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mercredi 2 septembre 2020

Transparente de Jun Ogino

 

Transparente


(Tomes 1 et 2)


Jun Ogino

 

 

Transparente / Jun Ogino


Aya Kinomiya grandit dans une famille dysfonctionnelle. Son père, un homme violent, ne cesse de s’en prendre à sa mère, sous l’œil indifférent de son grand frère. Impuissante face à cette brutalité, elle se découvre brusquement le don de disparaître à volonté. Grâce à ce nouveau pouvoir, elle parvient à dénouer la situation. Mais en grandissant, elle voit poindre en elle une culpabilité qui l’empêche de véritablement se lier aux autres. Alors qu’elle entre au lycée, deux jeunes filles percent petit à petit sa carapace, et lui permettent ainsi de vivre pleinement.

Ce manga est un coup de cœur ! Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas lancée dans une lecture sous ce format, et cela m’a fait très plaisir de découvrir cette série. Je trouve que le mangaka met en place l’intrigue de façon à la fois sobre, sans scènes de violences excessives, mais en même temps très parlante. Le dessin des expressions du visage du père d’Aya lorsqu’il est en colère laisse très clairement transparaître la brutalité de son comportement. Nous nous attachons immédiatement à la jeune héroïne et nous compatissons à son malheur.

L’intervention d’un élément fantastique dans ce cadre réaliste est aussi très bien amenée. Le lecteur peut rapidement l’interpréter comme l’expression de la culpabilité de la jeune fille et de sa crainte de se lier aux autres.

Les relations que créée Aya avec ses deux amies sont aussi agréables à suivre. J’ai aimé voir comment petit à petit la lycéenne s’ouvre aux autres. La fin du tome 2 nous laisse sur notre faim, avec un revers brutal et inattendu, et j’ai très hâte de connaître la suite ! La série est en quatre tomes, ce qui évitera, je pense, d’étirer l’histoire en longueur. Tous les opus sont sortis en VO, et le tome 3 sera disponible en français le 20 septembre 2020.

Un manga parfait pour ceux et celles qui aiment les séries courtes, réalistes et contemporaines.

 Transparente de Jun Ogino publié aux éditions Kurokawa.

vendredi 28 août 2020

L'Assassin Royal : Tome 1 : L' Apprenti Assassin de Robbin Hobb

 L'Assassin Royal

Tome 1 : L'Apprenti Assassin

 Robin Hobb


L'apprenti Assassin / Robin Hobb


 Grâce à @de_poudlard_a_anima j'ai pu découvrir le merveilleux premier tome de la série L'assassin Royal de Robin Hobb !

Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas laissée autant embarquer dans un univers de fantasy médiévale ! Nous y suivons les aventures de Fitz, le fils illégitime du prince Chevalerie , qui va se voir dispenser la formation d'assassin pour le compte du Roi. Malgré son jeune âge, Fitz se retrouve pris au milieu d'intrigues de Cour qui pourraient engendrer sa chute, voire sa mort ...

Ce premier tome pose les bases de l'univers dans lequel nous allons évoluer. Malgré les nombreuses descriptions, je ne me suis pas ennuyée un seul instant.

J'ai immédiatement ressenti de l'affection pour le personnage de Fitz, notamment en le voyant grandir et évoluer. L'auteur en fait un personnage très humain, avec ses défauts et ses moments de doute, mais également avec un cœur tendre. Sa relation avec Burrich, le maître écuyer qui l'a élevé, est très touchante, bien que complexe et semée parfois de non-dits.

D'autres personnages, comme celui du Fou, me fascinent, et j'ai hâte d'en apprendre plus sur eux dans les prochains tomes.

Pour les amoureux d'intrigues politiques, de fantasy se déroulant au Moyen-Âge ou de longues sagas, cette série est faite pour vous !

 

L'Assassin Royal : Tome 1 : L' Apprenti Assassin de Robbin Hobb publié aux éditions J'ai Lu

lundi 10 août 2020

L'attrape-coeur de J.D. Salinger

 L'attrape-coeur

 

J.D. Salinger

 

L'attrape-coeur / Salinger

Holden, un jeune homme de seize ans, s'est fait renvoyer pour la quatrième fois d'un collège prestigieux où ses parents l'ont inscrit. Craignant de rentrer plus tôt que prévu et de subir leur colère, il décide d'errer dans les rues de New York, allant dans des hôtels mal famés, des boîtes de nuit sombres et renouant contact avec de vieilles connaissances. Ce jeune homme est hanté par plusieurs démons : le décès de son jeune frère Allie, la crainte de devoir retourner dans un autre internat où il n'a pas sa place et le souvenir de Jane, une jeune fille qu'il semble avoir sincèrement aimé et qu'il ne parvient pourtant pas à recontacter.

Le ton familier du narrateur nous interpelle immédiatement dès les premières pages du livre. Avec un humour assez cynique, il n'hésite pas à pulvériser les codes du roman classique, et nous livre des informations très succinctes sur sa vie ou son passé. Malgré la cruauté qu'il peut avoir dans ses descriptions ou ses réflexions sur les autres, on ne peut s'empêcher d'éprouver un attachement sincère pour cet adolescent qui porte en lui une grande tristesse, mais également une grande tendresse pour les siens. Son attachement pour sa petite sœur Phoebé ou les souvenirs qu'il partage avec son frère Allie sont bouleversants et touchants.

Des détails comme le gant de baseball sur lequel Allie écrivait des poèmes rendent les protagonistes marquants, atypiques et attachants. Holden semble parfois faire preuve d'une immaturité touchante mais il est au contraire d'une clairvoyance saisissante. Il incarne le désœuvrement que l'on peut éprouver en tant qu'adolescent ou jeune adulte face à l'avenir.

Grâce à lui nous découvrons New York sous toutes ses coutures depuis le quartier de Brodway jusqu'à Central Park.

Ce récit court, qui tient sur une soirée et une journée, nous fait entrer fugacement, mais de façon marquante, dans la vie d'un personnage étonnant.

L'attrape-coeur de JD Salinger publié aux éditions Robert Laffont.

mardi 28 juillet 2020

Le réveil des sorcières de Stéphanie Janicot

Le réveil des sorcières


Stéphanie Janicot


Le réveil des sorcières / Stéphanie Janicot


Diane LeGoffe exerce un métier peu commun : elle officie en tant que guérisseuse dans une région reculée de Bretagne. Mais un matin, alors qu'elle se rend au chevet d'un patient, sa voiture dérape sur une plaque de verglas, la tuant sur le coup. Une de ses amies de Paris, écrivaine et journaliste, se rend alors en Bretagne pour soutenir ses deux filles, désormais orphelines. Mais la cadette est formelle : la mort de Diane n'est pas un accident, c'est un meurtre. En effet, sa mère n'était pas seulement dénommée guérisseuse, on chuchotait également qu'elle était une sorcière. Et si le décès de Diane avait été provoqué par un mauvais sort ?

Ce roman est un coup de cœur, une excellente surprise ! Le thème de la sorcière m'a toujours beaucoup intéressée et fascinée, mais je n'avais jamais encore lu de roman comme celui-ci. En effet, nous ne sommes pas dans une œuvre fantastique, où la magie est synonyme de boules de feu et d'éclairs aveuglants. Ici nous sommes face à une pratique plus proche de la nature, plus spirituelle. L'autrice explore les différentes significations des mots "sorcière" et "guérisseuse", en retraçant notamment l'histoire de la sorcellerie en Bretagne. Elle évoque notamment le mythe de Merlin l'Enchanteur. Elle joue très bien sur la frontière ténue qu'il existe entre les phénomènes paranormaux et les phénomènes dits "magiques" qui ne se réalisent que parce que l'on y croit avec fermeté.

La narratrice, écrivaine parisienne, est tiraillée entre une éducation très rationaliste et une attirance pour les forces occultes et la sorcellerie. En menant son enquête sur la mort de sa meilleure amie, elle interroge différents personnages sur leur vision de la magie, offrant au lecteur une palette de perceptions différentes. A travers ce personnage, l'autrice nous invite également à nous pencher sur le métier d'écrivain. La narratrice éprouve une culpabilité car tout ce qu'elle écrit dans ses romans, notamment les choses les plus tragiques, semblent se réaliser. Or peu de temps avant la mort de Diane, elle rédige un passage comportant un accident de voiture. Cela nous fait nous poser la question du pouvoir démiurge de l'écrivain et du pouvoir des mots.

Le roman aborde également avec beaucoup de finesse la question du deuil et de la filiation. La résolution du mystère de la mort de Diane n'est finalement peut-être pas le plus important dans le livre, ce qui est très prenant est surtout le cheminement du deuil effectué par les deux orphelines.

Les chapitres courts et la plume fluides nous font dévorer ce roman.

Je recommande donc cette histoire de sorcières aux amoureux de la Bretagne, des légendes et de l'écriture. Ceux qui préfèrent les pures enquêtes peuvent risquer de s'ennuyer, cependant je leur conseille malgré tout de tenter l'aventure. Le mystère comporte une véritable résolution et ils pourraient avoir une belle surprise !

Le réveil des sorcières de Stéphanie Janicot publié aux éditions Albin Michel.

mardi 24 mars 2020

Bonus #3

Bonus #3


En ces temps d'épidémie, il est important de garder contact avec ses proches, via les appels téléphoniques, les SMS, les lettres. Je partage ici les dessins qu'une amie très chère m'a transmis par mail. Ceux-ci sont la démonstration de notre amitié aussi efficaces que tous les mots, rires et confidences que nous pouvons échanger.


Hermione Granger d'Harry Potter par Poohnie



Ophélie de La Passe-Miroir par Poohnie.
 Les précédents dessins de Poohnie sur ce blog ici et

Son profil sur Deviant Art: ici

mercredi 4 décembre 2019

La Passe-Miroir livre 4: La tempête des échos par Christelle Dabos

La tempête des échos


La Passe-Miroir Livre 4


Christelle Dabos


La Passe-Miroir livre 4: La tempête des échos / Christelle Dabos


Que dire ? Comment commencer ? Des années de lecture, des années d’attentes, et enfin il est là. Le tome 4 de La Passe-Miroir, cette série qui a traversé mon adolescence depuis 2013. J’attendais ce roman avec une telle impatience que je comptais les jours qui me séparaient du 28 novembre 2019. Lorsque jeudi j’ai eu le livre entre les mains, j’ai attendu jusqu’au vendredi soir pour m’y plonger, afin de ne pas être dérangée dans ma lecture et de pouvoir lire les cinq cent et quelques pages d’un coup si cela me chantait. Bien m’en a pris. A quatre heures du matin, les joues mouillées de larmes, j’avais terminé les aventures d’Ophélie et Thorn.

J’essayerai de ne pas inclure de spoilers dans cet article, mais je recommande vivement à ceux qui n’ont pas encore lu les précédents tomes de La Passe-Miroir d’éteindre leur ordinateur et de courir entamer leur lecture.

Une fois de plus, Christelle Dabos parvient à nous emporter dans une histoire totalement inattendue et pleine de rebondissements. En effet, pour approcher au plus près du secret d’Eulalie Dilleux, de la Déchirure et de sa propre identité, Ophélie se fait admettre à l’Observatoire des Déviations de Bablel, un établissement où sont notamment examinés ceux qui n’entrent pas dans les codes de la cité. Les inversés comme elle sont particulièrement recherchés. Mais dans cette aventure, Ophélie ne sera pas seule. Malgré son déguisement de Lord de Lux, Thorn fait équipe avec elle, et c’est un vrai plaisir d’assister à leur travail en équipe et à leur vie de couple si peu conventionnelle.

La tempête des échos n’est pas un tome facile. Bien qu'emportée par la magnifique plume de l’autrice, je me suis malgré tout demandé à certains moments de ma lecture si j’avais bien tout compris de l’intrigue. En effet, le secret de l’univers de La Passe-Miroir n’est pas à la portée du premier apprenti venu, et il faut s’accrocher au moindre indice pour ne pas perdre le fil de l’histoire. Mais une fois que les pièces du puzzle se mettent en place, tout devient clair et limpide, et c’est un vrai plaisir de comprendre enfin pleinement cet univers.

Ce tome 4 est également l’occasion de revenir avec plus de détails sur certains thèmes qui traversent l’œuvre et dont nous saisissons toute l’importance dans ce livre.

Il y a notamment la violence et la contrainte dont on est prêt à user pour faire respecter sa vision du bien, notamment à travers Lady Septima, déterminée à exclure tous les étrangers de la cité de Babel, ou Lazarus, un explorateur en apparence inoffensif mais capable de sacrifier des vies humaines pour ses recherches ou ses inventions. De manière générale, le rejet de ce qui est différent, non-conforme à une norme établie, est un sujet souvent traité au fil des tomes. Au Pôle, Thorn était méprisé pour être né d’un adultère. A Babel, les citoyens sont capables d’être internés pour une orientation sexuelle (comme pour Blasius) ou parce qu’ils présentent une « anomalie » dans leur pouvoir.

Cela m’amène à évoquer le lieu principal de cette intrigue : l’Observatoire des Déviations. Cette sorte d’institut, d’hôpital m’a glacé le sang. J’y ai ressenti le profond malaise d’Ophélie et des pensionnaires, la terrible sensation d’être pris au cœur d’un système sans queue ni tête, où le patient est réduit au stade d’un enfant soumis à ses médecins. J’ai l’impression que Christelle Dabos a voulu dépeindre dans ce roman la violence dont pouvait faire preuve le corps médical et les dérives de certaines expériences. En effet, le but de l’Observatoire n’est pas de soigner leurs patients, mais de les utiliser à des fins despotiques.

Dans cet étrange lieu, au multiples couches, Ophélie va véritablement au bout d’elle-même, puisqu’elle découvre enfin le secret de son identité. J’ai rarement vu un personnage aussi malmené ! Tout au long de l’intrigue la jeune femme est forcée de remettre en question son identité, ses valeurs, ses choix. Pour survivre au Pôle, elle a dû lutter contre sa timidité et son attitude réservée. Pour vaincre l’Autre, Ophélie doit interroger son être profond, sa propre personne. La suivre dans ses découvertes est vraiment passionnant et déroutant. A la fin de ce tome, nous réalisons l’incroyable chemin qu’elle a parcouru depuis le moment où nous l’avons pour la première fois vu franchir un miroir dans les Archives Familiales d’Anima.

Thorn aussi est un personnage qui évolue de façon considérable. Ce tome 4 nous permet pendant de brèves parenthèses de suivre son point de vue. Nous avons notamment droit à des flash-back de son enfance, ou à des explications sur la façon dont il est parvenu à s’échapper du Pôle. Il se montre également plus expansif, il exprime davantage ses sentiments. Il est un soutien indéfectible pour Ophélie. Ces deux protagonistes m’ont énormément touchée. Nous comprenons que Thorn désire simplement être utile à quelqu’un, se sentir aimé, accepté.

A travers ces personnages principaux, Christelle Dabos semble aussi nous montrer combien le corps peut être une source de fardeau, de handicap. Thorn, avec sa jambe articulée, porte le signe criant de son infirmité physique. Il ne peut dissimuler ce qu’il considère comme une faiblesse, et en ressent de la honte et de l’agacement. Le fait qu’il ait de plus en plus de mal à contrôler ses griffes renforce le dégoût qu’il éprouve pour lui-même. Le moment où il parvient enfin à s’accepter grâce au regard de sa cousine Victoire m’a profondément émue. Il est rare dans les romans jeunesse de voir des personnages masculins ressentir un dégoût profond pour leur apparence physique. La question des complexes est en effet souvent réduite au personnage féminin.

Ophélie aussi perçoit son corps comme un fardeau, une entité qui ne lui obéit pas et qui la trahi. Outre sa maladresse légendaire, la jeune femme découvre avec tristesse qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfant. Ce droit à la maternité qu’elle s’est involontairement retiré en libérant Eulalie du miroir la marque de manière aiguë et la fait se sentir coupable, incomplète. Là encore, le soutien de Thorn est bienvenu.

Les autres personnages que nous connaissons, bien que moins présents qu’Ophélie et Thorn, sont malgré tout évoqués. Victoire effectue une belle évolution, puisqu’elle parvient enfin à nouer un lien fort avec le monde extérieur. J’ai été ravie et touchée de voir que Berenilde accède enfin à ce qu’elle a toujours aspiré : une famille. Le fait que tous les animistes, notamment la tante Roseline et le grand Oncle soient présents pour la bataille finale m’a enchantée !

Tous les esprits de famille sont également présents dans le Mémorial, notamment Farouk et Artémis. Farouk montre encore une fois sa clairvoyance supérieure à celle de ses frères et sœurs.

Les personnages que j’aurais peut-être aimé voir davantage sont sûrement Gaëlle, Renard et Archibald, mais Christelle Dabos parvient à consacrer plusieurs chapitres à leur périple sur Arc-en-Terre, nous permettant de rencontrer Don Janus, le seul esprit de famille à avoir conservé sa mémoire. Mais l’autrice gère plutôt bien le temps imparti à chacun de ses personnages, tout en concluant son intrigue complexe. J’ai simplement du mal à quitter son univers.

Jusqu’aux dernières pages, Christelle Dabos parvient à nous faire avoir des frissons ! Et cette fin, cette fin !! Au début, je n’étais pas sûre de l’apprécier. J’avais envie de voir si Ophélie allait concrètement retrouver Thorn pour de bon, d’assister à leur vie future… Je ne voulais pas quitter la jeune femme maintenant, sur un passage de miroir !

Mais finalement, après m’être mouchée et essuyé les yeux, j’ai réalisé que cette fin était une fin magistrale et typique de La Passe-Miroir.

En effet, de mon point de vue, il est évident qu’Ophélie retrouve Thorn lorsqu’elle franchit ce miroir. Elle affirme « Nous reviendrons » à Archibald, avec ce ton assuré qu’elle emploie lorsqu’elle s’apprête à résoudre une difficulté. De plus, la chanson dans la boutique, évoquant la fugacité de l’amour, mais également sa capacité d’apparaître là où on ne l’y attend pas, sont significatifs. Enfin, les mots de Thorn, « Un peu plus que cela même. », écrit en italique comme lorsqu’Eulalie s’adresse à Ophélie depuis l’Envers, me font penser que c’est lui-même qui s’adresse à son épouse, ou du moins qu’il est toujours vivant ! Il a survécu au passage dans la Corne de l’abondance, il peut attendre qu’Ophélie trouve le moyen de revenir dans l’Envers.

Si j’ai considéré cette fin comme typique de la série, c’est parce que j’ai trouvé qu’elle laissait une grande liberté au personnage. En effet, comme l’explique Thorn, Ophélie ne cesse de vouloir acquérir son indépendance. Faire se terminer la saga sur son nouveau départ peut paraître frustrant, mais dans le même temps laisse libre notre imagination. Christelle Dabos nous a donné suffisamment de pistes de réflexions pour faire nos propres scénarios.

Ainsi, d’une certaine façon, les aventures d’Ophélie et Thorn ne sont jamais véritablement terminées. Même si nous ne pourrons plus jamais découvrir cette série, il nous sera toujours permis de redécouvrir La Passe-Miroir, d’en explorer les recoins cachés en retraversant le miroir et en replongeant dans ces romans chaque fois que nous le voudrons.

Je ne dis donc pas adieu à Ophélie, mais à bientôt dans une prochaine session de relecture, au cours d’un été brûlant ou d’un hiver venteux. Je veux également la remercier, pour m’avoir tant transportée, fait vibrer, émue au fil des pages, au fil des passages de miroirs. Merci à elle de m’avoir fourni de la force dans l’adversité, un modèle auquel m’identifier, une héroïne à citer.

Et merci surtout à sa créatrice, Christelle Dabos, dont la plume, l’imagination et le talent auront marqué un chapitre décisif de ma vie de lectrice. J’espère que son parcours dans l’écriture sera toujours aussi florissant, et je serai au rendez-vous si elle publie un nouveau roman. (Ou un essai, ou une BD, ou même sa liste de course!)

Que l’écharpe soit avec vous !

Un peu plus que cela même.

La Passe-Miroir livre 4: La tempête des échos de Christelle Dabos publié aux éditions Gallimard Jeunesse.

Le site de l'autrice: ici
La très bonne et émouvante vidéo de Bulledop, qui a contribué à faire connaître la série :


vendredi 27 septembre 2019

La Passe-Miroir: la couverture du tome 4 est révélée !

La Passe-Miroir

La tempête des échos : une couverture qui suscite la tempête sous nos crânes!



Enfin la couverture du tome 4 de La Passe-Miroir a été révélée par Christelle Dabos sur son blog ! Je la trouve magnifique, la couleur rouge va très bien avec les tons des autres tomes. Les bâtiments, de style asiatique, sont très beaux, et nous laissent présager la découverte d'une nouvelle arche ! (Peut-être Titan?)

J'ai si hâte d'être au 28 novembre ! Cette couverture est un cadeau avant l'heure, un avant goût délicieux ! Dans le même temps, je ne parviens pas à me dire qu'après ce livre-là, les aventures d'Ophélie et Thorn seront définitivement terminées... Après toutes ses années... six ans !

La tempête des échos n'est pas encore parue, cependant, je décide de faire un pari sur l'avenir, et affirmer que cette série dans son ensemble est une merveille. Christelle Dabos a magnifiquement bâti son histoire, en disséminant des indices sur le déroulement de l'intrigue dès le tome 1. En effet, les échos sont présents dès Les fiancés de l'hiver, lorsque le grand-oncle d'Ophélie écoute de la musique sur son gramophone et que le disque saute, puis dans le tome 2, lorsque Hector désire prendre des photos et ne parvient pas à en obtenir une de nette, et enfin dans le tome 3 lorsque les personnages écoutent la radio et que parfois les phrases se répètent !

Bref, la tempête se déchaîne également sous mon crâne, je pose ma plume, ou plutôt mon je lâche mon clavier, et je retourne à ma relecture du tome 1, 2 et 3 !

Que l'écharpe soit avec vous comme dirait Christelle Dabos !

Mes articles sur La Passe-Miroir :


Sur les tomes 1 et 2, cliquez ici
Sur le tome 3, cliquez ici
Mon article sur le TAG La Passe-Miroir inventé par Bulledop  ici

Ophélie et Thorn par Camille Rostan
 

lundi 29 juillet 2019

Mille femmes blanches de Jim Fergus

Mille femmes blanches


Jim Fergus

 

Mille femmes blanches / Fergus

 


États-Unis, fin du XIXe siècle.

Afin de favoriser l’entente entre les Indiens et les hommes blancs, Little Wolf, le chef de la tribu cheyenne propose au président de lui échanger mille femmes blanches contre mille chevaux. Comme les enfants nés des unions entre les cheyennes et les femmes blanches seront élevés dans la famille de leur mère, le mélange pourra se faire entre les Indiens et les Blancs.

Alors qu’elle est internée à l’asile pour avoir vécu avec un homme de condition inférieur hors des liens du mariage, May Dodd a vent de ce projet fou. Désirant échapper à ce lieu terrible où elle est prisonnière, elle accepte avec une vingtaine de femmes, pionnières de l’aventure, de se lancer dans l’expédition. Elle va ainsi découvrir une culture, des coutumes et un mode de vie complètement différent du sien. Petit à petit, la jeune femme parvient à avoir une place importante dans la tribu, en se faisant même surnommer Mesoke, l’hirondelle.

Mais May va également assister à la fin de la civilisation indienne, minée par la boisson et l’avancée de l’homme blanc dans les terres, appâté par l’or et faisant fi des traités.

Ce roman est un coup de cœur ! Je n’ai absolument rien à redire à ma lecture, j’ai adoré cette expérience de bout en bout !
Le roman se présente sous la forme du journal intime de May, ce qui est déjà un bon point car nous pouvons percevoir toutes ses pensées, ses émotions, nous nous sentons au cœur de l’histoire. Le personnage de May Dodd est aussi extrêmement attachant. Elle est forte, déterminée, ouverte d’esprit et incroyablement moderne pour l’époque. Elle devient un modèle pour les autres femmes blanches et pour nous, nous donnant envie de nous battre pour notre place dans le monde.

May n’est pas le seul personnage attachant du roman. J’ai également apprécié découvrir les autres membres du groupe, notamment, Femi, une ancienne esclave bien déterminée à ne plus jamais se laisser asservir. Elle sera la première femme nommée guerrière dans la tribu. Femi est un personnage à part, du fait de sa couleur de peau, mais aussi de sa grande lucidité au sujet des réserves. Dès le début, contrairement à May et les autres, elle perçoit le côté emprisonnant de ce dispositif, et fait un parallèle avec l’esclavage. Les débats qu’elle a avec May Dodd sur le futur des indiens sont très intéressants, surtout lorsque nous connaissons la fin historique des évènements.

Hélène Flyt, une ornithologue, est aussi attachante que les deux autres. Sa passion pour les oiseaux lui permet à elle aussi d’avoir une place de choix dans la tribu cheyenne. Elle intègre véritablement les mœurs de son nouveau peuple. Gurthie, une jeune cochère déguisée en homme, m’a beaucoup plu, de par son fort caractère et sa franchise.

Le livre de Jim Fergus est principalement composé de personnages féminins. J’ai trouvé que l’auteur exploitait bien cet aspect du roman en évoquant plusieurs questionnements ou douleurs féminines. Tout d’abord, il évoque explicitement leur sexualité, notamment à travers May, qui est libérée et qui peut discuter de ces sujets avec des femmes moins expérimentées, notamment son amie Martha. Jim Fergus souligne aussi le fait que les femmes, quelques soient les tribus, sont la proie des hommes, de leur jugement, et de leur condamnation.

Ce roman comporte des scènes difficiles, notamment des scènes de viols. J’ai éprouvé un sentiment de colère, de révolte, d’impuissance et d’écœurement à la lecture de certains passages. L’auteur décrit avec une acuité terrible les ravages de la boisson sur les indiens. Ces scènes sont cependant ponctuelles et toujours justifiées.

J’ai aussi aimé voir la politique de la tribu cheyenne à travers un regard extérieur. Les femmes savent reconnaître les qualités de leur nouveau monde, comme la démocratie de la tribu, mais aussi ses défauts, tel que le manque d’unité entre les indiens.

La fin de ce livre m’a bouleversée et m’a laissée sans voix.

Je recommande ce roman à tous les amoureux de la civilisation indienne, de la conquête de l’Ouest et aussi des personnages féminins forts et attachants !

Mille femmes blanches de Jim Fergus publié aux éditions Pocket.

lundi 20 mai 2019

Dans un rayon de soleil de Tillie Walden

Dans un rayon de soleil


Tillie Walden

 

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden

 


Dans un monde parallèle presque exclusivement féminin, les êtres humains peuvent voyager entre les planètes. Mia, une jeune femme d’une vingtaine d’années, rejoint l’équipage d’Alma et de Char, deux femmes spécialisées dans la réparation des bâtiments anciens. Au sein du groupe, Mia forge des amitiés puissantes et solides notamment avec Julie, une ex-patineuse vive, pétillante et courageuse et Eliott un.e mécanicien.nne hors paire, d’une remarquable intelligence et d’une loyauté sans égal. Mais Mia n’a pas pour seul objectif de restaurer des objets anciens. Au cœur du cosmos, elle est hantée par le souvenir de son amour de jeunesse, Grace, qu’elle a rencontrée alors qu’elle était en pensionnat. La jeune fille a mystérieusement disparue de sa vie, et Mia tient absolument à la retrouver pour pouvoir enfin cesser d’être hantée par son ombre…

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden


Cette bande-dessinée est un coup de cœur ! J’ai eu envie de la lire grâce à la merveilleuse chronique de Mlle Cordélia et je n’ai vraiment pas été déçue de ma lecture !

C’est une bande-dessinée originale, entre la science-fiction et le récit d’aventure. Je trouve que l’auteure parvient à planter un univers riche, sans pour autant nous perdre dans des détails ou des explications complexes. C’est un monde à la fois très mécanique, avec de nombreux vaisseaux, outils de navigations, mais aussi assez féerique et poétique, (l’engin dans lequel se déplacent Mia et ses amis ressemblent à un poisson géant).

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden

Tillie Walden dépeint des personnages attachants, que l’on aime suivre tout au long de cette aventures. Chacun a ses qualités et ses défauts. Mia, notre héroïne, peut-être parfois insolente, têtue et irréfléchie, pourtant elle est aussi très sociable, généreuse, elle accepte les autres, malgré leurs différences. J’ai également apprécié le personnage d’Alma, qui sous ses airs bourrus et autoritaire cache une profonde affection sincère pour ses coéquipiers. J’ai aussi été charmée par le/a mystérieux.se Eliott. Iel est non-binaire, c’est-à-dire qu’iel ne se définit ni comme une fille, ni comme un garçon. Ce personnage n’est cependant pas défini uniquement par cette identité de genre, c’est aussi un protagoniste au passé mystérieux et douloureux que l’on apprend à découvrir au fil du récit.

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden


C’est encore un autre point qui me fait adorer cette bande-dessiné, Tillie Walden parvient à intégrer à son odyssée spatiale déjà riche le passé des personnages principaux, sans que cela nuise au rythme du récit. Cela nous permet donc d’avoir une histoire palpitante, sans pour autant avoir des protagonistes au caractère superficiel.

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden

L’histoire d’amour entre Mia et Grace m’a également beaucoup touchée, j’ai trouvé cette petite romance très douce, avec en même temps un côté assez dramatique puisque les deux jeunes filles se retrouvent séparées. Je trouve également que l’auteure traite cette relation avec réalisme, sans en faire quelque chose de trop omniprésent ou de trop niais. En effet, la fin de cette histoire n’est pas malheureuse mais ce n’est pas non plus le happy end classique des comédies romantiques qui peuvent parfois paraître trop parfaites et irréalistes à mon cœur dur de lectrice aigrie.

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden


Mais le gros point fort de cette BD est les dessins. Nous en avons pour notre argent, l’œuvre de Tillie Walden est énorme, et toutes les planches sont en couleur, ce qui nous offre des cases magnifiques sur chaque page ! L’auteure sait magnifiquement bien jouer avec les couleurs. En effet, lorsque Mia se remémore ses souvenirs de pensionnat, les couleurs sont dans des tons plutôt froids, bleus, noirs et violets foncés, alors que lorsque nous suivons le déroulement actuel des évènements, les couleurs sont plutôt chaudes, dans les tons rouges orangés. Tillie Walden met également beaucoup de détails et soigne les expressions de ses protagonistes.

Dans un rayon de soleil / Tillie Walden


C’est donc une bande-dessiné que je recommande à cent pour cent pour tous les amoureux de science-fiction, d’histoires d’amour, de quête et d’aventures !

Dans un rayon de soleil de Tillie Walden publié chez Gallimard.

La vidéo de Mlle Cordélia:


jeudi 27 décembre 2018

Le Renard et la Couronne de Yann Fastier

Le Renard et la Couronne


Yann Fastier

 

Le Renard et la Couronne / Fastier

 


Bonjour à tous et joyeuses fêtes ! Comme vous avez pu le remarquer, les chroniques ont été moins régulières en cette fin d’année 2018. La raison est très simple : je suis entrée en prépa littéraire au mois de septembre. Ainsi, si je lis toujours beaucoup j’ai cependant moins de temps (et parfois moins l’envie) d'écrire. Mais aujourd’hui je suis décidée à me rattraper en vous partageant une belle découverte et même un joli coup de cœur : Le Renard et la Couronne de Yann Fastier.

J’ai découvert ce roman sur la chaîne de la booktubeuse Mlle Cordélia. J’avoue qu’au début j’avais quelques réticences puisque ce roman est plutôt classé dans la catégorie adolescent voire jeunesse, et que je craignais de ne plus avoir l'âge adapté pour lire cette histoire.

Heureusement j’ai sauté le pas et je n’ai pas été déçue, bien au contraire, je crois que ce livre sera un coup de cœur de mon année 2018 !

Nous suivons le destin d’une jeune fille nommée Ana qui à l’âge de dix ans perd tragiquement sa grand-mère et se retrouve seule et sans ressources. Elle est alors recueillie par une bande d’enfants des rues contrôlés par la belle et mystérieuse Dunja. Avec eux Ana apprend la solidarité, l’entraide, la dure vie des sans-abris, le vol et le danger. Son destin va alors basculer lorsqu’elle est adoptée par un vieux savant nommé M. Rolland. Avec lui Ana va découvrir le pays de ses rêves, la France, ainsi que la douceur d’une vie de famille. Mais alors qu’elle s’apprête à se marier, son ancienne vie ressurgit en la personne de Dunja qui bouleverse son destin !

Ce qui m’a tout d’abord plu dans ce roman et qui frappe dès les premières pages, c’est le style de l’auteur : Yann Fastier parvient à adopter un vocabulaire riche tout en conservant une plume fluide et agréable. J’en ai été ravie d’autant que ce livre est écrit à la première personne et que je trouve qu’il y a parfois une tendance à avoir un style un peu trop relâché dans les ouvrages destinés à un public adolescent. Le début de l’histoire m’a véritablement fait penser à un conte, tandis que la suite s’oriente davantage vers un récit d’aventure. J’ai adoré ce mélange !

Les personnages m’ont également conquise. Ana est une héroïne que j’ai aimé suivre, voir évoluer. Elle est à la fois courageuse mais sans être téméraire, craintive mais sans être lâche. Ce n’est pas un cliché d’héroïne sage et gauche, je trouve que l’auteur parvient à développer différentes facettes de sa personnalité. Lorsqu’elle est en compagnie de la bande des enfants des rues, elle est capable de prendre des risques pour se faire accepter. Lorsqu’elle est au sein de sa famille adoptive, elle a un petit côté rat de bibliothèque qui n’est pas pour me déplaire.

J’ai aussi été conquise par le personnage de Dunja. C’est vrai que de prime abord on pourrait avoir l’impression de se retrouver face au cliché typique de la mystérieuse belle jeune femme aventurière. Une fois encore Yann Fastier parvient à créer une véritable aura autour d'elle et nous fait succomber au charme de Dunja. J’ai apprécié son esprit stratège, son intelligence.

L’intrigue est aussi bien menée, j’ai aimé la façon dont l’écrivain nous fait voyager à travers l’Europe. J’ai eu quelques craintes concernant la révélation sur le passé d’Ana, j’ai eu peur que Yann Fastier ne transforme son récit en un simple conte de fée, mais au contraire il profite de l’occasion pour nous dresser un portrait assez réaliste du monde de la politique.

Enfin, ce roman dépeint une histoire d’amour entre deux femmes, ce qui n’est pas pour me déplaire ! L’auteur parvient à mettre cela en place en douceur, sans tomber dans le cliché. Je ne vous en dis pas plus, le mieux est que vous le découvriez par vous-même en lisant ce roman !

J’espère vous avoir donné envie de lire ce roman ! Bonnes fêtes et à l’année prochaine !;-)

Le Renard et la Couronne de Yann Fastier publié aux éditions Talents Hauts.

La vidéo de Mlle Cordélia: (6:35)








lundi 10 septembre 2018

Le Faiseur de rêves de Laini Taylor

Le Faiseur de rêves


Laini Taylor

 

Le Faiseur de rêves de Laini Taylor

 

Lazlo Lestrange, un jeune homme orphelin, est fasciné par la mystérieuse citée nommée Désolation. Cette ville pourvue de mille richesses et savoirs s’est coupée du monde il y a deux siècles. Personne ne sait si les habitants sont morts ou s’ils se sont volontairement coupés du monde. Alors que Lazlo parvient à devenir bibliothécaire dans le plus grand institut de la ville, des guerriers originaires de la Cité Mystérieuse débarquent dans la ville. Ils sont à la recherche d’érudits susceptibles d’aider leur ville. Même s’il ignore le problème que rencontre Désolation, Lazlo est déterminé à participer à l’aventure. Il va alors changer son destin à tout jamais…

Ce roman est un véritable coup de cœur ! Je n’avais jamais entendu parler de cette histoire et je l’ai emprunté un peu par hasard à la bibliothèque sur les conseils d’une amie. J’ai été charmée par ma lecture.

Le personnage principal tout d’abord, est très attachant. Lazlo est un être calme, doux et désintéressé mais il fait aussi preuve d’une volonté hors du commun pour accomplir son rêve. Il va évoluer tout au long du roman et devenir plus fort et plus sûr de lui. J’ai adoré le suivre dans ses aventures.

Pour qu’un héros soit attachant, il faut aussi qu’il est un ennemi que l’on aime détester. C’est le cas ici avec Thyon Néro, un alchimiste que Lazlo s’est mis à dos. Alors qu’il l’a aidé à réaliser de l’or, l’arrogant personnage use de son pouvoir pour s’approprier les documents de Lazlo sur Désolation et ainsi de se faire bien voir par les guerriers de la citée. Cependant, il a un côté attachant de par sa fragilité, la pression qui pèse sur ses épaules, (son père et la reine le presse de faire des découvertes extraordinaires). Ses interactions avec Lazlo donnent aussi lieu à des dialogues comiques qui m’ont fait beaucoup rire.

Je ne peux m’étendre davantage sur les autres personnages pour ne pas vous gâcher la surprise, mais je les ai beaucoup apprécié également. Nous suivons notamment une jeune fille nommée Sarai qui a le pouvoir de s’introduire dans les rêves des gens. Son pouvoir est présenté de façon très originale. J’ai aussi été fascinée et écœurée par Minya, une fillette cruelle qui peut contrôler les fantômes. Je ne peux vous en dire plus sur ces protagonistes, mais je vous enjoins fortement à les découvrir.

J’ai aussi adoré la façon dont l’auteure a conçu son univers. Il est exactement tel qu’on l’attend d’un roman fantasy : riche, complexe, bien décrit et bien imaginé. Le style de Laini Taylor est aussi très bon. Elle a un ton qui rappelle à la fois celui des contes et des romans d’aventure. Il est assez soutenu sans être barbant ou difficile à lire.

Bref ce roman est une excellente surprise, je suis ravie de l’avoir découvert. Le seul défaut est que ce n’est qu’un tome 1 et j’ai vraiment hâte de connaître la suite ! La suite est déjà paru en anglais, The Muse of Nightmare, mais je ne sais pas quand elle sortira en français. Je suivrai cependant attentivement l’évolution de la série.

Le Faiseur de rêves de Laini Taylor publié aux éditions Lumen.

lundi 11 juin 2018

Top 3 de mes livres préférés de tous les temps


Top 3 de mes livres préférés de tous les temps


Cela fait maintenant bientôt deux ans que j’ai ouvert ce blog, et cet article est le 100ème que je publie. Pour fêter cela, je vous propose un top 3 de mes livres préférés de tous les temps. Ce classement semble impossible à établir. J’ai bien conscience qu'il ne sera sûrement pas fixe, mais pour l’instant, lorsque je songe aux romans qui m’ont marqués et que j’ai envie de conseiller, je ne peux m’empêcher de penser à ces trois titres.

Je vous livre donc ma recette pour passer un bon moment de lecture aussi bien pour les petits que pour les grands ! Ces œuvres sont à égalité dans mon cœur, alors, même si j’ai intitulé cet article « top », je ne les ai pas classés par ordre de préférence, mais plutôt par ordre de lecture.

Mary Tempête d’Alain Surget


Mary Tempête / Alain Surget

J’ai découvert les femmes pirates lorsque j’avais 10 ans, dans une bande-dessinée parue dans le magazine Image Doc. J’ai été fascinée par leur force, leur envie d’échapper à un destin qui ne leur convenait pas et leur capacité à s’imposer dans un monde d’hommes.

Le roman d’Alain Surget se concentre sur la vie de Mary Read. Le récit débute alors qu’à dix ans, elle doit se faire passer pour son frère mort afin de toucher la pension qui lui était destinée. Elle va se rendre compte qu’il est plus facile de se tailler une place dans le monde en tant que garçon. Elle gardera donc son déguisement et s’engagera dans l’armée avant de prendre la mer. En chemin, elle croisera la route du pirate Jack Rackham et de sa compagne Anne Bonny. Ensemble, les deux femmes vont devenir la terreur des navires marchands et alimenter les légendes…

Lorsque je l’ai lu pour la première fois, j’ai été transportée par l’histoire de Mary Read. A travers une plume presque poétique, l’auteur nous décrit la vie incroyable d'une femme courageuse et déterminée, prête à tout pour être libre. C’est une tueuse sans pitié mais aussi une amoureuse passionnée. Mais ce qu’elle aime le plus, c’est la mer, qu’elle est prête à dompter. J’ai aussi beaucoup aimé Anne Bonny qui n’a rien à envier à sa camarade. Même ce personnage est moins développé dans ce roman, nous comprenons qu’elle aussi a dû se battre pour trouver sa place et que la piraterie est le moyen pour elle d’accéder à une vie qu’elle ne peut pas avoir en tant que femme.

Je trouve aussi que Mary Tempête est un bon roman pour les enfants et jeunes adolescents qui veulent commencer les aventures de pirates. L’histoire de Mary Read et Anne Bonny racontée par Alain Surget est fidèle à la réalité historique de l’époque. Il n’omet presque rien de l’existence de son héroïne. Alain Surget prend également soin d’inclure beaucoup de termes spécifiques aux armes et aux navires, sans pour autant que cela soit trop technique ou déstabilisant. Il évite également d’être cru, sans masquer la dureté de l’époque dans laquelle vivent Mary Read et Anne Bonny.

Des années après ma première lecture, je prends toujours plaisir à me replonger entre les pages de Mary Tempête, il m’a accompagné pendant de nombreuses vacances et m’a remonté le moral à des moments de tristesse ou d’abattement. Je vous le recommande donc chaudement pour découvrir des héroïnes hors du commun et qui de surcroît ont véritablement existé !

Harry Potter de J.K Rowling


Harry Potter / J.K Rowling
Cette série n’est plus à présenter. Elle a fait rêver des millions d’enfants et d’adultes en dépeignant un univers magique avec des personnages hors du commun. Comme des millions de lecteurs, j’ai rêvé (et je rêve toujours) d’aller à Poudlard, de suivre des cours de botanique, de défense contre les forces du mal, de métamorphose et de sortilèges. Des protagonistes comme Hermione Granger, Luna Lovegood m’ont fait rire, rêvé et m’ont donné de la force dans des moments difficiles. J’ai aussi adoré frissonner au contact de personnages maléfiques et en même temps complexes tels que Voldemort ou Bellatrix Lestrange. Enfin, j’ai aimé les différentes facettes de certains professeurs, notamment Rogue ou Dumbeldore.

Certains me diraient que Harry Potter est simplement une série pour enfants, mais je rétorquerais qu’ils sont malheureusement passés à côté de cette histoire. J.K Rowling en effet évoque des sujets complexes comme l’amitié le courage, la tolérance et qui peuvent toucher petits et grands. L’univers qu’elle décrit est aussi très riche, il est parfois bon de relire les romans afin de faire attention aux détails. Elle fait également preuve de beaucoup d’humour et j’ai ri de nombreuses fois en les lisant.
J.K Rowling a vraiment forgé mon enfance, je ne cesse de réécouter les romans en livre audio. Malgré les années qui ont passé, je ne me lasse jamais de l’univers. Pour ceux qui auraient peur de se lancer dans la lecture de sept tomes, je les rassurerais en disant que les trois premiers tomes sont courts et assez faciles à lire. Sinon, je leur suggérerais de les écouter en livre audio, les cinq premiers sont disponibles. Enfin, les films, notamment les quatre premiers, sont assez fidèles aux romans, cela peut leur donner envie de passer à la version papier !

Je vous recommande donc également Harry Potter pour plonger dans un univers magique et rencontrer des personnages attachants qui resteront gravés dans vos mémoires.

La Passe-Miroir de Christelle Dabos.

La Passe-Miroir / Christelle Dabos

J’ai déjà longuement évoqué cette série sur ce blog, pourtant, je ne peux m’empêcher de répéter à quel point cette histoire est tout simplement géniale. L’univers dépeint par Christelle Dabos est riche, complexe et original. Nous suivons l’histoire d’Ophélie, une jeune femme pouvant passer à travers les miroirs et lire le passé des objets rien qu’en les touchant. Sa vie va basculer lorsqu’elle va devoir épouser Thorn du clan des Dragons. Ophélie va se retrouver prise entre des conflits de clans meurtriers où les principaux acteurs peuvent s’infliger de mortelles blessures simplement par la force de leur esprit.

Dès le tome 1 je me suis vraiment attachée aux protagonistes principaux, Thorn et Ophélie. J’ai aimé leur détermination, leur courage et leur caractère très différent. Si Ophélie est assez réservée, elle possède néanmoins une volonté de fer. Quant à Thorn, malgré son côté froid et méthodique, il n’est pas sans cœur et il fait preuve d’un grand sens de la justice.

Le tome 2 nous permet de mieux connaître certains personnages et le fonctionnement de la cour. Quant au tome 3, il nous révèle l’origine de l’univers dépeint par Christelle Dabos. La plume de l’auteure est magnifique et nous fait rêver.

Je sais qu’il est étonnant de classer une série comme coup de cœur absolu alors qu’elle n’est même pas terminée mais je ne vois pas comment l’auteure pourrait me décevoir ! Cette série restera à jamais dans mon palmarès !

Mon article sur le tome 1 et 2 de la Passe-Miroir ici
Mon article sur le tome 3 ici

lundi 23 avril 2018

Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson


Arrête avec tes mensonges

 

Philippe Besson

 

Arrête avec tes mensonges / Besson

Dans ce récit, l’auteur revient sur son adolescence et notamment sur son histoire d’amour avec Thomas, son camarade de classe. Il y évoque sans tabou son homosexualité, ses premières expériences sexuelles ainsi que la douleur d’un amour déçu.

Philippe Besson relate aussi combien il est difficile d’être gay dans une petite ville. L'auteur met l'accent sur le grand courage qu'il faut pour révéler son attirance pour une personne du même sexe et l’impossibilité pour certains d’y arriver.

En évoquant sa relation avec Thomas, qui n’a jamais pu « sortir du placard », franchir le cap, Besson nous livre une magnifique expérience de vie et un poignant témoignage. De plus, il nous décrit son rapport à l’écriture et combien il est ardu de coucher sur le papier ses blessures passées.

Ce roman est une découverte, une révélation ! J’ai été totalement happée par la plume de l’auteur, que je ne connaissais pas du tout. Sa façon de raconter un épisode très intime de sa vie et d’évoquer son rapport à l’écriture m’a fait penser au style de Delphine de Vigan, notamment dans son œuvre Rien ne s’oppose à la nuit, bien que les histoires relatées soient très différentes.

Philippe Besson parvient à mêler à la fois de belles phrases poétiques et un vocabulaire cru qui rendent l’histoire très poignante.

L’auteur décrit magnifiquement l’ardeur des premiers amours mais aussi combien une rupture peut-être dévastatrice.
 
Thomas est un personnage très intéressant à découvrir. Il est misanthrope, solitaire et réservé, mais en même il fait le premier pas vers notre héros. De plus, il insiste sur le fait que la relation qu’entretiennent les deux jeunes gens doit rester secrète et ne mener à rien, mais il s’abandonne totalement lorsqu’il fait l’amour. Ce paradoxe est d’autant plus touchant que l'adolescent finira par s’enfermer dans une existence qui ne lui convient pas.

L’écrivain parvient aussi à nous faire sentir les différences de classe sociale entre lui et Thomas. En effet, le jeune homme est le fils d’un agriculteur et destiné à reprendre la ferme, à rester alors que l’auteur est promis à de grandes études. Cette fracture sociale indique déjà que tout est fait pour les séparer.

Besson évoque aussi brièvement son rapport à l’écriture, notamment en expliquant que depuis tout petit il aime inventer des histoires. Sa mère lui disait souvent d’arrêter de « raconter des mensonges », craignant sûrement que cette mauvaise manie devienne néfaste pour sa vie future. L’auteur explique qu’il a commencé à écrire des lettres où il se livrait avant de se tourner vers la fiction.

Enfin, la fin de cette histoire, qui est bouleversante, achève de nous rappeler que nous ne sommes pas dans une fiction mais dans la vie réelle, ce qui est encore plus triste. Le livre de Philippe Besson sonne comme un appel à la tolérance et un encouragement pour toutes les personnes ne parvenant pas à assumer qui elles sont véritablement.

Arrête avec tes mensonges est un récit marquant, émouvant avec une plume unique qui nous empêche de refermer le roman.

Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson publié aux éditions 10/18.

lundi 16 avril 2018

Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot


Un long dimanche de fiançailles

 

Sébastien Japrisot


Un long dimanche de fiançailles / Japrisot

Alors que la Première Guerre mondiale déchire la France, cinq soldats français sont traînés à travers les tranchées pour être exécutés. Leur crime ? Avoir tenté de déserter en se tirant une balle dans la main. Mais au lieu de les tuer, les personnes chargées de l’exécution les laissent libres au cœur des tirs ennemis. A l’arrière, Mathilde attend des nouvelles de son fiancé, qui fait partie des cinq condamnés. Lorsqu’elle apprend qu’il reste peut-être une chance pour que son amant soit encore en vie, elle décide de mener l’enquête, quitte à subir une cruelle désillusion.

Un long dimanche de fiançailles est l’un de ces classiques dont nous avons souvent entendu parler, mais que nous n’avons pas forcément lu. Pour ma part, je ne regrette absolument pas cette expérience, ce roman est un véritable coup de cœur !

L’incipit nous plonge immédiatement dans l’ambiance : nous suivons les cinq condamnés marchant à travers les fils barbelés des tranchées pour rejoindre le lieu de leur exécution. Chacun d’eux se remémore son passé tandis qu’il marche vers son destin. Ce procédé narratif nous permet de pénétrer directement le cœur des personnages et nous nous attachons fortement à eux. Si vous hésitez à vous lancer dans Un long dimanche de fiançailles, lisez simplement les premières pages, vous serez conquis !

L’héroïne, Mathilde, est le deuxième élément qui m’a fait adorer ce roman. A l’âge de 3 ans, la jeune fille perd l’usage de ses jambes suite à une mauvaise chute. Pourtant, son infirmité ne l’empêche pas d’être extrêmement autonome et déterminée, elle n’hésite pas à contacter toutes ses connaissances et à parcourir la France pour connaître la vérité. Sa volonté m’a impressionnée, sa capacité de déduction également. A mesure qu’elle rassemble les éléments de l’intrigue, nous reconstituons les faits avec elle. Nous éprouvons aussi ses craintes, ses doutes, sa tristesse, qu’elle tente de contenir mais qui affleure et surtout, la terrible attente.

Mais cette attente n’est pas seulement celle de Mathilde, c’est également celle de toutes les femmes de l’arrière, qui essayent de savoir ce que sont devenus leurs époux, ou qui pleurent leur disparition. Avec les portraits de protagonistes secondaires que nous ne suivons que sur quelques pages, Japrisot parvient à nous dresser le tableau du quotidien de ces épouses qui n’ont pas d’autre choix que d’espérer ou de vivre avec leur douleur. Ces portraits sont très touchants et réalistes.

La trame historique, très complète, fait toute la saveur du roman. Nous en apprenons beaucoup sur les conditions de vie des Poilus, le fonctionnement de l’Etat major, l’après-guerre… L’histoire mêle à la fois le romanesque et le réalisme, ce qui instaure un climat particulier, qui nous prend littéralement au piège et nous empêche de refermer Un long dimanche de fiançailles !

Le style d’écriture de l’auteur, assez poétique, très porté sur les descriptions, les sensations et parfois très cru en fonction des personnages, est magnifique et nous porte tout au long du récit.

Je recommande donc chaudement cette histoire à tous les amateurs de romans historiques.

Un long dimanche de fiançailles publié aux éditions Folio.

lundi 2 avril 2018

Dracula de Bram Stocker


Dracula

 

Bram Stocker

 
Dracula / Bram Stocker

Jonathan Harker se rend en Transylvanie afin de rendre visite au mystérieux comte Dracula, qui désire acheter des biens en Angleterre. Au fil de son séjour, le jeune homme va réaliser que son hôte est bien étrange : il n’apparaît qu’au coucher du soleil, n’a pas de domestiques et ne semble pas se nourrir. De plus, les villageois paraîssent le craindre. Jonathan va finir par découvrir que Dracula n’est peut-être pas l'humain qu'il prétend… En s’échappant du domaine du comte, Jonathan va croiser la route d'hommes qui ont comme lui compris la véritable nature de l'aristocrate et qui sont déterminés à le détruire. Mais est-il possible de vaincre Dracula ?

J’avais déjà lu une version abrégée de Dracula. J’en avais gardé un vague mais bon souvenir. La version intégrale ne m’a pas déçue, bien au contraire, j’ai vraiment adoré me plonger au cœur de cette intrigue étrange et mystérieuse.

La première partie de l’œuvre, celle où Jonathan est chez le comte, est ma préférée, tout d’abord parce que nous observons directement Dracula en action et que nous notons avec le jeune homme la singularité du comte. L’auteur parvient à semer de nombreux indices tout au long du séjour de Harker en Transylvanie et, même si nous connaissons déjà la véritable nature du monstre, il est assez plaisant d’observer le héros rassembler tous les éléments. Bram Stocker parvient à nous communiquer l’anxiété de son protagoniste et la fuite de Jonathan hors du château de Dracula est absolument impressionnante. Il fait  preuve d’un courage hors du commun !

La suite du roman m’a également beaucoup plu, même si j’ai trouvé qu’il y avait parfois quelques longueurs. Nous nous focalisons notamment sur Mina, la femme de Jonathan qui attend des nouvelles de son époux et Lucie, une amie de Mme Harker. Cette-dernière est victime de crises de somnambulisme. Après une nuit particulièrement mouvementée où elle se retrouve dehors en pleine nuit, elle est frappée d’une étrange maladie qui la fait paraître exsangue, comme si elle perdait mystérieusement des litres de sang ! Nous devinons bien évidemment que Dracula est derrière tout cela et il est intéressant de le voir rôder autour des personnages. J’ai trouvé cependant l’agonie de Lucie un peu trop longue, Bram Stocker aurait pu à mon sens abréger certains passages. Cela fait perdre du rythme au récit.

Un autre point de vue du livre m’a cependant beaucoup plu : celui du docteur Stewart, un médecin dirigeant un asile d’aliénés. Il suit notamment un de ses patients Renfield, qui a pour manie de dévorer les petits animaux comme les mouches et évoque un « maître » qu’il vénère notamment lorsque le soleil se couche. Là encore, nous sentons l’ombre du vampire planer sur la scène. Les dialogues entre le médecin et Renfield sont à la fois passionnants et inquiétants.

Je me suis beaucoup attachée aux personnages, spécialement à Mina, qui fait preuve d’une intelligence, d’un courage et d’un esprit de déduction incroyables et à Jonathan, pour qui je garde une affection particulière depuis qu’il est parvenu à échapper aux griffes du comte. Mais je n’ai pas aimé comment les protagonistes tentent d’écarter Mina de l’aventure sous prétexte qu’elle est une femme et qu’il faut la ménager. Je sais que le roman a été écrit au XIXe siècle et que les mœurs étaient différents, mais pour la lectrice du XXIe siècle que je suis cela m’a immédiatement fait bondir. Malgré tout, l’auteur se rattrape en faisant finalement participer Mina à l’action.

Ce que j’ai également eu plaisir à redécouvrir est la représentation du vampire dans l’œuvre de Bram Stocker. Dracula est véritablement la source de toutes les histoires de vampires que nous connaissons, il est donc très enrichissant de lire quel est le portrait de la créature que crée l’auteur.

Ce tableau est finalement assez différent de celui que nous connaissons : certes, il possède des crocs, ne supporte pas le soleil et dort dans un cercueil, mais il ne fascine pas les humains dans le bon sens du terme. Aucun personnage du livre ne trouve Dracula hypnotique, séduisant, au contraire, les protagonistes sont horrifiés par le monstre. Même Jonathan, qui est pendant quelques instants envoûté par les femmes vampires qui gravitent autour du comte, réalise très rapidement combien elles sont maléfiques et est dégoûté.

Les sentiments de Dracula sont également très peu montrés dans le livre. Nous savons certes qu’il est ambitieux, calculateur, avide de pouvoir et de savoir, mais nous ne savons pratiquement rien de ses aspirations amoureuses, qui sont pourtant la base de nombreuses réécritures. Certes, il dit lui-même qu’il est capable d’aimer, mais cela n’est cependant pas montré explicitement dans le roman. Même lorsqu’il s’en prend à Lucie, il semble plus motivé par le sang de la jeune femme que par un amour pour elle. Il est donc très intéressant de voir qu’à partir d’infimes détails les auteurs qui ont succédé à Bram Stocker ont fait de Dracula un héros romantique.

La présence du vampire dans le roman est finalement très minime, il rôde plus qu’il n’apparaît vraiment. Cela m’a presque déçue, j’aurais voulu le revoir avant la fin de l’œuvre.

[Spoiler alert : je vais révéler la fin du roman dans 3…2…1…]

La fin de l’œuvre est d’ailleurs assez étonnante. Finalement, ce n’est pas la force qui finit par triompher du comte Dracula mais la stratégie. En effet, les héros s’arrangent pour le piéger alors qu’il est le plus faible. Je ne sais pas encore quoi penser de cette fin, je suis à la fois agréablement surprise et en même temps un peu déçue car je l’ai trouvée assez rapide. Malgré cela il y a une grande part de positif dans ma lecture.

Je vous recommande donc vivement Dracula de Bram Stocker si vous voulez plonger au cœur du mythe du vampire !

Dracula de Bram Stocker publié aux éditions J'ai lu.