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lundi 18 juin 2018

Trouble vérité d'E. Lockhart


Trouble vérité

 

E. Lockhart


Trouble vérité/ Lockhart

Jules est dans un hôtel de luxe depuis plusieurs semaines. Entre ses séjours à la salle de sport, ses visites de la ville et sa façon de flirter avec le barman, elle semble mener une vie de rêve. Mais pourquoi semble-t-elle mentir tout le temps et que cherche-t-elle à fuir ? Est-elle une femme paranoïaque ou une personne réellement recherchée ? Et surtout, qu’est-il arrivé à la meilleure amie de Jules, Imogen ?

Trouble vérité est un roman difficile à résumer, car la meilleure façon de le découvrir est de se laisser entraîner par Jules à travers un récit brumeux. En effet, la particularité du livre d’E. Lockhart est qu’il est écrit à l’envers, nous commençons par la fin et remontons jusqu’au début du récit. C’est un procédé original qui crée une atmosphère mystérieuse, qui colle parfaitement avec la personnalité de l’héroïne. En effet, elle ne cesse de se dérober au lecteur, il est difficile de la cerner. Mais cette façon de raconter l'histoire peut être également déroutante et il faut se concentrer pour ne pas perdre le fil.

Jules est fascinante, à la fois détestable et pitoyable. Elle a un côté enfantin avec sa passion pour les super héros et son désir d’être appréciée. Mais elle peut aussi faire peur par sa froideur, son côté calculateur et sa capacité à changer de peau en fonction des circonstances. C’est une jeune femme en colère, une jeune femme frustrée par sa vie, par sa condition sociale. Elle semble avoir désespérément envie de vivre comme elle l’entend, avec du pouvoir, de la richesse.

Mais dans le même temps, elle ne semble plus savoir qui elle est ou du moins elle ne veut plus être celle qu’elle était avant de rencontrer Imogen. Jules est fascinée par sa meilleure amie, qui représente pour elle une sorte d’idéal.

Le personnage d’Imogen est intéressant aussi, elle est ensorcelante et donne à chacun l'impression d'être spécial, important, unique. Cependant, elle peut aussi couper les ponts brusquement et rejeter les autres d'un bloc, ce qui est très blessant et violent.

E. Lockhart nous présente donc deux anti-héroïnes fascinantes et effrayantes dans un roman original que je vous recommande chaudement ! Vous ne pourrez plus vous arrêter de lire une fois que vous serez entrés dans l'histoire de Trouble vérité !

Trouble vérité d'E Lockhart publié aux éditions Gallimard Jeunesse.

lundi 7 mai 2018

Le Lac de Yana Vagner (suite de Vongozero)


Le lac

 

Yana Vagner


Le Lac / Yana Vagner

Le Lac est la suite du roman Vongozero. Si vous n’avez pas lu ce livre, ne lisez pas cette chronique et allez plutôt consulter mon article ici pour éviter toute information susceptible de briser le suspense du tome 1 !

Anna et ses compagnons ont finalement atteint Vongozero après des semaines de fuite effrénée. Cependant, leur arrivée à destination ne signifie pas que leur vie soit de tout repos. Les survivants sont entassés dans une cabane minuscule, exposés au froid, au manque de nourriture, d’intimité, d’espace. Plus les jours passent, moins Anna supporte la présence de ses voisins qu’elle déteste et de l’ex-femme de son mari, Irina, qui est si mystérieuse. Sans compter que nulle échappatoire n’est possible, car au-dehors, la maladie est loin d’avoir fini de décimer la population. La venue d’étrangers va alors bouleverser la vie des survivants de Vongozero. Ils vont devoir traiter avec les nouveaux venus pour le meilleur, comme pour le pire.

Dans ma précédente chronique, j’avais dit que la fin de Vongozero se suffisait à elle-même. Pourtant, je n’étais pas mécontente de retrouver les personnages du tome 1 ! L’auteur parvient immédiatement à nous replonger dans l’ambiance oppressante du premier livre. Nous ressentons le confinement éprouvé par Anna et nous désirons nous échapper avec elle. Cette atmosphère est presque pire car, dans un premier temps, les protagonistes étaient en voiture alors qu’à présent, ils ne quittent plus leur île. Les femmes notamment, sont confinées à l’intérieur de la bâtisse et doivent s’occuper des enfants et de la cuisine, ce qui rend l’atmosphère irrespirable.

Pour ceux qui craindraient de se lasser de cette ambiance, sachez que peu à peu, l’auteur va apporter des changements à son intrigue. Pour commencer, l’arrivée d'étrangers va bouleverser le quotidien du groupe. Cela va également permettre de mettre en valeur le personnage d’Anna puisqu’elle est particulièrement appréciée des nouveaux venus, ce qui vaut aux survivants une aide précieuse.

De plus, si dans le tome 1 notre héroïne avait dû mal à faire entendre sa voix, elle va connaître une évolution, notamment à cause de l’oppression qu’elle ressent en permanence au quotidien. Vivre toute la journée aux côtés de femmes qu’elle déteste va peu à peu la rendre presque folle et la faire sortir de ses gonds, au point de jeter une assiette à la tête de ses camarades. Elle va également pouvoir enfin exprimer son désir de ne plus vivre confinée à Sergueï. Même si ce changement d’attitude n’aura pas tout de suite l’effet escompté, il est plaisant de voir Anna s’affirmer.

La jeune femme parvient aussi à se détacher davantage de son époux et à se montrer plus indépendante, plus forte, plus froide.

Il y a également un passage que j’ai considéré comme un tournant du récit, celui où toutes les femmes se confient autour d’un verre d’alcool. Alors que les hommes sont partis en mission, elles vont peu à peu ouvrir leur cœur, ce qu’elles n’avaient jamais fait alors qu’elles se connaissent depuis longtemps. Même si cela n’empêchera pas Anna de déménager dans une autre demeure, ces confessions vont améliorer les relations entre toutes les femmes, ce qui est très intéressant et rend l’atmosphère du livre plus respirable.
Cela donne également de l’épaisseur aux personnages, notamment à ceux de Marina, Natacha et Irina, qui n’étaient finalement pas beaucoup exploités dans le tome 1.

Au niveau des personnages, j’ai beaucoup d’affection pour Anna, que je trouve très réaliste et novatrice, loin des stéréotypes de l’héroïne de dystopies habituelles. Grâce à cela, nous pouvons facilement nous identifier à elle et compatir à ses malheurs. J’ai aussi beaucoup aimé retrouver le vieil et bourru Boris.

En revanche, je n’ai pas du tout apprécié Sergueï, que j’ai trouvé très égoïste et peu soucieux du bonheur de son épouse. Alors qu’Anna finit par exploser à force de vivre enfermée avec des personnes qu’elle ne peut supporter, ce-dernier ne veut pas faire d’efforts pour changer les choses. Il faut que son ex-femme Irina se mette du côté de la jeune femme pour qu’il prenne une décision.

Une fois encore, la relation entre les deux femmes est très différente de ce à quoi on pourrait s’attendre. Il n’y a pas de scènes brutales entre elles, pas d’horribles disputes, simplement une tension permanente. Cette tension va cependant peu à peu se dissiper pour devenir une complicité, une bonne entente, notamment à la fin du livre. A plusieurs reprises elles vont se soutenir mutuellement. Elles vont finir par former une sorte de famille. Cet aspect du récit m’a beaucoup plu, j’ai trouvé cela très original.

Enfin, le fait que le principal élément perturbateur de ce tome soit de nouveaux arrivants n’est pas du tout ennuyeux, au contraire, je trouve que cela renforce l’originalité de l’œuvre. En effet, avec l’arrivée du virus dans le tome 1, on pourrait s’attendre à des mutations génétiques créant des espèces de zombies comme dans d’autres dystopies, mais l’auteure ne s’attarde pas sur la raison de la propagation de la maladie. Elle nous livre simplement des détails sur les symptômes nous informant de sa présence.

Cela permet de souligner le fait que le plus grand danger pour l’homme est l’homme lui-même. A l’heure du chaos, la loi du plus fort renaît, tout s’achète et se négocie. Yana Vagner arrive à créer une tension dans le récit.

Je recommande donc chaudement la lecture de ce tome 2 pour l’évolution des personnages, notamment celui d’Anna, et la relation entre Anna et Irina. Ce roman est addictif, nous ne pouvons nous arrêter de le lire une fois commencé !

Le Lac de Yana Vagner publié aux éditions Pocket.

lundi 5 mars 2018

Vongozero d'Yana Vagner


Vongozero

 

Yana Vagner

 

Vongozeroo d'Yana Vagner

 

En Russie, une terrible épidémie éclate. Les villes sont bouclées et les habitants meurent par milliers. Dans sa petite maison de banlieue, Anna tente de se convaincre avec son mari que tout cela va finir par s’arranger. L’arrivée de son beau-père et la mort de sa mère vont bouleverser leur vie en les mettant devant l’horreur de la situation : ils doivent fuir pour échapper à l’épidémie et à la vague de réfugiés. Entourée de voisins qu’elle n’apprécie guère et de l’ex-femme de son mari qui la hait, Anna doit faire face aux évènements. Va-t-elle garder la raison au cours de ce périple qui doit les mener dans une petite maison étroite de Vongozero ?

J’ai mis du temps à lire ce roman, cependant, cela ne veut pas dire que je n’ai pas apprécié ma lecture, bien au contraire.
Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé l’ambiance du roman. La majeure partie du récit se passe sur la route, alors que les protagonistes sont en voiture. Contrairement à ce que l'on pourrait craindre cela n’est pas ennuyeux, nous sentons la tension et le confinement, la crainte des fuyards. A chaque étape nous nous demandons si les personnages vont réussir leur quête.
J’ai aussi apprécié le fait que nous soyons véritablement dans les pensées d’Anna, grâce à ce procédé nous la connaissons davantage, nous avons son point de vue sur la situation.

L’héroïne est un être intéressant. Au départ, j’avais un peu de mal à déterminer si je l’appréciais ou non. Je trouvais parfois qu’elle se laissait trop marcher sur les pieds.

Cependant, après plusieurs chapitres passés en sa compagnie, je me suis rendue compte qu’en réalité j’étais simplement surprise par l’originalité du personnage. En effet, elle ne correspond pas au héros type des dystopies. Elle n’a rien d'une femme forte et courageuse. Elle a du mal à se mêler aux autres, à exprimer ses opinions, sa meilleure défense face aux médisances est la fuite, elle éprouve des craintes en permanence. Mais c’est cela qui fait sa force et son charme. C’est un protagoniste réaliste, auquel on peut s’identifier sous certains aspects. Cela change des héros parfaits ou manichéens. Je me suis donc mise à aimer davantage Anna à mesure que j'avançais dans Vongozero.

J’ai également trouvé l’évolution des relations entre la jeune femme et l’ex-femme de son mari, Irina, très intéressante. Elles n’ont pas eu de disputes violentes, même si nous sentons une tension entre les deux femmes. Cependant, elles semblent parfois s’entraider de façon étonnante.

J’ai également apprécié Boris, le beau-père d’Anna. Il est amusant, simple et préparé aux évènements. En revanche, j’ai presque détesté, tout comme Anna, les autres protagonistes. Les voisins de la jeune femme sont méprisables, stupides et superficiels.

L’autre force du roman d’Yana Vagner est la représentation du virus. Contrairement aux romans pour adolescents, la maladie ne prend pas des aspects répugnants comme par exemple les fondus dans Le labyrinthe de James Dashner. Non pas que cela me déplaise mais je trouve que cette façon de faire change agréablement. Cela donne un côté encore plus réaliste au roman.

Je trouve que la fin de Vongozero se suffit à elle-même, cependant, j’ai malgré tout envie de connaître la suite.

Vongozero d'Yana Vagner publié aux éditions Mirobole.

mardi 2 août 2016

Virgin Suicides par Jeffrey Eugenides

Virgin Suicides

Jeffrey Eugenides

 

Virgin Suicides / Jeffrey Eugenides
Si j'avais lu ce livre avant le 24 juillet, il aurait sans doute figuré dans la catégorie 3 livres sur... les frères et soeurs.

En effet, nous suivons ici cinq sœurs, mais nous sommes bien loin  de l'univers joyeux, débordant de vie et d'humour de Malika Ferdjoukh.

Bonnie, Mary, Thérèse, Lux et Cécilia vivent dans un petit village de province. Elles fascinent tous les jeunes gens par leur beauté, leur discrétion et leur mystère. Les sœurs mènent une existence solitaire, sous l'autorité de leur parents, les très stricts et catholiques M. et Mme Lisbon.

Tout va basculer lorsque les jeunes filles décident de mettre fin à leurs jours. Vingt ans après le drame, un groupe de garçons fasciné par Bonnie, Thérèse, Lux et Cécilia décident de mener l'enquête et de comprendre pourquoi elles ont décidé d'attenter à leur vie.

J'ai apprécié le livre de Jeffrey Eugenides, même s'il me laisse une étrange impression. La narration est à la première personne du pluriel, ce qui peut paraître étonnant au début, (car on ne connaîtra jamais l'identité précise des narrateurs), mais c'est en réalité très bien pensé. En effet, cela nous permet d'entrer dans le récit, nous enquêtons avec les personnages, nous sommes dans leur monde.

Cependant, ce livre dégage un climat assez... malsain. La fascination des garçons tourne à l'obsession. Leur manie de récupérer certains objets ayant appartenu aux soeurs Lisbon, et de les conserver comme des reliques, fait presque peur. Les parents de ces dernières, avec leur autorité, leur envie de garder leurs filles loin de toutes fêtes et du monde, sont inquiétants. 

Quant aux soeurs, elles ont chacune un caractère qui leur est propre, mais elles ont également des façons et des comportements qui les font paraître étranges, et parfois malsaines, (Lux par exemple, fait l'amour avec n'importe qui). 

Le seul petit point négatif, est que nous n'avons pas vraiment de certitudes concernant la résolution du mystère du suicide des filles Lisbon. Certes nous avons des hypothèses très probables présentées par l'auteur, des raisons qui sont évoquées, mais jamais un résultat, clair, net.

Virgin Suicides de Jeffrey Eugenides publié aux éditions J'ai lu.

lundi 11 juillet 2016

Nous avons toujours vécu au château de Shirley Jackson


Nous avons toujours vécu au château / Shirley Jackson
Nous avons toujours vécu au château

Shirley Jackson

S'il y a une chose que Merricat, 19 ans, déteste par dessus tout, c'est de devoir se rendre au village pour y faire ses achats. En effet, depuis que ses parents sont morts empoisonnés, et que sa sœur a été accusée à tort d'avoir commis le crime, les deux jeunes filles sont haïes par l'ensemble des habitants. C'est pour cela que Merricat préfère rester dans les limites de l'immense domaine familial, inventant des charmes magiques pour empêcher les malheurs de frapper à nouveau sa famille. Or, l'arrivée de son cousin Charles va bouleverser sa petite vie tranquille. Il entend refaire l'éducation de Merricat, ce qui ne plaît pas du tout à la jeune fille !
Elle va tout mettre en oeuvre pour qu'il s'en aille !

Mais au fait, qui a empoisonné les parents de Merricat ?

Le livre de Shirley Jackson est tout simplement stupéfiant. On est fasciné par le personnage de Merricat, par ses habitudes étranges, et par sa candeur en dépit de son âge. Les descriptions du domaines sont riches en détails, ce qui nous donne l’impression d’y être. Le seul bémol de ce roman est que nous n’avons pas d’explications très précises sur les motivations du meurtrier des parents de Merricat. Certes, cela colle avec l’atmosphère mystérieuse du roman, mais l’on en ressort un peu frustré.

Nous avons toujours vécu au château de Shirley Jackson publié aux éditions Rivages/Noir

samedi 2 juillet 2016

Le Manuel du Serial Killer de Frédéric Mars


Le Manuel du Serial Killer

Frédéric Mars

Le Manuel du serial killer/ Frédéric MarsTom Harris est un jeune homme solitaire et mal dans sa peau. Complexé par une tare physique (un de ses yeux est entièrement blanc, il n'a ni iris, ni pupille), il pense que son année dans la prestigieuse université d'Harvard va être un long fleuve tranquille. Il se trompe lourdement. Pour commencer, sa professeur de français l'incite fortement à intégrer le journal de l'établissement. Tom va donc se retrouver à suivre le déroulement d'une enquête. Et pas n'importe laquelle : plusieurs enfants sont morts de façon violente et inexpliquée. La police suppose qu’il s’agit d’un empoisonnement.

Quelques temps plus tard, un livre paraît en librairie. Un ouvrage étrange, au titre tape à l’œil : Le Manuel du Serial killer. Outre le fait que l'on y trouve toutes les informations nécessaire pour tuer quelqu'un, ce livre semble décrire le mode opératoire qui a été utilisé pour assassiner les enfants évoqués plus haut. Et il est signé... Tom Harris !

Or, le jeune homme n'a jamais écrit un tel ouvrage, qui veut donc le faire passer pour un meurtrier, et dans quel but?

J'ai adoré ce roman. Entre enquête policière et thriller, il nous tient en haleine. L'histoire est bien menée, l'écriture est fluide, et la fin est un électrochoc. Lorsque l'on pense avoir découvert l'identité du coupable, un autre élément est mis en lumière, ce qui détruit toutes nos hypothèses. Nous sommes plongés dans le flou jusqu'à la dernière page. N'étant pas particulièrement fan de thriller et de romans policier, j'ai pourtant été conquise par le style de Frédéric Mars. Un coup de cœur!

Le Manuel du Sérial Killer par Frédéric Mars publié aux éditions Hachette.


mercredi 29 juin 2016

Conversion de Katherine Howe

Conversion/ Katherine Howe

Conversion

 
Katherine HOWE.

Nous suivons deux héroïnes différentes : Colleen et Ann Putnam. Colleen est une jeune fille de terminale dans le prestigieux collège St Joan et Ann est une fillette de 1706 vivant au village de Salem.

Le dernier trimestre de terminal à commencé, soit une course contre la montre pour Colleen : elle doit absolument obtenir le plus de point possible pour être admise dans l’une des universités de son choix. Elle n’avait pas prévu que des évènements viendraient troubler ses révisions : une élève de son lycée, Clara est prise de convulsion au beau milieu d’un cour ! Peu après, d’étranges symptômes apparaissent : une fille perd ses cheveux, une autre n’arrive plus à marcher… Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ce phénomène : réaction à un vaccin, à la pollution… Comme ses camarades, Colleen s’interroge sur l’origine de cette Mystérieuse Maladie, dont le nombre de victimes ne cesse de croître… Elle n’en continue pas moins de travailler… Mais, horreur, elle rate un contrôle surprise ! Elle craint que se retard de point ne lui coûte sa place à l’université de son choix… Sa professeur d’histoire décide alors de lui faire faire une dissertation sur la pièce Les Sorcières de Salem, pour qu’elle ai des points supplémentaires. Colleen va alors découvrir l’histoire d’Ann Putnam.

Ann était une jeune fille sans histoire, très croyante comme la plupart des gens à cette époque.
Un jour, elle se retrouve entraînée dans un mensonge aux lourdes conséquences. Elle va en effet appuyer les propos d’Abby, une jeune fille qui sert le Révérend du village, et qui affirme avoir été ensorcelée. Elle va ensuite commencer à accuser de nombreuses personnes…

En entendant se récit de fausse maladie, une idée germe dans l’esprit de Colleen. Et si les filles faisaient semblant d’être malades pour être célèbre, (les médias commencent en effet à s’intéresser à l’étrange épidémie) ? Quant à Ann Putman, jusqu’où va-t-elle se laisser entraîner dans son mensonge ? Combien de femmes va-t-elle envoyer à la potence pour « crime de sorcellerie ? »

Le récit tient en haleine. Au XXIe siècle, on cherche avec Colleen ce qui peut provoquer l’étrange maladie, on suit à travers elle l’abattage médiatique, ainsi que le stress qu’elle éprouve pour son avenir… Avec Ann, on se demande combien de sorcière vont être pendues, combien de femmes vont mourir pour des raisons injustes, et l’on est effaré par la facilité avec laquelle on peut finir par croire à ses propres mensonges…

Ce roman est vraiment différent de ce à quoi l’on pourrait s’attendre. Le fait qu’au XXIème siècle,’histoire se déroule dans un lycée peut nous amener à penser que le roman va plutôt se centrer sur la vie des élèves. Le personnage d’Ann et son histoire change tout et donne une autre atmosphère au roman, plus inquiétante, et rend le livre bien plus original.

Conversion de Katherine Howe publié aux éditions Albin Michel Jeunesse.