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lundi 6 juillet 2020

Et le désert disparaîtra de Marie Pavlenko

Et le désert disparaîtra


Marie Pavlenko

 


Et le désert disparaîtra / Marie Pavlenko



Dans un futur qui pourrait être le nôtre, les arbres ont presque totalement disparu de la surface du globe et la Terre est devenue un immense désert. Samaa qui vit dans une petite tribu de survivants au sein de cette étendue de sable doit utiliser quotidiennement des bouteilles d’oxygène et boire de l’eau gélifiée.

Elle ne rêve que d’une chose, devenir chasseuse d’arbres, comme ces humains qui parcourent les plaines désertiques à la recherches des derniers grands végétaux, qui se dissimulent dans des crevasses. En coupant le bois qu’ils revendent dans les dernières grandes villes, ils peuvent gagner suffisamment d’argent pour acheter des boîtes de conserves ou du tissu synthétique. Mais ce métier n’est accessible qu’aux hommes.

Un jour Samaa désobéit à la règle et suit le groupe de chasseur. Alors qu’elle est perdue dans le désert, elle fait une rencontre qui change le cours de sa vie.

Ce très court roman, qui tient presque lieu de fable, m’a véritablement transportée ! J’ai déjà lu des romans de Marie Pavlenko, notamment Je suis ton soleil (que j’ai beaucoup aimé). Le style employé par l’auteur est ici très différent. La plume suit le rythme des pas de la jeune fille, l’écoulement lent du temps dans le désert. Le ton est presque musical et les mots sont choisis avec soin.

En peu de pages, Marie Pavlenko parvient à rendre crédible et clair l’univers dystopique qu’elle met en place. Nous comprenons les modes de vie de ces derniers hommes, et aussi tout ce qui leur manque, notamment des connaissances sur le fonctionnement des arbres et de la biodiversité. Ces végétaux, qu’ils considèrent presque comme des ennemis, de simples marchandises, seraient en vérité leurs meilleurs alliés.

L’autrice décrit également très bien comment Samaa prend petit à petit conscience de la valeur d’un arbre, et du pouvoir régénérateur de celui-ci. Même si ce roman est très court, il est très intense, prenant, et délivre de façon très claire une revendication écologique. Une fois le livre refermé, nous ressentons un mélange de tristesse et d’espoir.

Cette très courte nouvelle, portée par une héroïne audacieuse, peut plaire à la fois aux amateurs de dystopie, mais également aux amoureux de films comme Princesse Mononoké, Mon Voisin Totoro ou Nausicaa de la Vallée du Vent, qui véhiculent ces mêmes messages écologiques.

Et le désert disparaîtra de Marie Pavlenko publié aux éditions Flammarion.

lundi 11 mai 2020

Félines de Stéphane Servant

Félines


Stéphane Servant



Félines / Stéphane Servant


Les jeunes filles du monde entier voient leurs vies bouleversées lorsque, sans aucune raison apparente, leur corps et leur visage se couvrent de poils drus. D’abord incrédules, les autorités les surnomment les Obscures, tandis qu’elles se définissent comme Félines. Les tensions montent entre les gouvernements qui désirent les emprisonner et les écarter de la société et les jeunes filles elles-mêmes qui souhaitent ne pas être considérées comme des bêtes, mais comme des humaines. Car elles ne sont pas victimes d’une maladie. Leur Mutation semble être le fruit d’une modification inopinée de leur deuxième chromosome X, devenu chromosome O. Autrement dit, elles sont l’avenir. Et elles sont déjà là.

Ce roman est une excellente lecture ! Le style rapide et fluide de l’auteur m’a happée dans le récit. J’ai également aimé le procédé consistant à présenter cette histoire fictive comme un témoignage. A travers ce récit, Stéphane Servant aborde de façon intéressante de nombreux sujets.

Tout d’abord, la Mutation des Félines touche prioritairement des jeunes filles, souvent victimes de violences. L’héroïne, Louise, a par exemple été victime d’un viol, d’autres, comme Alice, subissent une pression de la part de leurs parents. Comme le suggère un des personnages, Fatia, la Mutation à laquelle sont sujettes les jeunes filles est comme une réaction à toutes les oppressions subies à cause de la société, et de certains hommes.

L’auteur aborde également la question de la propagande, et du fait que la peur soit la meilleure arme pour mettre en place un régime autoritaire. Ce schéma peut sembler être du déjà vu dans la littérature ado, mais je trouve qu’ici la force de Stéphane Servant est de faire se dérouler cette prise de pouvoir à notre époque, et non pas dans un temps plus lointain. Cela donne un côté plus palpable aux bouleversements décrits dans le livre, et rend également davantage réaliste le fait que Félines est censé être un témoignage.

Les particularités physiques des Félines et le rejet qu’elles subissent peuvent aussi être liées au racisme, et le voile intégral dont on veut les affubler peut aussi faire penser aux extrémistes des différentes religions monothéistes.

Félines traite aussi le sujet du traumatisme et de la reconstruction de soi, notamment à travers le personnage principal, qui a des cicatrices sur tout le corps, et vit sa transformation presque comme une libération. Sa fourrure lui permet finalement de se libérer du regard des autres sur son corps, et au lieu de se cacher, Louise se met à nue et fait entendre sa voix, notamment en racontant son histoire sous forme de témoignage.

Le roman de Stéphane Servant est donc à la fois féministe, visionnaire et engagé. Il revient avec justesse sur des questions de sociétés à travers cette idée de Mutation, et nous pousse à nous interroger sur nos propres réactions face à l’inconnu, à ce qui nous est étranger. Je le recommande à tous les adeptes de dystopies ou de romans d’anticipations, mais aussi à ceux qui peuvent se sentir lassés de ce genre. L’auteur apporte un vent de fraîcheur en faisant de son histoire un récit intemporel, qui pourrait très bien se dérouler en ce moment. Félines nous invite à sortir nos griffes et à lutter.

Félines de Stéphane Servant publié aux éditions du Rouergue.

lundi 7 mai 2018

Le Lac de Yana Vagner (suite de Vongozero)


Le lac

 

Yana Vagner


Le Lac / Yana Vagner

Le Lac est la suite du roman Vongozero. Si vous n’avez pas lu ce livre, ne lisez pas cette chronique et allez plutôt consulter mon article ici pour éviter toute information susceptible de briser le suspense du tome 1 !

Anna et ses compagnons ont finalement atteint Vongozero après des semaines de fuite effrénée. Cependant, leur arrivée à destination ne signifie pas que leur vie soit de tout repos. Les survivants sont entassés dans une cabane minuscule, exposés au froid, au manque de nourriture, d’intimité, d’espace. Plus les jours passent, moins Anna supporte la présence de ses voisins qu’elle déteste et de l’ex-femme de son mari, Irina, qui est si mystérieuse. Sans compter que nulle échappatoire n’est possible, car au-dehors, la maladie est loin d’avoir fini de décimer la population. La venue d’étrangers va alors bouleverser la vie des survivants de Vongozero. Ils vont devoir traiter avec les nouveaux venus pour le meilleur, comme pour le pire.

Dans ma précédente chronique, j’avais dit que la fin de Vongozero se suffisait à elle-même. Pourtant, je n’étais pas mécontente de retrouver les personnages du tome 1 ! L’auteur parvient immédiatement à nous replonger dans l’ambiance oppressante du premier livre. Nous ressentons le confinement éprouvé par Anna et nous désirons nous échapper avec elle. Cette atmosphère est presque pire car, dans un premier temps, les protagonistes étaient en voiture alors qu’à présent, ils ne quittent plus leur île. Les femmes notamment, sont confinées à l’intérieur de la bâtisse et doivent s’occuper des enfants et de la cuisine, ce qui rend l’atmosphère irrespirable.

Pour ceux qui craindraient de se lasser de cette ambiance, sachez que peu à peu, l’auteur va apporter des changements à son intrigue. Pour commencer, l’arrivée d'étrangers va bouleverser le quotidien du groupe. Cela va également permettre de mettre en valeur le personnage d’Anna puisqu’elle est particulièrement appréciée des nouveaux venus, ce qui vaut aux survivants une aide précieuse.

De plus, si dans le tome 1 notre héroïne avait dû mal à faire entendre sa voix, elle va connaître une évolution, notamment à cause de l’oppression qu’elle ressent en permanence au quotidien. Vivre toute la journée aux côtés de femmes qu’elle déteste va peu à peu la rendre presque folle et la faire sortir de ses gonds, au point de jeter une assiette à la tête de ses camarades. Elle va également pouvoir enfin exprimer son désir de ne plus vivre confinée à Sergueï. Même si ce changement d’attitude n’aura pas tout de suite l’effet escompté, il est plaisant de voir Anna s’affirmer.

La jeune femme parvient aussi à se détacher davantage de son époux et à se montrer plus indépendante, plus forte, plus froide.

Il y a également un passage que j’ai considéré comme un tournant du récit, celui où toutes les femmes se confient autour d’un verre d’alcool. Alors que les hommes sont partis en mission, elles vont peu à peu ouvrir leur cœur, ce qu’elles n’avaient jamais fait alors qu’elles se connaissent depuis longtemps. Même si cela n’empêchera pas Anna de déménager dans une autre demeure, ces confessions vont améliorer les relations entre toutes les femmes, ce qui est très intéressant et rend l’atmosphère du livre plus respirable.
Cela donne également de l’épaisseur aux personnages, notamment à ceux de Marina, Natacha et Irina, qui n’étaient finalement pas beaucoup exploités dans le tome 1.

Au niveau des personnages, j’ai beaucoup d’affection pour Anna, que je trouve très réaliste et novatrice, loin des stéréotypes de l’héroïne de dystopies habituelles. Grâce à cela, nous pouvons facilement nous identifier à elle et compatir à ses malheurs. J’ai aussi beaucoup aimé retrouver le vieil et bourru Boris.

En revanche, je n’ai pas du tout apprécié Sergueï, que j’ai trouvé très égoïste et peu soucieux du bonheur de son épouse. Alors qu’Anna finit par exploser à force de vivre enfermée avec des personnes qu’elle ne peut supporter, ce-dernier ne veut pas faire d’efforts pour changer les choses. Il faut que son ex-femme Irina se mette du côté de la jeune femme pour qu’il prenne une décision.

Une fois encore, la relation entre les deux femmes est très différente de ce à quoi on pourrait s’attendre. Il n’y a pas de scènes brutales entre elles, pas d’horribles disputes, simplement une tension permanente. Cette tension va cependant peu à peu se dissiper pour devenir une complicité, une bonne entente, notamment à la fin du livre. A plusieurs reprises elles vont se soutenir mutuellement. Elles vont finir par former une sorte de famille. Cet aspect du récit m’a beaucoup plu, j’ai trouvé cela très original.

Enfin, le fait que le principal élément perturbateur de ce tome soit de nouveaux arrivants n’est pas du tout ennuyeux, au contraire, je trouve que cela renforce l’originalité de l’œuvre. En effet, avec l’arrivée du virus dans le tome 1, on pourrait s’attendre à des mutations génétiques créant des espèces de zombies comme dans d’autres dystopies, mais l’auteure ne s’attarde pas sur la raison de la propagation de la maladie. Elle nous livre simplement des détails sur les symptômes nous informant de sa présence.

Cela permet de souligner le fait que le plus grand danger pour l’homme est l’homme lui-même. A l’heure du chaos, la loi du plus fort renaît, tout s’achète et se négocie. Yana Vagner arrive à créer une tension dans le récit.

Je recommande donc chaudement la lecture de ce tome 2 pour l’évolution des personnages, notamment celui d’Anna, et la relation entre Anna et Irina. Ce roman est addictif, nous ne pouvons nous arrêter de le lire une fois commencé !

Le Lac de Yana Vagner publié aux éditions Pocket.

lundi 5 mars 2018

Vongozero d'Yana Vagner


Vongozero

 

Yana Vagner

 

Vongozeroo d'Yana Vagner

 

En Russie, une terrible épidémie éclate. Les villes sont bouclées et les habitants meurent par milliers. Dans sa petite maison de banlieue, Anna tente de se convaincre avec son mari que tout cela va finir par s’arranger. L’arrivée de son beau-père et la mort de sa mère vont bouleverser leur vie en les mettant devant l’horreur de la situation : ils doivent fuir pour échapper à l’épidémie et à la vague de réfugiés. Entourée de voisins qu’elle n’apprécie guère et de l’ex-femme de son mari qui la hait, Anna doit faire face aux évènements. Va-t-elle garder la raison au cours de ce périple qui doit les mener dans une petite maison étroite de Vongozero ?

J’ai mis du temps à lire ce roman, cependant, cela ne veut pas dire que je n’ai pas apprécié ma lecture, bien au contraire.
Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé l’ambiance du roman. La majeure partie du récit se passe sur la route, alors que les protagonistes sont en voiture. Contrairement à ce que l'on pourrait craindre cela n’est pas ennuyeux, nous sentons la tension et le confinement, la crainte des fuyards. A chaque étape nous nous demandons si les personnages vont réussir leur quête.
J’ai aussi apprécié le fait que nous soyons véritablement dans les pensées d’Anna, grâce à ce procédé nous la connaissons davantage, nous avons son point de vue sur la situation.

L’héroïne est un être intéressant. Au départ, j’avais un peu de mal à déterminer si je l’appréciais ou non. Je trouvais parfois qu’elle se laissait trop marcher sur les pieds.

Cependant, après plusieurs chapitres passés en sa compagnie, je me suis rendue compte qu’en réalité j’étais simplement surprise par l’originalité du personnage. En effet, elle ne correspond pas au héros type des dystopies. Elle n’a rien d'une femme forte et courageuse. Elle a du mal à se mêler aux autres, à exprimer ses opinions, sa meilleure défense face aux médisances est la fuite, elle éprouve des craintes en permanence. Mais c’est cela qui fait sa force et son charme. C’est un protagoniste réaliste, auquel on peut s’identifier sous certains aspects. Cela change des héros parfaits ou manichéens. Je me suis donc mise à aimer davantage Anna à mesure que j'avançais dans Vongozero.

J’ai également trouvé l’évolution des relations entre la jeune femme et l’ex-femme de son mari, Irina, très intéressante. Elles n’ont pas eu de disputes violentes, même si nous sentons une tension entre les deux femmes. Cependant, elles semblent parfois s’entraider de façon étonnante.

J’ai également apprécié Boris, le beau-père d’Anna. Il est amusant, simple et préparé aux évènements. En revanche, j’ai presque détesté, tout comme Anna, les autres protagonistes. Les voisins de la jeune femme sont méprisables, stupides et superficiels.

L’autre force du roman d’Yana Vagner est la représentation du virus. Contrairement aux romans pour adolescents, la maladie ne prend pas des aspects répugnants comme par exemple les fondus dans Le labyrinthe de James Dashner. Non pas que cela me déplaise mais je trouve que cette façon de faire change agréablement. Cela donne un côté encore plus réaliste au roman.

Je trouve que la fin de Vongozero se suffit à elle-même, cependant, j’ai malgré tout envie de connaître la suite.

Vongozero d'Yana Vagner publié aux éditions Mirobole.

lundi 29 janvier 2018

Espérer le soleil de Nelly Chadour


Espérer le soleil

 

Nelly Chadour


Espérer le soleil / Nelly Chadour

Londres 1951. Et si, durant la Seconde Guerre mondiale, Staline avait largué une bombe sur l’Europe et les Etats-Unis, plongeant les populations dans une nuit éternelle ? Qu’adviendrait-il de l’humanité ? C’est ce que nous propose de découvrir Nelly Chadour à travers plusieurs protagonistes : Gwen, une jeune femme gravement brûlée et ne ressentant plus d’émotions depuis six ans, Satinder, une adolescente de 13 ans venant de perdre sa mère et ayant des difficultés à vivre dans les traditions de son père, James Hawkins, un ancien résistant espagnol devenu mafieux et régnant sur les malfrats de Londres et enfin Vassilissa, la terrible vampire russe obligée de travailler pour le compte de l’armée anglaise. Autour d’eux, le photographe Smitty fait le lien entre tous ces personnages à travers le viseur de son appareil photo. Lorsqu’un être mystérieux se met à enlever les enfants de Londres, ils se retrouvent mêlés à l’enquête et pourraient bien se croiser.

Ce roman est un coup de cœur. Au départ je m’attendais à une dystopie classique, mais les personnages que nous suivons font véritablement la force de l’œuvre. Tout d’abord, l’auteur a su créer des êtres complexes, avec parfois un passé douloureux, des qualités et des défauts. Nous prenons plaisir à les découvrir petit à petit. Comme ils sont nombreux et très différents, nous pouvons nous identifier, ou du moins les apprécier.

Pour commencer, j’ai été conquise par le photographe Smitty. Ce n’est pourtant pas un héros comme on a l’habitude de voir : petit, bedonnant, il semble voué à être cantonné au rôle de personnage secondaire, servant parfois de faire-valoir aux autres. Heureusement, Nelly Chadour parvient à briser ces clichés en le faisant côtoyer vampires et mafieux avec courage. Son humour ravageur et sa bonté achève de nous le rendre sympathique.

J’ai aussi beaucoup apprécié Satinder. Cette jeune indienne doit à la fois faire face à la mort de sa mère, mais également au racisme ambiant dans les rues de Londres, notamment de la part des autorités. J’ai aimé voir combien elle était mâture et intelligente, ainsi qu’observer son évolution, le fait qu’elle assume ses valeurs et ses choix contre la volonté de son père.

Ensuite, je me suis également attachée aux personnages de Gwen et de James Hawkins. Même si au départ je craignais que l’on ai affaire à un couple classique, avec la belle jeune femme et le magnifique et mystérieux pendant masculin, l’auteur nous réserve aussi quelques surprises.

D’abord, Gwen cache des blessures hideuses, ce qui casse le mythe de l’héroïne parfaite. Ensuite, étant traumatisée par un évènement survenu dans son enfance, elle n’éprouve plus de véritables émotions depuis de nombreuses années. Il est donc intéressant de voir comment, au contact de James Hawkins, elle parvient à retrouver le goût de vivre. Enfin, tout comme Satinder, elle affronte sa famille et assume pleinement ses choix.

Quant à James Hawkins, j’ai aimé le découvrir petit à petit. Sa complexité est très intéressante. En effet, c’est un ancien héros de la guerre civile espagnole. On s’attendrait à un protagoniste positif et pourtant, il n’hésite pas à tuer ceux qui lui déplaisent et à menacer les autres pour parvenir à ses fins. De plus, il participe à l’exploitation d’enfants venus d’autres pays. Lorsqu’il est mis face à ses responsabilités, j’ai aimé qu’il parvienne à se remettre en question.

Mais le personnage qui, pour moi, fait le sel d’Espérer le soleil est sans conteste Vassilissa. Cette vampire est absolument INCROYABLE. Pour commencer, j’ai adoré comment l’auteur, dans le premier chapitre, nous fait assister à sa transformation. Ce passage, qui tient presque de l’épopée chevaleresque et des légendes du moyen âge, est prenant et marquant, nous donnant envie de découvrir la suite. Ensuite, j’ai apprécié le fait que Nelly Chadour sorte des codes classiques de la représentation des vampires. En effet, Vassilissa ne fascine pas forcément les autres personnages, elle les terrifie, elle les dégoûte, ils la haïssent. Pour eux, les vampires n’ont rien de séduisant ou d’attirant, ce sont des monstres dangereux. Ensuite, j’ai trouvé très intéressant l’idée que l’armée anglaise utilise de force la vampire pour traquer ses semblables, cela permet d’intégrer le fantastique au caractère dystopique de l’œuvre, sans que cela tombe comme un cheveux sur la soupe.

Enfin, j’ai adoré que Vassilissa soit monstrueuse. Fini, la jolie vampire tiraillée entre sa soif de sang et son envie de ne pas faire de mal aux humains. Plus on avance dans le roman, plus la russe perd de son humanité. Sa transformation physique est également terrifiante. Nelly Chadour nous rappelle un code très simple, que, moi-même aimant les vampires, j’ai tendance à oublier : ce ne sont pas nos amis, ce sont des bêtes assoiffés de sang et ils sont sans pitié. Cela peut nous rappeler les origines des vampires, notamment avec le comte Dracula, qui était loin d’être aussi séduisant qu’Edward Cullen dans Twilight et Lestat dans Entretien avec un vampire.

Les protagonistes secondaires quant à eux sont tout aussi développés que les principaux, ce qui ne gâche rien. L’auteur parvient à nous faire sentir en quelques lignes d’où ils viennent, quelle est leur personnalité, leurs rêves, leurs convictions. S’ils peuvent parfois être très drôles, comme les agents de James Hawkins, ils peuvent aussi être sombres et détestables, tels que les frères de Gwen. Au cours de notre lecture, nous avons le sentiment que les monstres ne sont pas forcément ceux que l’on croit…

Pour ce qui est du style de l’auteur, je l’ai trouvé excellent. Nelly Chadour a su s’adapter aux différents milieux de ses personnages, allant du soutenu au vulgaire. Comme évoqué plus haut avec le premier chapitre, elle peut même être assez poétique.

Enfin, il est intéressant de faire se dérouler une dystopie dans le passé, cela nous permet de réaliser combien durant la Guerre Froide la situation aurait pu déraper et également combien elle est encore tendue aujourd’hui, à l’heure où de plus en plus de nations s’équipent d’armes nucléaires.

En tout cas, je recommande vivement Espérer le soleil aux férus de fantastique, de dystopie et d’aventures !

Espérer le soleil de Nelly Chadour publié aux éditions les Moutons électriques.

En faisant des recherches pour cet article je suis allée sur le site des éditions les Moutons électriques, je vous conseille vivement d'aller voir leur site, certains romans ont l'air super : cliquez ici.

lundi 8 janvier 2018

Nuisible de SATOMI Yû (dessin) et HOKAZONO Masaya (scénario) (Trois volumes, série terminée)


Nuisible



SATOMI Yû (dessin)

HOKAZONO Masaya (scénario)

(Trois volumes, série terminée)



Ryoichi Takasago est un lycéen comme les autres, ayant un groupe d’amis soudé et une vie sans histoire. Son existence va basculer lorsqu’il commence à faire d’étranges rêves dans lesquels une jeune fille-insecte tue sans pitié des humains. A sa grande horreur, la créature qu’il a vu dans ses songes ressemble comme deux gouttes d’eau à une nouvelle élève arrivée récemment, Kikuko Munekata. Dans le même temps, les insectes se conduisent très étrangement, attaquant à la fois les hommes et les animaux. Et si cela annonçait… la fin de l’humanité ?


Ce manga n’est pas une belle découverte. Je n’ai pas détesté l’histoire, au contraire, mais c’est une œuvre digne de figurer dans mon prochain top 10 pour Halloween. Les dessins horrifiques sont parfois franchement écœurants et le personnage de Kikuko Munekata m’a mise très mal à l’aise. Sa folie meurtrière est aussi terrifiante. Ainsi, ce manga ne peut être qualifié de belle découverte, comme une histoire qui nous apporterait de la joie, nous toucherait ou nous permettrait de nous identifier aux protagonistes. Cependant, ce n’est pas une mauvaise lecture.



La force de cette histoire est son originalité, en effet, je n’avais jamais lu de manga mêlant à la fois le fantastique, le gore et la fin du monde. De plus, j’ai apprécié le message sous-jacent du mangaka. En effet, je pense que l’auteur a voulu évoquer le réchauffement climatique et la responsabilité de l’humanité dans la destruction de notre planète.




Cependant, ce manga a quelques défauts : pour commencer, même si l’histoire n’est qu’en trois tomes, je trouve que la fin de l’intrigue est trop rapide et certains points ne sont pas suffisamment développés. Par exemple, je n’ai pas bien compris la décision de Ryoichi à la fin du tome 3. Je ne veux pas vous spoiler, mais elle semble assez radicale compte tenu des actes de Kikuko. Ensuite, je n’ai pas trouvé que les amis de Ryoichi étaient assez travaillés. D'ailleurs à part une personne, ils n'ont pas beaucoup d'utilité. Et puis certaines images sont vraiment gores, à la limite du supportable. Nuisible est donc destiné à un public averti.

Malgré ses quelques défauts, je trouve qu’il vaut vraiment la peine d’être lu, pour son originalité notamment.



Nuisible de SATOMI Yû (dessin) et HOKAZONO Masaya (scénario) publié aux éditions Kana.

lundi 27 novembre 2017

Les chroniques lunaires : tome 2 : Scarlet par Marissa Meyer

 Les Chroniques Lunaires : tome 2 : Scarlet

Marissa Meyer

 

 Les chroniques lunaires/ Scarlet / Meyer

 Si vou s n'avez pas lu le tome 1, le lien de mon article se trouve ici.

Scarlet, une jeune marchande de légumes, est bouleversée par la disparition de sa grand-mère, qui s'occupe d'elle depuis son plus jeune âge. Elle va tout mettre en oeuvre pour la retrouver, même s'il lui faut pour cela s'associer au mystérieux Loup, qui semble cacher un lourd secret. Dans le même temps, les autorités recherchent activement une mécanicienne cyborg nommée Linh Cinder, qui s'est échappée de prison. Et si les chemins des deux jeunes filles finissaient par se croiser ? Et qu'en est-il de Levana, la terrible reine de la Lune ? Va-t-elle attaquer la Terre ou renoncer à ses projets ?

Dans ce deuxième tome, l'auteur continue son idée de réécriture de conte. Ici, nous sommes donc face au Petit Chaperon Rouge mêlé à de la dystopie. Ce récit, comme dans le premier tome, présente quelques défauts, mais pourtant, il m'a davantage plu que le tome 1.

Pour commencer, l'héroïne, Scarlet, tout comme Cinder, est attachante. J'ai adoré découvrir son histoire, son univers (ici l'action se situe davantage en France).

L'intrigue m'a également beaucoup plus transportée que dans le tome précédent, les révélations m'ont davantage surprise, même si je pouvais deviner certains points.

Nous retrouvons aussi les protagonistes sympathiques telle que Iko, mais également de nouveaux personnages amusants comme le Capitaine Thorn. La fin nous donne envie de lire la suite. J'ai d'ailleurs apprécié observer notre mécanicienne apprendre à se servir de ses pouvoirs de lunaire. Le fait qu'elle se pose des questions éthiques sur la façon de les utiliser (les lunaires peuvent générer des illusions), nous montre bien que la jeune flle est mature et a le sens des responsabilités.

Seule la romance entre Scarlet et Loup m'a semblée un peu rapide, bien qu'elle m'ait moins agacée que celle entre Cinder et Kai. De plus, les descriptions des personnages, tous merveilleusement séduisants, m'ont fait grincer des dents, rendant le récit moins mature à mon goût. Mais j'ai pu faire abstraction de ces points et ils ne m'ont pas gêné dans ma lecture.

J'ai donc envie de poursuivre cette saga avec le tome 3 Cress.

Les Chroniques Lunaires, tome 2 : Scarlet de Marissa Meyer, publié aux éditions Pocket Jeunesse.

lundi 25 septembre 2017

Le Cercle de Dave Eggers


Le Cercle

 

Dave Eggers


Le Cercle / Dave Eggers

Mae Hollande se languit dans la boîte minable où elle travaille. C’est pourquoi lorsque son amie Annie lui propose un emploi au Cercle, une société spécialisée dans la communication et les réseaux sociaux, elle accepte avec joie.

La jeune femme occupe d’abord un poste dans le Service Client où elle doit répondre le plus rapidement possible à des demandes en tous genres, puis elle monte progressivement en grade et aide à élaborer divers projets tels que Démopower, un système permettant de voter en temps réel. Elle adopte le principe de la Transparence et accepte d’être filmée vingt-quatre heures sur vingt-quatre par une caméra diffusant les images en direct sur Internet.

Bientôt, toute la population pourrait bien être sous le contrôle du Cercle. Mae va-t-elle aider l’entreprise à atteindre la Complétude ou écoutera-t-elle les avertissements de son ex-petit ami Mercer et du mystérieux Kalden ?

J’ai beaucoup aimé le roman de James Eggers. Tout d’abord, le récit se déroule à notre époque, ce qui est plutôt rare dans une dystopie. Nous assistons à la création de ce qui pourrait bien devenir une dictature, si le Cercle parvenait à mettre ses projets à exécution.

L’auteur instaure une ambiance assez stressante, notamment lorsque nous suivons la vie de Mae au travail. Les dirigeants de l’entreprise demandent à leurs employés une somme d’efforts considérables : ils doivent pouvoir gérer de nombreuses demandes en même temps. Sans compter qu’en plus de leurs tâches quotidiennes, ils sont fortement incités à participer aux activités organisées par le Cercle le week-end. Au final, les travailleurs ne trouvent plus de raisons de quitter leur entreprise et dorment dans de luxueux dortoirs prévus à cet effet.

Le personnage de Mae est également très intéressant. Cette jeune femme est ambitieuse et désire que tout soit ordonné, elle aime être vue et appréciée, c’est pour cela qu’elle adhère facilement à la philosophie du Cercle qui désire tout rendre visible, comme le prouve l’un de ses slogans : « les secrets sont des mensonges ».

/!\Je vais développer davantage mes pensées sur le personnage de Mae, je vous conseille donc de sauter ce passage si vous n'avez pas lu le livre.

L’héroïne fait vraiment le sel de ce roman. En effet, il est rare de voir dans une dystopie un protagoniste qui ne se rebelle pas contre le système mais au contraire le soutien et le perfectionne. La jeune femme a un caractère complexe, elle dégage à la fois une certaine candeur, mais dans le même temps elle est débordante d’ambition. Quand elle était petite, Mae a été négligée par ses parents, puis elle s’est ennuyée dans l’entreprise dans laquelle elle exerçait avant d’entrer au Cercle. Elle est donc débordante d’envie, de projets, elle désire faire ses preuves.

Mae a aussi tendance à ne pas prendre en compte les doutes et les remarques des autres : elle méprise son ex-petit ami Mercer lorsqu’il tente de lui montrer la perversité du Cercle, elle n’écoute pas les doutes de ses parents qui ne veulent plus être filmés vingt-quatre heures sur vingt-quatre comme elle.
D’ailleurs, lorsque le jeune homme finit par se suicider faute de pouvoir échapper à la surveillance de la boîte, elle ne ressent que peu de tristesse. Elle parvient avec facilité à s’auto convaincre qu’elle agit pour le mieux ! Mae se compare même à une présidente, en effet, elle explique que le fait d’être filmée en permanence lui impose un contrôle sur elle-même et lui donne aussi du pouvoir.

Enfin, la fin du roman nous montre bien le vrai visage de la jeune femme : elle trahit Kalden, le mystérieux collègue qui désire empêcher le Cercle de prendre le contrôle du monde, en le dénonçant à ses supérieurs.

/!\ Fin de la partie spoilers

Les dernières pages du livre sont proprement terrifiantes.

Le Cercle de Dave Eggers publié aux éditions Gallimard.

Le Cercle a été adapté en film avec dans le rôle de Mae l’actrice Emma Watson. Si le jeu de la jeune femme est bon, les scénaristes ont fait planer une ambiguïté inutile sur le personnage de Mae. En effet, nous avons l’impression que, au cinéma, l'héroïne va se révolter contre le système, alors que dans le roman au contraire, elle se persuade tout au long du livre que ce qu’elle fait est la bonne décision. A cause de ce flou autour du personnage, la fin du film paraît étrange et illogique.

De plus, de légers changements sont effectués au niveau de l’apparition de certains personnages notamment de Mercer. Ces modifications peuvent sembler anodines mais changent considérablement la perception du récit et des protagonistes. Le film est donc plutôt une déception.


mercredi 6 septembre 2017

La cité des miroirs de Justin Cronin


La cité des miroirs

 

Justin Cronin

 

(Tome 3 du Passage)





Dans le tome 1 du Passage, Peter, Amy et leurs amis arrivent à vaincre le terrible virul Babcock.
Dans le tome 2, ils parviennent à se débarrasser des onze viruls originels, provoquant ainsi la mort de leur Multitude.

Cette fois-ci, ils vont devoir combattre un ennemi plus terrible encore : Zéro, le premier virul, plus puissant que tous ceux qu’ils ont déjà eu à affronter. Mais comment faire, une fois encore, nos héros semblent dispersés aux quatre vents. Amy a disparu depuis le soir où ils ont vaincu les douze, laissant Peter fou de douleur. Alicia doit se remettre de la mort de sa fille, Rose. Michael se lance dans des projets fous pour oublier sa peine. Quant à Sarah, elle a à présent une famille à protéger. Une fois de plus cependant, nos héros iront au devant de leur destin.

Justin Cronin signe un tome 3 magistral et qui conclut magnifiquement la série. Comme toujours il sait parfaitement doser les scènes d’actions et les scènes explicatives. Le roman est prenant, nous ne parvenons pas à nous arrêter de lire. Nous avons le même plaisir à suivre nos personnages favoris, sans compter que nous nous penchons davantage sur d’autres protagonistes tels que Caleb, le fils adoptif de Peter ou bien les enfants de Sarah. Comme à son habitude l’auteur parvient habilement à réunir ses héros alors que tout semble fait pour les séparer.

Le vrai point fort de La Cité des Miroirs est que nous avons également le point de vue du grand méchant du roman, Zéro. Nous en apprenons plus sur son passé, son enfance, sa vie avant de devenir un monstre. Nous découvrons comment et pourquoi il s’est retrouvé cobaye d’une expérience gouvernementale.

L’auteur nous livre aussi d’autres éléments sur la mystérieuse Amy et nous prenons plaisir à voir évoluer ses relations avec les autres, particulièrement avec Peter.

La fin du livre est à la fois triste et belle car chaque protagoniste trouve à sa manière une sorte de rédemption, de paix. Amy notamment peut enfin raconter son histoire. Nous qui la suivons depuis son plus jeune âge, nous en éprouvons un soulagement et une joie.

Sans compter que nous avons enfin une explication sur les différents annotations que nous pouvons trouver au début de certains chapitres, (les cartes ou les extraits du journal de Sarah notamment).

Cette série restera longtemps dans ma mémoire et j’éprouve un pincement au cœur à l’idée de ne plus jamais suivre les aventures d’Amy, Peter, Alicia et les autres. Justin Cronin est parvenu à créer des héros si réalistes, un univers si riche et une intrigue si prenante que nous avons l’impression d’avoir vécu l’aventure avec les personnages. Nous les avons suivis depuis Le Passage jusqu’à La cité des miroirs, nous les avons vu grandir, se mettre en danger, commettre des erreurs, changer. Lorsque l’on referme cet ultime tome, c’est comme si nous disions au revoir à des êtres chers.

Mes articles sur les deux tomes précédents : ici  et là

La cité des miroirs de Justin Cronin publié aux éditions Robert Laffont.

lundi 28 août 2017

The Book of Ivy / The Revolution of Ivy d'Amy Engel


The Book of Ivy / The Revolution of Ivy

 

Amy Engel


The Book of Ivy / The Revolution of Ivy d'Amy Engel


Dans un futur post-apocalyptique; les humains sont regroupés derrière des barbelés pour échapper aux dangers extérieurs. Deux camps se battent alors pour obtenir le pouvoir : l’un prônant la démocratie dirigée par un Westfall, l’autre proposant un système plus autoritaire dirigé par un Lattimer.

Ce-dernier l’a emporté. Deux générations plus tard afin de sceller l’entente des deux camps, Ivy Westfall doit se marier avec Bishop Lattimer. Mais Justin Westfall a chargé sa fille d’une mission bien particulière : tuer son époux.

Durant ma courte vie de lectrice, j’ai eu une grosse période pendant laquelle je dévorais des dystopies. J’ai adoré Hunger Games de Susanne Collins, Divergente de Veronica Ross et Le Labyrinthe de James Dashner. Je pensais suite à cela qu’aucun autre univers post-apocalyptique ne pourrait plus me surprendre. Le Passage de Justin Cronin m’a prouvé le contraire.

Malheureusement, The Book of Ivy ne m’a pas réservé le même étonnement. Pour commencer, les personnages étaient certes sympathiques, mais je ne me suis attachée ni à Ivy, ni à Bishop, ni à leurs amis.

Bishop est souvent apprécié parce qu’il est prévenant envers Ivy. Il ne la force à rien, notamment à avoir des relations sexuelles. Cela est certes louable dans un monde brutal où le mariage est forcé, mais ce n’est pas très étonnant. En effet, si Bishop était un être exécrable et violent, il n’aurait pas été difficile à Ivy de le tuer, ce qui n’est pas le but du roman.

Ensuite, nous sentons rapidement que la famille de la jeune fille la manipule. Sous couvert d’instaurer une démocratie, son père et sa sœur ne pensent qu’à servir leurs propres intérêts. Cela est trop rapidement perçu.

De plus, les sentiments d’Ivy envers le garçon naissent également trop vite. Après quelques jours seulement, la jeune fille se sent troublée par le mari qu’on lui a appris à haïr.

Enfin, et c’est là le gros point noir de ma lecture, je n’ai eu aucune surprise depuis le commencement du tome 1 jusqu’à la fin du tome 2 ! La série n’était pas dépourvue d’actions, loin de là, mais je parvenais à les deviner avant qu’elles ne surviennent. Le schéma de la saga suit celui des dystopies habituelles. Sans compter que la fin du tome 2 est extrêmement rapide et peu développée.

Pour conclure, je pense malgré tout que The Book of Ivy est une histoire qui peut être appropriée pour débuter la découverte de ce genre de roman. Mais, pour quelqu’un qui a lu de nombreux livres présentant des univers post-apocalyptiques, ce n’est pas une série que je conseillerais.

The Book of Ivy / The Revolution of Ivy  par Amy Engel publié aux éditions Lumen.

lundi 31 juillet 2017

Les Porteurs #1-Matt de Cat Kueva

Les Porteurs

 

 #1-Matt

 

  Cat Kueva

 


Les Porteurs #1-Matt / KuevaSuite à une explosion nucléaire, tous les humains naissent hermaphrodites. A 16 ans, chaque adolescent choisit s’il veut devenir un homme ou une femme. Matt attend avec impatience son opération pour devenir un homme, mais peu de temps avant celle-ci, un évènement va modifier toutes ses espérances. Et si l’opération n’était pas possible pour Matt ? Ses médecins lui dissimulent-ils quelque chose ? N’y a-t-il aucun traitement ?

Cette dystopie est très intéressante puisqu’elle aborde la question du genre, ce qui, à ma connaissance, est une première dans les romans post-apocalyptiques. L’auteur fait attention à chaque détail pour rendre son univers crédible : elle évoque les vêtements neutres des pré-Séza, les personnes qui n’ont pas encore subi l’opération, donne à ses personnages des prénoms mixtes ou qui n’indiquent pas leur genre.

Cat Kueva nous fait également prendre conscience des paradoxes de cette société : si elle affirme qu’elle ne fait pas de différences entre les filles et les garçons, que les personnes hermaphrodites jouent aussi bien à la poupée qu’au foot, dès que les individus choisissent leur sexe, ils doivent impérativement adopter une attitude féminine ou masculine.

C’est ce que va découvrir Flo, une amie de Matt qui a choisi, après bien des hésitations, de devenir une fille. Ses camarades de classes sont en effet dégoûtées par le fait qu’elle ne s’épile pas !

De plus, nous comprenons que les habitants de cette société sont surveillés par les médecins et les dirigeants. Les personnes ne souhaitant par forcément subir l’opération ou désirant recourir à d’autres traitements que des hormones de synthèses, sont souvent arrêtées. Sans compter que des "malades" nommés les Porteurs ne semblent pas forcément avoir besoin de médicaments pour se transformer en homme ou en femme...

Cette série semble très prometteuse, malheureusement l’auteur ne s’attarde pas assez sur les personnages et les évènements, tout semble arriver très rapidement, sans être développés. Les amis de Matt notamment, ne sont pas très présents, alors qu’ils semblent avoir des personnalités intéressantes.

Certes, quelques chapitres sont consacrés aux questionnements de Flo, mais j’aurais aimé que Cat Kueva prenne le temps de se pencher sur Gaëlle, la petite amie de Matt. Dans ce tome 1 elle n’apparaît que comme la personne prête à aider l’être qu’elle aime et rien de plus. Il y a aussi deux autres camarades de notre héros qui sont à peine nommés.

Mais j’ai bon espoir que ces bémols disparaissent du tome 2 qui se nomme justement #-2 Gaëlle.

Enfin, le point fort de ce roman est son côté addictif. Je l’ai dévoré en quasiment une journée. C’est donc une dystopie originale que je vous encourage à découvrir. Malgré les défauts que j’ai pu évoquer plus haut, mon avis reste positif !

Les Porteurs #1-Matt de Cat de Kueva publié aux éditions Thierry Magnier.

lundi 24 juillet 2017

Les douze de Justin Cronin


Les douze

 

 Justin Cronin

 


 (tome 2 du Passage)
Les douze / Justin Cronin

Si vous n'avez pas lu Le Passage, cliquez ici.

Amy, Peter, Alicia et leurs amis sont déterminés à poursuivre la traque des onze autres viruls après avoir anéanti Babcok. Mais leurs recherches sont plus difficiles que prévues, et le groupe finit par se disperser. Pourtant, cinq ans plus tard, le destin semble prêt à les réunir à nouveau afin qu’ils accomplissent leur destinée…

Ce tome 2 est à la hauteur du Passage ! L’auteur nous happe immédiatement dans son récit et parvient à ménager un incroyable suspense !

La première partie de l’œuvre, qui est plutôt courte, se déroule au moment de l’invasion des viruls, avant la naissance de Peter et de ses camarades. Mais cela n’est pas dérangeant, au contraire, Justin Cronin parvient à créer des personnages attachants, tels que April, une intrépide adolescente aux cheveux roses qui doit protéger son frère ou Danny, un chauffeur de bus souffrant d’un retard mental. La fin de notre monde vue à travers le regard de ces protagonistes est poignante. Nous sentons leur tristesse, leur horreur, leur colère face à cette situation.

Nous suivons également le périple de Lila Kyle, l’ex-femme d’un certain Wolgast et de Grey, l’homme d’entretien lié de manière étrange à l’un des douze viruls, Zéro. Ces deux êtres que tout semble séparer, (Lila est anéantie par la perte de son enfant et tente se convaincre que le monde dans lequel elle vit fonctionne normalement, tandis que Grey doit essayer de comprendre ce qu’il est devenu suite à la morsure du virul), vont finir par se croiser. Leur duo inattendu est très intéressant à suivre.

Justin Cronin nous présente également d’autres protagonistes mais je préfère ne pas en dire trop. Toujours est-il que cette partie est capitale pour la suite de l’œuvre, et que les personnages évoqués apparaîtrons dans la suite du roman.

La deuxième partie des Douze est donc consacrée à Peter, Alicia, Amy et les autres héros du tome 1. Cinq ans ont passé depuis la fin du Passage et les protagonistes ont tous évolué. Peter doit apprendre à assumer son rôle d’oncle auprès de Caleb, le fils de son frère, Amy fait face à des changements profonds, aussi bien physiques que psychologiques et va en apprendre plus sur ce qu’elle est véritablement. Alicia aussi doit s’habituer à sa nouvelle nature et est en proie à un dilemme difficile.

C’est un plaisir d’assister au changement qui s’opère en chacun des personnages tout au long de l’histoire. J’ai toujours beaucoup d’affection pour Alicia, j’admire son courage et sa témérité. J’apprécie également Amy, puisque, même si une part de mystère continue de flotter sur son identité, elle dégage une sorte d’aura à laquelle je suis plutôt sensible. Enfin, Peter m’a beaucoup touché, par ses difficultés à prendre des décisions, ses questionnements sur lui-même et sur son avenir. Ses interrogations le rendent très humain et réaliste.

Justin Cronin nous offre aussi une vue plus large sur son univers. Nous comprenons que la Colonie ou vivait le jeune homme dans le tome 1 et les camps militaires que nous découvrons par la suite n’étaient que de petites parties de ce monde. En réalité, une large part de ce dernier est contrôlé par une organisation mystérieuse nommée la Nation…

Le véritable point fort de ce tome 2 est la capacité de l’écrivain à réunir ses personnages. Lorsqu’au début de l’intrigue nous comprenons que les héros se sont dispersés aux quatre vents, nous nous demandons comment Justin Cronin va réussir à les faire se retrouver. Parfois nous craignons même qu’ils soient tués avant d’y parvenir ! Mais l’auteur a plus d’un tour dans son sac et tout est fait avec beaucoup de réalisme. Les pièces du puzzle se mettent peu à peu en place pour notre plus grand plaisir !

Ce tome 2 est donc un véritable coup de cœur et j’ai hâte d’attaquer le troisième et dernier tome afin de conclure en beauté cette trilogie !

 Les douze de Justin Cronin, publié aux éditions Robert Laffont.

lundi 10 juillet 2017

La Servante Ecarlate de Margaret Atwood


La Servante Ecarlate

Margaret Atwood

 

 La Servante Ecarlate / Margaret Atwood


Pour combler la chute vertigineuse de taux de fertilité, le gouvernement a décidé de transformer toutes les femmes susceptibles d’avoir un enfant en esclaves sexuelles. Louées par des familles riches qui désirent une descendance, elles sont appelées les Servantes Ecarlates. Defred, un jeune femme d’une trentaines d’années, a été enrôlée de force. Prisonnière de sa condition, elle ne sait que faire, doit-elle se révolter ou se taire ?

Les Yeux, la police secrète, sont partout. Sans compter que son ex-mari Luke et sa fille sont entre les mains du gouvernement. Recluse dans la maison de la famille riche qui l’a louée, Defred nous relate son étrange histoire.

Le roman de Margaret Atwood est une bonne surprise. Non pas que le récit soit joyeux, au contraire, mais l’intrigue est bien ficelée et très prenante. L’auteure décrit parfaitement l’univers totalitaire qu’elle a crée, les différentes classes sociales, les us et coutumes ainsi que le monde d’Avant, le temps où les femmes n’étaient pas réduites en esclavage. Malgré cette foule de détail, nous comprenons assez vite les structures de ce nouveau monde.

Le roman a un rythme plutôt lent, à l’image du combat souterrain que doivent mener les personnages pour échapper à la police secrète. Les détails du passé de Defred, de l’éventuelle résistance qui pourrait s’être formée, nous sont donnés à mesure que la jeune femme y fait allusion ou découvre de nouveaux éléments.

Defred est également fascinante. C’est une personne tout à fait ordinaire, qui hésite sur la conduite à tenir, par crainte, par fatigue. Elle n’est pas présentée comme une héroïne, à la manière de Katniss Evedeen dans Hunger Games. Au contraire, nous pourrions davantage la rapprocher de Winston, le protagoniste principal de 1984 de George Orwell.

A certains moments du récit, elle peut sembler passive, mais c’est à cause l’angoisse qu’elle
éprouve pour son ex-mari et sa fille. Defred craint que ses actes ne se retournent contre eux. Sans compter qu’il est difficile de savoir à qui se fier. Ce tiraillement constant donne un côté humain et réaliste à la jeune femme.

Etant au cœur du système des Servantes Ecarlates, elle nous offre également une vision précise des conditions de vie des ces esclaves.

La relation qu’elle entretient avec le Commandant, l’homme qui dirige la maison où elle « travaille », est étrange, malsaine. Defred éprouve un mélange de pitié, de dégoût et de haine pour celui qui l’exploite, mais qui, dans le même temps, semble chercher à nouer une relation humaine avec elle.

D’autres personnages plus combatifs tels que Deglen, une autre Servante Ecarlate, ou Moira, une amie de Defred, tiennent des rôles importants dans le récit. Courageuses et rebelles, elles inspirent notre héroïne.

La Servante Ecarlate est un roman qui nous rappelle que le combat pour la libération des femmes n’est jamais véritablement terminé, et qu’il faut toujours se montrer vigilant.e.s pour préserver nos droits, notamment dans les périodes difficiles.

La Servante Ecarlate de Margaret Atwood publié aux éditions J'ai lu.

Découvrez une autre grande lectrice de La Servante Ecarlate ici.

lundi 3 juillet 2017

Phobos de Victor Dixen (trilogie)


Phobos

(Trilogie)

Victor Dixen


Phobos / Victor Dixen

Dans un futur proche, l’humanité met au point un programme de télé réalité ambitieux : envoyer sur Mars six filles et six garçons. Pour pimenter l’aventure, les jeunes gens devront se séduire afin de trouver l’élu de leur cœur et de l’épouser une fois arrivés sur la planète rouge. Léonor, une orpheline de 17 ans, s’est engagée à participer à l’émission non pas parce qu’elle espère rencontrer un garçon qui la fera chavirer, mais pour quitter une existence insipide se résumant principalement à travailler dans une usine de pâté pour chien !

Le périple de nos douze héros va cependant prendre une tournure bien plus dramatique que romantique. En effet, la productrice exécutive du programme, Serena McBee, ne semble pas leur avoir tout dit.

Que vont trouver les pionniers sur leur nouvelle planète ? Pourquoi les proches collaborateurs de la productrice semblent disparaître les uns après les autres ? Et surtout, pourquoi certaines personnes sont prêtes à tout pour empêcher le vaisseau spatial de décoller ? La seule façon de le découvrir est d’embarquer !

La première fois que j’ai lu le résumé de la saga Phobos, un détail ma rebuté : les romances spatiales ! J’avais peur de découvrir une histoire mièvre, bourrée de clichés avec des personnages naïfs. Toutefois, même si Victor Dixen use de quelques stéréotypes, il parvient à les détourner pour nous surprendre.

Tout d’abord nous pouvons observer au fil des tomes que les couples censés être éternels ne le sont pas forcément. (Je n’en dis pas plus pour ne pas vous spoiler).
L’auteur nous réserve également beaucoup d’autres surprises. En effet, le point fort de cette série est le côté addictif, on ne peut s’empêcher de dévorer les romans. Victor Dixen crée des rebondissements inattendus qui nous tiennent en haleine !

Au niveau des personnages, je me suis attachée à Léonor pour son côté courageux et
téméraire, à Kelly, une autre prétendante, pour son caractère bien trempé, et à Kenji, un mystérieux jeune phobique qui a malgré tout choisi de s’embarquer sur Mars dans le but d’accomplir une étrange mission.

J’ai également été fascinée et horrifiée par Serena Mc Bee. Même si dès le début nous nous doutons que son côté maternel à l’égard des pionniers n’est qu’un leurre, nous sommes loin de soupçonner son avidité et sa soif de pouvoir.

D’autres protagonistes m’ont aussi charmée, notamment Harmony, la fille de Serena Mc Bee et Andrew, le fils d’un des producteurs du programme. Ensemble, ils vont découvrir la véritable nature de l’émission de télé réalité ainsi que la vraie personnalité de leurs parents. Harmony va gagner en maturité et en détermination au fil des tomes.

Enfin, la découverte de Mars n’est pas supplantée par la romance ou l’enquête des personnages. Victor Dixen fait l’effort d’inclure des termes assez savants pour rendre sa mission crédible, les personnages ont un rôle précis à bord du vaisseau, le roman comporte également des croquis de la planète rouge, de son climat, de la navette spatiale. Cela donne un côté réaliste à la trilogie.
La seule chose qui m’a véritablement dérangé dans cette série est le style de l’écrivain. J’ai trouvé que dans les deux premiers tomes, le romancier utilisait un vocabulaire assez pauvre (malgré les termes scientifiques évoqués plus haut). Ce problème est heureusement atténué dans le tome 3.

Nous pouvons supposer que cette œuvre est un questionnement sur l’avenir de la télévision et du divertissement. Jusqu’où serons-nous prêts à aller pour nous distraire et quelles seront les conséquences ? Il ne tient qu'à nous de décider ce que l'on tolère ou non.

En définitive, la trilogie Phobos reste une bonne surprise !

Phobos : Tome 1 : Il est trop tard pour regretter, Tome 2: Il est trop tard pour oublier, Tome 3 : Il est trop tard pour renoncer publiés aux éditions R-jeunes adultes.

Découvrez d'autres avis sur Phobos avec les vidéos de Lemon June et d'Audrey-Le Souffle des mots !




Un tome annexe de Phobos est paru : Phobos origines :Avant qu'il soit trop tard.

Phobos (tome annexe) / Victor Dixen

lundi 26 juin 2017

Le Passage de Justin Cronin


Le Passage

Justin Cronin

(Tome 1)


Le Passage / Justin Cronin


Les Etats-Unis sont quasiment anéantis suite à l’attaque d’une horde de créatures nommées les viruls. Ces êtres tuent sans pitié les personnes qui sont sur leur chemin, en contaminant un humain sur dix afin de perpétuer leur espèce. Les survivants se sont rassemblés en colonies.

Peter Jaxon, un jeune homme de dix-sept ans, pense connaître le monde dans lequel il a grandit, mais lorsque son frère se fait enlever par des viruls et qu’une mystérieuse jeune fille nommée Amy arrive un jour dans sa colonie, il sait que sa vie ne sera plus jamais la même. Et si la nouvelle venue était la clé pour comprendre ce qui a bien pu déclencher la création de ces monstres? Aidé de ses amis, Peter décide de percer à jour ce mystère. Mais il doit se hâter, car les lumières qui protègent sa colonie des créatures vont bientôt s’éteindre, anéantissant tout espoir de survie…

Le roman de Justin Cronin est un coup de cœur ! Du début à la fin de ce premier tome, l’auteur parvient à nous tenir en haleine ! En effet, il alterne habilement les passages explicatifs nous permettant de comprendre l’origine des viruls, et les passages d’action qui amènent des rebondissements incroyables !

De plus, il développe aussi bien les personnages apparaissant dans la période pré-apocalyptique que post-apocalyptique, ce qui ne donne pas l’impression que l’une des parties n’est qu’un « prologue » avant d’entrer véritablement dans le récit. Au contraire, nous nous attachons aux personnages, pour le meilleur… et surtout pour le pire ! Bien des fois l’auteur nous fait craindre pour la vie de nos héros !

Justin Cronin a réussi à créer des protagonistes aussi attachants et différents les uns des autres : Peter, qui doit endosser de nouvelles responsabilités et veiller sur ses amis, est touchant et gagne en maturité au fil des pages ; Alicia, une jeune et fougueuse guerrière, doit faire face à des choix difficiles et à de nombreux dilemmes ; Amy, enfin, apprend à interagir avec les autres et peut s’appuyer sur ses nouveaux camarades. C’est également elle qui guide le groupe jusqu’à la fin de leur voyage. J’ai particulièrement apprécié son côté mystérieux.

La « psychologie » des viruls est également bien développée, si tant est que l’on puisse parler de psychologie dans le cas de ces créatures. Justin Cronin sème peu à peu des indices pour nous permettre de comprendre qui ils étaient autrefois et ce qu’ils sont devenus.

L’atmosphère du roman est prenante ! Le monde créé par l’auteur est cauchemardesque mais très bien décrit. Nous nous représentons facilement les villes abandonnées, les usines désaffectées, les landes désertes qu’il dépeint au fil du récit.

Le seul « point noir » de cette série est la longueur des tomes. En effet, le tome 1 fait 1265 pages, alors  que le tome 2 n’en fait que 960 ! Certes, nous sommes happés par l’histoire, mais il est normal de se sentir découragé par cette encyclopédie ! Mon conseil pour aborder cette série est de la commencer cet été, afin d’avoir tout le temps de la lire.

Malgré cela, je classe ce roman dans la catégorie coup de cœur, puisque depuis que j’ai terminé le tome 1, je me languis d’Amy, Peter et Alicia et il me tarde de les retrouver dans le tome 2 !

Le Passage de Justin Cronin publié aux éditions Robert Laffont.

vendredi 7 octobre 2016

Fire Sermon de Francesca Haig


Fire Sermon 

Francesca Haig

Tome 1 

 
Dans un monde post apocalyptique, les Hommes ne donnent plus naissance qu’à des jumeaux, une fille et un garçon. Pour un être parfait, nommé Alpha, se trouve son contraire, l’Oméga, qui souffre de malformations physiques. Ils sont rejetés loin de la société des Alpha, dans des terres arides et désolées.

Déclarée Oméga à l’âge de treize ans, Cass est chassée de la demeure où elle a toujours vécu, et doit aller vivre dans une colonie d’Oméga. Alors qu’elle peine tant bien que mal à se faire accepter par ses pairs, elle est enlevée par un commando de soldats Alpha. Ces derniers sont à la solde de son frère jumeau, Zach, un puissant membre du gouvernement. Il désire en effet trouver une île mystérieuse qui serait le siège d’une possible résistance Oméga, et il a bien l’intention de forcer Cass à l’aider.

La jeune femme dispose d’un don très particulier et rare : au lieu de souffrir d’une malformation physique, elle peut lire l’avenir ou voir le passé, débusquer des passages secrets ou sentir la présence d’un ennemi. C’est un devin, un être rejeté par les Oméga car il ne dispose pas de malformations quelconques, et craint par les Alpha pour sa capacité à percer les secrets de l’avenir.

Mais dans cette quête, les deux jumeaux doivent rester en vie, car si l’un meurt, l’autre succombera à son tour.

Le roman de Francesca Haig fut une bonne lecture. J’ai trouvé l’idée des jumeaux originale. Leur relation basée sur un mélange d’amour et de haine est très bien rendue. Le passage où l’auteur relate le moment de la dissociation des jumeaux est plein de tension, nous appréhendons mieux la perversité du système. Malheureusement, quelques longueurs rendent la lecture moins agréable. Ce tome 1 nous permet davantage de nous faire une idée de cet univers post apocalyptique que de nous plonger dans une aventure trépidante. En effet, même s’il y a bien quelques moments de tensions durant l’intrigue, Francesca Haig décrit beaucoup le quotidien des personnages, leur routine, ce qui casse le rythme du récit.

La fin de ce tome 1 m’a un peu déçue car le combat contre l’un des grands « méchants » de l’histoire n’a pas été aussi spectaculaire que je l’avais escompté, au contraire. Nous sentons que l’auteur réserve beaucoup d’éléments pour la suite de l’histoire.

Nous avons donc un tome 1 qui manque un peu de rythme mais le deuxième volume semble très prometteur.

Fire Sermon de Francesca Haig publié aux éditions Hachette.