Diane LeGoffe exerce un métier peu commun : elle officie en tant que guérisseuse dans une région reculée de Bretagne. Mais un matin, alors qu'elle se rend au chevet d'un patient, sa voiture dérape sur une plaque de verglas, la tuant sur le coup. Une de ses amies de Paris, écrivaine et journaliste, se rend alors en Bretagne pour soutenir ses deux filles, désormais orphelines. Mais la cadette est formelle : la mort de Diane n'est pas un accident, c'est un meurtre. En effet, sa mère n'était pas seulement dénommée guérisseuse, on chuchotait également qu'elle était une sorcière. Et si le décès de Diane avait été provoqué par un mauvais sort ?
Ce roman est un coup de cœur, une excellente surprise ! Le thème de la sorcière m'a toujours beaucoup intéressée et fascinée, mais je n'avais jamais encore lu de roman comme celui-ci. En effet, nous ne sommes pas dans une œuvre fantastique, où la magie est synonyme de boules de feu et d'éclairs aveuglants. Ici nous sommes face à une pratique plus proche de la nature, plus spirituelle. L'autrice explore les différentes significations des mots "sorcière" et "guérisseuse", en retraçant notamment l'histoire de la sorcellerie en Bretagne. Elle évoque notamment le mythe de Merlin l'Enchanteur. Elle joue très bien sur la frontière ténue qu'il existe entre les phénomènes paranormaux et les phénomènes dits "magiques" qui ne se réalisent que parce que l'on y croit avec fermeté.
La narratrice, écrivaine parisienne, est tiraillée entre une éducation très rationaliste et une attirance pour les forces occultes et la sorcellerie. En menant son enquête sur la mort de sa meilleure amie, elle interroge différents personnages sur leur vision de la magie, offrant au lecteur une palette de perceptions différentes. A travers ce personnage, l'autrice nous invite également à nous pencher sur le métier d'écrivain. La narratrice éprouve une culpabilité car tout ce qu'elle écrit dans ses romans, notamment les choses les plus tragiques, semblent se réaliser. Or peu de temps avant la mort de Diane, elle rédige un passage comportant un accident de voiture. Cela nous fait nous poser la question du pouvoir démiurge de l'écrivain et du pouvoir des mots.
Le roman aborde également avec beaucoup de finesse la question du deuil et de la filiation. La résolution du mystère de la mort de Diane n'est finalement peut-être pas le plus important dans le livre, ce qui est très prenant est surtout le cheminement du deuil effectué par les deux orphelines.
Les chapitres courts et la plume fluides nous font dévorer ce roman.
Je recommande donc cette histoire de sorcières aux amoureux de la Bretagne, des légendes et de l'écriture. Ceux qui préfèrent les pures enquêtes peuvent risquer de s'ennuyer, cependant je leur conseille malgré tout de tenter l'aventure. Le mystère comporte une véritable résolution et ils pourraient avoir une belle surprise !
Le réveil des sorcières de Stéphanie Janicot publié aux éditions Albin Michel.
Après
la mort de son petit-ami Jim dans des circonstances inexpliquées,
Béatrice s’éloigne de son groupe d’amis, et mène une morne
existence auprès de ses parents. Ne pouvant cependant trouver la
paix, elle décide d’aller confronter ses amis un soir de tempête,
pour en apprendre davantage sur leur rôle dans cet évènement
tragique. En effet, ils semblent cacher un secret. Mais, alors
qu’ils sont tous en voiture, ils sont percutés par un chauffard
ivre et se retrouvent piégés dans le Neverworld, une faille dans
l’espace temps, où ils revivent indéfiniment la même journée.
Coincés entre la vie et la mort, le seul moyen de sortir de cette
boucle temporelle est de voter pour qu’une des personnes revienne à
la vie, tandis que les autres mourront pour de bon.
J’ai entendu parler de ce roman sur la chaîne d’Audrey-Le Souffle desMots. Ce livre est pour elle une assez bonne lecture, bien que son
avis soit plutôt mitigé, et qu’elle ait moins apprécié sa
lecture que ce qu’elle avait prévu. Le résumé du roman
m’intriguait cependant, et lorsque je l’ai vu en bibliothèque,
j’ai sauté sur l’occasion !
Je suis
plutôt satisfaite de cette découverte. Tout d’abord, j’ai
beaucoup aimé découvrir le fonctionnement du Neverworld. L’autrice
parvient à mettre en place différentes étapes très pertinentes. Dans un premier temps, les personnages nient la réalité, en ne voulant pas
croire qu’ils puissent véritablement être coincés dans une même
journée. Ensuite, certains d’entre eux profitent du fait qu’ils
puissent agir en toute impunité pour commettre les délits les plus
atroces, en ayant l’assurance que leurs victimes oublieront tout le
lendemain. Enfin, ils vont peu à peu percer les secrets de ce monde
et les mettre à profit pour tirer au clair les circonstances de la
mort de Jim.
/!\
spoiler ! Le Neverworld est bien plus qu’une simple boucle
temporelle, c’est également un univers basé sur un roman, que l’un des autres personnages, Martha, ne cesse de relire. Cet ouvrage,
constitué d’univers parallèles et de voyages dans le temps, donne
plus d’épaisseur au monde décrit, et permet ainsi aux
protagonistes de voyager dans le temps, toujours sur une seule
journée, pour progresser dans leur enquête. Ce procédé m’a
semblé très ingénieux, car non seulement on en apprenait davantage
sur les circonstances de la mort de Jim et le passé des personnages,
mais en plus le Neverworld et son aspect fantastique n’étaient pas
mis de côté. L’autrice parvient donc à gérer ses deux
tableaux : l’enquête policière et la dimension surnaturelle
de son roman.
L’histoire
est aussi bien menée. Il n’y a pas de moments de flottements, les
actions s’enchaînent, et les retournements de situation arrivent
presque toujours à nous surprendre. La fin a certes un côté
prévisible, mais dans le même temps l’autrice parvient à
instaurer un retournement de situation inattendu.
L’intrigue,
la charpente et le déroulement de l’histoire sont donc pour moi
les gros points forts de ce livre. Cependant, un bémol m’a
dérangée tout au long de ma lecture : les personnages. Ce
point a déjà été abordé par Audrey dans sa vidéo, et je la
rejoins sur l’idée qu’aucun des protagonistes n’est
véritablement appréciable. En effet, les amis de Béatrice
apparaissent pour la plupart comme des adolescents insouciants et
écervelés, qui bénéficient d’une vie facile grâce à la
richesse de leur famille. Jim, la victime de l’histoire, semble dès
le début n’être pas du tout le prince charmant et le garçon
merveilleux décrit par la jeune fille et son entourage. Quant à
l’héroïne, elle laisse transparaître parfois une naïveté qui
frise la bêtise, bien que la fin du roman donne plus de profondeur à
son personnage.
Cela
place donc la lecture dans un angle particulier. En effet, cette idée
de vote pourrait instaurer un enjeu émotionnel, si nous craignions
pour la vie d’un de nos personnages préférés. Or, ici, puisque
aucun ne suscite vraiment notre sympathie, notre attente du résultat
du vote tient plus de la volonté de voir réaliser notre prévision.
De plus, les protagonistes sont parfois stéréotypés. Béatrice
représente la gentille fille, Whitney la belle adolescente
colérique, Carton le génie de l’informatique, Martha, le rat de
bibliothèque à l’intelligence surdimensionnée, Jim, le faux
prince charmant et Kipling le meilleur ami de l’héroïne.
Cependant, l’autrice parvient à la fin à jouer avec cette image
clichée des personnages lors d’un des retournements de situation
de la fin, en mettant en perspective nos propres a priori sur eux.
Mais cette remise en question intervient vraiment tard dans le roman, et
n’annule pas véritablement l’impression qu’ils nous font
ressentir tout au long de notre lecture.
Cela ne me dérange pas de n’avoir aucune affection pour les
protagonistes, il y a certains héros de roman que l’on aime suivre
même s’ils sont détestables, et parfois parce qu’ils le sont, mais ici je trouvais qu’ils manquaient parfois de
profondeur, que nous restions trop en surface.
Ils
effectuent certes un cheminement dans le Neverworld, mais nous nous
sentons toujours à distance d’eux, sans doute également à cause
du fait que l’héroïne, qui est aussi la narratrice, n’a plus
rien en commun avec ses anciens amis.
Ainsi,
je recommande la lecture du Matin de Neverworld pour
la richesse de son univers, la capacité de l’autrice à mettre en
place à la fois une enquête policière qui tienne la route mais
également un monde parallèle où les règles sont totalement
différentes de notre réalité. Le peu d’attachement que nous
éprouvons pour les protagonistes n’empêche pas de savourer le
suspense établi pas l’autrice.
Le matin de Neverworld de Marisha Pessl publié aux éditions Gallimard Jeunesse.
A
quatre-vingt-dix-neuf ans, Grace a eu le temps de vivre mille vies.
Elle a été archéologue, professeure à l’université et a voyagé
aux quatre coins du monde. Mais la période qui lui revient le plus
clairement est l’époque où elle servait en tant que bonne au
manoir de Riverton, en Angleterre, à l’aube du XXe siècle. Elle a
notamment servi la jeune et fougeuse Hannah et sa jeune sœur
Emeline. Mais être domestique permet aussi d’être au courant des
secrets les mieux gardés. Grace sait par exemple la vérité au
sujet du suicide d’un célèbre poète, Robbie, qui aurait été
selon la rumeur le fiancé d’Emeline et l’amant d’Hannah.
Hantée par les fantômes de son passé, la vieille femme est enfin
prête à se confier…
Ce
roman est une excellente lecture ! Une fois encore Kate Morton
montre son talent à créer des intrigues bien ficelées et à
dépeindre la haute société anglaise au début du XXe siècle.
L’auteur parvient à rendre compte des vieilles traditions
ancestrales, de l’ambiance qui pouvait régner depuis le salon
jusqu’à l’office des domestiques. Elle nous fait également très
bien percevoir les bouleversements qu’a subi ce monde bien
ordonné, notamment avec les ravages de la Première Guerre
mondiale, l’avènement des syndicats et l’explosion des
conventions.
Les
personnages de ce roman m’ont également beaucoup plu. J’ai adoré
suivre Grace à la fois en vieille femme âgée qui relate son
histoire et également en jeune domestique de quatorze ans. Ce double
point de vue nous permet de savoir tous les détails de la vie des
riches aristocrates qu’elle servait et d’avoir son point de vue
critique et distancié des évènements. De plus, même si Kate
Morton se concentre beaucoup sur le passé de Grace, elle ne néglige
pas non plus son développement par la suite. Nous comprenons combien
son service à Riverton a affecté toute sa vie future.
J’ai
aussi beaucoup aimé suivre la relation qui s’établit entre Hannah
et Grace. Même si elles ne sont absolument pas du même monde, elles
parviennent à nouer une complicité. A travers les yeux de la jeune
bonne, nous avons une image idéalisée d’Hannah, qui apparaît
comme fougueuse et prête à briser les conventions. Mais il est
intéressant de voir le développement qu’en fait l’auteure, en
nous montrant comment elle est contrainte de se plier aux normes de
son monde, en se mariant avec un homme qu’elle respecte mais n’aime
pas. Ce choix de vie finalement rangée amènera son malheur. Kate
Morton souligne à travers Hannah la sensation d’emprisonnement
dont pouvaient souffrir les femmes de la haute société.
C’est
finalement Emmeline qui se montre la plus libre des deux, en se
lançant dans le cinéma, sans crainte de provoquer le scandale !
A la
fin du roman, nous ressentons une tristesse vis à vis d’Hannah en
pensant au destin dont elle rêvait et qu’elle n’a finalement pas
eu.
Ce
roman est un des plus célèbres de Kate Morton, que je recommande
aux amateurs de la vie de la bonne société anglaise, des scandales et des
enquêtes !
Les
Brumes de Riverton de Kate Morton publié aux éditions Pocket.
Mon article sur un autre roman de Kate Morton, L'enfant du lac: ici
Catherine,
une jeune avocate prometteuse, est ravie. Elle vient enfin de
décrocher un procès en assise, qui lui permettra sûrement de
prendre du galon en temps que membre du barreau. Sa cliente, Miriam,
une jeune gabonaise récemment arrivée en France suite à des
circonstances tragiques, est accusée d’avoir assassiné son époux
Gaston, afin de toucher son héritage. Pour Catherine, sa cliente est
victime du racisme ordinaire et de la cupidité de la famille de
Gaston, qui ne peut supporter que la jeune femme soit l’héritière
de la fortune du défunt. Alors que l’avocate se rend dans la
Creuse pour couvrir le procès, elle réalise que son propre passé,
douloureux et tragique, pourrait bien la rattraper. En effet
vingt-ans plus tôt sa mère est morte assassinée sauvagement. Et si
Catherine se rapprochait sans le savoir de l’assassin ?
J’ai
emprunté ce roman complètement par hasard, en voulant simplement
savourer une enquête policière couplée d’un suspense haletant,
pourtant je dois admettre que je suis plutôt déçue par ma lecture.
Le
personnage de Catherine m’a tout d’abord posée problème. En
effet je trouve qu’elle est l’archétype de l’héroïne de
roman policier, c’est-à-dire belle, pourvue d’un passé tragique
et douloureux, d’une carrière exigeante et d’une vie amoureuse
et sexuelle débridée, bien que souffrant parfois d’un manque de
vrai amour… J’ai trouvé que Catherine rentrait un peu trop dans
les codes habituels. Malgré tout, je suis quand même parvenue à
m’attacher à elle et à la suivre dans son aventure jusqu’au
bout. C’est pourquoi je peux évoquer mon deuxième problème,
l’intrigue, ou plutôt, son dénouement.
Durant
tout le roman, l’auteure parvient à développer de façon
équilibrée deux axes majeurs : le procès de Miriam et le passé
de Catherine. Nous découvrons à tâtons avec le personnage divers
éléments pouvant l’aider à reconstituer des traces de sa mère.
Sylvie Granotier parvient à faire progressivement monter une tension
à mesure que nous progressons vers le dénouement ! Elle nous
donne même le point de vue de potentiels meurtriers ou personnages
dangereux pour Catherine, ce qui nous plonge dans une angoisse
semblable à celle qu’éprouve parfois l’héroïne. L’écrivaine
parvient aussi à dresser le portrait de nombreux personnages
secondaires.
Mais la
fin de La rigole du diable m’a
fait l’effet d’un pétard mouillé, d’un feu d’artifice trop
vite éteint… Le point culminant tant attendu du récit est relaté
beaucoup trop rapidement à mon goût. Pour commencer, avant d’en
avoir une confirmation explicite, j’avais déjà deviné qui était
le meurtrier. De plus, lorsque Catherine est confrontée à celui-ci,
je trouve que la scène passe trop rapidement. Le sort du coupable
est expédié en quelques lignes et nous n’avons pas vraiment de
détails sur le cheminement parcouru par l'avocate pour en
arriver à cette conclusion.
Le
procès de Miriam n’a également pas le grandiose que nous pouvions
espérer. Là encore, au lieu d’être théâtrale, détaillée,
l’affaire est expédiée en à peine un chapitre. Il
y a certes un petit retournement de situation mais cela ne change pas
vraiment le cours des évènements, Catherine continue toujours de
défendre sa cliente.
[Spoiler
alert] Le
lecteur peut aussi avoir l’impression de rester sur sa faim lorsque
le roman se termine, puisque nous n’en savons pas plus sur les
motivations de Miriam qui l’ont poussées à dissimuler des
éléments importants à son avocate ou qui a mis le cyanure
dans la nourriture de Gaston. Tout
est beaucoup trop rapide !
Ce
point négatif est vraiment très problématique pour moi puisque la
fin dans un roman est déterminante. Ainsi, je ne peux même pas
vraiment qualifier ce roman de bonne lecture, mais de lecture
passable, qui m’a laissée insatisfaite.
La Rigole du diable de Sylvie Granoiter publié aux éditions Albin Michel.
Jo et
Céline, deux sœurs de 15 et 16 ans vivent dans une petite ville de
province du Sud de la France. Écrasées par le soleil, la chaleur et
l’ennui, elles s’apprêtent à vivre un été semblable à tous
ceux qui ont précédés, en partageant leur temps entre la fête
foraine du village et les baignades clandestines dans les piscines de
villas inoccupées. Mais tout bascule lorsque l’on s’aperçoit
que Céline est enceinte. Devant son refus de dire qui est le père
de l’enfant à naître et l’impossibilité d’avorter, une
tension va peu à peu gagner la famille et les amis des deux
adolescentes. La jeune femme va s’attirer le mépris de sa mère et
la colère de son père, un alcoolique irascible et violent,
soupçonnant tous les hommes qui s’approchent de Céline et capable
de commettre l’irréparable…
Ce
roman constitue un véritable choc, une immense découverte. J’avais
entendu parler de cette œuvre puisque Marion Brunet a remporté le
Grand Prix de littérature policière en 2018, mais je n’avais pas
prévu de le lire. Le premier chapitre m’a cependant fait changer
d’avis. Le début violent de l’histoire, où Céline reçoit une
gifle de son père, nous fait plonger dans le récit et nous pousse à
continuer notre lecture.
« Ce
soir, Céline, c’est pas une main au cul qu’elle se prend, c’est
une main dans la gueule. »
Marion Brunet retranscrit parfaitement l’ambiance lourde du récit
via les descriptions du paysages. Ces maisons décrépites et toutes
semblables traduisent l’enfermement des personnages qui ne semblent
pas pouvoir changer de vie, échapper à leur quotidien.
La famille de Céline et Jo est particulièrement détestable. Nous
avons l’impression qu’il existe une sorte de malédiction qui
conduit l’histoire à se répéter sur plusieurs génération, en
effet la mère de Céline avait également eut sa fille très jeune
de façon accidentelle. Nous sentons également toute la rancœur
accumulée par père des jeunes filles contre sa situation sociale,
son manque d’argent. C’est un homme fermé sur lui-même, raciste
et plein de violence. C’est un personnage qui apporte une grande
tension au récit.
Céline et Jo quant à elles sont très intéressantes car ce ne sont
pas des héroïnes idéales. En effet l’auteure n’essaye pas de
nous les rendre sympathiques mais de les dépeindre de façon
réaliste. Même si les deux sœurs s’aiment, et que Jo soutient
Céline, cela ne l’empêche pas de montrer par moments dure avec
elle. Jo est une jeune fille particulièrement insaisissable,
sauvage, presque dangereuse. Pourtant cette détermination, cette
force, et ce goût pour le théâtre qu’elle découvre tout au long
du roman nous fait penser que, de tous ceux qui l’entourent, c’est
peut-être la seule qui parviendra à s’échapper de cette vie
misérable.
Jo n’est pas forcément sympathique de prime abord, mais nous
apprenons à l’aimer et à l’apprécier au fil des pages.
Marion Brunet décrit aussi à la perfection les ravages que le
racisme et l’ignorance peuvent faire, combien nous pouvons tout
mélanger lorsque nous sommes mal informés et ainsi créer des
tensions terribles, qui amènent à des éclats de violence. Sa
plume, incisive, avec des termes crus et vulgaires, nous plonge une
fois encore dans l’atmosphère du village et ne nous épargne aucun
détail. Cela rend ce roman encore plus percutant et marquant.
Je vous recommande donc chaudement la lecture de L’été
circulaire qui vous hantera pour longtemps !
L'été circulaire de Marion Brunet publié aux éditions Albin Michel.
Pour arrondir ses fins de mois, Madeline décide de prendre un poste de professeure à l'institut Santangelo, spécialisé dans le traitement des enfants souffrant de difficultés psychiatriques. A sa grande surprise, la jeune femme finit par s'attacher aux pensionnaires, ce qui l'aide à tenir le coup au milieu de ses collègues, qui sont presque tous sont à la solde du mystérieux directeur de l'établissement, un homme aux méthodes plus que douteuses. Ainsi, lorsque deux des élèves se suicident, Madeline ne croit pas à cette version des faits et décide de mener l'enquête.
J'ai emprunté ce roman par simple curiosité, en ayant envie de plonger dans une enquête pleine d'actions. Mais ma lecture n'a pas vraiment été satisfaisante.
J'ai plutôt apprécié le cadre mis en place par l'autrice, cette "école des dingues" est un monde complexe où tout est fait pour pousser les professeurs et les élèves à bout. Il est intéressant de voir les rapports de forces qui s'y développent, de découvrir les lieux à travers les yeux du personnage principal.
Madeline est cependant le premier petit point noir de ma lecture. C'est apparemment une héroïne récurrente de Cornelia Read, bien que nous n'ayons pas spécialement besoin de lire ses romans dans un certain ordre, chacun présente une histoire complète. Cependant, même si j'ai trouvé Madeline agréable à suivre et assez drôle et attachante, elle n'est pas très originale. C'est le portrait caractéristique de l'héroïne de romans mystérieux, à la fois belle et intelligente, un peu ironique, avec un passé douloureux. J'ai donc eu un peu de mal à m'attacher profondément à elle.
Pour ce qui est du mystère en lui-même, je trouve qu'il arrive assez tard dans le roman. Cela n'est pas forcément un problème puisque nous pouvons nous imprégner de l'atmosphère, mais dans le même temps, tout avance très rapidement, et il est parfois difficile de suivre le raisonnement des personnages. La résolution du mystère m'a d'ailleurs plutôt déçue, j'ai trouvé la version proposée par l'auteure assez étrange et tirée par les cheveux, sans compter que les motifs des coupables restent assez obscurs.
J'aurais presque préféré qu'il n'y ait pas de mystère et que nous continuions plutôt à suivre Madeline dans son travail de professeure, j'ai trouvé la partie consacrée à l'école plus intéressante. C'est donc un avis plutôt mitigé que je propose pour L'école des dingues. Peut-être conviendrait-il mieux à quelqu'un qui a lu d'autres romans de Cornelia Read et qui a donc pu suivre Madeline dans d'autres aventures. Ce roman ne sera donc qu'une lecture agréable mais plutôt passable pour moi.
L'école des dingues de Cornelia Read publié aux éditions Actes Sud.
Mikael
Blomkvist, un brillant journaliste économique et fondateur de la
revue Millénium, a de gros
ennuis. En effet, alors qu’il a voulu dénoncer la malhonnêteté
d’un gros industriel, ses informations se sont révélées fausses
et il se retrouve condamné à trois mois de prison. Il a en plus
perdu sa crédibilité et son journal risque d’en pâtir. Alors que
tout semble désespéré, il est contacté par un ami de son père,
Henrik Vanger, un des plus puissant industriel de Suède.
Ce-dernier
lui promet de l’aider à faire tomber l’industriel véreux s’il
l’aide à résoudre un mystère vieux de trente ans. En effet le
vieil homme est prêt à tout pour retrouver sa petite fille,
Hariette, qui a mystérieusement disparu. Vanger est persuadé
qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille.
Même si l’enquête semble n’être qu’une impasse, Mikael se
lance à corps perdu dans les recherches, prêt à tout pour sauver
Millénium.
Dans son périple il va faire la rencontre de Lisbeth Salander, une
jeune femme mystérieuse et douée d’un talent inné pour récolter
des informations sur tout le monde. Ensemble, ils vont peu à peu se
laisser emporter par les mystères de la famille Vanger, parfois au
péril de leur vie.
La
série Millénium est
un monument de la littérature suédoise et un polar extrêmement
célèbre. J’avais à la
fois envie de le découvrir mais dans le même temps je craignais
d’être heurtée par la violence de certains passages. Finalement,
j’ai vraiment apprécié ma lecture, même si, effectivement,
certains chapitres sont particulièrement difficiles à lire.
J’ai
tout d’abord aimé comment l’auteur plantait le décors de son
récit en nous décrivant le contexte délicat dans lequel se
trouvait Mikael, son caractère et son passé. Il introduit également
assez rapidement Lisbeth Salander à laquelle je me suis beaucoup
attachée. C’est d’ailleurs aussi à travers ses yeux que
nous découvrons le journaliste, puisqu’elle est chargée de faire
un rapport sur lui à l’avocat de Vanger.
Comme tout bon auteur de polar, l’auteur parvient à mettre en
place du suspens, mais dans le même temps, nous sommes au cœur de
l’intrigue. En effet, il ne nous trompe pas en nous envoyant sur de
mauvaises pistes, j’ai plutôt eu l’impression de découvrir les
indices en même temps que les personnages. J’avais le sentiment de
faire partie de l’aventure.
De
plus, on ne s’ennuie jamais dans Millénium, même lorsque l’on
revient sur le passé des protagonistes ou que l’auteur nous décrit
comment un industriel peut mettre en place une arnaque financière.
Moi qui ne suis absolument pas férue d’économie, je me suis
surprise à être très intéressée par le monde de la finance que
dépeint Larsson. L’écrivain
est clair et précis dans ses explications, nous sentons qu’il
maîtrise véritablement son sujet.
Je
me suis également beaucoup attachée aux personnages. Mikael, le
héros du récit, m’a charmée. J’ai apprécié sa droiture, son
honnêteté et sa détermination. Il fait véritablement tout ce
qu’il peut pour retrouver Hariette Vanger, alors qu’il ne l’a
quasiment jamais vu. Il est également gentil et taquin avec Lisbeth
Salander, et sans tenter de profiter d’elle, il parvient à gagner
sa confiance.
Cette dernière est mon personnage préféré. J’ai adoré son
caractère bien trempé, son intelligence extraordinaire, son
courage, et sa volonté de venger les femmes qui ont été violentées
par des hommes. J’ai aussi apprécié son indépendance et son
refus d’entrer dans les cases crées par la société.
A travers Lisbeth Salander, Larsson dénonce les violences faites aux
femmes. Au cours du récit, avant chaque grande partie, il nous donne
des chiffres montrant par exemple combien de femmes ont été
agressées ou violées en Suède. Les résultats sont effrayants.
Certaines scènes montrant des violences sexuelles subies par des
jeunes femmes sont presque insoutenables, horribles à lire, c’est
pourquoi Millénium n’est pas un roman pour les jeunes
lecteurs ou les personnes non averties.
J’ai aussi approuvé le fait qu’outre Lisbeth, l’auteur
dépeigne d’autres protagonistes féminines fortes, notamment Erica
Berger, qui dirige en compagnie de Mikael le journal Millénium.
Je vous recommande donc chaudement de lire cette saga si vous n’avez
pas encore sauté le pas. Si vous aimez les polars, les enquêtes au
sein d’une famille et des personnages forts et attachants, plongez
sans hésiter dans Les hommes qui n’aimaient pas les femmes.
Un film sur le tome 1 est sorti en 2012 avec Daniel Craig dans le
rôle de Mikael Blomkvist et Rooney Mara dans le rôle de Lisbeth
Salander. Je ne l’ai pas (encore) vu, mais d’après la bande
annonce il semble assez fidèle à l’œuvre originale. En novembre
2018 sortira également un film sur le tome 4 de Millénium, Ce
qui ne me tue pas, avec cette fois Claire Foy dans le rôle de
Lisbeth.
Millénium de Stieg Larsson publié aux éditions Actes Sud
dans la collection Actes Noirs.
Dans un petit village de Suède, une enfant nommée Stella est
assassinée. Le meurtrier n'a jamais été retrouvé, bien que deux
jeunes filles, Hélène et Marie, aient avoué le crime avant de se
rétracter. Trente ans plus tard, une autre fillette nommée Nea est
tuée dans des circonstances similaires. Les policiers du village,
Patrick, ainsi que sa femme, Erica, une écrivaine qui travaille sur
l'affaire Stella, vont tout faire pour résoudre ce mystère. Mais
autour des deux affaires se cachent des secrets inavoués. Qui est
donc le meurtrier ?
Je n'avais encore jamais lu de polar suédois, j'étais donc
impatiente de découvrir cette auteure. La sorcière est la suite
d'une série de romans où l'on suit le personnage d'Erica Berger,
une écrivaine qui s'intéresse notamment aux affaires criminelles.
Le fait de ne pas connaître les autres histoires ne m'a cependant
pas empêchée de comprendre celle-ci.
J'ai tout d'abord apprécié la façon dont les meurtres sont
amenés, nous avons à la fois des morceaux de l'enquête sur
l'affaire Stella et les moments présents. Camilla Läckberg parvient
à maintenir le suspens à chaque chapitre.
L'intrigue dépeinte par l'auteure est complexe, en effet il y a
de nombreuses pistes et de nombreux personnages. Ceux-ci sont
d'ailleurs fouillés et développés, y compris des protagonistes que
nous sommes censés suivre depuis de nombreux tomes tels qu'Erica ou
Patrick. Je me suis d'ailleurs attachée à la jeune femme, notamment
grâce à son intelligence, sa ténacité, sa vivacité, son grain de
folie, sa passion pour l'écriture et ses inquiétudes à propos du
fait d'être « une mauvaise mère ». Elle m'a paru très
humaine.
J'ai aussi apprécié le policier Patrick, qui fait preuve d'une
extraordinaire volonté pour résoudre le mystère qui plane autour
des deux meurtres. J'ai même eu de l'affection pour les présumées
coupables, Hélène et Marie. Les deux femmes sont très différentes.
Si Hélène est une épouse effacée et soumise, Marie est une star
de cinéma flamboyante. Mais sous leurs masques respectifs, nous
sentons aussi une grande souffrance et une grande fragilité chez les
deux personnages.
J'ai même éprouvé de la compassion pour Sam le fils d'Hélène
et Jessie, le fils de Marie. Ils sont tous deux obligés de porter le
lourd fardeau que représente le passé de leurs mères. C'est
notamment à cause de cela qu'ils sont tous deux victimes de
harcèlement à l'école. Camilla Läckberg décrit avec une grande
lucidité combien les brimades peuvent être dévastatrices. Elle se
place aussi du côté des harceleurs et, sans les excuser, elle
décrit combien eux aussi peuvent être rongés par leurs propres
démons.
Ce qui m'a agréablement surprise dans ce livre, c'est combien
l'auteure se place dans l'actualité en consacrant une partie du
roman à un camp de migrants. Ils sont arrivés de Syrie à cause la
guerre et se sont réfugiés en Suède. L'écrivaine relate combien
ils ne sont pas ici de leur plein gré et combien ils souhaitent,
pour la plupart, simplement s'adapter. Elle montre également combien
le racisme peut faire des ravages. Camilla Läckberg ne fait
cependant pas preuve de manichéisme en séparant ses personnages
entre gentils et méchants, elle dépeint chacun avec ses défauts et
ses qualités.
Pour résumer, j'ai vraiment apprécié le déroulement de ce
polar, mais j'ai eu quelques soucis avec la fin du roman.
Pour commencer, il y a des passages où nous suivons également
Elin, une jeune femme ayant vécu au Moyen-Âge et qui fut accusée
d'être une sorcière. J'ai aimé suivre Elin, qui apporte une
agréable pause dans l'enquête de Patrick et Erica. J'attendais
évidemment le moment où les deux époques se rejoindraient. Mais
j'ai été déçue par l'utilisation qu'en fait l'auteure. Le lien
n'est dévoilé qu'à la toute fin du livre et je trouve qu'il
n'apporte pas grand-chose à l'intrigue. Rétrospectivement, je
trouve donc que les passages où nous suivons Elin sont inutiles, et
qu'ils peuvent embrouiller le récit au lieu de l'éclaircir.
De plus, je pense que nous devinons un élément du récit
légèrement trop tôt avant que celui-ci soit officiellement révélé,
ce qui gâche un peu le suspens.
Enfin, j'ai eu le sentiment que l'auteure est un peu trop
dramatique. Le meurtre des deux fillettes est déjà suffisamment
horrible, or Camilla Läckberg en rajoute en faisant mourir de
nombreux personnages dans de terribles circonstances.
Ainsi, La Sorcière n'a pas été une mauvaise lecture, j'ai
apprécié le déroulement de l'enquête, davantage peut-être que la
résolution et je me suis attachée aux personnages. Cependant, ce
n'est peut-être pas la meilleure histoire de la série, ainsi, je
vous conseillerai de découvrir d'autres romans de cette auteure
suédoise talentueuse en plus de celui-ci.
La sorcière de Camilla Läckberg publié aux éditions Actes Sud
collection Actes noirs.
Dans un
petit village isolé des Cornouailles, Théo, un enfant de deux
ans, disparaît mystérieusement. Ses parents, de riches
bourgeois, mettent tout en œuvre pour le retrouver, sans succès.
Des années après les faits, Sadie, une inspectrice contrainte de
prendre des vacances forcées suite à une faute grave, décide de
rouvrir le dossier et de mener sa propre enquête. Elle va alors se
tourner vers Alice, la sœur de Théo, devenue écrivain à succès.
La vieille femme, qui est spécialiste des romans policiers, ne
semble pas avoir tout révélé aux enquêteurs au moment des faits.
Quels secrets Alice Edevane et les siens ont-ils à cacher ? Et
surtout, qu'est-il advenu du petit Théo ?
Le
roman de Kate Morton est un sans faute, j'ai eu grand plaisir à le
lire. Ce qui m'a tout d'abord frappée, c'est la minutie avec laquelle
l'auteure plante son décors. Elle nous dépeint avec soin la demeure
d'Alice et Théo, une immense bâtisse lovée au creux d'une vallée
et qui a tout l'air d'être issue d'un conte de fée. Ce cadre assez
idyllique contraste avec le drame qui s'y joue. Kate Morton prend le
soin de nous dévoiler les faits petit à petit pour nous laisser
dans le flou. Comme toute bonne auteure de policier qui se respecte,
elle nous mène en bateau du début à la fin. Jusque aux
dernières pages du livre nous nous demandons ce qui a pu arriver au petit
Théo.
Outre
l'histoire, je me suis aussi attachée aux personnages, notamment
grâce au fait que Kate Morton prenne le soin de dresser le portrait
de chacun des protagonistes, même les secondaires. Nous avons ainsi
beaucoup d'informations sur Sadie, l'inspectrice, qui a plus de
fragilité qu'il n'y paraît de prime abord. J'ai aimé découvrir
pourquoi elle avait commis cette faute grave, ses
failles, ses faiblesses et ses doutes, mais également son côté
téméraire et déterminée ainsi que sa grande perspicacité. C'est
une héroïne à la fois très humaine et très agréable à suivre.
Je me
suis aussi prise d'affection pour Alice Edevane, car, même si
adolescente elle a un côté assez prétentieux et sûre d'elle, la
jeune fille est également fragile et a surtout besoin d'attention et
d'amour. La vieille femme qu'elle est devenue, drôle,
impressionnante, est touchante à cause de ses interrogations et de
ses failles. Elle est aussi hantée par les démons de son passé.
Enfin
le personnage d'Eleanor, mère d'Alice et Théo, est aussi beaucoup développé par Kate
Morton. Nous découvrons l'histoire de la disparition de Théo via son point de
vue. Si au début du livre elle peut sembler froide et autoritaire,
nous nous apercevons rapidement que ce n'est qu'un masque qu'elle a dû endosser
contre son gré. Eleanor Edevane a beaucoup de secrets et a dû
consentir à beaucoup de sacrifices, malgré cela, elle reste forte
et j'éprouve un grand respect pour elle. J'ai aussi été surprise
et touchée par son côté fougueux et passionné, notamment en
amour.
Le
style d'écriture de Kate Morton est aussi très agréable, à la
fois d'une grande fluidité mais aussi d'une grande précision. Elle
fait également preuve d'un langage soutenu lorsqu'elle se place du
point de vue d'Eleanor par exemple.
La fin
du livre m'a comblée !
Je vous
recommande donc chaudement L'enfant du lac pour
partir à la rencontre de personnages attachants, avec un suspense
qui vous empêchera de refermer le livre !
L'enfant
du lac de Kate Morton publié
aux éditions Les Presse de la Cité.
Dans une société futuriste, la littérature est devenue une marchandise très lucrative, au point que l'on assiste parfois à des trafics d’œuvres.
C'est pourquoi Thursday Next et l'unité 27 des Opération Spéciales doivent veiller à ce qu'il n'y ait pas de contrefaçon d'Hamlet ou de non
respect des droits d'auteurs. Mais lorsque le plus grand méchant du siècle et
accessoirement l'ancien professeur d'université de Thursday, a l'intention de
s'emparer des manuscrits originaux de grands classiques, afin d'en changer les
histoires, la jeune femme a bien l'intention de l'arrêter ! Sa tâche va
cependant être compliquée par la pression d'une mystérieuse agence privée,
Goliath, et par de vieux souvenirs qui ne cessent de la hanter.
Lorsque j'ai aperçu ce roman à la bibliothèque, j'étais particulièrement
intriguée par son titre "L'affaire Jane Eyre". Etant fan du roman de CharlotteBrontë, je me demandais si l'auteur voulait écrire une sorte de suite à
l'histoire. L'intrigue est en réalité beaucoup plus riche, surprenante et
complexe.
J'ai tout d'abord apprécié le cadre spatio-temporel du roman. Cette société
étonnante, à la fois futuriste et contemporaine, déchirée entre les guerres et
hantée par des créatures telles que les vampires, a des codes complexes et une
politique particulière. Le mélange entre enquête et fantastique est intéressant
et apporte une touche originale à l'histoire.
Ensuite j'ai adoré les personnages, et notamment l'héroïne Thursday Next. Sa
nature courageuse, déterminée et décalée m'a tout de suite conquise. De plus,
le méchant de l'histoire, Achéron Hadès, est particulièrement charismatique. Il
y a également certains protagonistes secondaires tels que l'oncle et la tante
de Thursday, qui sont amusants et apportent une touche d'humour au roman.
Enfin les références à d'autres oeuvres, et notamment à Jane Eyre de
Charlotte Brontë, m'ont fait sourire, et j'ai adoré me replonger dans cette
histoire à travers le regard de l'héroïne. Les connaisseurs apprécieront aussi
les références à certaines pièces de Shakespeare.
Un roman à découvrir absolument !
L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde publié aux éditions Fleuve Noir.
Pour ceux qui veulent découvrir de nouvelles aventures de Thursday, l'auteur a
écrit d'autres histoires avec cette héroïne. J'ai l'impression qu'elles
peuvent se lire indépendamment les unes des autres.
Mélaine n'a pas beaucoup de chance dans la vie. Tout d'abord, elle est orpheline. Ses parents sont morts quand elle n'était encore qu'un bébé. Elle vit donc chez sa grand-mère, une femme austère et peu affectueuse. Or, comble du malheur, celle-ci meurt, laissant la fillette seule au monde.
Heureusement, Mélaine est recueillit par deux vieilles cousines excentriques, Gretchen et Heidi. Ces dernières vont entourer la jeune fille d'amour et lui redonner goût à la vie.
Des évènements incroyables se succèdent alors. Mélaine apprend qu'elle est la propriétaire d'un sompteux manoir, qui appartenait au père de sa grand-mère. Autre surprise, elle retrouve parmi les vieux albums photos de famille un cliché montrant la vieille femme en compagnie d'une fillette, que Mélaine ne connaît pas, et qui porte un collier en forme de cœur. Or la jeune fille possède exactement le même.
Elle découvre alors que la personne sur la photographie est la sœur de sa grand-mère, et qu'elle a mystérieusement disparu quand elle était petite. Mélaine, Heidi et Gretchen vont mener l'enquête pour découvrir ce qui c'est véritablement passer.
Le roman de Moka est un coup de coeur ! Le style d'écriture est simple, mais dans un langage correcte, sans être pour autant soutenu. Le récit tient en haleine, et l'auteur parvient à dépeindre une atmosphère mystérieuse et lugubre à donner des frissons. La chute est tout simplement bluffante.
Les personnages principaux sont drôles et attachants. Mélaine, ignorée par sa famille, nous donne envie de la protéger. Nous nous réjouissons lorsqu'elle découvre le bonheur auprès d'Heidi et de Gretchen. Mélaine se révèle également pleines de ressources, avec une âme d'enquêtrice, elle va découvrir de nombreux éléments qui vont permettre de résoudre l'enquête. Ses tutrices sont drôles, gentilles, et nous plaisent beaucoup, car elles ont des manières loufoques et décalées.
Le reste de la famille en revanche est détestable. Les autres cousins sont abominables, uniquement préoccupés par l'argent de la grand-mère de Mélaine. La scène de la lecture du testament est très drôle. Moka décrit à merveille leur côté rapace, et les ridiculises chacun à leur tour.
Un livre pour petits et grands !
Le petit coeur brisé de Moka publié aux éditions L'école des loisirs.
Tom Harris est un jeune homme
solitaire et mal dans sa peau. Complexé par une tare physique (un de ses yeux
est entièrement blanc, il n'a ni iris, ni pupille), il pense que son année dans
la prestigieuse université d'Harvard va être un long fleuve tranquille. Il se
trompe lourdement. Pour commencer, sa professeur de français l'incite fortement
à intégrer le journal de l'établissement. Tom va donc se retrouver à suivre le
déroulement d'une enquête. Et pas n'importe laquelle : plusieurs enfants sont
morts de façon violente et inexpliquée. La police suppose qu’il s’agit d’un
empoisonnement.
Quelques temps plus tard, un livre
paraît en librairie. Un ouvrage étrange, au titre tape à l’œil : Le Manuel du
Serial killer. Outre le fait que l'on y trouve toutes les informations
nécessaire pour tuer quelqu'un, ce livre semble décrire le mode opératoire qui
a été utilisé pour assassiner les enfants évoqués plus haut. Et il est signé...
Tom Harris !
Or, le jeune homme n'a jamais écrit
un tel ouvrage, qui veut donc le faire passer pour un meurtrier, et dans quel
but?
J'ai adoré ce roman. Entre enquête
policière et thriller, il nous tient en haleine. L'histoire est bien menée,
l'écriture est fluide, et la fin est un électrochoc. Lorsque l'on pense avoir
découvert l'identité du coupable, un autre élément est mis en lumière, ce qui
détruit toutes nos hypothèses. Nous sommes plongés dans le flou jusqu'à la
dernière page. N'étant pas particulièrement fan de thriller et de romans policier,
j'ai pourtant été conquise par le style de Frédéric Mars. Un coup de cœur!
Le Manuel du Sérial Killer par Frédéric Mars publié aux éditions Hachette.