Aya
Kinomiya grandit dans une famille dysfonctionnelle. Son père, un
homme violent, ne cesse de s’en prendre à sa mère, sous l’œil
indifférent de son grand frère. Impuissante face à cette
brutalité, elle se découvre brusquement le don de disparaître à
volonté. Grâce à ce nouveau pouvoir, elle parvient à dénouer la
situation. Mais en grandissant, elle voit poindre en elle une
culpabilité qui l’empêche de véritablement se lier aux autres.
Alors qu’elle entre au lycée, deux jeunes filles percent petit à
petit sa carapace, et lui permettent ainsi de vivre pleinement.
Ce
manga est un coup de cœur ! Cela faisait longtemps que je ne
m’étais pas lancée dans une lecture sous ce format, et cela m’a
fait très plaisir de découvrir cette série. Je trouve que le
mangaka met en place l’intrigue de façon à la fois sobre, sans
scènes de violences excessives, mais en même temps très parlante.
Le dessin des expressions du visage du père d’Aya lorsqu’il est
en colère laisse très clairement transparaître la brutalité de
son comportement. Nous nous attachons immédiatement à la jeune
héroïne et nous compatissons à son malheur.
L’intervention
d’un élément fantastique dans ce cadre réaliste est aussi très
bien amenée. Le lecteur peut rapidement l’interpréter comme
l’expression de la culpabilité de la jeune fille et de sa crainte
de se lier aux autres.
Les
relations que créée Aya avec ses deux amies sont aussi agréables à
suivre. J’ai aimé voir comment petit à petit la lycéenne s’ouvre
aux autres. La fin du tome 2 nous laisse sur notre faim, avec un
revers brutal et inattendu, et j’ai très hâte de connaître la
suite ! La série est en quatre tomes, ce qui évitera, je
pense, d’étirer l’histoire en longueur. Tous les opus sont
sortis en VO, et le tome 3 sera disponible en français le 20
septembre 2020.
Un
manga parfait pour ceux et celles qui aiment les séries courtes,
réalistes et contemporaines.
Transparente de Jun Ogino publié aux éditions Kurokawa.
Grâce à @de_poudlard_a_anima j'ai pu découvrir le merveilleux premier tome de la série L'assassin Royal de Robin Hobb !
Cela
faisait longtemps que je ne m'étais pas laissée autant embarquer dans
un univers de fantasy médiévale ! Nous y suivons les aventures de Fitz,
le fils illégitime du prince Chevalerie , qui va se voir dispenser la
formation d'assassin pour le compte du Roi. Malgré son jeune âge, Fitz
se retrouve pris au milieu d'intrigues de Cour qui pourraient engendrer
sa chute, voire sa mort ...
Ce premier tome pose les bases de
l'univers dans lequel nous allons évoluer. Malgré les nombreuses
descriptions, je ne me suis pas ennuyée un seul instant.
J'ai
immédiatement ressenti de l'affection pour le personnage de Fitz,
notamment en le voyant grandir et évoluer. L'auteur en fait un
personnage très humain, avec ses défauts et ses moments de doute, mais
également avec un cœur tendre. Sa relation avec Burrich, le maître
écuyer qui l'a élevé, est très touchante, bien que complexe et semée
parfois de non-dits.
D'autres personnages, comme celui du Fou, me fascinent, et j'ai hâte d'en apprendre plus sur eux dans les prochains tomes.
Pour
les amoureux d'intrigues politiques, de fantasy se déroulant au
Moyen-Âge ou de longues sagas, cette série est faite pour vous !
L'Assassin Royal : Tome 1 : L' Apprenti Assassin de Robbin Hobb publié aux éditions J'ai Lu
Holden, un jeune homme de seize ans, s'est fait renvoyer pour la quatrième fois d'un collège prestigieux où ses parents l'ont inscrit. Craignant de rentrer plus tôt que prévu et de subir leur colère, il décide d'errer dans les rues de New York, allant dans des hôtels mal famés, des boîtes de nuit sombres et renouant contact avec de vieilles connaissances. Ce jeune homme est hanté par plusieurs démons : le décès de son jeune frère Allie, la crainte de devoir retourner dans un autre internat où il n'a pas sa place et le souvenir de Jane, une jeune fille qu'il semble avoir sincèrement aimé et qu'il ne parvient pourtant pas à recontacter.
Le ton familier du narrateur nous interpelle immédiatement dès les premières pages du livre. Avec un humour assez cynique, il n'hésite pas à pulvériser les codes du roman classique, et nous livre des informations très succinctes sur sa vie ou son passé. Malgré la cruauté qu'il peut avoir dans ses descriptions ou ses réflexions sur les autres, on ne peut s'empêcher d'éprouver un attachement sincère pour cet adolescent qui porte en lui une grande tristesse, mais également une grande tendresse pour les siens. Son attachement pour sa petite sœur Phoebé ou les souvenirs qu'il partage avec son frère Allie sont bouleversants et touchants.
Des détails comme le gant de baseball sur lequel Allie écrivait des poèmes rendent les protagonistes marquants, atypiques et attachants. Holden semble parfois faire preuve d'une immaturité touchante mais il est au contraire d'une clairvoyance saisissante. Il incarne le désœuvrement que l'on peut éprouver en tant qu'adolescent ou jeune adulte face à l'avenir.
Grâce à lui nous découvrons New York sous toutes ses coutures depuis le quartier de Brodway jusqu'à Central Park.
Ce récit court, qui tient sur une soirée et une journée, nous fait entrer fugacement, mais de façon marquante, dans la vie d'un personnage étonnant.
L'attrape-coeur de JD Salinger publié aux éditions Robert Laffont.
Diane LeGoffe exerce un métier peu commun : elle officie en tant que guérisseuse dans une région reculée de Bretagne. Mais un matin, alors qu'elle se rend au chevet d'un patient, sa voiture dérape sur une plaque de verglas, la tuant sur le coup. Une de ses amies de Paris, écrivaine et journaliste, se rend alors en Bretagne pour soutenir ses deux filles, désormais orphelines. Mais la cadette est formelle : la mort de Diane n'est pas un accident, c'est un meurtre. En effet, sa mère n'était pas seulement dénommée guérisseuse, on chuchotait également qu'elle était une sorcière. Et si le décès de Diane avait été provoqué par un mauvais sort ?
Ce roman est un coup de cœur, une excellente surprise ! Le thème de la sorcière m'a toujours beaucoup intéressée et fascinée, mais je n'avais jamais encore lu de roman comme celui-ci. En effet, nous ne sommes pas dans une œuvre fantastique, où la magie est synonyme de boules de feu et d'éclairs aveuglants. Ici nous sommes face à une pratique plus proche de la nature, plus spirituelle. L'autrice explore les différentes significations des mots "sorcière" et "guérisseuse", en retraçant notamment l'histoire de la sorcellerie en Bretagne. Elle évoque notamment le mythe de Merlin l'Enchanteur. Elle joue très bien sur la frontière ténue qu'il existe entre les phénomènes paranormaux et les phénomènes dits "magiques" qui ne se réalisent que parce que l'on y croit avec fermeté.
La narratrice, écrivaine parisienne, est tiraillée entre une éducation très rationaliste et une attirance pour les forces occultes et la sorcellerie. En menant son enquête sur la mort de sa meilleure amie, elle interroge différents personnages sur leur vision de la magie, offrant au lecteur une palette de perceptions différentes. A travers ce personnage, l'autrice nous invite également à nous pencher sur le métier d'écrivain. La narratrice éprouve une culpabilité car tout ce qu'elle écrit dans ses romans, notamment les choses les plus tragiques, semblent se réaliser. Or peu de temps avant la mort de Diane, elle rédige un passage comportant un accident de voiture. Cela nous fait nous poser la question du pouvoir démiurge de l'écrivain et du pouvoir des mots.
Le roman aborde également avec beaucoup de finesse la question du deuil et de la filiation. La résolution du mystère de la mort de Diane n'est finalement peut-être pas le plus important dans le livre, ce qui est très prenant est surtout le cheminement du deuil effectué par les deux orphelines.
Les chapitres courts et la plume fluides nous font dévorer ce roman.
Je recommande donc cette histoire de sorcières aux amoureux de la Bretagne, des légendes et de l'écriture. Ceux qui préfèrent les pures enquêtes peuvent risquer de s'ennuyer, cependant je leur conseille malgré tout de tenter l'aventure. Le mystère comporte une véritable résolution et ils pourraient avoir une belle surprise !
Le réveil des sorcières de Stéphanie Janicot publié aux éditions Albin Michel.
En ces temps d'épidémie, il est important de garder contact avec ses proches, via les appels téléphoniques, les SMS, les lettres. Je partage ici les dessins qu'une amie très chère m'a transmis par mail. Ceux-ci sont la démonstration de notre amitié aussi efficaces que tous les mots, rires et confidences que nous pouvons échanger.
Hermione Granger d'Harry Potter par Poohnie
Ophélie de La Passe-Miroir par Poohnie.
Les précédents dessins de Poohnie sur ce blog ici et là
Que
dire ? Comment commencer ? Des années de lecture, des
années d’attentes, et enfin il est là. Le tome 4 de La
Passe-Miroir, cette série qui a traversé mon adolescence depuis
2013. J’attendais ce roman avec une telle impatience que je
comptais les jours qui me séparaient du 28 novembre 2019. Lorsque
jeudi j’ai eu le livre entre les mains, j’ai attendu jusqu’au
vendredi soir pour m’y plonger, afin de ne pas être dérangée
dans ma lecture et de pouvoir lire les cinq cent et quelques pages
d’un coup si cela me chantait. Bien m’en a pris. A quatre heures
du matin, les joues mouillées de larmes, j’avais terminé les
aventures d’Ophélie et Thorn.
J’essayerai
de ne pas inclure de spoilers dans cet article, mais je recommande
vivement à ceux qui n’ont pas encore lu les précédents tomes de
La Passe-Miroir d’éteindre leur ordinateur et de courir entamer
leur lecture.
Une
fois de plus, Christelle Dabos parvient à nous emporter dans une
histoire totalement inattendue et pleine de rebondissements. En
effet, pour approcher au plus près du secret d’Eulalie Dilleux, de
la Déchirure et de sa propre identité, Ophélie se fait admettre à
l’Observatoire des Déviations de Bablel, un établissement où
sont notamment examinés ceux qui n’entrent pas dans les codes de
la cité. Les inversés comme elle sont particulièrement recherchés.
Mais dans cette aventure, Ophélie ne sera pas seule. Malgré son
déguisement de Lord de Lux, Thorn fait équipe avec elle, et c’est
un vrai plaisir d’assister à leur travail en équipe et à leur
vie de couple si peu conventionnelle.
La
tempête des échos n’est pas
un tome facile. Bien qu'emportée par la magnifique plume de l’autrice, je
me suis malgré tout demandé à certains moments de ma lecture si
j’avais bien tout compris de l’intrigue. En effet,
le secret de l’univers de La Passe-Miroir n’est
pas à la portée du premier apprenti venu, et il faut s’accrocher
au moindre indice pour ne pas perdre le fil de l’histoire. Mais une
fois que les pièces du puzzle se mettent en place, tout devient
clair et limpide, et c’est un vrai plaisir de comprendre
enfin pleinement cet univers.
Ce tome 4 est également l’occasion de revenir avec plus de détails
sur certains thèmes qui traversent l’œuvre et dont nous
saisissons toute l’importance dans ce livre.
Il y a notamment la
violence et la contrainte dont on est prêt à user pour faire
respecter sa vision du bien, notamment à travers Lady Septima,
déterminée à exclure tous les étrangers de la cité de Babel, ou
Lazarus, un explorateur en apparence inoffensif mais capable de
sacrifier des vies humaines pour ses recherches ou ses inventions. De
manière générale, le rejet de ce qui est différent, non-conforme
à une norme établie, est un sujet souvent traité au fil des tomes. Au Pôle, Thorn était méprisé pour être né
d’un adultère. A Babel, les citoyens sont capables d’être
internés pour une orientation sexuelle (comme pour Blasius) ou
parce qu’ils présentent une « anomalie » dans leur
pouvoir.
Cela m’amène à évoquer le lieu principal de cette intrigue :
l’Observatoire des Déviations. Cette sorte d’institut, d’hôpital
m’a glacé le sang. J’y ai ressenti le profond malaise d’Ophélie
et des pensionnaires, la terrible sensation d’être pris au cœur
d’un système sans queue ni tête, où le patient est réduit au
stade d’un enfant soumis à ses médecins. J’ai l’impression
que Christelle Dabos a voulu dépeindre dans ce roman la violence
dont pouvait faire preuve le corps médical et les dérives de
certaines expériences. En effet, le but de l’Observatoire n’est
pas de soigner leurs patients, mais de les utiliser à des fins
despotiques.
Dans cet étrange lieu, au multiples couches, Ophélie va
véritablement au bout d’elle-même, puisqu’elle découvre enfin le secret de son identité. J’ai rarement vu un personnage aussi
malmené ! Tout au long de l’intrigue la jeune femme est
forcée de remettre en question son identité, ses valeurs, ses
choix. Pour survivre au Pôle, elle a dû lutter contre sa timidité
et son attitude réservée. Pour vaincre l’Autre, Ophélie doit interroger son être profond, sa propre personne. La suivre dans ses
découvertes est vraiment passionnant et déroutant. A la fin de
ce tome, nous réalisons l’incroyable chemin qu’elle a parcouru
depuis le moment où nous l’avons pour la première fois vu
franchir un miroir dans les Archives Familiales d’Anima.
Thorn aussi est un personnage qui évolue de façon considérable. Ce
tome 4 nous permet pendant de brèves parenthèses de suivre son
point de vue. Nous avons notamment droit à des flash-back de son
enfance, ou à des explications sur la façon dont il est parvenu à
s’échapper du Pôle. Il se montre également plus expansif, il
exprime davantage ses sentiments. Il est un soutien indéfectible
pour Ophélie. Ces deux protagonistes m’ont énormément touchée.
Nous comprenons que Thorn désire simplement être utile à
quelqu’un, se sentir aimé, accepté.
A travers ces personnages principaux, Christelle Dabos semble aussi
nous montrer combien le corps peut être une source de fardeau, de
handicap. Thorn, avec sa jambe articulée, porte le signe criant de
son infirmité physique. Il ne peut dissimuler ce qu’il considère
comme une faiblesse, et en ressent de la honte et de l’agacement.
Le fait qu’il ait de plus en plus de mal à contrôler ses griffes
renforce le dégoût qu’il éprouve pour lui-même. Le moment où
il parvient enfin à s’accepter grâce au regard de sa cousine
Victoire m’a profondément émue. Il est rare dans les romans
jeunesse de voir des personnages masculins ressentir un dégoût
profond pour leur apparence physique. La question des complexes est
en effet souvent réduite au personnage féminin.
Ophélie aussi perçoit son corps comme un fardeau, une entité qui
ne lui obéit pas et qui la trahi. Outre sa maladresse légendaire,
la jeune femme découvre avec tristesse qu’elle ne pourra jamais
avoir d’enfant. Ce droit à la maternité qu’elle s’est
involontairement retiré en libérant Eulalie du miroir la marque de
manière aiguë et la fait se sentir coupable, incomplète. Là
encore, le soutien de Thorn est bienvenu.
Les autres personnages que nous connaissons, bien que moins présents
qu’Ophélie et Thorn, sont malgré tout évoqués. Victoire
effectue une belle évolution, puisqu’elle parvient enfin à nouer
un lien fort avec le monde extérieur. J’ai été ravie et touchée
de voir que Berenilde accède enfin à ce qu’elle a toujours
aspiré : une famille. Le fait que tous les animistes, notamment
la tante Roseline et le grand Oncle soient présents pour la
bataille finale m’a enchantée !
Tous les esprits de famille
sont également présents dans le Mémorial, notamment Farouk et Artémis.
Farouk montre encore une fois sa clairvoyance supérieure à celle de
ses frères et sœurs.
Les personnages que j’aurais peut-être aimé voir davantage sont
sûrement Gaëlle, Renard et Archibald, mais Christelle Dabos
parvient à consacrer plusieurs chapitres à leur périple sur
Arc-en-Terre, nous permettant de rencontrer Don Janus, le seul esprit
de famille à avoir conservé sa mémoire. Mais l’autrice gère
plutôt bien le temps imparti à chacun de ses personnages, tout en
concluant son intrigue complexe. J’ai simplement du mal à quitter
son univers.
Jusqu’aux dernières pages, Christelle Dabos parvient à nous faire
avoir des frissons ! Et cette fin, cette fin !! Au début,
je n’étais pas sûre de l’apprécier. J’avais envie de voir si
Ophélie allait concrètement retrouver Thorn pour de bon, d’assister
à leur vie future… Je ne voulais pas quitter la jeune femme
maintenant, sur un passage de miroir !
Mais finalement, après m’être mouchée et essuyé les yeux, j’ai
réalisé que cette fin était une fin magistrale et typique de La
Passe-Miroir.
En effet, de mon point de vue, il est évident qu’Ophélie retrouve
Thorn lorsqu’elle franchit ce miroir. Elle affirme « Nous
reviendrons » à Archibald, avec ce ton assuré qu’elle
emploie lorsqu’elle s’apprête à résoudre une difficulté. De
plus, la chanson dans la boutique, évoquant la fugacité de l’amour,
mais également sa capacité d’apparaître là où on ne l’y
attend pas, sont significatifs. Enfin, les mots de Thorn, « Un
peu plus que cela même. », écrit en italique comme
lorsqu’Eulalie s’adresse à Ophélie depuis l’Envers, me font
penser que c’est lui-même qui s’adresse à son épouse, ou du
moins qu’il est toujours vivant ! Il a survécu au passage
dans la Corne de l’abondance, il peut attendre qu’Ophélie trouve
le moyen de revenir dans l’Envers.
Si j’ai considéré cette fin comme typique de la série, c’est
parce que j’ai trouvé qu’elle laissait une grande liberté au
personnage. En effet, comme l’explique Thorn, Ophélie ne cesse de
vouloir acquérir son indépendance. Faire se terminer la saga sur
son nouveau départ peut paraître frustrant, mais dans le même
temps laisse libre notre imagination. Christelle Dabos nous a donné
suffisamment de pistes de réflexions pour faire nos propres
scénarios.
Ainsi, d’une certaine façon, les aventures d’Ophélie et Thorn
ne sont jamais véritablement terminées. Même si nous ne pourrons
plus jamais découvrir cette série, il nous sera toujours permis de
redécouvrir La Passe-Miroir, d’en explorer les recoins
cachés en retraversant le miroir et en replongeant dans ces romans
chaque fois que nous le voudrons.
Je ne dis donc pas adieu à Ophélie, mais à bientôt dans une
prochaine session de relecture, au cours d’un été brûlant ou
d’un hiver venteux. Je veux également la remercier, pour m’avoir
tant transportée, fait vibrer, émue au fil des pages, au fil des
passages de miroirs. Merci à elle de m’avoir fourni de la force
dans l’adversité, un modèle auquel m’identifier, une héroïne
à citer.
Et merci surtout à sa créatrice, Christelle Dabos, dont la plume,
l’imagination et le talent auront marqué un chapitre décisif de
ma vie de lectrice. J’espère que son parcours dans l’écriture
sera toujours aussi florissant, et je serai au rendez-vous si elle
publie un nouveau roman. (Ou un essai, ou une BD, ou même sa liste
de course!)
Que l’écharpe soit avec vous !
Un peu plus que cela même.
La Passe-Miroir livre 4: La tempête des échos de Christelle Dabos publié aux éditions Gallimard Jeunesse.
La tempête des échos : une couverture qui suscite la tempête sous nos crânes!
Enfin la couverture du tome 4 de La Passe-Miroir a été révélée par Christelle Dabos sur son blog ! Je la trouve magnifique, la couleur rouge va très bien avec les tons des autres tomes. Les bâtiments, de style asiatique, sont très beaux, et nous laissent présager la découverte d'une nouvelle arche ! (Peut-être Titan?)
J'ai si hâte d'être au 28 novembre ! Cette couverture est un cadeau avant l'heure, un avant goût délicieux ! Dans le même temps, je ne parviens pas à me dire qu'après ce livre-là, les aventures d'Ophélie et Thorn seront définitivement terminées... Après toutes ses années... six ans !
La tempête des échos n'est pas encore parue, cependant, je décide de faire un pari sur l'avenir, et affirmer que cette série dans son ensemble est une merveille. Christelle Dabos a magnifiquement bâti son histoire, en disséminant des indices sur le déroulement de l'intrigue dès le tome 1. En effet, les échos sont présents dès Les fiancés de l'hiver, lorsque le grand-oncle d'Ophélie écoute de la musique sur son gramophone et que le disque saute, puis dans le tome 2, lorsque Hector désire prendre des photos et ne parvient pas à en obtenir une de nette, et enfin dans le tome 3 lorsque les personnages écoutent la radio et que parfois les phrases se répètent !
Bref, la tempête se déchaîne également sous mon crâne, je pose ma plume, ou plutôt mon je lâche mon clavier, et je retourne à ma relecture du tome 1, 2 et 3 !
Que l'écharpe soit avec vous comme dirait Christelle Dabos !
Afin de
favoriser l’entente entre les Indiens et les hommes blancs, Little
Wolf, le chef de la tribu cheyenne propose au président de lui
échanger mille femmes blanches contre mille chevaux. Comme les
enfants nés des unions entre les cheyennes et les femmes blanches
seront élevés dans la famille de leur mère, le mélange pourra se
faire entre les Indiens et les Blancs.
Alors
qu’elle est internée à l’asile pour avoir vécu avec un homme
de condition inférieur hors des liens du mariage, May Dodd a vent de
ce projet fou. Désirant échapper à ce lieu terrible où elle est
prisonnière, elle accepte avec une vingtaine de femmes, pionnières de l’aventure, de se lancer dans l’expédition. Elle
va ainsi découvrir une culture, des coutumes et un mode de vie
complètement différent du sien. Petit à petit, la jeune femme parvient à avoir une place importante dans la tribu, en se faisant
même surnommer Mesoke, l’hirondelle.
Mais
May va également assister à la fin de la civilisation indienne,
minée par la boisson et l’avancée de l’homme blanc dans les
terres, appâté par l’or et faisant fi des traités.
Ce
roman est un coup de cœur ! Je n’ai absolument rien à redire
à ma lecture, j’ai adoré cette expérience de bout en bout !
Le
roman se présente sous la forme du journal intime de May, ce qui est
déjà un bon point car nous pouvons percevoir toutes ses
pensées, ses émotions, nous nous sentons au cœur de l’histoire.
Le personnage de May Dodd est aussi extrêmement attachant. Elle est
forte, déterminée, ouverte d’esprit et incroyablement moderne
pour l’époque. Elle devient un modèle pour les autres femmes
blanches et pour nous, nous donnant envie de nous battre pour notre
place dans le monde.
May
n’est pas le seul personnage attachant du roman. J’ai également
apprécié découvrir les autres membres du groupe, notamment, Femi,
une ancienne esclave bien déterminée à ne plus jamais se laisser
asservir. Elle sera la première femme nommée guerrière dans la
tribu. Femi est un personnage à part, du fait de sa couleur de
peau, mais aussi de sa grande lucidité au sujet des réserves. Dès
le début, contrairement à May et les autres, elle perçoit le côté
emprisonnant de ce dispositif, et fait un parallèle avec
l’esclavage. Les débats qu’elle a avec May Dodd sur le futur des
indiens sont très intéressants, surtout lorsque nous connaissons la
fin historique des évènements.
Hélène
Flyt, une ornithologue, est aussi attachante que les deux autres. Sa
passion pour les oiseaux lui permet à elle aussi d’avoir une place
de choix dans la tribu cheyenne. Elle intègre véritablement les
mœurs de son nouveau peuple. Gurthie, une jeune cochère déguisée
en homme, m’a beaucoup plu, de par son fort caractère et sa
franchise.
Le
livre de Jim Fergus est principalement composé de personnages
féminins. J’ai trouvé que l’auteur exploitait bien cet aspect
du roman en évoquant plusieurs questionnements ou douleurs
féminines. Tout d’abord, il évoque explicitement leur sexualité,
notamment à travers May, qui est libérée et qui peut discuter de
ces sujets avec des femmes moins expérimentées, notamment son amie
Martha. Jim Fergus souligne aussi le fait que les femmes, quelques
soient les tribus, sont la proie des hommes, de leur jugement, et de
leur condamnation.
Ce
roman comporte des scènes difficiles, notamment des scènes de
viols. J’ai éprouvé un sentiment de colère, de révolte,
d’impuissance et d’écœurement à la lecture de certains
passages. L’auteur décrit avec une acuité terrible les ravages de
la boisson sur les indiens. Ces scènes sont cependant
ponctuelles et toujours justifiées.
J’ai
aussi aimé voir la politique de la tribu cheyenne à travers un
regard extérieur. Les femmes savent reconnaître les qualités de
leur nouveau monde, comme la démocratie de la tribu, mais aussi ses
défauts, tel que le manque d’unité entre les indiens.
La fin
de ce livre m’a bouleversée et m’a laissée sans voix.
Je
recommande ce roman à tous les amoureux de la civilisation indienne, de la
conquête de l’Ouest et aussi des personnages féminins forts et
attachants !
Mille femmes blanches de Jim Fergus publié aux éditions Pocket.
Dans un
monde parallèle presque exclusivement féminin, les êtres humains
peuvent voyager entre les planètes. Mia, une jeune femme d’une
vingtaine d’années, rejoint l’équipage d’Alma et de Char,
deux femmes spécialisées dans la réparation des bâtiments
anciens. Au sein du groupe, Mia forge des amitiés puissantes et
solides notamment avec Julie, une ex-patineuse vive, pétillante et
courageuse et Eliott un.e mécanicien.nne hors paire, d’une
remarquable intelligence et d’une loyauté sans égal. Mais Mia
n’a pas pour seul objectif de restaurer des objets anciens. Au cœur
du cosmos, elle est hantée par le souvenir de son amour de jeunesse,
Grace, qu’elle a rencontrée alors qu’elle était en pensionnat.
La jeune fille a mystérieusement disparue de sa vie, et Mia tient
absolument à la retrouver pour pouvoir enfin cesser d’être hantée
par son ombre…
Cette
bande-dessinée est un coup de cœur ! J’ai eu envie de la
lire grâce à la merveilleuse chronique de Mlle Cordélia et je n’ai
vraiment pas été déçue de ma lecture !
C’est
une bande-dessinée originale, entre la science-fiction et le récit
d’aventure. Je trouve que l’auteure parvient à planter un univers
riche, sans pour autant nous perdre dans des détails ou des
explications complexes. C’est un monde à la fois très mécanique,
avec de nombreux vaisseaux, outils de navigations, mais aussi assez
féerique et poétique, (l’engin dans lequel se déplacent Mia et
ses amis ressemblent à un poisson géant).
Tillie
Walden dépeint des personnages attachants, que l’on aime suivre
tout au long de cette aventures. Chacun a ses qualités et ses
défauts. Mia, notre héroïne, peut-être parfois insolente, têtue
et irréfléchie, pourtant elle est aussi très sociable, généreuse,
elle accepte les autres, malgré leurs différences. J’ai également
apprécié le personnage d’Alma, qui sous ses airs bourrus
et autoritaire cache une profonde affection sincère pour ses
coéquipiers. J’ai aussi été charmée par le/a mystérieux.se
Eliott. Iel est non-binaire, c’est-à-dire qu’iel ne se définit
ni comme une fille, ni comme un garçon. Ce personnage n’est
cependant pas défini uniquement par cette identité de genre, c’est
aussi un protagoniste au passé mystérieux et douloureux que l’on
apprend à découvrir au fil du récit.
C’est
encore un autre point qui me fait adorer cette bande-dessiné, Tillie
Walden parvient à intégrer à son odyssée spatiale déjà riche le
passé des personnages principaux, sans que cela nuise au rythme du
récit. Cela nous permet donc d’avoir une histoire palpitante, sans
pour autant avoir des protagonistes au caractère superficiel.
L’histoire
d’amour entre Mia et Grace m’a également beaucoup touchée, j’ai
trouvé cette petite romance très douce, avec en même temps un côté
assez dramatique puisque les deux jeunes filles se retrouvent
séparées. Je trouve également que l’auteure traite cette
relation avec réalisme, sans en faire quelque chose de trop
omniprésent ou de trop niais. En effet, la fin de cette histoire
n’est pas malheureuse mais ce n’est pas non plus le happy end
classique des comédies romantiques qui peuvent parfois paraître trop
parfaites et irréalistes à mon cœur dur de lectrice aigrie.
Mais le
gros point fort de cette BD est les dessins. Nous en avons pour notre
argent, l’œuvre de Tillie Walden est énorme, et toutes les
planches sont en couleur, ce qui nous offre des cases magnifiques
sur chaque page ! L’auteure sait magnifiquement bien jouer
avec les couleurs. En effet, lorsque Mia se remémore ses souvenirs
de pensionnat, les couleurs sont dans des tons plutôt froids, bleus,
noirs et violets foncés, alors que lorsque nous suivons le
déroulement actuel des évènements, les couleurs sont plutôt
chaudes, dans les tons rouges orangés. Tillie Walden met également
beaucoup de détails et soigne les expressions de ses protagonistes.
C’est
donc une bande-dessiné que je recommande à cent pour cent pour tous
les amoureux de science-fiction, d’histoires d’amour, de quête et
d’aventures !
Dans un rayon de soleil de Tillie Walden publié chez Gallimard.
Bonjour
à tous et joyeuses fêtes ! Comme vous avez pu le remarquer,
les chroniques ont été moins régulières en cette fin d’année
2018. La raison est très simple : je suis entrée en prépa
littéraire au mois de septembre. Ainsi, si je lis toujours beaucoup
j’ai cependant moins de temps (et parfois moins l’envie) d'écrire. Mais aujourd’hui je suis décidée à me rattraper en
vous partageant une belle découverte et même un joli coup de cœur :
Le Renard et la Couronne de
Yann Fastier.
J’ai
découvert ce roman sur la chaîne de la booktubeuse Mlle Cordélia.
J’avoue qu’au début j’avais quelques réticences puisque ce
roman est plutôt classé dans la catégorie adolescent voire
jeunesse, et que je craignais de ne plus avoir l'âge adapté pour lire cette histoire.
Heureusement
j’ai sauté le pas et je n’ai pas été déçue, bien au contraire, je
crois que ce livre sera un coup de cœur de mon année 2018 !
Nous
suivons le destin d’une jeune fille nommée Ana qui à l’âge de
dix ans perd tragiquement sa grand-mère et se retrouve seule et sans
ressources. Elle est alors
recueillie par une bande d’enfants des rues contrôlés par la
belle et mystérieuse Dunja. Avec eux Ana apprend la solidarité,
l’entraide, la dure vie des sans-abris, le vol et le danger. Son destin
va alors basculer lorsqu’elle est adoptée par un vieux savant
nommé M. Rolland. Avec lui Ana va découvrir le pays de ses rêves,
la France, ainsi que la douceur d’une vie de famille. Mais alors
qu’elle s’apprête à se marier, son ancienne vie ressurgit en la
personne de Dunja qui bouleverse son destin !
Ce
qui m’a tout d’abord plu dans ce roman et qui frappe dès les
premières pages, c’est le style de l’auteur : Yann Fastier
parvient à adopter un vocabulaire riche tout en conservant une plume
fluide et agréable. J’en ai été ravie d’autant que ce livre
est écrit à la première personne et que je trouve qu’il y a
parfois une tendance à avoir un style un peu trop relâché dans les
ouvrages destinés à un public adolescent. Le début de l’histoire
m’a véritablement fait penser à un conte, tandis que la suite
s’oriente davantage vers un récit d’aventure. J’ai adoré ce
mélange !
Les
personnages m’ont également conquise. Ana est une héroïne que
j’ai aimé suivre, voir évoluer. Elle est à la fois courageuse
mais sans être téméraire, craintive mais sans être lâche. Ce
n’est pas un cliché d’héroïne sage et gauche, je trouve que
l’auteur parvient à développer différentes facettes de sa
personnalité. Lorsqu’elle est en compagnie de la bande des enfants
des rues, elle est capable de prendre des risques pour se faire
accepter. Lorsqu’elle est au sein de sa famille adoptive, elle a un
petit côté rat de bibliothèque qui n’est pas pour me déplaire.
J’ai
aussi été conquise par le personnage de Dunja. C’est vrai que de
prime abord on pourrait avoir l’impression de se retrouver face au
cliché typique de la mystérieuse belle jeune femme aventurière.
Une fois encore Yann Fastier parvient à créer une véritable aura
autour d'elle et nous fait succomber au charme
de Dunja. J’ai apprécié
son esprit stratège, son intelligence.
L’intrigue
est aussi bien menée, j’ai aimé la façon dont l’écrivain nous
fait voyager à travers l’Europe. J’ai eu quelques craintes
concernant la révélation sur le passé d’Ana, j’ai eu peur que
Yann Fastier ne transforme son récit en un simple conte de fée,
mais au contraire il profite de l’occasion pour nous dresser un
portrait assez réaliste du monde de la politique.
Enfin,
ce roman dépeint une histoire d’amour entre deux femmes, ce qui
n’est pas pour me déplaire ! L’auteur parvient à mettre
cela en place en douceur, sans tomber dans le cliché. Je
ne vous en dis pas plus, le mieux est que vous le découvriez par
vous-même en lisant ce roman !
J’espère
vous avoir donné envie de lire ce roman ! Bonnes fêtes et à
l’année prochaine !;-)
Le Renard et la Couronne de Yann Fastier publié aux éditions Talents Hauts.
Lazlo
Lestrange, un jeune homme orphelin, est fasciné par la mystérieuse
citée nommée Désolation. Cette ville pourvue de mille richesses et
savoirs s’est coupée du monde il y a deux siècles. Personne ne
sait si les habitants sont morts ou s’ils se sont volontairement
coupés du monde. Alors que Lazlo parvient à devenir bibliothécaire
dans le plus grand institut de la ville, des guerriers originaires de
la Cité Mystérieuse débarquent dans la ville. Ils sont à la
recherche d’érudits susceptibles d’aider leur ville. Même s’il
ignore le problème que rencontre Désolation, Lazlo est déterminé
à participer à l’aventure. Il va alors changer son destin à tout
jamais…
Ce
roman est un véritable coup de cœur ! Je n’avais jamais
entendu parler de cette histoire et je l’ai emprunté un peu par
hasard à la bibliothèque sur les conseils d’une amie. J’ai été
charmée par ma lecture.
Le
personnage principal tout d’abord, est très attachant. Lazlo est
un être calme, doux et désintéressé mais il fait aussi preuve
d’une volonté hors du commun pour accomplir son rêve. Il va
évoluer tout au long du roman et devenir plus fort et plus sûr de
lui. J’ai adoré le suivre dans ses aventures.
Pour
qu’un héros soit attachant, il faut aussi qu’il est un ennemi
que l’on aime détester. C’est le cas ici avec Thyon Néro, un
alchimiste que Lazlo s’est mis à dos. Alors qu’il l’a aidé à
réaliser de l’or, l’arrogant personnage use de son pouvoir pour
s’approprier les documents de Lazlo sur Désolation et ainsi de se
faire bien voir par les guerriers de la citée. Cependant, il a un
côté attachant de par sa fragilité, la pression qui pèse sur ses
épaules, (son père et la reine le presse de faire des découvertes
extraordinaires). Ses interactions avec Lazlo donnent aussi lieu à
des dialogues comiques qui m’ont fait beaucoup rire.
Je ne
peux m’étendre davantage sur les autres personnages pour ne pas
vous gâcher la surprise, mais je les ai beaucoup apprécié
également. Nous suivons notamment une jeune fille nommée Sarai qui
a le pouvoir de s’introduire dans les rêves des gens. Son pouvoir
est présenté de façon très originale. J’ai aussi été fascinée
et écœurée par Minya, une fillette cruelle qui peut contrôler les
fantômes. Je ne peux vous en dire plus sur ces protagonistes, mais
je vous enjoins fortement à les découvrir.
J’ai
aussi adoré la façon dont l’auteure a conçu son univers. Il est
exactement tel qu’on l’attend d’un roman fantasy : riche,
complexe, bien décrit et bien imaginé. Le style de Laini Taylor est
aussi très bon. Elle a un ton qui rappelle à la fois celui des
contes et des romans d’aventure. Il est assez soutenu sans être
barbant ou difficile à lire.
Bref ce
roman est une excellente surprise, je suis ravie de l’avoir
découvert. Le seul défaut est que ce n’est qu’un tome 1 et j’ai
vraiment hâte de connaître la suite ! La suite est déjà paru
en anglais, The Muse of Nightmare, mais je ne sais pas quand elle
sortira en français. Je suivrai cependant attentivement l’évolution
de la série.
Le
Faiseur de rêves de Laini
Taylor publié aux éditions Lumen.
Cela fait maintenant bientôt deux ans que j’ai ouvert ce
blog, et cet article est le 100ème que je publie. Pour fêter cela,
je vous propose un top 3 de mes livres préférés de tous les temps. Ce classement semble impossible à établir.
J’ai bien conscience qu'il ne sera sûrement pas fixe, mais pour
l’instant, lorsque je songe aux romans qui m’ont marqués et que j’ai envie de
conseiller, je ne peux m’empêcher de penser à ces trois titres.
Je vous livre donc ma recette pour passer un bon moment de
lecture aussi bien pour les petits que pour les grands ! Ces œuvres sont à
égalité dans mon cœur, alors, même si j’ai intitulé cet article
« top », je ne les ai pas classés par ordre de préférence, mais plutôt
par ordre de lecture.
Mary Tempête d’Alain Surget
J’ai découvert les femmes pirates lorsque j’avais 10 ans,
dans une bande-dessinée parue dans le magazine Image Doc. J’ai été fascinée par
leur force, leur envie d’échapper à un destin qui ne leur convenait pas et leur
capacité à s’imposer dans un monde d’hommes.
Le roman d’Alain Surget se concentre sur la vie de Mary
Read. Le récit débute alors qu’à dix ans, elle doit se faire passer pour son
frère mort afin de toucher la pension qui lui était destinée. Elle va se rendre compte
qu’il est plus facile de se tailler une place dans le monde en tant que garçon.
Elle gardera donc son déguisement et s’engagera dans l’armée avant de prendre
la mer. En chemin, elle croisera la route du pirate Jack Rackham et de sa
compagne Anne Bonny. Ensemble, les deux femmes vont devenir la terreur des
navires marchands et alimenter les légendes…
Lorsque je l’ai lu pour la première fois, j’ai été
transportée par l’histoire de Mary Read. A travers une plume presque poétique,
l’auteur nous décrit la vie incroyable d'une femme courageuse et déterminée, prête
à tout pour être libre. C’est une tueuse sans pitié mais aussi une amoureuse
passionnée. Mais ce qu’elle aime le plus, c’est la mer, qu’elle est prête à
dompter. J’ai aussi beaucoup aimé Anne Bonny qui n’a rien à envier à sa
camarade. Même ce personnage est moins développé dans ce roman, nous comprenons
qu’elle aussi a dû se battre pour trouver sa place et que la piraterie est le
moyen pour elle d’accéder à une vie qu’elle ne peut pas avoir en tant que
femme.
Je trouve aussi que Mary Tempête est un bon roman
pour les enfants et jeunes adolescents qui veulent commencer les aventures de pirates. L’histoire de Mary Read et Anne Bonny racontée par Alain Surget est
fidèle à la réalité historique de l’époque. Il n’omet presque rien de
l’existence de son héroïne. Alain Surget prend également soin d’inclure
beaucoup de termes spécifiques aux armes et aux navires, sans pour autant que
cela soit trop technique ou déstabilisant. Il évite également d’être cru,
sans masquer la dureté de l’époque dans laquelle vivent Mary Read
et Anne Bonny.
Des années après ma première lecture, je prends toujours
plaisir à me replonger entre les pages de Mary Tempête, il m’a
accompagné pendant de nombreuses vacances et m’a remonté le moral à des
moments de tristesse ou d’abattement. Je vous le recommande donc chaudement pour
découvrir des héroïnes hors du commun et qui de surcroît ont véritablement
existé !
Harry Potter de J.K Rowling
Cette série n’est plus à présenter. Elle a fait rêver des
millions d’enfants et d’adultes en dépeignant un univers magique avec des
personnages hors du commun. Comme des millions de lecteurs, j’ai rêvé (et je
rêve toujours) d’aller à Poudlard, de suivre des cours de botanique, de défense
contre les forces du mal, de métamorphose et de sortilèges. Des protagonistes
comme Hermione Granger, Luna Lovegood m’ont fait rire, rêvé et m’ont donné de
la force dans des moments difficiles. J’ai aussi adoré frissonner au contact de
personnages maléfiques et en même temps complexes tels que Voldemort ou
Bellatrix Lestrange. Enfin, j’ai aimé les différentes facettes de certains professeurs,
notamment Rogue ou Dumbeldore.
Certains me diraient que Harry Potter est simplement une
série pour enfants, mais je rétorquerais qu’ils sont malheureusement passés à
côté de cette histoire. J.K Rowling en effet évoque des sujets complexes comme l’amitié le courage, la tolérance et qui
peuvent toucher petits et grands.
L’univers qu’elle décrit est aussi très riche, il est parfois bon de relire
les romans afin de faire attention aux détails. Elle fait également preuve de
beaucoup d’humour et j’ai ri de nombreuses fois en les lisant.
J.K Rowling a vraiment forgé mon enfance, je ne cesse de
réécouter les romans en livre audio. Malgré les années qui ont passé, je ne me
lasse jamais de l’univers. Pour ceux qui auraient peur de se lancer dans la
lecture de sept tomes, je les rassurerais en disant que les trois premiers
tomes sont courts et assez faciles à lire. Sinon, je leur suggérerais de les
écouter en livre audio, les cinq premiers sont disponibles. Enfin, les films,
notamment les quatre premiers, sont assez fidèles aux romans, cela peut leur
donner envie de passer à la version papier !
Je vous recommande donc également Harry Potter pour plonger
dans un univers magique et rencontrer des personnages attachants qui resteront
gravés dans vos mémoires.
La Passe-Miroir de Christelle Dabos.
J’ai déjà longuement évoqué cette série sur ce blog,
pourtant, je ne peux m’empêcher de répéter à quel point cette histoire est tout
simplement géniale. L’univers dépeint par Christelle Dabos est riche, complexe
et original. Nous suivons l’histoire d’Ophélie, une jeune femme pouvant passer
à travers les miroirs et lire le passé des objets rien qu’en les touchant. Sa
vie va basculer lorsqu’elle va devoir épouser Thorn du clan des Dragons. Ophélie
va se retrouver prise entre des conflits de clans meurtriers où les principaux
acteurs peuvent s’infliger de mortelles blessures simplement par la force de
leur esprit.
Dès le tome 1 je me suis vraiment attachée aux protagonistes
principaux, Thorn et Ophélie. J’ai aimé leur détermination, leur courage et
leur caractère très différent. Si Ophélie est assez réservée, elle possède
néanmoins une volonté de fer. Quant à Thorn, malgré son côté froid et méthodique, il
n’est pas sans cœur et il fait preuve d’un grand sens de la justice.
Le tome 2 nous permet de mieux connaître certains
personnages et le fonctionnement de la cour. Quant au tome 3, il nous révèle
l’origine de l’univers dépeint par Christelle Dabos. La plume de l’auteure est
magnifique et nous fait rêver.
Je sais qu’il est étonnant de classer une série comme coup
de cœur absolu alors qu’elle n’est même pas terminée mais je ne vois pas
comment l’auteure pourrait me décevoir ! Cette série restera à jamais dans
mon palmarès !
Mon article sur le tome 1 et 2 de la Passe-Miroir ici
Mon article sur le tome 3 ici
Dans ce récit, l’auteur revient sur son adolescence et
notamment sur son histoire d’amour avec Thomas, son camarade de classe. Il y
évoque sans tabou son homosexualité, ses premières expériences sexuelles ainsi que la douleur
d’un amour déçu.
Philippe Besson relate aussi combien il est difficile d’être
gay dans une petite ville. L'auteur met l'accent sur le grand courage qu'il faut pour révéler son attirance pour
une personne du même sexe et l’impossibilité pour certains d’y arriver.
En
évoquant sa relation avec Thomas, qui n’a jamais pu « sortir du
placard », franchir le cap, Besson nous livre une magnifique expérience de vie et un
poignant témoignage. De plus, il nous décrit son rapport à l’écriture et combien il
est ardu de coucher sur le papier ses blessures passées.
Ce roman est une découverte, une révélation ! J’ai été
totalement happée par la plume de l’auteur, que je ne connaissais pas du tout.
Sa façon de raconter un épisode très intime de sa vie et d’évoquer son rapport
à l’écriture m’a fait penser au style de Delphine de Vigan, notamment dans son
œuvre Rien ne s’oppose à la nuit, bien que les histoires relatées soient
très différentes.
Philippe Besson parvient à mêler à la fois de belles phrases
poétiques et un vocabulaire cru qui rendent l’histoire très poignante.
L’auteur décrit magnifiquement l’ardeur des
premiers amours mais aussi combien une rupture peut-être dévastatrice.
Thomas est un personnage très intéressant à découvrir. Il
est misanthrope, solitaire et réservé, mais en même il fait le premier pas vers
notre héros. De plus, il insiste sur le fait que la relation qu’entretiennent
les deux jeunes gens doit rester secrète et ne mener à rien, mais il
s’abandonne totalement lorsqu’il fait l’amour. Ce paradoxe est d’autant plus
touchant que l'adolescent finira par s’enfermer dans une existence qui ne lui convient
pas.
L’écrivain parvient aussi à nous faire sentir les
différences de classe sociale entre lui et Thomas. En effet, le jeune homme
est le fils d’un agriculteur et destiné à reprendre la ferme, à rester alors que
l’auteur est promis à de grandes études. Cette fracture sociale indique déjà
que tout est fait pour les séparer.
Besson évoque aussi brièvement son rapport à l’écriture,
notamment en expliquant que depuis tout petit il aime inventer des histoires.
Sa mère lui disait souvent d’arrêter de « raconter des mensonges »,
craignant sûrement que cette mauvaise manie devienne néfaste pour sa vie
future. L’auteur explique qu’il a commencé à écrire des lettres où il se
livrait avant de se tourner vers la fiction.
Enfin, la fin de cette histoire, qui est bouleversante,
achève de nous rappeler que nous ne sommes pas dans une fiction mais dans la
vie réelle, ce qui est encore plus triste. Le livre de Philippe Besson sonne
comme un appel à la tolérance et un encouragement pour toutes les personnes ne
parvenant pas à assumer qui elles sont véritablement.
Arrête avec tes
mensonges est un récit marquant, émouvant avec une plume
unique qui nous empêche de refermer le roman.
Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson publié aux éditions 10/18.
Alors que la Première Guerre mondiale déchire la France,
cinq soldats français sont traînés à travers les tranchées pour être exécutés.
Leur crime ? Avoir tenté de déserter en se tirant une balle dans la main.
Mais au lieu de les tuer, les personnes chargées de l’exécution les laissent
libres au cœur des tirs ennemis. A l’arrière, Mathilde attend des nouvelles de
son fiancé, qui fait partie des cinq condamnés. Lorsqu’elle apprend qu’il reste
peut-être une chance pour que son amant soit encore en vie, elle décide de
mener l’enquête, quitte à subir une cruelle désillusion.
Un long dimanche de fiançailles est l’un de ces
classiques dont nous avons souvent entendu parler, mais que nous n’avons pas
forcément lu. Pour ma part, je ne regrette absolument pas cette expérience, ce
roman est un véritable coup de cœur !
L’incipit nous plonge immédiatement dans l’ambiance :
nous suivons les cinq condamnés marchant à travers les fils barbelés des
tranchées pour rejoindre le lieu de leur exécution. Chacun d’eux se remémore son
passé tandis qu’il marche vers son destin. Ce procédé narratif nous permet de
pénétrer directement le cœur des personnages et nous nous attachons fortement à
eux. Si vous hésitez à vous lancer dans Un long dimanche de fiançailles,
lisez simplement les premières pages, vous serez conquis !
L’héroïne, Mathilde, est le deuxième élément qui m’a fait
adorer ce roman. A l’âge de 3 ans, la jeune fille perd l’usage de ses jambes
suite à une mauvaise chute. Pourtant, son infirmité ne l’empêche pas d’être
extrêmement autonome et déterminée, elle n’hésite pas à contacter toutes ses
connaissances et à parcourir la France pour connaître la vérité. Sa volonté m’a
impressionnée, sa capacité de déduction également. A mesure qu’elle
rassemble les éléments de l’intrigue, nous reconstituons les faits avec elle.
Nous éprouvons aussi ses craintes, ses doutes, sa tristesse, qu’elle tente de
contenir mais qui affleure et surtout, la terrible attente.
Mais cette attente n’est pas seulement celle de Mathilde,
c’est également celle de toutes les femmes de l’arrière, qui essayent de savoir
ce que sont devenus leurs époux, ou qui pleurent leur disparition. Avec les
portraits de protagonistes secondaires que nous ne suivons que sur quelques
pages, Japrisot parvient à nous dresser le tableau du quotidien de ces épouses
qui n’ont pas d’autre choix que d’espérer ou de vivre avec leur douleur. Ces
portraits sont très touchants et réalistes.
La trame historique, très complète, fait toute la saveur du
roman. Nous en apprenons beaucoup sur les conditions de vie des Poilus, le
fonctionnement de l’Etat major, l’après-guerre… L’histoire mêle à la fois le
romanesque et le réalisme, ce qui instaure un climat particulier, qui nous
prend littéralement au piège et nous empêche de refermer Un long dimanche de
fiançailles !
Le style d’écriture de l’auteur, assez poétique, très porté
sur les descriptions, les sensations et parfois très cru en fonction des
personnages, est magnifique et nous porte tout au long du récit.
Je recommande donc chaudement cette histoire à tous les
amateurs de romans historiques.
Un long dimanche de fiançailles publié aux éditions Folio.
Jonathan Harker se rend en Transylvanie afin de rendre
visite au mystérieux comte Dracula, qui désire acheter des biens en Angleterre.
Au fil de son séjour, le jeune homme va réaliser que son hôte est bien
étrange : il n’apparaît qu’au coucher du soleil, n’a pas de domestiques et
ne semble pas se nourrir. De plus, les villageois paraîssent le craindre. Jonathan va finir par découvrir que Dracula n’est peut-être pas l'humain qu'il prétend… En s’échappant
du domaine du comte, Jonathan va croiser la route d'hommes qui ont
comme lui compris la véritable nature de l'aristocrate et qui sont déterminés à le détruire.
Mais est-il possible de vaincre Dracula ?
J’avais déjà lu une version abrégée de Dracula. J’en
avais gardé un vague mais bon souvenir. La version intégrale ne m’a pas déçue,
bien au contraire, j’ai vraiment adoré me plonger au cœur de cette intrigue
étrange et mystérieuse.
La première partie de l’œuvre, celle où Jonathan est chez le
comte, est ma préférée, tout d’abord parce que nous observons directement Dracula
en action et que nous notons avec le jeune homme la singularité du comte.
L’auteur parvient à semer de nombreux indices tout au long du séjour de Harker en Transylvanie
et, même si nous connaissons déjà la véritable nature du monstre, il est assez
plaisant d’observer le héros rassembler tous les éléments. Bram Stocker
parvient à nous communiquer l’anxiété de son protagoniste et la fuite de
Jonathan hors du château de Dracula est absolument impressionnante. Il fait preuve d’un courage hors du commun !
La suite du roman m’a également beaucoup plu, même si j’ai
trouvé qu’il y avait parfois quelques longueurs. Nous nous focalisons notamment
sur Mina, la femme de Jonathan qui attend des nouvelles de son époux et Lucie,
une amie de Mme Harker. Cette-dernière est victime de crises de somnambulisme. Après une nuit particulièrement mouvementée où elle se retrouve dehors en
pleine nuit, elle est frappée d’une étrange maladie qui la fait paraître
exsangue, comme si elle perdait mystérieusement des litres de sang ! Nous devinons
bien évidemment que Dracula est derrière tout cela et il est intéressant de le
voir rôder autour des personnages. J’ai trouvé cependant l’agonie de Lucie un
peu trop longue, Bram Stocker aurait pu à mon sens abréger certains passages.
Cela fait perdre du rythme au récit.
Un autre point de vue du livre m’a cependant beaucoup plu :
celui du docteur Stewart, un médecin dirigeant un asile d’aliénés. Il suit
notamment un de ses patients Renfield, qui a pour manie de dévorer les petits animaux
comme les mouches et évoque un « maître » qu’il vénère notamment
lorsque le soleil se couche. Là encore, nous sentons l’ombre du vampire planer
sur la scène. Les dialogues entre le médecin et Renfield sont à la fois
passionnants et inquiétants.
Je me suis beaucoup attachée aux personnages, spécialement à
Mina, qui fait preuve d’une intelligence, d’un courage et d’un esprit de
déduction incroyables et à Jonathan, pour qui je garde une affection
particulière depuis qu’il est parvenu à échapper aux griffes du comte. Mais je
n’ai pas aimé comment les protagonistes tentent d’écarter Mina de l’aventure
sous prétexte qu’elle est une femme et qu’il faut la ménager. Je sais que le
roman a été écrit au XIXe siècle et que les mœurs étaient différents, mais pour
la lectrice du XXIe siècle que je suis cela m’a immédiatement fait bondir.
Malgré tout, l’auteur se rattrape en faisant finalement participer Mina à
l’action.
Ce que j’ai également eu plaisir à redécouvrir est la
représentation du vampire dans l’œuvre de Bram Stocker. Dracula est véritablement
la source de toutes les histoires de vampires que nous connaissons, il est donc
très enrichissant de lire quel est le portrait de la créature que crée
l’auteur.
Ce tableau est finalement assez différent de celui que nous
connaissons : certes, il possède des crocs, ne supporte pas le soleil et
dort dans un cercueil, mais il ne fascine pas les humains dans le bon sens du
terme. Aucun personnage du livre ne trouve Dracula hypnotique, séduisant, au
contraire, les protagonistes sont horrifiés par le monstre. Même Jonathan, qui
est pendant quelques instants envoûté par les femmes vampires qui gravitent
autour du comte, réalise très rapidement combien elles sont maléfiques et est dégoûté.
Les sentiments de Dracula sont également très peu montrés dans
le livre. Nous savons certes qu’il est ambitieux, calculateur, avide de pouvoir
et de savoir, mais nous ne savons pratiquement rien de ses aspirations
amoureuses, qui sont pourtant la base de nombreuses réécritures. Certes, il dit
lui-même qu’il est capable d’aimer, mais cela n’est cependant pas montré
explicitement dans le roman. Même lorsqu’il s’en prend à Lucie, il semble plus
motivé par le sang de la jeune femme que par un amour pour elle. Il est donc
très intéressant de voir qu’à partir d’infimes détails les auteurs qui ont
succédé à Bram Stocker ont fait de Dracula un héros romantique.
La présence du vampire dans le roman est finalement très
minime, il rôde plus qu’il n’apparaît vraiment. Cela m’a presque déçue,
j’aurais voulu le revoir avant la fin de l’œuvre.
[Spoiler alert : je vais révéler la fin du roman
dans 3…2…1…]
La fin de l’œuvre est d’ailleurs assez étonnante.
Finalement, ce n’est pas la force qui finit par triompher du comte Dracula mais
la stratégie. En effet, les héros s’arrangent pour le piéger alors qu’il est le
plus faible. Je ne sais pas encore quoi penser de cette fin, je suis à la fois
agréablement surprise et en même temps un peu déçue car je l’ai trouvée assez
rapide. Malgré cela il y a une grande part de positif dans ma lecture.
Je vous recommande donc vivement Dracula de Bram
Stocker si vous voulez plonger au cœur du mythe du vampire !
Dracula de Bram Stocker publié aux éditions J'ai lu.