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lundi 30 juillet 2018

Millénium Tome 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de Stieg Larsson

Millénium


Tome 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

 

Millénium  Tome 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes  Stieg Larsson


Stieg Larsson


Mikael Blomkvist, un brillant journaliste économique et fondateur de la revue Millénium, a de gros ennuis. En effet, alors qu’il a voulu dénoncer la malhonnêteté d’un gros industriel, ses informations se sont révélées fausses et il se retrouve condamné à trois mois de prison. Il a en plus perdu sa crédibilité et son journal risque d’en pâtir. Alors que tout semble désespéré, il est contacté par un ami de son père, Henrik Vanger, un des plus puissant industriel de Suède.

Ce-dernier lui promet de l’aider à faire tomber l’industriel véreux s’il l’aide à résoudre un mystère vieux de trente ans. En effet le vieil homme est prêt à tout pour retrouver sa petite fille, Hariette, qui a mystérieusement disparu. Vanger est persuadé qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille. Même si l’enquête semble n’être qu’une impasse, Mikael se lance à corps perdu dans les recherches, prêt à tout pour sauver Millénium.

Dans son périple il va faire la rencontre de Lisbeth Salander, une jeune femme mystérieuse et douée d’un talent inné pour récolter des informations sur tout le monde. Ensemble, ils vont peu à peu se laisser emporter par les mystères de la famille Vanger, parfois au péril de leur vie.

La série Millénium est un monument de la littérature suédoise et un polar extrêmement célèbre. J’avais à la fois envie de le découvrir mais dans le même temps je craignais d’être heurtée par la violence de certains passages. Finalement, j’ai vraiment apprécié ma lecture, même si, effectivement, certains chapitres sont particulièrement difficiles à lire.

J’ai tout d’abord aimé comment l’auteur plantait le décors de son récit en nous décrivant le contexte délicat dans lequel se trouvait Mikael, son caractère et son passé. Il introduit également assez rapidement Lisbeth Salander à laquelle je me suis beaucoup attachée. C’est d’ailleurs aussi à travers ses yeux que nous découvrons le journaliste, puisqu’elle est chargée de faire un rapport sur lui à l’avocat de Vanger.

Comme tout bon auteur de polar, l’auteur parvient à mettre en place du suspens, mais dans le même temps, nous sommes au cœur de l’intrigue. En effet, il ne nous trompe pas en nous envoyant sur de mauvaises pistes, j’ai plutôt eu l’impression de découvrir les indices en même temps que les personnages. J’avais le sentiment de faire partie de l’aventure.

De plus, on ne s’ennuie jamais dans Millénium, même lorsque l’on revient sur le passé des protagonistes ou que l’auteur nous décrit comment un industriel peut mettre en place une arnaque financière. Moi qui ne suis absolument pas férue d’économie, je me suis surprise à être très intéressée par le monde de la finance que dépeint Larsson. L’écrivain est clair et précis dans ses explications, nous sentons qu’il maîtrise véritablement son sujet.

Je me suis également beaucoup attachée aux personnages. Mikael, le héros du récit, m’a charmée. J’ai apprécié sa droiture, son honnêteté et sa détermination. Il fait véritablement tout ce qu’il peut pour retrouver Hariette Vanger, alors qu’il ne l’a quasiment jamais vu. Il est également gentil et taquin avec Lisbeth Salander, et sans tenter de profiter d’elle, il parvient à gagner sa confiance.

Cette dernière est mon personnage préféré. J’ai adoré son caractère bien trempé, son intelligence extraordinaire, son courage, et sa volonté de venger les femmes qui ont été violentées par des hommes. J’ai aussi apprécié son indépendance et son refus d’entrer dans les cases crées par la société.

A travers Lisbeth Salander, Larsson dénonce les violences faites aux femmes. Au cours du récit, avant chaque grande partie, il nous donne des chiffres montrant par exemple combien de femmes ont été agressées ou violées en Suède. Les résultats sont effrayants. Certaines scènes montrant des violences sexuelles subies par des jeunes femmes sont presque insoutenables, horribles à lire, c’est pourquoi Millénium n’est pas un roman pour les jeunes lecteurs ou les personnes non averties.

J’ai aussi approuvé le fait qu’outre Lisbeth, l’auteur dépeigne d’autres protagonistes féminines fortes, notamment Erica Berger, qui dirige en compagnie de Mikael le journal Millénium.

Je vous recommande donc chaudement de lire cette saga si vous n’avez pas encore sauté le pas. Si vous aimez les polars, les enquêtes au sein d’une famille et des personnages forts et attachants, plongez sans hésiter dans Les hommes qui n’aimaient pas les femmes.

Un film sur le tome 1 est sorti en 2012 avec Daniel Craig dans le rôle de Mikael Blomkvist et Rooney Mara dans le rôle de Lisbeth Salander. Je ne l’ai pas (encore) vu, mais d’après la bande annonce il semble assez fidèle à l’œuvre originale. En novembre 2018 sortira également un film sur le tome 4 de Millénium, Ce qui ne me tue pas, avec cette fois Claire Foy dans le rôle de Lisbeth.


 

 

Millénium de Stieg Larsson publié aux éditions Actes Sud dans la collection Actes Noirs.

lundi 23 juillet 2018

L’étrange bibliothèque de Haruki Murakami, illustré par Kat Menschik

L’étrange bibliothèque


Haruki Murakami


Illustré par Kat Menschik

 

L'étrange bibliothèque / Haruki Murakami

 


Un jeune garçon tout à fait ordinaire se rend à la bibliothèque de son quartier pour rendre les ouvrages qu’il a emprunté. Alors qu’il désire en chercher d’autres, la femme de l’accueil lui demande de s’adresser à un mystérieux vieil homme. En allant le voir, notre héros se rend compte que la bibliothèque est beaucoup plus vaste que ce qu’il avait imaginé. Il va alors plonger sans le savoir dans un monde fantastique où il pourrait bien risquer sa vie…

Illustration de Kat Menschik


Qui a dit qu’aller à la bibliothèque était de tout repos ? Dans cette nouvelle, Murakami nous entraîne dans une intrigue mystérieuse qui fait figure de conte. Durant tout le récit, on ne sait pas où l’auteur va nous mener ou si ce que nous lisons est réel. En effet, le héros semble parfois rêver.


Illustration de Kat Menschik


Tout comme la nouvelle Sommeil que j’ai déjà chroniqué sur ce blog, le texte est agrémenté d’illustrations de Kat Menschik. Ces dessins, très onirique, fantastiques, collent parfaitement avec le style de la nouvelle. J’ai particulièrement aimé le fait que l’auteur s’attache à illustrer des détails, notamment les chaussures du héros qui couinent sur le parquet de l’étrange bibliothèque.

J’ai aussi trouvé amusant le fait qu’un auteur écrive une nouvelle qui pourrait nous dégoûter de nous rendre dans ce lieu ! Cependant, malgré les mises en garde de Haruki Murakami, jamais je ne cesserai de fréquenter les bibliothèques, je ferai simplement attention de ne pas suivre chaque vieil homme que je croiserai et je réserverai via le catalogue de l’établissement l’ouvrage que je souhaite consulter !

Illustration de Kat Menschik


L’étrange bibliothèque de Haruki Murakami, illustré par Kat Menschik et publié aux éditions Belfond.

lundi 16 juillet 2018

La sorcière de Camila Läckberg

La sorcière

Camilla Läckberg


La sorcière / Läckberg

Dans un petit village de Suède, une enfant nommée Stella est assassinée. Le meurtrier n'a jamais été retrouvé, bien que deux jeunes filles, Hélène et Marie, aient avoué le crime avant de se rétracter. Trente ans plus tard, une autre fillette nommée Nea est tuée dans des circonstances similaires. Les policiers du village, Patrick, ainsi que sa femme, Erica, une écrivaine qui travaille sur l'affaire Stella, vont tout faire pour résoudre ce mystère. Mais autour des deux affaires se cachent des secrets inavoués. Qui est donc le meurtrier ?

Je n'avais encore jamais lu de polar suédois, j'étais donc impatiente de découvrir cette auteure. La sorcière est la suite d'une série de romans où l'on suit le personnage d'Erica Berger, une écrivaine qui s'intéresse notamment aux affaires criminelles. Le fait de ne pas connaître les autres histoires ne m'a cependant pas empêchée de comprendre celle-ci.

J'ai tout d'abord apprécié la façon dont les meurtres sont amenés, nous avons à la fois des morceaux de l'enquête sur l'affaire Stella et les moments présents. Camilla Läckberg parvient à maintenir le suspens à chaque chapitre.

L'intrigue dépeinte par l'auteure est complexe, en effet il y a de nombreuses pistes et de nombreux personnages. Ceux-ci sont d'ailleurs fouillés et développés, y compris des protagonistes que nous sommes censés suivre depuis de nombreux tomes tels qu'Erica ou Patrick. Je me suis d'ailleurs attachée à la jeune femme, notamment grâce à son intelligence, sa ténacité, sa vivacité, son grain de folie, sa passion pour l'écriture et ses inquiétudes à propos du fait d'être « une mauvaise mère ». Elle m'a paru très humaine.

J'ai aussi apprécié le policier Patrick, qui fait preuve d'une extraordinaire volonté pour résoudre le mystère qui plane autour des deux meurtres. J'ai même eu de l'affection pour les présumées coupables, Hélène et Marie. Les deux femmes sont très différentes. Si Hélène est une épouse effacée et soumise, Marie est une star de cinéma flamboyante. Mais sous leurs masques respectifs, nous sentons aussi une grande souffrance et une grande fragilité chez les deux personnages.

J'ai même éprouvé de la compassion pour Sam le fils d'Hélène et Jessie, le fils de Marie. Ils sont tous deux obligés de porter le lourd fardeau que représente le passé de leurs mères. C'est notamment à cause de cela qu'ils sont tous deux victimes de harcèlement à l'école. Camilla Läckberg décrit avec une grande lucidité combien les brimades peuvent être dévastatrices. Elle se place aussi du côté des harceleurs et, sans les excuser, elle décrit combien eux aussi peuvent être rongés par leurs propres démons.

Ce qui m'a agréablement surprise dans ce livre, c'est combien l'auteure se place dans l'actualité en consacrant une partie du roman à un camp de migrants. Ils sont arrivés de Syrie à cause la guerre et se sont réfugiés en Suède. L'écrivaine relate combien ils ne sont pas ici de leur plein gré et combien ils souhaitent, pour la plupart, simplement s'adapter. Elle montre également combien le racisme peut faire des ravages. Camilla Läckberg ne fait cependant pas preuve de manichéisme en séparant ses personnages entre gentils et méchants, elle dépeint chacun avec ses défauts et ses qualités.

Pour résumer, j'ai vraiment apprécié le déroulement de ce polar, mais j'ai eu quelques soucis avec la fin du roman.

Pour commencer, il y a des passages où nous suivons également Elin, une jeune femme ayant vécu au Moyen-Âge et qui fut accusée d'être une sorcière. J'ai aimé suivre Elin, qui apporte une agréable pause dans l'enquête de Patrick et Erica. J'attendais évidemment le moment où les deux époques se rejoindraient. Mais j'ai été déçue par l'utilisation qu'en fait l'auteure. Le lien n'est dévoilé qu'à la toute fin du livre et je trouve qu'il n'apporte pas grand-chose à l'intrigue. Rétrospectivement, je trouve donc que les passages où nous suivons Elin sont inutiles, et qu'ils peuvent embrouiller le récit au lieu de l'éclaircir.

De plus, je pense que nous devinons un élément du récit légèrement trop tôt avant que celui-ci soit officiellement révélé, ce qui gâche un peu le suspens.

Enfin, j'ai eu le sentiment que l'auteure est un peu trop dramatique. Le meurtre des deux fillettes est déjà suffisamment horrible, or Camilla Läckberg en rajoute en faisant mourir de nombreux personnages dans de terribles circonstances.

Ainsi, La Sorcière n'a pas été une mauvaise lecture, j'ai apprécié le déroulement de l'enquête, davantage peut-être que la résolution et je me suis attachée aux personnages. Cependant, ce n'est peut-être pas la meilleure histoire de la série, ainsi, je vous conseillerai de découvrir d'autres romans de cette auteure suédoise talentueuse en plus de celui-ci.

La sorcière de Camilla Läckberg publié aux éditions Actes Sud collection Actes noirs.

lundi 25 juin 2018

L'enfant du lac de Kate Morton

L'enfant du lac


Kate Morton



L'enfant du lac / Kate Morton

Dans un petit village isolé des Cornouailles, Théo, un enfant de deux ans, disparaît mystérieusement. Ses parents, de riches bourgeois, mettent tout en œuvre pour le retrouver, sans succès. Des années après les faits, Sadie, une inspectrice contrainte de prendre des vacances forcées suite à une faute grave, décide de rouvrir le dossier et de mener sa propre enquête. Elle va alors se tourner vers Alice, la sœur de Théo, devenue écrivain à succès. La vieille femme, qui est spécialiste des romans policiers, ne semble pas avoir tout révélé aux enquêteurs au moment des faits. Quels secrets Alice Edevane et les siens ont-ils à cacher ? Et surtout, qu'est-il advenu du petit Théo ?

Le roman de Kate Morton est un sans faute, j'ai eu grand plaisir à le lire. Ce qui m'a tout d'abord frappée, c'est la minutie avec laquelle l'auteure plante son décors. Elle nous dépeint avec soin la demeure d'Alice et Théo, une immense bâtisse lovée au creux d'une vallée et qui a tout l'air d'être issue d'un conte de fée. Ce cadre assez idyllique contraste avec le drame qui s'y joue. Kate Morton prend le soin de nous dévoiler les faits petit à petit pour nous laisser dans le flou. Comme toute bonne auteure de policier qui se respecte, elle nous mène en bateau du début à la fin. Jusque aux dernières pages du livre nous nous demandons ce qui a pu arriver au petit Théo.

Outre l'histoire, je me suis aussi attachée aux personnages, notamment grâce au fait que Kate Morton prenne le soin de dresser le portrait de chacun des protagonistes, même les secondaires. Nous avons ainsi beaucoup d'informations sur Sadie, l'inspectrice, qui a plus de fragilité qu'il n'y paraît de prime abord. J'ai aimé découvrir pourquoi elle avait commis cette faute grave, ses failles, ses faiblesses et ses doutes, mais également son côté téméraire et déterminée ainsi que sa grande perspicacité. C'est une héroïne à la fois très humaine et très agréable à suivre.

Je me suis aussi prise d'affection pour Alice Edevane, car, même si adolescente elle a un côté assez prétentieux et sûre d'elle, la jeune fille est également fragile et a surtout besoin d'attention et d'amour. La vieille femme qu'elle est devenue, drôle, impressionnante, est touchante à cause de ses interrogations et de ses failles. Elle est aussi hantée par les démons de son passé.

Enfin le personnage d'Eleanor, mère d'Alice et Théo, est aussi beaucoup développé par Kate Morton. Nous découvrons  l'histoire de la disparition de Théo via son point de vue. Si au début du livre elle peut sembler froide et autoritaire, nous nous apercevons rapidement que ce n'est qu'un masque qu'elle a dû endosser contre son gré. Eleanor Edevane a beaucoup de secrets et a dû consentir à beaucoup de sacrifices, malgré cela, elle reste forte et j'éprouve un grand respect pour elle. J'ai aussi été surprise et touchée par son côté fougueux et passionné, notamment en amour.

Le style d'écriture de Kate Morton est aussi très agréable, à la fois d'une grande fluidité mais aussi d'une grande précision. Elle fait également preuve d'un langage soutenu lorsqu'elle se place du point de vue d'Eleanor par exemple.

La fin du livre m'a comblée !

Je vous recommande donc chaudement L'enfant du lac pour partir à la rencontre de personnages attachants, avec un suspense qui vous empêchera de refermer le livre !

L'enfant du lac de Kate Morton publié aux éditions Les Presse de la Cité.

lundi 18 juin 2018

Trouble vérité d'E. Lockhart


Trouble vérité

 

E. Lockhart


Trouble vérité/ Lockhart

Jules est dans un hôtel de luxe depuis plusieurs semaines. Entre ses séjours à la salle de sport, ses visites de la ville et sa façon de flirter avec le barman, elle semble mener une vie de rêve. Mais pourquoi semble-t-elle mentir tout le temps et que cherche-t-elle à fuir ? Est-elle une femme paranoïaque ou une personne réellement recherchée ? Et surtout, qu’est-il arrivé à la meilleure amie de Jules, Imogen ?

Trouble vérité est un roman difficile à résumer, car la meilleure façon de le découvrir est de se laisser entraîner par Jules à travers un récit brumeux. En effet, la particularité du livre d’E. Lockhart est qu’il est écrit à l’envers, nous commençons par la fin et remontons jusqu’au début du récit. C’est un procédé original qui crée une atmosphère mystérieuse, qui colle parfaitement avec la personnalité de l’héroïne. En effet, elle ne cesse de se dérober au lecteur, il est difficile de la cerner. Mais cette façon de raconter l'histoire peut être également déroutante et il faut se concentrer pour ne pas perdre le fil.

Jules est fascinante, à la fois détestable et pitoyable. Elle a un côté enfantin avec sa passion pour les super héros et son désir d’être appréciée. Mais elle peut aussi faire peur par sa froideur, son côté calculateur et sa capacité à changer de peau en fonction des circonstances. C’est une jeune femme en colère, une jeune femme frustrée par sa vie, par sa condition sociale. Elle semble avoir désespérément envie de vivre comme elle l’entend, avec du pouvoir, de la richesse.

Mais dans le même temps, elle ne semble plus savoir qui elle est ou du moins elle ne veut plus être celle qu’elle était avant de rencontrer Imogen. Jules est fascinée par sa meilleure amie, qui représente pour elle une sorte d’idéal.

Le personnage d’Imogen est intéressant aussi, elle est ensorcelante et donne à chacun l'impression d'être spécial, important, unique. Cependant, elle peut aussi couper les ponts brusquement et rejeter les autres d'un bloc, ce qui est très blessant et violent.

E. Lockhart nous présente donc deux anti-héroïnes fascinantes et effrayantes dans un roman original que je vous recommande chaudement ! Vous ne pourrez plus vous arrêter de lire une fois que vous serez entrés dans l'histoire de Trouble vérité !

Trouble vérité d'E Lockhart publié aux éditions Gallimard Jeunesse.

lundi 11 juin 2018

Top 3 de mes livres préférés de tous les temps


Top 3 de mes livres préférés de tous les temps


Cela fait maintenant bientôt deux ans que j’ai ouvert ce blog, et cet article est le 100ème que je publie. Pour fêter cela, je vous propose un top 3 de mes livres préférés de tous les temps. Ce classement semble impossible à établir. J’ai bien conscience qu'il ne sera sûrement pas fixe, mais pour l’instant, lorsque je songe aux romans qui m’ont marqués et que j’ai envie de conseiller, je ne peux m’empêcher de penser à ces trois titres.

Je vous livre donc ma recette pour passer un bon moment de lecture aussi bien pour les petits que pour les grands ! Ces œuvres sont à égalité dans mon cœur, alors, même si j’ai intitulé cet article « top », je ne les ai pas classés par ordre de préférence, mais plutôt par ordre de lecture.

Mary Tempête d’Alain Surget


Mary Tempête / Alain Surget

J’ai découvert les femmes pirates lorsque j’avais 10 ans, dans une bande-dessinée parue dans le magazine Image Doc. J’ai été fascinée par leur force, leur envie d’échapper à un destin qui ne leur convenait pas et leur capacité à s’imposer dans un monde d’hommes.

Le roman d’Alain Surget se concentre sur la vie de Mary Read. Le récit débute alors qu’à dix ans, elle doit se faire passer pour son frère mort afin de toucher la pension qui lui était destinée. Elle va se rendre compte qu’il est plus facile de se tailler une place dans le monde en tant que garçon. Elle gardera donc son déguisement et s’engagera dans l’armée avant de prendre la mer. En chemin, elle croisera la route du pirate Jack Rackham et de sa compagne Anne Bonny. Ensemble, les deux femmes vont devenir la terreur des navires marchands et alimenter les légendes…

Lorsque je l’ai lu pour la première fois, j’ai été transportée par l’histoire de Mary Read. A travers une plume presque poétique, l’auteur nous décrit la vie incroyable d'une femme courageuse et déterminée, prête à tout pour être libre. C’est une tueuse sans pitié mais aussi une amoureuse passionnée. Mais ce qu’elle aime le plus, c’est la mer, qu’elle est prête à dompter. J’ai aussi beaucoup aimé Anne Bonny qui n’a rien à envier à sa camarade. Même ce personnage est moins développé dans ce roman, nous comprenons qu’elle aussi a dû se battre pour trouver sa place et que la piraterie est le moyen pour elle d’accéder à une vie qu’elle ne peut pas avoir en tant que femme.

Je trouve aussi que Mary Tempête est un bon roman pour les enfants et jeunes adolescents qui veulent commencer les aventures de pirates. L’histoire de Mary Read et Anne Bonny racontée par Alain Surget est fidèle à la réalité historique de l’époque. Il n’omet presque rien de l’existence de son héroïne. Alain Surget prend également soin d’inclure beaucoup de termes spécifiques aux armes et aux navires, sans pour autant que cela soit trop technique ou déstabilisant. Il évite également d’être cru, sans masquer la dureté de l’époque dans laquelle vivent Mary Read et Anne Bonny.

Des années après ma première lecture, je prends toujours plaisir à me replonger entre les pages de Mary Tempête, il m’a accompagné pendant de nombreuses vacances et m’a remonté le moral à des moments de tristesse ou d’abattement. Je vous le recommande donc chaudement pour découvrir des héroïnes hors du commun et qui de surcroît ont véritablement existé !

Harry Potter de J.K Rowling


Harry Potter / J.K Rowling
Cette série n’est plus à présenter. Elle a fait rêver des millions d’enfants et d’adultes en dépeignant un univers magique avec des personnages hors du commun. Comme des millions de lecteurs, j’ai rêvé (et je rêve toujours) d’aller à Poudlard, de suivre des cours de botanique, de défense contre les forces du mal, de métamorphose et de sortilèges. Des protagonistes comme Hermione Granger, Luna Lovegood m’ont fait rire, rêvé et m’ont donné de la force dans des moments difficiles. J’ai aussi adoré frissonner au contact de personnages maléfiques et en même temps complexes tels que Voldemort ou Bellatrix Lestrange. Enfin, j’ai aimé les différentes facettes de certains professeurs, notamment Rogue ou Dumbeldore.

Certains me diraient que Harry Potter est simplement une série pour enfants, mais je rétorquerais qu’ils sont malheureusement passés à côté de cette histoire. J.K Rowling en effet évoque des sujets complexes comme l’amitié le courage, la tolérance et qui peuvent toucher petits et grands. L’univers qu’elle décrit est aussi très riche, il est parfois bon de relire les romans afin de faire attention aux détails. Elle fait également preuve de beaucoup d’humour et j’ai ri de nombreuses fois en les lisant.
J.K Rowling a vraiment forgé mon enfance, je ne cesse de réécouter les romans en livre audio. Malgré les années qui ont passé, je ne me lasse jamais de l’univers. Pour ceux qui auraient peur de se lancer dans la lecture de sept tomes, je les rassurerais en disant que les trois premiers tomes sont courts et assez faciles à lire. Sinon, je leur suggérerais de les écouter en livre audio, les cinq premiers sont disponibles. Enfin, les films, notamment les quatre premiers, sont assez fidèles aux romans, cela peut leur donner envie de passer à la version papier !

Je vous recommande donc également Harry Potter pour plonger dans un univers magique et rencontrer des personnages attachants qui resteront gravés dans vos mémoires.

La Passe-Miroir de Christelle Dabos.

La Passe-Miroir / Christelle Dabos

J’ai déjà longuement évoqué cette série sur ce blog, pourtant, je ne peux m’empêcher de répéter à quel point cette histoire est tout simplement géniale. L’univers dépeint par Christelle Dabos est riche, complexe et original. Nous suivons l’histoire d’Ophélie, une jeune femme pouvant passer à travers les miroirs et lire le passé des objets rien qu’en les touchant. Sa vie va basculer lorsqu’elle va devoir épouser Thorn du clan des Dragons. Ophélie va se retrouver prise entre des conflits de clans meurtriers où les principaux acteurs peuvent s’infliger de mortelles blessures simplement par la force de leur esprit.

Dès le tome 1 je me suis vraiment attachée aux protagonistes principaux, Thorn et Ophélie. J’ai aimé leur détermination, leur courage et leur caractère très différent. Si Ophélie est assez réservée, elle possède néanmoins une volonté de fer. Quant à Thorn, malgré son côté froid et méthodique, il n’est pas sans cœur et il fait preuve d’un grand sens de la justice.

Le tome 2 nous permet de mieux connaître certains personnages et le fonctionnement de la cour. Quant au tome 3, il nous révèle l’origine de l’univers dépeint par Christelle Dabos. La plume de l’auteure est magnifique et nous fait rêver.

Je sais qu’il est étonnant de classer une série comme coup de cœur absolu alors qu’elle n’est même pas terminée mais je ne vois pas comment l’auteure pourrait me décevoir ! Cette série restera à jamais dans mon palmarès !

Mon article sur le tome 1 et 2 de la Passe-Miroir ici
Mon article sur le tome 3 ici

lundi 28 mai 2018

Au revoir là-haut de Pierre Lemaître


Au revoir là-haut

 

Pierre Lemaître

 
Au revoir là-haut / Pierre Lemaître

La Première Guerre mondiale a fait des ravages dans toute l’Europe. Dans cette histoire, Pierre Lemaître nous invite à nous pencher sur le sort de deux soldats français, Albert Maillard et Edouard Péricourt. Alors qu’ils ont survécu à quatre ans de guerre, leur destin va basculer lorsque leur capitaine, Henri d’Aulnay Pradelle, décide de mener un dernier assaut pour se couvrir de gloire à quelques jours de l’armistice.

Afin de motiver des troupes réticentes, il s’arrange pour tuer deux soldats en faisant croire que ce sont les Allemands qui les ont abattus. Mais Albert comprend le stratagème. Pradelle décide donc de le tuer froidement. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’Edouard, l’homme le plus chanceux du régiment, est déterminé à le sauver. Alors qu’il parvient à déterrer son camarade du trou où le capitaine l’a poussé, il se prend un éclat d’obus en plein visage.

Cette blessure abominable, qui le laisse défiguré, va lier le destin des deux soldats. Se sentant coupable pour Edouard, Albert va rester près de lui et le suivre dans ses idées les plus folles, quitte à monter l’arnaque la plus scandaleuse pour récolter de l’argent, une société de faux monuments aux morts.

Ce roman n’est plus véritablement a présenter, il a remporté le prix Goncourt en 2013 et été adapté au cinéma. J’ai vu le film d'Albert Dupontel avant de me plonger dans le livre, le réalisateur a fait un travail magnifique et assez fidèle au roman. Je n’ai donc pas été déçue par ma lecture.

L’incipit de d’Au revoir là-haut est saisissant, nous assistons à une scène de combat décrite minute par minute. En quelques pages, l’auteur parvient à retranscrire la violence de la guerre, la puissance destructrice des armes à feu et la peur ressentie par les soldats avant de mener l’assaut. Cette scène est aussi bouleversante dans le film. Grâce à ce début très efficace, nous avons envie de connaître la suite.

Les personnages sont aussi très attachants. J’ai de l’affection pour Albert, cet antihéros maladroit et pourtant si attendrissant. Malgré sa faiblesse de caractère, on ne peut s’empêcher de l’apprécier, d’autant qu’il dégage tout de même une force, notamment par sa bonté qui le pousse à prendre soin de son camarade, à se démener pour lui. C’est au fond un protagoniste très humain.

J’ai également bien aimé Edouard, même si j’ai eu moins d’empathie pour lui que pour Albert. Cela peut paraître étonnant quand on sait qu’il a une terrible blessure, mais j’ai parfois trouvé le jeune homme trop égoïste, déconnecté de la réalité. Même si l’éclat d’obus qu’il a reçu l’a traumatisé, ce qui est très compréhensible, j’ai parfois trouvé qu’il se comportait comme si tout lui était due. Cependant, nous pouvons encore une fois noter qu’Edouard est un personnage très humain, avec ses qualités et ses défauts.

Le père d’Edouard, M. Péricourt, est également fascinant. Alors que du vivant de son fils il n’a cessé de le mépriser, ne pouvant se résoudre à aimer ce garçon artiste, trop différent de lui, il éprouve de terribles regrets en le croyant mort (le jeune homme refuse de revenir chez lui défiguré). Il fait donc tout pour racheter sa conduite passée et se réconcilie presque avec son enfant dans le deuil. Ce chemin est très intéressant, car cet homme si dure et froid reconnaît enfin ses erreurs et fait un long travail sur lui-même.

Enfin, j’ai adoré détester Henri d’Aulnay Pradelle. Ce personnage est tellement abjecte qu’on est presque content de le voir réapparaître pour espérer sa chute. Lorsque les choses se compliquent pour le capitaine, on exulte de joie. La fin de Pradelle dans le roman m’a un peu déçue cependant, j’ai préféré celle du film, j’ai trouvé que cela était plus ironique et cruel, ce que ce protagoniste mérite amplement.

Nous pouvons aussi ajouter que même les protagonistes de passage sont magnifiquement développés par l’auteur. En quelques lignes Pierre Lemaître parvient à décrire le caractère de chacun, leurs ambitions, leur passé, leurs rêves.

Le style de l’écrivain est aussi très agréable, plein d’ironie et d’humour noir, ce qui colle parfaitement avec l’atmosphère de l’œuvre. Ce livre est également intéressant d’un point de vue historique, puisqu’il nous rappelle que l’Armistice ne signifie pas que tout rentre immédiatement en ordre, pour certains soldats, la véritable guerre commence après la guerre.

Je vous recommande donc chaudement Au revoir là-haut, qui vous offrira une palette de personnages humains et attachants mais également des arrivistes à détester et une histoire de France comme vous n’en avez jamais lu !

Au revoir là-haut de Pierre Lemaître publié aux éditions Le Livre de Poche.

La bande annonce de l'adaptation cinématographique d'Albert Dupontel.



Cette année, Pierre Lemaître a également publié la suite de son roman, Couleurs de l'incendie, où nous nous focalisons davantage sur la soeur d'Edouard, Madeleine. Je ne l'ai pas encore lu, mais j'ai hâte d'en apprendre plus sur la jeune femme.

Couleurs de l'incendie / Pierre Lemaître