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lundi 4 mai 2020

Romance d'Arnaud Cathrine

Romance

Arnaud Cathrine


Romance/ Arnaud Cathrine


Vince, 17 ans, ne rêve que d’une chose : vivre une grande histoire d’amour. Mais difficile d’atteindre cet objectif lorsque l’on est homosexuel et que le seul autre gay de notre lycée ne nous attire pas spécialement. Alors Vince attend, il observe les garçons dans le métro, et note dans un carnet une description de ceux qui retiennent son attention, qu'il surnomme ses « garçons volés ». Toute sa vie bascule lorsque ses sentiments envers son meilleur ami d’enfance changent. Peut-être Vince va-t-il vivre enfin sa première histoire d’amour...

Ce roman d’Arnaud Cathrine est une claque, un uppercut d’émotions. Dès les premières pages, avec son écriture tranchante, brutale et crue, il parvient à nous faire nous attacher au personnage de Vince. Comme lui, nous ressentons de la colère face à l’homophobie ordinaire, aux insultes dont il est victime. Comme lui, nous ressentons la solitude et le désir de rencontrer un être unique, parfait, de faire l’amour, de vivre une grande histoire bouleversante.

Arnaud Cathrine parvient à rendre de façon crédible le langage des adolescents, les pensées, les doutes et les envies qui peuplent notre imaginaire. J’ai eu plaisir à voir se développer les relations entre les protagonistes, la naissance de cette histoire d’amour si particulière, les beaux moments que les deux jeunes gens ont vécu ensembles.

En peu de pages, l’auteur parvient également à nous montrer la brutalité de la réalité, la difficulté d’assumer son homosexualité, la violence que l’on peut subir, et la douleur du premier vrai chagrin d’amour.

Arnaud Cathrine aborde aussi une facette de notre sexualité souvent peu évoquée : celui de la recherche, du fait que parfois on puisse faire des expériences avec des filles ou des garçons, par curiosité, sans véritable attirance. Sans porter de jugement, il illustre bien la douleur que cela peut susciter lorsque le partenaire au contraire s’attache à la personne, et souligne donc l’importance du fait d’être au clair dans ses intentions, de ne pas cacher ses véritables motivations, de ne pas jouer avec les sentiments d’autrui.

Avec le point de vue de Vince, nous comprenons également la douleur que peut ressentir une personne lorsqu’elle se rend compte que l’autre ne l’aime pas de la bonne manière. L’attachement et la dépendance de Vince vis à vis de son ami est de plus en plus perceptible au fil des pages.

Avec ses chapitres courts, Romance nous happe et nous ne pouvons nous empêcher de lire. Cette histoire d’amour se vit pleinement. Même si elle n’est pas toujours belle, elle est à découvrir absolument !

Romance d’Arnaud Cathrine aux éditions R-jeunes adultes.

lundi 20 mai 2019

Dans un rayon de soleil de Tillie Walden

Dans un rayon de soleil


Tillie Walden

 

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden

 


Dans un monde parallèle presque exclusivement féminin, les êtres humains peuvent voyager entre les planètes. Mia, une jeune femme d’une vingtaine d’années, rejoint l’équipage d’Alma et de Char, deux femmes spécialisées dans la réparation des bâtiments anciens. Au sein du groupe, Mia forge des amitiés puissantes et solides notamment avec Julie, une ex-patineuse vive, pétillante et courageuse et Eliott un.e mécanicien.nne hors paire, d’une remarquable intelligence et d’une loyauté sans égal. Mais Mia n’a pas pour seul objectif de restaurer des objets anciens. Au cœur du cosmos, elle est hantée par le souvenir de son amour de jeunesse, Grace, qu’elle a rencontrée alors qu’elle était en pensionnat. La jeune fille a mystérieusement disparue de sa vie, et Mia tient absolument à la retrouver pour pouvoir enfin cesser d’être hantée par son ombre…

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden


Cette bande-dessinée est un coup de cœur ! J’ai eu envie de la lire grâce à la merveilleuse chronique de Mlle Cordélia et je n’ai vraiment pas été déçue de ma lecture !

C’est une bande-dessinée originale, entre la science-fiction et le récit d’aventure. Je trouve que l’auteure parvient à planter un univers riche, sans pour autant nous perdre dans des détails ou des explications complexes. C’est un monde à la fois très mécanique, avec de nombreux vaisseaux, outils de navigations, mais aussi assez féerique et poétique, (l’engin dans lequel se déplacent Mia et ses amis ressemblent à un poisson géant).

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden

Tillie Walden dépeint des personnages attachants, que l’on aime suivre tout au long de cette aventures. Chacun a ses qualités et ses défauts. Mia, notre héroïne, peut-être parfois insolente, têtue et irréfléchie, pourtant elle est aussi très sociable, généreuse, elle accepte les autres, malgré leurs différences. J’ai également apprécié le personnage d’Alma, qui sous ses airs bourrus et autoritaire cache une profonde affection sincère pour ses coéquipiers. J’ai aussi été charmée par le/a mystérieux.se Eliott. Iel est non-binaire, c’est-à-dire qu’iel ne se définit ni comme une fille, ni comme un garçon. Ce personnage n’est cependant pas défini uniquement par cette identité de genre, c’est aussi un protagoniste au passé mystérieux et douloureux que l’on apprend à découvrir au fil du récit.

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden


C’est encore un autre point qui me fait adorer cette bande-dessiné, Tillie Walden parvient à intégrer à son odyssée spatiale déjà riche le passé des personnages principaux, sans que cela nuise au rythme du récit. Cela nous permet donc d’avoir une histoire palpitante, sans pour autant avoir des protagonistes au caractère superficiel.

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden

L’histoire d’amour entre Mia et Grace m’a également beaucoup touchée, j’ai trouvé cette petite romance très douce, avec en même temps un côté assez dramatique puisque les deux jeunes filles se retrouvent séparées. Je trouve également que l’auteure traite cette relation avec réalisme, sans en faire quelque chose de trop omniprésent ou de trop niais. En effet, la fin de cette histoire n’est pas malheureuse mais ce n’est pas non plus le happy end classique des comédies romantiques qui peuvent parfois paraître trop parfaites et irréalistes à mon cœur dur de lectrice aigrie.

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden


Mais le gros point fort de cette BD est les dessins. Nous en avons pour notre argent, l’œuvre de Tillie Walden est énorme, et toutes les planches sont en couleur, ce qui nous offre des cases magnifiques sur chaque page ! L’auteure sait magnifiquement bien jouer avec les couleurs. En effet, lorsque Mia se remémore ses souvenirs de pensionnat, les couleurs sont dans des tons plutôt froids, bleus, noirs et violets foncés, alors que lorsque nous suivons le déroulement actuel des évènements, les couleurs sont plutôt chaudes, dans les tons rouges orangés. Tillie Walden met également beaucoup de détails et soigne les expressions de ses protagonistes.

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden


C’est donc une bande-dessiné que je recommande à cent pour cent pour tous les amoureux de science-fiction, d’histoires d’amour, de quête et d’aventures !

Dans un rayon de soleil de Tillie Walden publié chez Gallimard.

La vidéo de Mlle Cordélia:


jeudi 27 décembre 2018

Le Renard et la Couronne de Yann Fastier

Le Renard et la Couronne


Yann Fastier

 

Le Renard et la Couronne / Fastier

 


Bonjour à tous et joyeuses fêtes ! Comme vous avez pu le remarquer, les chroniques ont été moins régulières en cette fin d’année 2018. La raison est très simple : je suis entrée en prépa littéraire au mois de septembre. Ainsi, si je lis toujours beaucoup j’ai cependant moins de temps (et parfois moins l’envie) d'écrire. Mais aujourd’hui je suis décidée à me rattraper en vous partageant une belle découverte et même un joli coup de cœur : Le Renard et la Couronne de Yann Fastier.

J’ai découvert ce roman sur la chaîne de la booktubeuse Mlle Cordélia. J’avoue qu’au début j’avais quelques réticences puisque ce roman est plutôt classé dans la catégorie adolescent voire jeunesse, et que je craignais de ne plus avoir l'âge adapté pour lire cette histoire.

Heureusement j’ai sauté le pas et je n’ai pas été déçue, bien au contraire, je crois que ce livre sera un coup de cœur de mon année 2018 !

Nous suivons le destin d’une jeune fille nommée Ana qui à l’âge de dix ans perd tragiquement sa grand-mère et se retrouve seule et sans ressources. Elle est alors recueillie par une bande d’enfants des rues contrôlés par la belle et mystérieuse Dunja. Avec eux Ana apprend la solidarité, l’entraide, la dure vie des sans-abris, le vol et le danger. Son destin va alors basculer lorsqu’elle est adoptée par un vieux savant nommé M. Rolland. Avec lui Ana va découvrir le pays de ses rêves, la France, ainsi que la douceur d’une vie de famille. Mais alors qu’elle s’apprête à se marier, son ancienne vie ressurgit en la personne de Dunja qui bouleverse son destin !

Ce qui m’a tout d’abord plu dans ce roman et qui frappe dès les premières pages, c’est le style de l’auteur : Yann Fastier parvient à adopter un vocabulaire riche tout en conservant une plume fluide et agréable. J’en ai été ravie d’autant que ce livre est écrit à la première personne et que je trouve qu’il y a parfois une tendance à avoir un style un peu trop relâché dans les ouvrages destinés à un public adolescent. Le début de l’histoire m’a véritablement fait penser à un conte, tandis que la suite s’oriente davantage vers un récit d’aventure. J’ai adoré ce mélange !

Les personnages m’ont également conquise. Ana est une héroïne que j’ai aimé suivre, voir évoluer. Elle est à la fois courageuse mais sans être téméraire, craintive mais sans être lâche. Ce n’est pas un cliché d’héroïne sage et gauche, je trouve que l’auteur parvient à développer différentes facettes de sa personnalité. Lorsqu’elle est en compagnie de la bande des enfants des rues, elle est capable de prendre des risques pour se faire accepter. Lorsqu’elle est au sein de sa famille adoptive, elle a un petit côté rat de bibliothèque qui n’est pas pour me déplaire.

J’ai aussi été conquise par le personnage de Dunja. C’est vrai que de prime abord on pourrait avoir l’impression de se retrouver face au cliché typique de la mystérieuse belle jeune femme aventurière. Une fois encore Yann Fastier parvient à créer une véritable aura autour d'elle et nous fait succomber au charme de Dunja. J’ai apprécié son esprit stratège, son intelligence.

L’intrigue est aussi bien menée, j’ai aimé la façon dont l’écrivain nous fait voyager à travers l’Europe. J’ai eu quelques craintes concernant la révélation sur le passé d’Ana, j’ai eu peur que Yann Fastier ne transforme son récit en un simple conte de fée, mais au contraire il profite de l’occasion pour nous dresser un portrait assez réaliste du monde de la politique.

Enfin, ce roman dépeint une histoire d’amour entre deux femmes, ce qui n’est pas pour me déplaire ! L’auteur parvient à mettre cela en place en douceur, sans tomber dans le cliché. Je ne vous en dis pas plus, le mieux est que vous le découvriez par vous-même en lisant ce roman !

J’espère vous avoir donné envie de lire ce roman ! Bonnes fêtes et à l’année prochaine !;-)

Le Renard et la Couronne de Yann Fastier publié aux éditions Talents Hauts.

La vidéo de Mlle Cordélia: (6:35)








lundi 23 avril 2018

Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson


Arrête avec tes mensonges

 

Philippe Besson

 

Arrête avec tes mensonges / Besson

Dans ce récit, l’auteur revient sur son adolescence et notamment sur son histoire d’amour avec Thomas, son camarade de classe. Il y évoque sans tabou son homosexualité, ses premières expériences sexuelles ainsi que la douleur d’un amour déçu.

Philippe Besson relate aussi combien il est difficile d’être gay dans une petite ville. L'auteur met l'accent sur le grand courage qu'il faut pour révéler son attirance pour une personne du même sexe et l’impossibilité pour certains d’y arriver.

En évoquant sa relation avec Thomas, qui n’a jamais pu « sortir du placard », franchir le cap, Besson nous livre une magnifique expérience de vie et un poignant témoignage. De plus, il nous décrit son rapport à l’écriture et combien il est ardu de coucher sur le papier ses blessures passées.

Ce roman est une découverte, une révélation ! J’ai été totalement happée par la plume de l’auteur, que je ne connaissais pas du tout. Sa façon de raconter un épisode très intime de sa vie et d’évoquer son rapport à l’écriture m’a fait penser au style de Delphine de Vigan, notamment dans son œuvre Rien ne s’oppose à la nuit, bien que les histoires relatées soient très différentes.

Philippe Besson parvient à mêler à la fois de belles phrases poétiques et un vocabulaire cru qui rendent l’histoire très poignante.

L’auteur décrit magnifiquement l’ardeur des premiers amours mais aussi combien une rupture peut-être dévastatrice.
 
Thomas est un personnage très intéressant à découvrir. Il est misanthrope, solitaire et réservé, mais en même il fait le premier pas vers notre héros. De plus, il insiste sur le fait que la relation qu’entretiennent les deux jeunes gens doit rester secrète et ne mener à rien, mais il s’abandonne totalement lorsqu’il fait l’amour. Ce paradoxe est d’autant plus touchant que l'adolescent finira par s’enfermer dans une existence qui ne lui convient pas.

L’écrivain parvient aussi à nous faire sentir les différences de classe sociale entre lui et Thomas. En effet, le jeune homme est le fils d’un agriculteur et destiné à reprendre la ferme, à rester alors que l’auteur est promis à de grandes études. Cette fracture sociale indique déjà que tout est fait pour les séparer.

Besson évoque aussi brièvement son rapport à l’écriture, notamment en expliquant que depuis tout petit il aime inventer des histoires. Sa mère lui disait souvent d’arrêter de « raconter des mensonges », craignant sûrement que cette mauvaise manie devienne néfaste pour sa vie future. L’auteur explique qu’il a commencé à écrire des lettres où il se livrait avant de se tourner vers la fiction.

Enfin, la fin de cette histoire, qui est bouleversante, achève de nous rappeler que nous ne sommes pas dans une fiction mais dans la vie réelle, ce qui est encore plus triste. Le livre de Philippe Besson sonne comme un appel à la tolérance et un encouragement pour toutes les personnes ne parvenant pas à assumer qui elles sont véritablement.

Arrête avec tes mensonges est un récit marquant, émouvant avec une plume unique qui nous empêche de refermer le roman.

Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson publié aux éditions 10/18.

lundi 26 mars 2018

J’ai avalé un arc-en-ciel d'Erwan Ji


J’ai avalé un arc-en-ciel.

 

Erwan Ji 

J’ai avalé un arc-en-ciel / Erwan Ji

 

Capucine, une franco-américaine, se prépare à faire sa rentrée pour sa dernière année de lycée. Elle n’a qu’une hâte, pouvoir bénéficier de tous les privilèges des seniors, notamment participer à la grande compétition de pistolets à eau de fin d’année ou de bénéficier parfois de plus d’indulgence de la part des surveillants qui les connaissent bien. Mais ses projets vont être bouleversés par l’arrivée d’une nouvelle élève, Aiden. Capucine va alors éprouver des sentiments qu’elle n’aurait jamais cru ressentir un jour…

Ce roman a reçu beaucoup de critiques positives. Dans la bibliothèque où j’ai été l’emprunter, il était même classé « coup de cœur des ados ». J’étais cependant tombée sur les vidéos de deux booktubeuses, Mx Cordélia et Audrey-Le souffle des mots, qui n’avaient pas apprécié leur lecture. Alors, en voyant ces avis si divergents, j’ai décidé de me faire ma propre opinion sur ce roman.

L’histoire est moins pire que ce que je craignais. Mais je reste mitigée sur plusieurs points.

Tout d’abord la représentation du lycée américain. Cette vision semble très idéalisée. Le lycée est pour des adolescents bourgeois ce qui permet aux élèves d’avoir un Macbook offert en début d’année, sans oublier le nombre incroyable de fêtes organisées (presque chaque semaine). Pour couronner le tout, les professeurs sont attentifs et plutôt bienveillants.

J’ai peine à croire que tout soit si rose ! Cette vision ressemble à celle que l’on peut avoir d’un point de vue extérieur, en regardant des séries par exemple. De plus, l’héroïne affirme également au début du livre qu’il n’y a pas de harcèlement dans son établissement. Mais, comme l’a signalé Mx Cordélia dans sa vidéo, elle se fait bel et bien harcelée par deux filles qui menacent de révéler son amour pour Aiden.

Ensuite, j’ai eu dû mal à apprécier le personnage de Capucine. Tout d’abord, j’ai trouvé que l’auteur nous mentait presque à son sujet, en la présentant comme une jeune fille « moins riche que ses camarades » alors qu’elle habite dans une maison, dispose de nombreuses paires de chaussures, a le permis et part en vacances en France par exemple.

Ensuite, elle se définit comme une élève pas véritablement « populaire », mais tous les garçons de son lycée semblent être obnubilée par elle et la jeune fille a été élue avec son ex-petit ami « plus beau couple de l’année ». Si ce n’est pas être populaire, je ne sais pas comment définir cela.

Ce souci m’amène a en évoquer un second : l’idée des clans dans le lycée de Capucine. Elle ne cesse d’évoquer les Artistes, les Nerds, les Populaires. Cette division des élèves m’a semblée extrêmement peu crédible. Certes, l’histoire se déroule en Amérique et non pas en France, mais j’ai du mal à imaginer comment les élèves peuvent se regrouper à ce point par affinités. Normalement, les classes sont fixes. De plus, il est normal dans un groupe d’amis que chacun ait ses propres goûts, pourquoi vouloir imposer une étiquette réductrice à ces personnages ? J’ai trouvé que cela faisait perdre de l’épaisseur à l’intrigue et véhiculait des stéréotypes détestables.

Il y a eu également des moments qui m’ont mis assez mal à l’aise, notamment certaines blagues ou remarques que fait l’héroïne. Cordélia a déjà évoqué la culture du viol dans sa vidéo, mais j’aimerai également mentionner ce qui me semble être du racisme ordinaire. A deux reprises Capucine évoque deux élèves d’origine chinoise qui portent par hasard le même nom de famille. Tout d’abord, elle ne cesse de faire des plaisanteries à ce sujet en évoquant un possible mariage et affirme  qu’on ne voit pas bien leurs yeux car ils sont bridés. Ces phrases, qui sont très anodines, m’ont fait réagir, car je n’ai pas trouvé cela approprié. Je ne sais pas pourquoi l’auteur a fait faire ce genre de remarques à son personnage.

Etrangement, la compétition de pistolets à eau de fin d’année m’a fait sortir de ma zone de confort Le jeu s’appelle les Assassins. La règle du jeu est simple, chaque senior reçoit le nom d’une personne à « tuer ». S’il touche sa cible, il hérite de celle de son adversaire. Le but est qu’il ne reste qu’une personne. Sur le principe, cela peut paraître amusant, mais j’ai immédiatement pensé aux nombreuses tueries qui ont eu lieu dans les écoles américaines à cause des armes à feu. Faire jouer les protagonistes à ce jeu, (qui ne semble pas exister dans la réalité) m’a semblé presque indécent.

Enfin, j’aimerais évoquer le traitement de l’homosexualité dans le roman. J’ai trouvé le couple d’Aiden et Capucine assez mignon, c’est d’ailleurs l’un des seuls aspects que j’ai apprécié dans ma lecture. Je trouve également que le dilemme de l’héroïne, la négation de son attirance pour la jeune femme, est bien retranscrit. Cependant, J’ai avalé un arc-en-ciel ne nous permet pas de nous renseigner véritablement sur la communauté LGBT+.

En effet, comme l’a signalé Cordélia dans sa vidéo, Capucine est bisexuelle. Or le terme n’est pas écrit une seule fois dans le roman. Cela peut s’expliquer par le fait que la jeune fille nie son attirance pour les filles, mais j’aurais préféré que l’auteur soit plus clair sur la question, notamment pour les lecteurs assez jeunes. Je pense que ce livre peut se lire à partir de 13 ans.

Or à cet âge, je n’étais pas encore au clair sur les différentes orientations sexuelles. Je connaissais évidemment l’hétérosexualité et l’homosexualité, mais j’étais assez perdue entre les transsexuels, les bisexuels etc. Ces termes étaient assez flous pour moi, et cette histoire ne nous permet pas d’en apprendre davantage, alors que Capucine aurait pu obtenir des renseignements via Aiden, qui semble mieux accepter le fait qu’elle soit lesbienne.

A un moment du récit, l’héroïne évoque l’existence d’un club LGBT dans son lycée. Pourquoi l’auteur n’a-t-il pas fait aller Capucine en secret à ce rendez-vous pour s’informer ? Bref, toujours est-il que pour un roman adolescent qui traite de l’homosexualité, j’ai trouvé que le sujet restait un peu en surface, il aurait mérité d’être davantage creusé.

Je ne vous recommande donc pas J’ai avalé un arc en ciel car je trouve que les défauts de ce roman sont trop dérangeants pour être ignorés. Néanmoins, si vous souhaitez lire des romans traitant de l’homosexualité, je vous conseille d’aller sur la chaîne de Mx Cordélia qui propose un panel large de livre LGBT+.

J’ai avalé un arc-en-ciel d'Erwan Ji publié aux éditions Nathan.

La vidéo de Mlle Cordélia sur le roman d'Erwan Ji :



mardi 26 décembre 2017

Point Cardinal de Léonor De Récondo


Point Cardinal

Léonor De Récondo


Point Cardinal / Leonor De Recondo


Depuis toujours, Laurent se sent femme au fond de lui. Ne voulant pas écouter cette facette de lui-même, il n’en touche pas un mot à son épouse Solange ou à ses deux enfants et va danser au Zanzibar, un lieu où se retrouvent d’autres transsexuels. Mais une petite erreur fera basculer toute son existence…

J’avais très envie de découvrir Point Cardinal car je n'avais jamais lu de romans évoquant la transsexualité. Je n’ai pas été déçue. Léonor De Récondo décrit avec beaucoup de justesse les doutes qu’éprouve Laurent, son impression de ne pas être normal. Elle nous montre également combien la transsexualité est méconnue et qu’il existe très peu de psychologues aptes à conseiller et à orienter les personnes concernées.

L’auteure peut aussi utiliser une écriture tranchante et un langage très cru pour nous décrire les réactions parfois hostiles des proches de Laurent. L’évolution de Sophie, qui passe peu à peu de la stupéfaction au rejet, puis finalement à un début d'acceptation, est intéressante et réaliste. De même le comportement des enfants est aussi instructif et là encore fidèle à la réalité.

Enfin les chapitres sont très courts ce qui rend la lecture rapide et agréable, j’ai dévoré le livre en quelques jours à peine.

Point Cardinal de Léonor De Récondo publié aux éditions Sabine Wespieser