Vince,
17 ans, ne rêve que d’une chose : vivre une grande histoire
d’amour. Mais difficile d’atteindre cet objectif lorsque l’on
est homosexuel et que le seul autre gay de notre lycée ne nous
attire pas spécialement. Alors Vince attend, il observe les garçons
dans le métro, et note dans un carnet une description de ceux qui
retiennent son attention, qu'il surnomme ses « garçons
volés ». Toute sa vie bascule lorsque ses sentiments envers
son meilleur ami d’enfance changent. Peut-être Vince va-t-il vivre
enfin sa première histoire d’amour...
Ce
roman d’Arnaud Cathrine est une claque, un uppercut d’émotions.
Dès les premières pages, avec son écriture tranchante, brutale et
crue, il parvient à nous faire nous attacher au personnage de Vince.
Comme lui, nous ressentons de la colère face à l’homophobie
ordinaire, aux insultes dont il est victime. Comme lui, nous
ressentons la solitude et le désir de rencontrer un être unique,
parfait, de faire l’amour, de vivre une grande histoire
bouleversante.
Arnaud
Cathrine parvient à rendre de façon crédible le langage des
adolescents, les pensées, les doutes et les envies qui peuplent
notre imaginaire. J’ai eu plaisir à voir se développer les
relations entre les protagonistes, la naissance de cette histoire
d’amour si particulière, les beaux moments que les deux jeunes
gens ont vécu ensembles.
En peu
de pages, l’auteur parvient également à nous montrer la brutalité
de la réalité, la difficulté d’assumer son homosexualité, la
violence que l’on peut subir, et la douleur du premier vrai chagrin
d’amour.
Arnaud
Cathrine aborde aussi une facette de notre sexualité souvent peu
évoquée : celui de la recherche, du fait que parfois on puisse
faire des expériences avec des filles ou des garçons, par
curiosité, sans véritable attirance. Sans porter de jugement, il
illustre bien la douleur que cela peut susciter lorsque le partenaire
au contraire s’attache à la personne, et souligne donc
l’importance du fait d’être au clair dans ses intentions, de ne
pas cacher ses véritables motivations, de ne pas jouer avec les
sentiments d’autrui.
Avec le
point de vue de Vince, nous comprenons également la douleur que peut
ressentir une personne lorsqu’elle se rend compte que l’autre ne
l’aime pas de la bonne manière. L’attachement et la dépendance
de Vince vis à vis de son ami est de plus en plus perceptible au fil des pages.
Avec
ses chapitres courts, Romance nous
happe et nous ne pouvons nous empêcher de lire. Cette histoire
d’amour se vit pleinement. Même si elle n’est pas toujours
belle, elle est à découvrir absolument !
Romance
d’Arnaud Cathrine aux éditions
R-jeunes adultes.
Dans un
monde parallèle presque exclusivement féminin, les êtres humains
peuvent voyager entre les planètes. Mia, une jeune femme d’une
vingtaine d’années, rejoint l’équipage d’Alma et de Char,
deux femmes spécialisées dans la réparation des bâtiments
anciens. Au sein du groupe, Mia forge des amitiés puissantes et
solides notamment avec Julie, une ex-patineuse vive, pétillante et
courageuse et Eliott un.e mécanicien.nne hors paire, d’une
remarquable intelligence et d’une loyauté sans égal. Mais Mia
n’a pas pour seul objectif de restaurer des objets anciens. Au cœur
du cosmos, elle est hantée par le souvenir de son amour de jeunesse,
Grace, qu’elle a rencontrée alors qu’elle était en pensionnat.
La jeune fille a mystérieusement disparue de sa vie, et Mia tient
absolument à la retrouver pour pouvoir enfin cesser d’être hantée
par son ombre…
Cette
bande-dessinée est un coup de cœur ! J’ai eu envie de la
lire grâce à la merveilleuse chronique de Mlle Cordélia et je n’ai
vraiment pas été déçue de ma lecture !
C’est
une bande-dessinée originale, entre la science-fiction et le récit
d’aventure. Je trouve que l’auteure parvient à planter un univers
riche, sans pour autant nous perdre dans des détails ou des
explications complexes. C’est un monde à la fois très mécanique,
avec de nombreux vaisseaux, outils de navigations, mais aussi assez
féerique et poétique, (l’engin dans lequel se déplacent Mia et
ses amis ressemblent à un poisson géant).
Tillie
Walden dépeint des personnages attachants, que l’on aime suivre
tout au long de cette aventures. Chacun a ses qualités et ses
défauts. Mia, notre héroïne, peut-être parfois insolente, têtue
et irréfléchie, pourtant elle est aussi très sociable, généreuse,
elle accepte les autres, malgré leurs différences. J’ai également
apprécié le personnage d’Alma, qui sous ses airs bourrus
et autoritaire cache une profonde affection sincère pour ses
coéquipiers. J’ai aussi été charmée par le/a mystérieux.se
Eliott. Iel est non-binaire, c’est-à-dire qu’iel ne se définit
ni comme une fille, ni comme un garçon. Ce personnage n’est
cependant pas défini uniquement par cette identité de genre, c’est
aussi un protagoniste au passé mystérieux et douloureux que l’on
apprend à découvrir au fil du récit.
C’est
encore un autre point qui me fait adorer cette bande-dessiné, Tillie
Walden parvient à intégrer à son odyssée spatiale déjà riche le
passé des personnages principaux, sans que cela nuise au rythme du
récit. Cela nous permet donc d’avoir une histoire palpitante, sans
pour autant avoir des protagonistes au caractère superficiel.
L’histoire
d’amour entre Mia et Grace m’a également beaucoup touchée, j’ai
trouvé cette petite romance très douce, avec en même temps un côté
assez dramatique puisque les deux jeunes filles se retrouvent
séparées. Je trouve également que l’auteure traite cette
relation avec réalisme, sans en faire quelque chose de trop
omniprésent ou de trop niais. En effet, la fin de cette histoire
n’est pas malheureuse mais ce n’est pas non plus le happy end
classique des comédies romantiques qui peuvent parfois paraître trop
parfaites et irréalistes à mon cœur dur de lectrice aigrie.
Mais le
gros point fort de cette BD est les dessins. Nous en avons pour notre
argent, l’œuvre de Tillie Walden est énorme, et toutes les
planches sont en couleur, ce qui nous offre des cases magnifiques
sur chaque page ! L’auteure sait magnifiquement bien jouer
avec les couleurs. En effet, lorsque Mia se remémore ses souvenirs
de pensionnat, les couleurs sont dans des tons plutôt froids, bleus,
noirs et violets foncés, alors que lorsque nous suivons le
déroulement actuel des évènements, les couleurs sont plutôt
chaudes, dans les tons rouges orangés. Tillie Walden met également
beaucoup de détails et soigne les expressions de ses protagonistes.
C’est
donc une bande-dessiné que je recommande à cent pour cent pour tous
les amoureux de science-fiction, d’histoires d’amour, de quête et
d’aventures !
Dans un rayon de soleil de Tillie Walden publié chez Gallimard.
Bonjour
à tous et joyeuses fêtes ! Comme vous avez pu le remarquer,
les chroniques ont été moins régulières en cette fin d’année
2018. La raison est très simple : je suis entrée en prépa
littéraire au mois de septembre. Ainsi, si je lis toujours beaucoup
j’ai cependant moins de temps (et parfois moins l’envie) d'écrire. Mais aujourd’hui je suis décidée à me rattraper en
vous partageant une belle découverte et même un joli coup de cœur :
Le Renard et la Couronne de
Yann Fastier.
J’ai
découvert ce roman sur la chaîne de la booktubeuse Mlle Cordélia.
J’avoue qu’au début j’avais quelques réticences puisque ce
roman est plutôt classé dans la catégorie adolescent voire
jeunesse, et que je craignais de ne plus avoir l'âge adapté pour lire cette histoire.
Heureusement
j’ai sauté le pas et je n’ai pas été déçue, bien au contraire, je
crois que ce livre sera un coup de cœur de mon année 2018 !
Nous
suivons le destin d’une jeune fille nommée Ana qui à l’âge de
dix ans perd tragiquement sa grand-mère et se retrouve seule et sans
ressources. Elle est alors
recueillie par une bande d’enfants des rues contrôlés par la
belle et mystérieuse Dunja. Avec eux Ana apprend la solidarité,
l’entraide, la dure vie des sans-abris, le vol et le danger. Son destin
va alors basculer lorsqu’elle est adoptée par un vieux savant
nommé M. Rolland. Avec lui Ana va découvrir le pays de ses rêves,
la France, ainsi que la douceur d’une vie de famille. Mais alors
qu’elle s’apprête à se marier, son ancienne vie ressurgit en la
personne de Dunja qui bouleverse son destin !
Ce
qui m’a tout d’abord plu dans ce roman et qui frappe dès les
premières pages, c’est le style de l’auteur : Yann Fastier
parvient à adopter un vocabulaire riche tout en conservant une plume
fluide et agréable. J’en ai été ravie d’autant que ce livre
est écrit à la première personne et que je trouve qu’il y a
parfois une tendance à avoir un style un peu trop relâché dans les
ouvrages destinés à un public adolescent. Le début de l’histoire
m’a véritablement fait penser à un conte, tandis que la suite
s’oriente davantage vers un récit d’aventure. J’ai adoré ce
mélange !
Les
personnages m’ont également conquise. Ana est une héroïne que
j’ai aimé suivre, voir évoluer. Elle est à la fois courageuse
mais sans être téméraire, craintive mais sans être lâche. Ce
n’est pas un cliché d’héroïne sage et gauche, je trouve que
l’auteur parvient à développer différentes facettes de sa
personnalité. Lorsqu’elle est en compagnie de la bande des enfants
des rues, elle est capable de prendre des risques pour se faire
accepter. Lorsqu’elle est au sein de sa famille adoptive, elle a un
petit côté rat de bibliothèque qui n’est pas pour me déplaire.
J’ai
aussi été conquise par le personnage de Dunja. C’est vrai que de
prime abord on pourrait avoir l’impression de se retrouver face au
cliché typique de la mystérieuse belle jeune femme aventurière.
Une fois encore Yann Fastier parvient à créer une véritable aura
autour d'elle et nous fait succomber au charme
de Dunja. J’ai apprécié
son esprit stratège, son intelligence.
L’intrigue
est aussi bien menée, j’ai aimé la façon dont l’écrivain nous
fait voyager à travers l’Europe. J’ai eu quelques craintes
concernant la révélation sur le passé d’Ana, j’ai eu peur que
Yann Fastier ne transforme son récit en un simple conte de fée,
mais au contraire il profite de l’occasion pour nous dresser un
portrait assez réaliste du monde de la politique.
Enfin,
ce roman dépeint une histoire d’amour entre deux femmes, ce qui
n’est pas pour me déplaire ! L’auteur parvient à mettre
cela en place en douceur, sans tomber dans le cliché. Je
ne vous en dis pas plus, le mieux est que vous le découvriez par
vous-même en lisant ce roman !
J’espère
vous avoir donné envie de lire ce roman ! Bonnes fêtes et à
l’année prochaine !;-)
Le Renard et la Couronne de Yann Fastier publié aux éditions Talents Hauts.
Dans ce récit, l’auteur revient sur son adolescence et
notamment sur son histoire d’amour avec Thomas, son camarade de classe. Il y
évoque sans tabou son homosexualité, ses premières expériences sexuelles ainsi que la douleur
d’un amour déçu.
Philippe Besson relate aussi combien il est difficile d’être
gay dans une petite ville. L'auteur met l'accent sur le grand courage qu'il faut pour révéler son attirance pour
une personne du même sexe et l’impossibilité pour certains d’y arriver.
En
évoquant sa relation avec Thomas, qui n’a jamais pu « sortir du
placard », franchir le cap, Besson nous livre une magnifique expérience de vie et un
poignant témoignage. De plus, il nous décrit son rapport à l’écriture et combien il
est ardu de coucher sur le papier ses blessures passées.
Ce roman est une découverte, une révélation ! J’ai été
totalement happée par la plume de l’auteur, que je ne connaissais pas du tout.
Sa façon de raconter un épisode très intime de sa vie et d’évoquer son rapport
à l’écriture m’a fait penser au style de Delphine de Vigan, notamment dans son
œuvre Rien ne s’oppose à la nuit, bien que les histoires relatées soient
très différentes.
Philippe Besson parvient à mêler à la fois de belles phrases
poétiques et un vocabulaire cru qui rendent l’histoire très poignante.
L’auteur décrit magnifiquement l’ardeur des
premiers amours mais aussi combien une rupture peut-être dévastatrice.
Thomas est un personnage très intéressant à découvrir. Il
est misanthrope, solitaire et réservé, mais en même il fait le premier pas vers
notre héros. De plus, il insiste sur le fait que la relation qu’entretiennent
les deux jeunes gens doit rester secrète et ne mener à rien, mais il
s’abandonne totalement lorsqu’il fait l’amour. Ce paradoxe est d’autant plus
touchant que l'adolescent finira par s’enfermer dans une existence qui ne lui convient
pas.
L’écrivain parvient aussi à nous faire sentir les
différences de classe sociale entre lui et Thomas. En effet, le jeune homme
est le fils d’un agriculteur et destiné à reprendre la ferme, à rester alors que
l’auteur est promis à de grandes études. Cette fracture sociale indique déjà
que tout est fait pour les séparer.
Besson évoque aussi brièvement son rapport à l’écriture,
notamment en expliquant que depuis tout petit il aime inventer des histoires.
Sa mère lui disait souvent d’arrêter de « raconter des mensonges »,
craignant sûrement que cette mauvaise manie devienne néfaste pour sa vie
future. L’auteur explique qu’il a commencé à écrire des lettres où il se
livrait avant de se tourner vers la fiction.
Enfin, la fin de cette histoire, qui est bouleversante,
achève de nous rappeler que nous ne sommes pas dans une fiction mais dans la
vie réelle, ce qui est encore plus triste. Le livre de Philippe Besson sonne
comme un appel à la tolérance et un encouragement pour toutes les personnes ne
parvenant pas à assumer qui elles sont véritablement.
Arrête avec tes
mensonges est un récit marquant, émouvant avec une plume
unique qui nous empêche de refermer le roman.
Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson publié aux éditions 10/18.
Capucine, une franco-américaine, se prépare à faire sa
rentrée pour sa dernière année de lycée. Elle n’a qu’une hâte, pouvoir
bénéficier de tous les privilèges des seniors, notamment participer à la
grande compétition de pistolets à eau de fin d’année ou de bénéficier parfois
de plus d’indulgence de la part des surveillants qui les connaissent bien. Mais
ses projets vont être bouleversés par l’arrivée d’une nouvelle élève, Aiden.
Capucine va alors éprouver des sentiments qu’elle n’aurait jamais cru ressentir
un jour…
Ce roman a reçu beaucoup de critiques positives. Dans la
bibliothèque où j’ai été l’emprunter, il était même classé « coup de cœur
des ados ». J’étais cependant tombée sur les vidéos de deux booktubeuses,
Mx Cordélia et Audrey-Le souffle des mots, qui n’avaient pas apprécié leur
lecture. Alors, en voyant ces avis si divergents, j’ai décidé de me faire ma
propre opinion sur ce roman.
L’histoire est moins pire que ce que je craignais. Mais je
reste mitigée sur plusieurs points.
Tout d’abord la représentation du lycée américain. Cette
vision semble très idéalisée. Le lycée est pour des adolescents bourgeois ce
qui permet aux élèves d’avoir un Macbook offert en début d’année, sans oublier
le nombre incroyable de fêtes organisées (presque chaque semaine). Pour
couronner le tout, les professeurs sont attentifs et plutôt bienveillants.
J’ai peine à croire que tout soit si rose ! Cette
vision ressemble à celle que l’on peut avoir d’un point de vue extérieur, en
regardant des séries par exemple. De plus, l’héroïne affirme également au début
du livre qu’il n’y a pas de harcèlement dans son établissement. Mais, comme l’a
signalé Mx Cordélia dans sa vidéo, elle se fait bel et bien harcelée par deux
filles qui menacent de révéler son amour pour Aiden.
Ensuite, j’ai eu dû mal à apprécier le personnage de
Capucine. Tout d’abord, j’ai trouvé que l’auteur nous mentait presque à son
sujet, en la présentant comme une jeune fille « moins riche que ses
camarades » alors qu’elle habite dans une maison, dispose de nombreuses
paires de chaussures, a le permis et part en vacances en France par exemple.
Ensuite, elle se définit comme une élève pas véritablement
« populaire », mais tous les garçons de son lycée semblent être
obnubilée par elle et la jeune fille a été élue avec son ex-petit ami
« plus beau couple de l’année ». Si ce n’est pas être populaire, je
ne sais pas comment définir cela.
Ce souci m’amène a en évoquer un second : l’idée des
clans dans le lycée de Capucine. Elle ne cesse d’évoquer les Artistes, les
Nerds, les Populaires. Cette division des élèves m’a semblée extrêmement peu
crédible. Certes, l’histoire se déroule en Amérique et non pas en France, mais
j’ai du mal à imaginer comment les élèves peuvent se regrouper à ce point par
affinités. Normalement, les classes sont fixes. De plus, il est normal dans un
groupe d’amis que chacun ait ses propres goûts, pourquoi vouloir imposer une
étiquette réductrice à ces personnages ? J’ai trouvé que cela faisait
perdre de l’épaisseur à l’intrigue et véhiculait des stéréotypes détestables.
Il y a eu également des moments qui m’ont mis assez mal à
l’aise, notamment certaines blagues ou remarques que fait l’héroïne. Cordélia a
déjà évoqué la culture du viol dans sa vidéo, mais j’aimerai également
mentionner ce qui me semble être du racisme ordinaire. A deux reprises Capucine
évoque deux élèves d’origine chinoise qui portent par hasard le même nom de
famille. Tout d’abord, elle ne cesse de faire des plaisanteries à ce sujet en
évoquant un possible mariage et affirmequ’on ne voit pas bien leurs yeux car ils sont bridés. Ces phrases, qui
sont très anodines, m’ont fait réagir, car je n’ai pas trouvé cela approprié.
Je ne sais pas pourquoi l’auteur a fait faire ce genre de remarques à son personnage.
Etrangement, la compétition de pistolets à eau de fin
d’année m’a fait sortir de ma zone de confort Le jeu s’appelle les Assassins.
La règle du jeu est simple, chaque senior reçoit le nom d’une personne à
« tuer ». S’il touche sa cible, il hérite de celle de son adversaire.
Le but est qu’il ne reste qu’une personne. Sur le principe, cela peut paraître
amusant, mais j’ai immédiatement pensé aux nombreuses tueries qui ont eu lieu
dans les écoles américaines à cause des armes à feu. Faire jouer les protagonistes
à ce jeu, (qui ne semble pas exister dans la réalité) m’a semblé presque
indécent.
Enfin, j’aimerais évoquer le traitement de l’homosexualité
dans le roman. J’ai trouvé le couple d’Aiden et Capucine assez mignon, c’est
d’ailleurs l’un des seuls aspects que j’ai apprécié dans ma lecture. Je trouve
également que le dilemme de l’héroïne, la négation de son attirance pour la
jeune femme, est bien retranscrit. Cependant, J’ai avalé un arc-en-ciel ne
nous permet pas de nous renseigner véritablement sur la communauté LGBT+.
En effet, comme l’a signalé Cordélia dans sa vidéo, Capucine
est bisexuelle. Or le terme n’est pas écrit une seule fois dans le roman. Cela
peut s’expliquer par le fait que la jeune fille nie son attirance pour les
filles, mais j’aurais préféré que l’auteur soit plus clair sur la question,
notamment pour les lecteurs assez jeunes. Je pense que ce livre peut se lire à
partir de 13 ans.
Or à cet âge, je n’étais pas encore au clair sur les
différentes orientations sexuelles. Je connaissais évidemment l’hétérosexualité
et l’homosexualité, mais j’étais assez perdue entre les transsexuels, les
bisexuels etc. Ces termes étaient assez flous pour moi, et cette histoire ne
nous permet pas d’en apprendre davantage, alors que Capucine aurait pu obtenir
des renseignements via Aiden, qui semble mieux accepter le fait qu’elle soit
lesbienne.
A un moment du récit, l’héroïne évoque l’existence d’un club
LGBT dans son lycée. Pourquoi l’auteur n’a-t-il pas fait aller Capucine en
secret à ce rendez-vous pour s’informer ? Bref, toujours est-il que pour
un roman adolescent qui traite de l’homosexualité, j’ai trouvé que le sujet
restait un peu en surface, il aurait mérité d’être davantage creusé.
Je ne vous recommande donc pas J’ai avalé un arc en ciel car
je trouve que les défauts de ce roman sont trop dérangeants pour être ignorés.
Néanmoins, si vous souhaitez lire des romans traitant de l’homosexualité, je
vous conseille d’aller sur la chaîne de Mx Cordélia qui propose un panel
large de livre LGBT+.
J’ai avalé un
arc-en-ciel d'Erwan Ji publié aux éditions Nathan.
La vidéo de Mlle Cordélia sur le roman d'Erwan Ji :
Depuis toujours, Laurent se sent femme au fond de lui. Ne
voulant pas écouter cette facette de lui-même, il n’en touche pas un mot à son épouse Solange ou à ses deux enfants et va danser au Zanzibar, un lieu où se
retrouvent d’autres transsexuels. Mais une petite erreur fera basculer toute son existence…
J’avais très envie de découvrir Point Cardinal car je n'avais jamais lu de romans évoquant la transsexualité. Je
n’ai pas été déçue. Léonor De Récondo décrit avec beaucoup de justesse les
doutes qu’éprouve Laurent, son impression de ne pas être normal. Elle nous
montre également combien la transsexualité est méconnue et qu’il existe très peu
de psychologues aptes à conseiller et à orienter les personnes concernées.
L’auteure peut aussi utiliser une écriture tranchante et un
langage très cru pour nous décrire les réactions parfois hostiles des proches
de Laurent. L’évolution de Sophie, qui passe peu à peu de la stupéfaction au rejet, puis finalement à un début d'acceptation, est intéressante et réaliste. De même le comportement des enfants est aussi instructif et là encore fidèle à la réalité.
Enfin les chapitres sont très courts ce qui rend la lecture
rapide et agréable, j’ai dévoré le livre en quelques jours à peine.
Point Cardinal de Léonor De Récondo publié aux éditions Sabine Wespieser