pavlenko publié aux éditions
Flammarion.
Pour patienter avant
une nouvelle chronique, voici un TAG qui existe depuis très
longtemps dans la communauté livresque : le TAG livresque de A
à Z. Le principe est simple, il faut citer autant de livres qu’il
y a de lettres de l’alphabet. Chaque lettre correspond à une
question. Pour corser un peu le défi, je vais essayer de ne pas
citer La Passe-Miroir de Christelle Dabos et Harry Potter de JK
Rowling à toutes les questions.
A pour Auteur –
Auteur dont tu as lu le plus de livres.
Il s’agit de la série Les
désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, écrite par Lemony Snickett et qui ne comporte pas moins de treize volumes. Tout comme
le chiffre treize porte malchance, la vie de la fratrie Baudelaire
est couronnée de mésaventures. Après le décès tragique de leurs
parents, ils doivent échapper au terrible Oncle Olaff qui fait tout
pour s’approprier leur héritage. Cette série pleine d’humour et
de rebondissements m’a laissée un excellent souvenir ! Je la
recommande chaudement aux petits comme aux grands.
B pour « Best » –
La meilleure « suite » de série
Les disparus du Clairdelune de Christelle Dabos. Je
manque déjà à ma parole, mais le deuxième tome de La Passe-Miroir
est une merveille qui se doit d’être mentionnée. En effet, après
la réussite magistrale du tome un, nombreux étaient les lecteurs
qui craignaient que la suite ne soit pas à la hauteur du premier !
J’étais de ceux-là. J’ai depuis appris que Christelle Dabos ne nous
déçoit jamais ! Les disparus du Clairdelune mêle une intrigue
policière aux mœurs débridées de la cour du Pôle. Plongée au cœur d’un conflit qui la dépasse, Ophélie tente de tirer son
épingle du jeu, et doit faire alliance avec son ours mal léché de
mari...
C pour « Current »
Je lis actuellement Mischling de d'Affinity Konar. Nous y suivons deux soeurs jumelles déportées à Auschwitz et servant de cobaye à Joseph Mengele durant de terribles expériences.
D pour « Drink » –
La boisson qui accompagne tes lectures.
Je ne bois que rarement
lorsque je lis, mais lorsque cela arrive, c’est généralement du
thé.
E pour « E-book »
– E-books ou romans papier ?
Livres papiers sans hésiter!
L’odeur et le son des pages qui se tournent me manquent cruellement
sur liseuse !
F pour « Fictif »
– Un personnage fictif avec lequel tu serais effectivement sortie
au lycée.
Le petit ami de Cat, Lévi, dans Fangirl de Rainbow Rowell. Il tolère la passion immodérée de sa petite amie pour la série Simon Snow, il aurait donc certainement accepté mon
passe-temps tout à fait névrosé pour Harry Potter ou La Passe-Miroir.
G pour « Glad » –
Un roman auquel tu es contente d’avoir donné une chance
Il
y en a beaucoup, mes découvertes livresques sont généralement
heureuses. Une de celles qui m’a marquée est a série Les
Penderwick de Jeanne Birdsall. J’ai beaucoup rechigné à lire ce roman, mais une fois
lancée, je me suis prise d’affection pour les sœurs Penderwick,
les faisant entrer dans mon top 3 des romans préférés sur les frères et soeurs.
H pour « Hidden »
– Un roman que tu considères comme un joyau caché.
Espérer le soleil de Nelly Chadour. J’en ai beaucoup parlé sur ce blog, mais
je ne l’ai jamais vu mentionné chez les nombreux booktubeurs que
je suis. Je suis donc contente d’être tombée sur cette petite
merveille, qui mêle à la fois le fantastique et l’enquête
policière, dans un futur alternatif.
I pour « Important
» – Un moment important dans ta vie de lectrice.
Lorsque ma
mère m’a lu Miss Charity de Marie-Aude Murail. C’est à la fois
un roman que nous avons toutes les deux adorées et c’est le
dernier roman qu’elle m’a lu le soir avant que je m’endorme.
Par la suite, j’ai totalement lu par mes propres moyens.
J pour « Juste » –
Le roman que tu viens juste de finir.
On achève bien les chevaux de Horace McCoy que j'ai chroniqué ici !
K pour « Kind » –
Le genre de romans que tu ne liras jamais
Ne jamais dire
jamais !
L pour « Long » –
Le roman le plus long que tu aies jamais lu
Le Passage de Justin
Cronin qui ne fait pas moins de 1008 pages ! La version grand
format ressemble à un dictionnaire Larousse. Mais il faut bien toutes ces pages pour raconter le futur d'une humanité ravagée par d'étranges créatures nées d'expériences scientifiques ayant mal tourné...
M pour « Major » –
Le roman qui t’a causé le plus gros « book hangover » (« trop
plein » livresque – tu ne pouvais plus rien lire après ça)
Après
avoir lu le dernier tome de La Passe-Miroir, mes autres lectures me
semblaient bien fades, tant j’étais hantée par La Tempête des Echos.
N pour « Nombre »
– Le nombre de bibliothèques (meubles) que tu possèdes
Une seule,
mais elle déborde de partout !
La bibliothèque de mes rêves
O pour « One » –
Un roman que tu as lu plusieurs fois.
Il y en a beaucoup, j’aime
relire mes livres ! Pour ne pas toujours citer les mêmes, je
dirai La Couleur des sentiments/The Help de Catherine Stockett. Ce roman suit la vie des bonnes Noires aux Etats-Unis durant la période ségrégationniste.
P pour « Préféré
» – Ton endroit préféré pour lire.
Mon lit douillet !
Q pour « Quote » –
Une citation, d’un livre que tu as lu, qui t’inspires ou qui te
fait ressentir plein d’émotions
“Passer les miroirs, ça demande de s'affronter soi-même. Il faut
des tripes, t'sais, pour se regarder droit dans les mirettes, se voir
tel qu'on est, plonger dans son propre reflet. Ceux qui se voilent la
face, ceux qui se mentent à eux-mêmes, ceux qui se voient mieux qu'ils
sont, ils pourront jamais. Alors crois-moi, ça ne court pas les
trottoirs !”―
Christelle Dabos,
Les Fiancés de l'HiverCela me rappelle l’importance de
l’honnêteté envers soi-même et envers les autres.
Ne pas pouvoir de temps en temps
plonger dans l’univers de mes livres préférés.
S pour « Série »
– Une série que tu as commencée mais jamais finie (et dont tous
les livres sont sortis).
Les enfants de la Terre de Jean M. Auel, qui
se déroule au temps de la Préhistoire. Nous y suivons l’évolution
du personnage d’Ayla, une jeune homo sapiens recueillie par des
hommes de Néandertal. J’ai lu les deux premiers tomes de cette
série assez jeune, et j’ai adoré. Je ne suis jamais cependant
allée au-delà du tome trois. L’histoire me plaisait toujours
autant, mais la longueur du roman m’a fait abandonner ma lecture.
Je ne désespère pas de reprendre cette série un jour.
T pour « Trois » –
Trois de tes livres préférés de tous les temps.
U pour «
Unapologetic » – Quelque chose dont tu n’éprouves absolument
aucun remords d’être fan(girl).
Je n’ai aucun remord d’être
fan de Harry Potter, même si je n’ai pas encore reçu ma lettre de
Poudlard.
V pour « Very » –
Un roman dont tu attends la sortie avec grande impatience, plus que
celle des autres.
Aucune idée ! Joker !
W pour « Worst » –
Ta pire habitude livresque
Parfois je ne peut m’empêcher de lire
la dernière page d’un livre.
X pour « X » –
Commence à compter en haut à gauche de ton étagère (la plus
proche) et prends le 27ème livre.
Il s’agit de Dom Juan de
Molière, une pièce de théâtre mettant en scène les frasques d’un
libertin athée et de son valet Sganarelle, que j’ai beaucoup aimé
étudier.
Y pour « Your » –
Ton dernier livre acheté
Romance d’Arnaud Catherine, que
j’ai d’ailleurs chroniqué ici !
Z pour « ZzZ » –
Le livre qui ta volé ton ZzZ (le dernier livre qui t’a tenue
éveillée bien trop tard la nuit).
La Tempête des échos de Christelle Dabos (encore lui), que j’ai
terminé à quatre heures du matin.
Dans
les années trente, aux États-Unis, il ne fait pas bon courir
après le rêve américain et le strass et les paillettes de
Hollywood. C’est ce que découvrent à leurs dépens Robert et
Gloria, deux personnes d’origine modeste espérant devenir
figurants pour de grands films. Afin de gagner un peu d’argent, ils
s’inscrivent ensemble à un marathon de danse pour espérer
empocher une récompense de mille dollars. Mais la compétition est
rude. Le principe de ce concours est très simple : il ne faut
jamais cesser d’être en mouvement pendant cinquante-cinq minutes.
Les participants ont droit à dix minutes de pause pendant lesquelles
ils peuvent manger, dormir et se soigner. La durée du jeu est
illimitée, et ne cesse véritablement que lorsqu’il ne reste plus
qu’un couple en lice. Si, pendant l’épreuve, Robert y voit
l’opportunité de se créer un réseau pour une carrière future,
Gloria se laisse peu à peu sombrer dans la mélancolie, la rancœur
et le mal de vivre, jusqu’à commettre l’irréparable…
J’avais
entendu parler de ce roman grâce à la merveilleuse vidéo de LemonJune, qui m’avait donnée très envie de le lire ! Bien que
courte, cette lecture laisse un souvenir mémorable.
Le
contexte dans lequel se déroule l’histoire est très particulier
et révoltant. Je n’avais jamais entendu parler de ces marathons de
danse, qui ont pourtant bel et bien existé. L’auteur décrit
combien la misère humaine est dressée en spectacle pour les plus
offrants. Les organisateurs privilégient le sensationnel, allant
jusqu’à mettre en scène de faux mariages ou à profiter des
crimes d’un des candidats pour faire la publicité de l’évènement.
Les danseurs sont tous des personnes démunies, ayant désespérément
besoin d’argent ou en situation de fragilité. Outre Gloria et
Robert, nous avons un aperçu des autres couples, parmi lesquels on
trouve notamment une femme enceinte et une jeune adolescente en
fuite.
La
narration laisse également une impression très particulière. Nous
suivons uniquement le point de vue de Robert. Nous entendons la voix
du personnage, son langage familier et parfois cru, mais dans le même
temps nous sommes frappés par la façon dont le jeune homme semble
détaché du récit qu’il raconte. Mis à part une rapide mention
des douleurs physiques, Robert ne s’attarde pas sur l’horreur de
sa situation. Il détaille les faits de façon clinique, il est
concentré sur lui-même, ses projets d’avenir, et sa volonté de
réussir. Cela ne rend pas pour autant le récit plat et dépourvu
d’action. Au contraire, nous ressentons une certaine angoisse
lorsque Robert décrit les courses mises en place par les
organisateurs pour éliminer plus vite les concourent et renforcer
l’aspect spectaculaire du marathon. Nous en venons à éprouver le
désir paradoxal que Robert et Gloria restent dans la course, car
cela semble être la dernière solution qu’il reste aux
personnages.
Ce
court roman se déroule presque à huis clos. Les danseurs semblent
coupés du monde, plus rien n’existe en dehors de la construction
sur pilotis où ils s'entassent jours et nuits. Le passé ou
l’avenir des protagonistes ne semblent plus véritablement compter.
Même si Robert aspire à devenir réalisateur, il vit au jour le
jour, profitant des repas chauds et sympathisant avec les différents
sponsors. Quant à Gloria, son désir de mort et son dégoût du
monde se renforcent à mesure que les jours passent, si bien qu’elle
ne se projette plus du tout dans un futur proche ou lointain.
Gloria
est un personnage à la fois fascinant, triste et mystérieux. Nous
n’avons que le point de vue de Robert, qui ne la comprend pas, si
bien qu’elle garde un voile secret. Cependant, le peu que nous en
livre l’auteur sur son passé suffit à nous laisser comprendre
qu’il s’agit d’une jeune femme blessée par la vie, abîmée
par les violences qu’elle a subi et profondément dégoûtée du
monde qui l’entoure et qui ne semble pas présenter un avenir
viable. Cela est particulièrement frappant dans son désir qu’elle
a de ne pas avoir d’enfants, pour ne pas qu’ils se transforment en adultes pauvres et esclaves de l'argent. Contrairement à
Robert, Gloria ne se laisse pas prendre au jeu de la compétition.
Elle pose un regard désabusé sur le monde des sponsors, sur le
public et les autres danseurs. C’est également un personnage très
moderne, mordant et qui a du répondant. Elle n’hésite pas à
défendre la liberté des femmes face à une morale austère, et qui
cache souvent plus de vices qu’il n’y paraît.
On
achève bien les chevaux est donc un roman poignant, dur et
sombre, où les personnages semblent condamnés, mais qui dans le
même temps pointe du doigt la cruauté et la bêtise humaine, ainsi
que son goût pour le spectacle et le morbide. Si vous avez le cœur
bien accroché, et si vous désirez en savoir plus sur ce fait
historique peu connu, ce roman est fait pour vous !
On achève bien les chevaux de Horace McCoy publié aux éditions Folio.