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lundi 27 août 2018

Les Outrepasseurs tome 4 : Ferenusia de Cindy Van Wilder

Les Outrepasseurs


Tome 4 : Ferenusia

 

 Cindy Van Wilder


Les Outrepasseurs tome 4 / Cindy Van Wilder

Les aventures des Outrepasseurs ne sont pas terminées. Après l’effondrement de leur empire, les anciens magiciens doivent trouver leur place dans le monde des hommes. Mais leurs crimes ne seront pas oubliés pour autant. En effet les ferreux, des êtres qu’ils ont exploités pendant des années afin d’obtenir leur magie, sont bien décidés à faire entendre leur voix. Dans le même temps, Peter essaye en vain d’oublier Arnaud, qui s’est enfermé volontairement dans les souterrains de Maupertuis. Pourtant lorsque l’on annonce un éboulement de terrain à cet endroit, le jeune homme va se précipiter pour porter secours à son ami. Et si les deux jeunes gens pouvaient encore se retrouver ?

J’avais lu les trois tomes des Outrepasseurs il y a deux ans et ils avaient été un véritable coup de cœur ! La fin du tome 3 me paraissait suffisante en elle-même, et l’auteur explique aussi dans les remerciements qu’au départ elle n’avait pas prévu de continuer les aventures de Peter et Arnaud. Finalement elle l’a fait et je n’ai pas été déçu par ma lecture, au contraire, ce tome-ci conclut très bien la série à mon sens !

J’avoue qu’au départ j’ai eu des difficultés à me souvenir de tous les détails mais cela ne m’a pas trop gêné dans ma lecture, notamment parce que ce tome-ci tourne beaucoup autour des ferreux, des êtres ressemblants en tout point aux humains mais qui ont des dons extraordinaires pour exploiter la magie, notamment dans le domaine des arts et de la mécanique. L’auteur nous rappelle brièvement qui ils sont, ce qui est très utile pour la lecture. Elle va aussi nous donner des détails sur leurs origines, et expliquer comment ils vont s’adapter dans le monde des hommes.

Cindy Van Wilder n’oublie pas les derniers membres de la tribut des Outrepasseurs. Nous avons un portrait à la fois effrayant et en même temps impressionnant d’Albane, l’ancienne Maîtresse Ours. Elle est prête à tout pour sauver l’empire bâtit par Noble, quitte à sacrifier son fils. Je ne l’apprécie pas beaucoup mais dans le même temps j’ai été impressionnée par son tempérament.

Enfin j’ai adoré la façon dont l’auteur développe la relation entre Peter et Arnaud. C’est ce que j’avais espéré après la lecture du tome 3, mais je ne vous en dit pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise.

J’ai donc eu un coup de cœur pour ce quatrième tome, je trouve qu’il conclut bien cette série. Je vous la conseille dans son ensemble, pour son histoire riche et originale et ses personnages attachants. Vous pouvez trouver ma chronique sur les précédents tomes ici.

Les Outrepasseurs de Cindy Van Wilder publié aux éditions Gulf Stream.

lundi 20 août 2018

Le Grand Meaulnes d'Alain Fournier

Le Grand Meaulnes


Alain Fournier

 


Le grand Meaulnes / Alain Fournier

François, un adolescent de quinze ans, mène une vie plutôt solitaire et reste à l’écart de ses camarades, à cause d’une douleur au genoux qui le fait souffrir. Sa vie va basculer lorsqu’un soir arrive Augustin Meaulnes, un grand gaillard de dix-sept ans. Derrière cet être taciturne se cache un adolescent au grand cœur et il va se lier d’amitié avec François. Les deux garçons vont devenir inséparables. François est fasciné par son camarade, il admire sa bravoure, sa force et sa soif d’aventure. Un jour Augustin va s’égarer en route et se retrouver dans une étrange fête où les enfants sont traités comme des rois. Se mêlant aux festivités, il va alors rencontrer Yvonne de Galais, une magnifique jeune fille dont il tombera amoureux.

Une fois la fête finie, il est obligé de plier bagage mais il n’aura de cesse de retrouver Yvonne de Galais et sa demeure qu’il nomme le domaine perdu. François, d’abord déterminé à l’aider dans cette tâche, perd peu à peu espoir. Et si cette aventure n’allait pas coûter au grand Meaulnes son bonheur ?

J’avais déjà entendu parlé du Grand Meaulnes à l’école et via une vidéo de la booktubeuse Lemon June. Ayant eut à le lire pour l’année prochaine, je n’étais pas effrayée par la taille de l’ouvrage, qui est relativement court, mais par l’atmosphère qui s’en dégageait. En effet je croyais me souvenir que l’histoire se déroulait à la campagne dans un petit village où il ne se passait pas grand-chose et je craignais de m’ennuyer au cours de ma lecture. Heureusement, j’ai été plutôt satisfaite.

Certes le roman d’Alain Fournier est empreint de nostalgie, d’une certaine mélancolie. L’auteur semble se souvenir avec regret de son adolescence puisque lui aussi est tombé amoureux d’une certaine Yvonne, qui s’est malheureusement mariée avec un autre.

Ce que j’ai apprécié dans l’histoire du Grand Meaulnes ce sont les différentes atmosphères du récit. En effet au début du roman, nous ressentons tout l’ennui et la solitude de François. Puis lorsque Meaulnes arrive au village, il agit comme un stimulant et permet au garçon d’être heureux. Enfin, quand Augustin se perd et débarque en plein milieu d’une fête mystérieuse, Alain Fournier met en place une ambiance fantastique.

En effet, comme le jeune homme ne sait pas où il est arrivé, le lieu paraît hors du temps. De plus, l’auteur passe beaucoup de temps à évoquer les lampions qui éclairent la scène d’une lueur verdâtre, ce qui rend le lieu assez magique. Ensuite, les enfants semblent être les rois de la fête, ce qui peut nous rappeler une ambiance de conte de fées ou des œuvres telles que Peter Pan. Enfin, la magnifique jeune fille dont Augustin tombe amoureux fait figure de princesse.

Cette atmosphère fantastique constitue donc pour moi un agréable contraste avec le reste du récit. En effet je dois avouer que certains passages avant qu’Augustin ne trouve le domaine m’ont paru un peu longs.

Mais après cette scène clé, le rythme s’accélère. J’ai aimé voir combien le garçon faisait tout pour retrouver celle qu’il aime, c’était assez romanesque. L’auteur parvient aussi à ménager du suspens vers la fin de son récit. Jusqu’à la dernière page on ne peut être sûr du dénouement de l’aventure.

Cependant, je suis assez d’accord avec Lemon June lorsqu’elle affirme qu’il faut être davantage dans l’âge adulte pour apprécier à sa juste valeur Le Grand Meaulnes. La nostalgie de l’écrivain est assez pesante et étant moi-même dans l’adolescence, j’ai parfois eu envie de me dégager de cette tristesse qui suinte du récit.

Malgré cela, je vous recommande de lire Le Grand Meaulnes. C’est un classique court, rapide et facile à lire, avec des personnages assez attachants et une atmosphère de roman fantastique ou d’aventure !

Le Grand Meaulnes d'Alain Fournier publié aux éditions Le livre de Poche.

lundi 13 août 2018

Madame Bovary de Gustave Flaubert

Madame Bovary


Gustave Flaubert




Madame Bovary / Gustave Flaubert


Charles, un médecin de campagne médiocre, épouse la ravissante et élégante Emma. Ensemble, ils partent à Yonville pour y chercher fortune. Mais plus le temps passe, plus la jeune femme se sent malheureuse dans son ménage, aux côtés de cet homme ennuyeux et sans charme. Elle va alors commencer à le tromper et à dépenser sans compter pour essayer de combler le vide de son existence. En d’autres termes, Emma Bovary va orchestrer sa chute étape par étape.

Le roman de Flaubert a fait scandale lors de sa parution, l’auteur a même eu un procès pour outrage aux bonnes mœurs. Aujourd’hui bien sûr, ces accusations nous paraissent injustifiées. Il n’en reste pas moins que Madame Bovary est une œuvre qui vous marquera à vie.

Le style de Gustave Flaubert tout d’abord est exceptionnel. Même si ses longues descriptions peuvent effrayer de prime abord, il n’en reste pas moins que ses phrases sont rythmées, avec un vocabulaire riche et soutenu, ce qui n’empêche pas l’auteur d’être ironique envers ses personnages. Chacun en prend pour son grade, aussi bien Emma avec ses rêves de romantisme enfantins que Charles avec sa naïveté ou le pharmacien Hormais avec son côté pédant et ridicule.

De plus, l’histoire de Mme Bovary est assez triste. Cette femme qui semble avoir tout pour réussir épouse le mauvais homme et passe son temps à essayer d’atteindre un bonheur qui n’existe pas. Ses amants la rejette les uns après les autres et elle tombe en disgrâce. La vie d’Emma est une succession de frustrations, de rêves inachevés. Par certains côtés nous éprouvons de la pitié pour la jeune femme, elle est liée par les chaînes du mariage à Charles et à cause de sa condition modeste elle ne peut mener le train de vie qu’elle souhaite.

La scène du bal à Vaubyessard accentue cette impression. Elle est éblouie par tant de richesses, de beautés et elle s’intègre parfaitement à l’assistance grâce à son maintien et sa bonne mine. Mais elle fait aussi preuve de naïveté parfois en ne remarquant par par exemple combien l’existence de ces nobles est fade et vide. De plus, elle ne cesse de rêver au grand amour romantique alors qu’elle s’enfonce peu à peu dans la disgrâce.

Elle a parfois un côté trop passionnel, autoritaire, exalté qui peut la rendre insupportable, mais dans le même temps nous comprenons que c’est le résultat de son existence ratée.

Charles apporte presque une touche de comique à l’histoire. Nous avons d’abord pitié de lui en le découvrant comme le souffre douleur de ses camardes de classe, moqué par les autres parce qu’il est plus pauvre et moins doué. Mais par la suite nous ne pouvons nous empêcher de rire avec Flaubert de la naïveté, de la stupidité et de l’incompétence de Charles Bovary. Il est incapable d’exercer correctement la médecine. La scène où il essaye de guérir le pied bot du jeune commis Hippolyte est édifiante. Au lieu d’aller mieux le garçon perd sa jambe !

Le mari d’Emma montre ici toute son incompétence. Il est aussi un mari qui ne satisfait pas sa femme. Pour commencer, il ne sait ni tenir une conversation ni se conduire dignement, il s’endort au bal et n’est guère sensible au théâtre. Il est certes en adoration pour sa femme mais celle-ci ne peut rien partager avec lui.

Enfin, il se ridiculise aux yeux du lecteur en se laissant de nombreuses fois manipuler et en offrant à la jeune femme de nombreuses occasions de voir ses amants.

Autour d’Emma et Charles gravitent aussi une foule de personnages, notamment Hormais, le pharmacien, que j’ai déjà mentionné plus haut. C’est un être pédant, qui se croit extrêmement cultivé, mais qui peut aussi être cruel. Il tourne le dos à Charles dès qu’il tombe en disgrâce et fait tout pour favoriser sa réussite personnelle. Je l’ai vraiment détesté et j’ai été peiné de voir qu’à la fin, c’est celui qui s’en sort le mieux.

Mais peut-être est-ce l’avertissement de Flaubert, ne pas vivre trop dans ses rêves, ou la réalité finira par nous rattraper.

Madame Bovary est un classique idéal pour ceux qui aiment les histoires pleines d’ironie, de secrets et de fatalité.

Madame Bovary de Gustave Flaubert publié aux éditions Folio.
 

lundi 6 août 2018

La mort, j'adore, saison 1 d'Alex Brocas

La mort, j’adore !


Saison 1

 

Alex Brocas



La mort j'adore saison 1 / Alex Brocas

Au collège, Clémence est le souffre douleur de la classe. Elle est grosse, elle a de l’acné et sa meilleure amie, Élodie lui a tourné le dos dès leur entrée en 6ème ! Alors qu’à 15 ans elle participe à sa première soirée, elle finit lamentablement par s'évanouir à cause de l’alcool. Elle est alors contactée par Crépitus, un démon, qui lui révèle sa vraie nature : elle est en réalité une démone qui a été envoyée sur Terre dans le but d’envahir incognito le monde des humains. Crépitus va alors lui confier plusieurs missions. Mais Clémence doit rester discrète et ne pas abuser de ses nouveaux pouvoirs, en effet, les démons ont des ennemis, les anges. Et ceux-ci sont prêts à éliminer tous les êtres maléfiques qu’ils croisent sur leur chemin…

J’ai emprunté ce roman totalement par hasard à la bibliothèque et j’ai été… troublée par ma lecture. Je suis à la fois amusée par la loufoquerie de l’histoire et le cynisme qui s’en dégage et en même temps horrifiée par certains passages… Parfois on rit mais dans le même temps on se sent mal de rire des malheurs de cette pauvre Clémence.

Le personnage principal que nous suivons est un véritable anti-héros. La jeune fille n’est pas un démon aux pouvoirs extraordinaires, au contraire, elle fait partie des plus faibles de son espèce et ne doit sa survie qu’à son extraordinaire chance ! Elle est parfois très… pathétique, mais en même temps nous nous attachons à son humour grinçant.

J’ai également apprécié le fait que l’auteur nous décrive en détail l’univers des démons, la façon dont ils sont éduqués, etc.

Je suis donc assez mitigée sur ce roman, d'un côté j’ai apprécié ma lecture, j’ai trouvé la parodie de l’histoire où le héros voit sa vie transformée de façon de positive par des pouvoirs, très bien faite. Mais d'un autre côté, certains passages m’ont mis mal à l’aise, je riais, mais je m’en voulais de rire.

On ne passe pas vraiment un bon moment en compagnie de Clémence, vu qu’elle enchaîne les catastrophes, mais c’est un moment assez unique. Ainsi je recommande La mort, j’adore !à tous ceux qui aiment les histoire loufoques.

La mort, j’adore ! Saison 1 publié aux éditions Sarbacane.

lundi 30 juillet 2018

Millénium Tome 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de Stieg Larsson

Millénium


Tome 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

 

Millénium  Tome 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes  Stieg Larsson


Stieg Larsson


Mikael Blomkvist, un brillant journaliste économique et fondateur de la revue Millénium, a de gros ennuis. En effet, alors qu’il a voulu dénoncer la malhonnêteté d’un gros industriel, ses informations se sont révélées fausses et il se retrouve condamné à trois mois de prison. Il a en plus perdu sa crédibilité et son journal risque d’en pâtir. Alors que tout semble désespéré, il est contacté par un ami de son père, Henrik Vanger, un des plus puissant industriel de Suède.

Ce-dernier lui promet de l’aider à faire tomber l’industriel véreux s’il l’aide à résoudre un mystère vieux de trente ans. En effet le vieil homme est prêt à tout pour retrouver sa petite fille, Hariette, qui a mystérieusement disparu. Vanger est persuadé qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille. Même si l’enquête semble n’être qu’une impasse, Mikael se lance à corps perdu dans les recherches, prêt à tout pour sauver Millénium.

Dans son périple il va faire la rencontre de Lisbeth Salander, une jeune femme mystérieuse et douée d’un talent inné pour récolter des informations sur tout le monde. Ensemble, ils vont peu à peu se laisser emporter par les mystères de la famille Vanger, parfois au péril de leur vie.

La série Millénium est un monument de la littérature suédoise et un polar extrêmement célèbre. J’avais à la fois envie de le découvrir mais dans le même temps je craignais d’être heurtée par la violence de certains passages. Finalement, j’ai vraiment apprécié ma lecture, même si, effectivement, certains chapitres sont particulièrement difficiles à lire.

J’ai tout d’abord aimé comment l’auteur plantait le décors de son récit en nous décrivant le contexte délicat dans lequel se trouvait Mikael, son caractère et son passé. Il introduit également assez rapidement Lisbeth Salander à laquelle je me suis beaucoup attachée. C’est d’ailleurs aussi à travers ses yeux que nous découvrons le journaliste, puisqu’elle est chargée de faire un rapport sur lui à l’avocat de Vanger.

Comme tout bon auteur de polar, l’auteur parvient à mettre en place du suspens, mais dans le même temps, nous sommes au cœur de l’intrigue. En effet, il ne nous trompe pas en nous envoyant sur de mauvaises pistes, j’ai plutôt eu l’impression de découvrir les indices en même temps que les personnages. J’avais le sentiment de faire partie de l’aventure.

De plus, on ne s’ennuie jamais dans Millénium, même lorsque l’on revient sur le passé des protagonistes ou que l’auteur nous décrit comment un industriel peut mettre en place une arnaque financière. Moi qui ne suis absolument pas férue d’économie, je me suis surprise à être très intéressée par le monde de la finance que dépeint Larsson. L’écrivain est clair et précis dans ses explications, nous sentons qu’il maîtrise véritablement son sujet.

Je me suis également beaucoup attachée aux personnages. Mikael, le héros du récit, m’a charmée. J’ai apprécié sa droiture, son honnêteté et sa détermination. Il fait véritablement tout ce qu’il peut pour retrouver Hariette Vanger, alors qu’il ne l’a quasiment jamais vu. Il est également gentil et taquin avec Lisbeth Salander, et sans tenter de profiter d’elle, il parvient à gagner sa confiance.

Cette dernière est mon personnage préféré. J’ai adoré son caractère bien trempé, son intelligence extraordinaire, son courage, et sa volonté de venger les femmes qui ont été violentées par des hommes. J’ai aussi apprécié son indépendance et son refus d’entrer dans les cases crées par la société.

A travers Lisbeth Salander, Larsson dénonce les violences faites aux femmes. Au cours du récit, avant chaque grande partie, il nous donne des chiffres montrant par exemple combien de femmes ont été agressées ou violées en Suède. Les résultats sont effrayants. Certaines scènes montrant des violences sexuelles subies par des jeunes femmes sont presque insoutenables, horribles à lire, c’est pourquoi Millénium n’est pas un roman pour les jeunes lecteurs ou les personnes non averties.

J’ai aussi approuvé le fait qu’outre Lisbeth, l’auteur dépeigne d’autres protagonistes féminines fortes, notamment Erica Berger, qui dirige en compagnie de Mikael le journal Millénium.

Je vous recommande donc chaudement de lire cette saga si vous n’avez pas encore sauté le pas. Si vous aimez les polars, les enquêtes au sein d’une famille et des personnages forts et attachants, plongez sans hésiter dans Les hommes qui n’aimaient pas les femmes.

Un film sur le tome 1 est sorti en 2012 avec Daniel Craig dans le rôle de Mikael Blomkvist et Rooney Mara dans le rôle de Lisbeth Salander. Je ne l’ai pas (encore) vu, mais d’après la bande annonce il semble assez fidèle à l’œuvre originale. En novembre 2018 sortira également un film sur le tome 4 de Millénium, Ce qui ne me tue pas, avec cette fois Claire Foy dans le rôle de Lisbeth.


 

 

Millénium de Stieg Larsson publié aux éditions Actes Sud dans la collection Actes Noirs.

lundi 23 juillet 2018

L’étrange bibliothèque de Haruki Murakami, illustré par Kat Menschik

L’étrange bibliothèque


Haruki Murakami


Illustré par Kat Menschik

 

L'étrange bibliothèque / Haruki Murakami

 


Un jeune garçon tout à fait ordinaire se rend à la bibliothèque de son quartier pour rendre les ouvrages qu’il a emprunté. Alors qu’il désire en chercher d’autres, la femme de l’accueil lui demande de s’adresser à un mystérieux vieil homme. En allant le voir, notre héros se rend compte que la bibliothèque est beaucoup plus vaste que ce qu’il avait imaginé. Il va alors plonger sans le savoir dans un monde fantastique où il pourrait bien risquer sa vie…

Illustration de Kat Menschik


Qui a dit qu’aller à la bibliothèque était de tout repos ? Dans cette nouvelle, Murakami nous entraîne dans une intrigue mystérieuse qui fait figure de conte. Durant tout le récit, on ne sait pas où l’auteur va nous mener ou si ce que nous lisons est réel. En effet, le héros semble parfois rêver.


Illustration de Kat Menschik


Tout comme la nouvelle Sommeil que j’ai déjà chroniqué sur ce blog, le texte est agrémenté d’illustrations de Kat Menschik. Ces dessins, très onirique, fantastiques, collent parfaitement avec le style de la nouvelle. J’ai particulièrement aimé le fait que l’auteur s’attache à illustrer des détails, notamment les chaussures du héros qui couinent sur le parquet de l’étrange bibliothèque.

J’ai aussi trouvé amusant le fait qu’un auteur écrive une nouvelle qui pourrait nous dégoûter de nous rendre dans ce lieu ! Cependant, malgré les mises en garde de Haruki Murakami, jamais je ne cesserai de fréquenter les bibliothèques, je ferai simplement attention de ne pas suivre chaque vieil homme que je croiserai et je réserverai via le catalogue de l’établissement l’ouvrage que je souhaite consulter !

Illustration de Kat Menschik


L’étrange bibliothèque de Haruki Murakami, illustré par Kat Menschik et publié aux éditions Belfond.

lundi 16 juillet 2018

La sorcière de Camila Läckberg

La sorcière

Camilla Läckberg


La sorcière / Läckberg

Dans un petit village de Suède, une enfant nommée Stella est assassinée. Le meurtrier n'a jamais été retrouvé, bien que deux jeunes filles, Hélène et Marie, aient avoué le crime avant de se rétracter. Trente ans plus tard, une autre fillette nommée Nea est tuée dans des circonstances similaires. Les policiers du village, Patrick, ainsi que sa femme, Erica, une écrivaine qui travaille sur l'affaire Stella, vont tout faire pour résoudre ce mystère. Mais autour des deux affaires se cachent des secrets inavoués. Qui est donc le meurtrier ?

Je n'avais encore jamais lu de polar suédois, j'étais donc impatiente de découvrir cette auteure. La sorcière est la suite d'une série de romans où l'on suit le personnage d'Erica Berger, une écrivaine qui s'intéresse notamment aux affaires criminelles. Le fait de ne pas connaître les autres histoires ne m'a cependant pas empêchée de comprendre celle-ci.

J'ai tout d'abord apprécié la façon dont les meurtres sont amenés, nous avons à la fois des morceaux de l'enquête sur l'affaire Stella et les moments présents. Camilla Läckberg parvient à maintenir le suspens à chaque chapitre.

L'intrigue dépeinte par l'auteure est complexe, en effet il y a de nombreuses pistes et de nombreux personnages. Ceux-ci sont d'ailleurs fouillés et développés, y compris des protagonistes que nous sommes censés suivre depuis de nombreux tomes tels qu'Erica ou Patrick. Je me suis d'ailleurs attachée à la jeune femme, notamment grâce à son intelligence, sa ténacité, sa vivacité, son grain de folie, sa passion pour l'écriture et ses inquiétudes à propos du fait d'être « une mauvaise mère ». Elle m'a paru très humaine.

J'ai aussi apprécié le policier Patrick, qui fait preuve d'une extraordinaire volonté pour résoudre le mystère qui plane autour des deux meurtres. J'ai même eu de l'affection pour les présumées coupables, Hélène et Marie. Les deux femmes sont très différentes. Si Hélène est une épouse effacée et soumise, Marie est une star de cinéma flamboyante. Mais sous leurs masques respectifs, nous sentons aussi une grande souffrance et une grande fragilité chez les deux personnages.

J'ai même éprouvé de la compassion pour Sam le fils d'Hélène et Jessie, le fils de Marie. Ils sont tous deux obligés de porter le lourd fardeau que représente le passé de leurs mères. C'est notamment à cause de cela qu'ils sont tous deux victimes de harcèlement à l'école. Camilla Läckberg décrit avec une grande lucidité combien les brimades peuvent être dévastatrices. Elle se place aussi du côté des harceleurs et, sans les excuser, elle décrit combien eux aussi peuvent être rongés par leurs propres démons.

Ce qui m'a agréablement surprise dans ce livre, c'est combien l'auteure se place dans l'actualité en consacrant une partie du roman à un camp de migrants. Ils sont arrivés de Syrie à cause la guerre et se sont réfugiés en Suède. L'écrivaine relate combien ils ne sont pas ici de leur plein gré et combien ils souhaitent, pour la plupart, simplement s'adapter. Elle montre également combien le racisme peut faire des ravages. Camilla Läckberg ne fait cependant pas preuve de manichéisme en séparant ses personnages entre gentils et méchants, elle dépeint chacun avec ses défauts et ses qualités.

Pour résumer, j'ai vraiment apprécié le déroulement de ce polar, mais j'ai eu quelques soucis avec la fin du roman.

Pour commencer, il y a des passages où nous suivons également Elin, une jeune femme ayant vécu au Moyen-Âge et qui fut accusée d'être une sorcière. J'ai aimé suivre Elin, qui apporte une agréable pause dans l'enquête de Patrick et Erica. J'attendais évidemment le moment où les deux époques se rejoindraient. Mais j'ai été déçue par l'utilisation qu'en fait l'auteure. Le lien n'est dévoilé qu'à la toute fin du livre et je trouve qu'il n'apporte pas grand-chose à l'intrigue. Rétrospectivement, je trouve donc que les passages où nous suivons Elin sont inutiles, et qu'ils peuvent embrouiller le récit au lieu de l'éclaircir.

De plus, je pense que nous devinons un élément du récit légèrement trop tôt avant que celui-ci soit officiellement révélé, ce qui gâche un peu le suspens.

Enfin, j'ai eu le sentiment que l'auteure est un peu trop dramatique. Le meurtre des deux fillettes est déjà suffisamment horrible, or Camilla Läckberg en rajoute en faisant mourir de nombreux personnages dans de terribles circonstances.

Ainsi, La Sorcière n'a pas été une mauvaise lecture, j'ai apprécié le déroulement de l'enquête, davantage peut-être que la résolution et je me suis attachée aux personnages. Cependant, ce n'est peut-être pas la meilleure histoire de la série, ainsi, je vous conseillerai de découvrir d'autres romans de cette auteure suédoise talentueuse en plus de celui-ci.

La sorcière de Camilla Läckberg publié aux éditions Actes Sud collection Actes noirs.