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lundi 14 décembre 2020

L'hypothèse du Lézard de Alan Moore et Cindy Canévet

L'hypothèse du Lézard 

Alan Moore et Cindy Canévet

 

 
L'hypothèse du Lézard de Alan Moore et Cindy Canévet

 

Ce magnifique roman graphique nous entraîne au sein d'une maison close, la Maison sans Horloge. Vendue par sa mère à l'âge de neuf ans, Som-Som porte un masque qui lui mange tout un côté du visage et altère ses capacités de paroles et de compréhension. C'est pourtant sous son regard que se déroule une histoire d'amour tragique et cruelle entre deux comédiens. Passion et ambition côtoient la vengeance.

J'avais entendu parler de ce livre sur la chaîne d'@alexbouquineenprada et j'avais très envie de me faire mon propre avis sur cette œuvre.

Pour commencer, il faut souligner que le travail de l'illustratrice est absolument fabuleux ! Ses dessins riches en détails retranscrivent bien l'atmosphère sombre et mystérieuse du lieu. Si la plupart des illustrations sont en noir et blanc, il y a également trois planches en couleur.


L'hypothèse du Lézard Cindy Canévet


L'histoire en elle-même m'a également semblé intéressante. En très peu de pages l'auteur parvient à construire l'atmosphère de la maison close où se situe l'intrigue ainsi que la personnalité des deux comédiens. J'ai aimé voir évoluer les rapports de force entre les personnages. La réflexion sur l'ambition et l'amour est très juste.

Som-Som est également un personnage attachant, pour qui l'on éprouve de l'empathie face à l'horreur de sa condition (même si aucune scène explicite n'est dessinée ou écrite). Cependant, elle passe finalement assez vite en retrait par rapport au reste de l'intrigue, ce que j'ai trouvé quelque peu déstabilisant. En effet, le résumé laissait véritablement penser que nous suivrons davantage son histoire.

Enfin, bien qu'elle ne soit pas décrite de façon détaillée, une scène de viol dans le récit m'a quelque peu dérangée. Nous comprenons que c'est pour montrer la relation toxique entre deux personnages, mais je reste persuadée qu'il n'y avait pas besoin de cela pour nous faire comprendre que cette relation était malsaine et vouée à l'échec.

Malgré ces points noirs, je recommande aux amoureux des romans graphiques et des atmosphères mystérieuses de se pencher sur L'hypothèse du Lézard afin de plonger en immersion dans une histoire d'amour tourmentée.

L'hypothèse du Lézard de Alan Moore et Cindy Canévet publié aux éditions ActuSF.

vendredi 28 août 2020

L'Assassin Royal : Tome 1 : L' Apprenti Assassin de Robbin Hobb

 L'Assassin Royal

Tome 1 : L'Apprenti Assassin

 Robin Hobb


L'apprenti Assassin / Robin Hobb


 Grâce à @de_poudlard_a_anima j'ai pu découvrir le merveilleux premier tome de la série L'assassin Royal de Robin Hobb !

Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas laissée autant embarquer dans un univers de fantasy médiévale ! Nous y suivons les aventures de Fitz, le fils illégitime du prince Chevalerie , qui va se voir dispenser la formation d'assassin pour le compte du Roi. Malgré son jeune âge, Fitz se retrouve pris au milieu d'intrigues de Cour qui pourraient engendrer sa chute, voire sa mort ...

Ce premier tome pose les bases de l'univers dans lequel nous allons évoluer. Malgré les nombreuses descriptions, je ne me suis pas ennuyée un seul instant.

J'ai immédiatement ressenti de l'affection pour le personnage de Fitz, notamment en le voyant grandir et évoluer. L'auteur en fait un personnage très humain, avec ses défauts et ses moments de doute, mais également avec un cœur tendre. Sa relation avec Burrich, le maître écuyer qui l'a élevé, est très touchante, bien que complexe et semée parfois de non-dits.

D'autres personnages, comme celui du Fou, me fascinent, et j'ai hâte d'en apprendre plus sur eux dans les prochains tomes.

Pour les amoureux d'intrigues politiques, de fantasy se déroulant au Moyen-Âge ou de longues sagas, cette série est faite pour vous !

 

L'Assassin Royal : Tome 1 : L' Apprenti Assassin de Robbin Hobb publié aux éditions J'ai Lu

mercredi 4 décembre 2019

La Passe-Miroir livre 4: La tempête des échos par Christelle Dabos

La tempête des échos


La Passe-Miroir Livre 4


Christelle Dabos


La Passe-Miroir livre 4: La tempête des échos / Christelle Dabos


Que dire ? Comment commencer ? Des années de lecture, des années d’attentes, et enfin il est là. Le tome 4 de La Passe-Miroir, cette série qui a traversé mon adolescence depuis 2013. J’attendais ce roman avec une telle impatience que je comptais les jours qui me séparaient du 28 novembre 2019. Lorsque jeudi j’ai eu le livre entre les mains, j’ai attendu jusqu’au vendredi soir pour m’y plonger, afin de ne pas être dérangée dans ma lecture et de pouvoir lire les cinq cent et quelques pages d’un coup si cela me chantait. Bien m’en a pris. A quatre heures du matin, les joues mouillées de larmes, j’avais terminé les aventures d’Ophélie et Thorn.

J’essayerai de ne pas inclure de spoilers dans cet article, mais je recommande vivement à ceux qui n’ont pas encore lu les précédents tomes de La Passe-Miroir d’éteindre leur ordinateur et de courir entamer leur lecture.

Une fois de plus, Christelle Dabos parvient à nous emporter dans une histoire totalement inattendue et pleine de rebondissements. En effet, pour approcher au plus près du secret d’Eulalie Dilleux, de la Déchirure et de sa propre identité, Ophélie se fait admettre à l’Observatoire des Déviations de Bablel, un établissement où sont notamment examinés ceux qui n’entrent pas dans les codes de la cité. Les inversés comme elle sont particulièrement recherchés. Mais dans cette aventure, Ophélie ne sera pas seule. Malgré son déguisement de Lord de Lux, Thorn fait équipe avec elle, et c’est un vrai plaisir d’assister à leur travail en équipe et à leur vie de couple si peu conventionnelle.

La tempête des échos n’est pas un tome facile. Bien qu'emportée par la magnifique plume de l’autrice, je me suis malgré tout demandé à certains moments de ma lecture si j’avais bien tout compris de l’intrigue. En effet, le secret de l’univers de La Passe-Miroir n’est pas à la portée du premier apprenti venu, et il faut s’accrocher au moindre indice pour ne pas perdre le fil de l’histoire. Mais une fois que les pièces du puzzle se mettent en place, tout devient clair et limpide, et c’est un vrai plaisir de comprendre enfin pleinement cet univers.

Ce tome 4 est également l’occasion de revenir avec plus de détails sur certains thèmes qui traversent l’œuvre et dont nous saisissons toute l’importance dans ce livre.

Il y a notamment la violence et la contrainte dont on est prêt à user pour faire respecter sa vision du bien, notamment à travers Lady Septima, déterminée à exclure tous les étrangers de la cité de Babel, ou Lazarus, un explorateur en apparence inoffensif mais capable de sacrifier des vies humaines pour ses recherches ou ses inventions. De manière générale, le rejet de ce qui est différent, non-conforme à une norme établie, est un sujet souvent traité au fil des tomes. Au Pôle, Thorn était méprisé pour être né d’un adultère. A Babel, les citoyens sont capables d’être internés pour une orientation sexuelle (comme pour Blasius) ou parce qu’ils présentent une « anomalie » dans leur pouvoir.

Cela m’amène à évoquer le lieu principal de cette intrigue : l’Observatoire des Déviations. Cette sorte d’institut, d’hôpital m’a glacé le sang. J’y ai ressenti le profond malaise d’Ophélie et des pensionnaires, la terrible sensation d’être pris au cœur d’un système sans queue ni tête, où le patient est réduit au stade d’un enfant soumis à ses médecins. J’ai l’impression que Christelle Dabos a voulu dépeindre dans ce roman la violence dont pouvait faire preuve le corps médical et les dérives de certaines expériences. En effet, le but de l’Observatoire n’est pas de soigner leurs patients, mais de les utiliser à des fins despotiques.

Dans cet étrange lieu, au multiples couches, Ophélie va véritablement au bout d’elle-même, puisqu’elle découvre enfin le secret de son identité. J’ai rarement vu un personnage aussi malmené ! Tout au long de l’intrigue la jeune femme est forcée de remettre en question son identité, ses valeurs, ses choix. Pour survivre au Pôle, elle a dû lutter contre sa timidité et son attitude réservée. Pour vaincre l’Autre, Ophélie doit interroger son être profond, sa propre personne. La suivre dans ses découvertes est vraiment passionnant et déroutant. A la fin de ce tome, nous réalisons l’incroyable chemin qu’elle a parcouru depuis le moment où nous l’avons pour la première fois vu franchir un miroir dans les Archives Familiales d’Anima.

Thorn aussi est un personnage qui évolue de façon considérable. Ce tome 4 nous permet pendant de brèves parenthèses de suivre son point de vue. Nous avons notamment droit à des flash-back de son enfance, ou à des explications sur la façon dont il est parvenu à s’échapper du Pôle. Il se montre également plus expansif, il exprime davantage ses sentiments. Il est un soutien indéfectible pour Ophélie. Ces deux protagonistes m’ont énormément touchée. Nous comprenons que Thorn désire simplement être utile à quelqu’un, se sentir aimé, accepté.

A travers ces personnages principaux, Christelle Dabos semble aussi nous montrer combien le corps peut être une source de fardeau, de handicap. Thorn, avec sa jambe articulée, porte le signe criant de son infirmité physique. Il ne peut dissimuler ce qu’il considère comme une faiblesse, et en ressent de la honte et de l’agacement. Le fait qu’il ait de plus en plus de mal à contrôler ses griffes renforce le dégoût qu’il éprouve pour lui-même. Le moment où il parvient enfin à s’accepter grâce au regard de sa cousine Victoire m’a profondément émue. Il est rare dans les romans jeunesse de voir des personnages masculins ressentir un dégoût profond pour leur apparence physique. La question des complexes est en effet souvent réduite au personnage féminin.

Ophélie aussi perçoit son corps comme un fardeau, une entité qui ne lui obéit pas et qui la trahi. Outre sa maladresse légendaire, la jeune femme découvre avec tristesse qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfant. Ce droit à la maternité qu’elle s’est involontairement retiré en libérant Eulalie du miroir la marque de manière aiguë et la fait se sentir coupable, incomplète. Là encore, le soutien de Thorn est bienvenu.

Les autres personnages que nous connaissons, bien que moins présents qu’Ophélie et Thorn, sont malgré tout évoqués. Victoire effectue une belle évolution, puisqu’elle parvient enfin à nouer un lien fort avec le monde extérieur. J’ai été ravie et touchée de voir que Berenilde accède enfin à ce qu’elle a toujours aspiré : une famille. Le fait que tous les animistes, notamment la tante Roseline et le grand Oncle soient présents pour la bataille finale m’a enchantée !

Tous les esprits de famille sont également présents dans le Mémorial, notamment Farouk et Artémis. Farouk montre encore une fois sa clairvoyance supérieure à celle de ses frères et sœurs.

Les personnages que j’aurais peut-être aimé voir davantage sont sûrement Gaëlle, Renard et Archibald, mais Christelle Dabos parvient à consacrer plusieurs chapitres à leur périple sur Arc-en-Terre, nous permettant de rencontrer Don Janus, le seul esprit de famille à avoir conservé sa mémoire. Mais l’autrice gère plutôt bien le temps imparti à chacun de ses personnages, tout en concluant son intrigue complexe. J’ai simplement du mal à quitter son univers.

Jusqu’aux dernières pages, Christelle Dabos parvient à nous faire avoir des frissons ! Et cette fin, cette fin !! Au début, je n’étais pas sûre de l’apprécier. J’avais envie de voir si Ophélie allait concrètement retrouver Thorn pour de bon, d’assister à leur vie future… Je ne voulais pas quitter la jeune femme maintenant, sur un passage de miroir !

Mais finalement, après m’être mouchée et essuyé les yeux, j’ai réalisé que cette fin était une fin magistrale et typique de La Passe-Miroir.

En effet, de mon point de vue, il est évident qu’Ophélie retrouve Thorn lorsqu’elle franchit ce miroir. Elle affirme « Nous reviendrons » à Archibald, avec ce ton assuré qu’elle emploie lorsqu’elle s’apprête à résoudre une difficulté. De plus, la chanson dans la boutique, évoquant la fugacité de l’amour, mais également sa capacité d’apparaître là où on ne l’y attend pas, sont significatifs. Enfin, les mots de Thorn, « Un peu plus que cela même. », écrit en italique comme lorsqu’Eulalie s’adresse à Ophélie depuis l’Envers, me font penser que c’est lui-même qui s’adresse à son épouse, ou du moins qu’il est toujours vivant ! Il a survécu au passage dans la Corne de l’abondance, il peut attendre qu’Ophélie trouve le moyen de revenir dans l’Envers.

Si j’ai considéré cette fin comme typique de la série, c’est parce que j’ai trouvé qu’elle laissait une grande liberté au personnage. En effet, comme l’explique Thorn, Ophélie ne cesse de vouloir acquérir son indépendance. Faire se terminer la saga sur son nouveau départ peut paraître frustrant, mais dans le même temps laisse libre notre imagination. Christelle Dabos nous a donné suffisamment de pistes de réflexions pour faire nos propres scénarios.

Ainsi, d’une certaine façon, les aventures d’Ophélie et Thorn ne sont jamais véritablement terminées. Même si nous ne pourrons plus jamais découvrir cette série, il nous sera toujours permis de redécouvrir La Passe-Miroir, d’en explorer les recoins cachés en retraversant le miroir et en replongeant dans ces romans chaque fois que nous le voudrons.

Je ne dis donc pas adieu à Ophélie, mais à bientôt dans une prochaine session de relecture, au cours d’un été brûlant ou d’un hiver venteux. Je veux également la remercier, pour m’avoir tant transportée, fait vibrer, émue au fil des pages, au fil des passages de miroirs. Merci à elle de m’avoir fourni de la force dans l’adversité, un modèle auquel m’identifier, une héroïne à citer.

Et merci surtout à sa créatrice, Christelle Dabos, dont la plume, l’imagination et le talent auront marqué un chapitre décisif de ma vie de lectrice. J’espère que son parcours dans l’écriture sera toujours aussi florissant, et je serai au rendez-vous si elle publie un nouveau roman. (Ou un essai, ou une BD, ou même sa liste de course!)

Que l’écharpe soit avec vous !

Un peu plus que cela même.

La Passe-Miroir livre 4: La tempête des échos de Christelle Dabos publié aux éditions Gallimard Jeunesse.

Le site de l'autrice: ici
La très bonne et émouvante vidéo de Bulledop, qui a contribué à faire connaître la série :


lundi 22 juillet 2019

Le Roi Magicien de Lev Grossman

Le Roi magicien


(Les Magiciens tome 2)

Lev Grossman





Pour lire mon article sur le tome 1, cliquez ici !

/!\ Cette article contient des révélations dérangeantes pour toute personne n’ayant pas lu le tome 1 et souhaitant commencer la lecture de la saga !

Quentin, Eliott et Jane sont à présents rois de Fillory. Mais comme toujours dans ce monde, rien ne se passe comme prévu, et Quentin ne voit pas venir la quête espérée, qui lui permettra de devenir un véritable héros. Une mission va finalement se présenter lorsque les jeunes gens se voient chargés de rassembler sept clés d’or susceptibles de sauver Fillory et le monde de la magie ! Alors que Quentin espère être au centre des évènements, il se retrouve projeté sur Terre et doit trouver son chemin pour regagner son royaume ! La quête du jeune homme ne semble pas seulement être celle de sauver Fillory mais également de découvrir quelle est pour lui la définition véritable du héros et son but dans l’existence. Aidé de son amie Julia, une « sorcière pourrie », il va parcourir le monde, en passant aussi bien par Brakebills que par Venise ou le pays du Ni !

Ce tome 2 m’a grandement satisfaite. Tout d’abord, nous retrouvons l’ambiance assez humoristique qu’instaure Lev Grossman en faisant prendre à son intrigue le contre-pied total des romans de fantasy habituels. En effet, Quentin semble toujours être empêché de se trouver au cœur de l’action. L’auteur nous surprend en permanence !

J’ai aussi apprécié retrouver certains personnages du tome 1 comme Eliott ou Josh. Mais ce que j’ai surtout adoré, c’est en apprendre plus sur Julia, la meilleure amie de Quentin avant son entrée à Brakebills, et délaissée dans le tome 1. Nous disposons d’informations sur ce qu’elle a accompli depuis son échec à l’examen d’entrée dans l’école de magie. C’est un personnage qui m’a grandement impressionné par sa détermination, sa persévérance, son refus de s’avouer vaincue devant l’échec, sa force. C’est une jeune femme blessée par la vie, mais qui parvient à se battre malgré tout. J’ai également beaucoup aimé que l’auteur nous renseigne plus sur l’origine de la magie.

Ce sont des romans que je recommande chaudement aux lassés de fantastiques et de fantasy, ils pourraient bien renouer avec le genre.

Le Roi Magicien de Lev Grossman publié aux éditions de l'Atalante.


J’ai également commencé à regarder la série télévisée diffusée sur Syfy. Celle-ci m’a également beaucoup plu, même si les réalisateurs ont effectués de nombreux changements par rapport aux livres. Je trouve cependant que ceux-ci sont réfléchis et indiquent qu’ils ont pensé à la structure de l’histoire et l’ont étudiée avec soin.

Quentin et Alice


En effet, dès la saison 1, nous suivons l’histoire de Julia et Quentin en parallèle, nous voyons leur évolution, le jeune homme chez les magiciens « officiels » de Brakebills, son amie dans les bas-fonds du monde fantastique, chez les sorcières. Cela me paraît logique et intelligent.


Julia dans la série



De plus, je trouve que les réalisateurs ont fait preuve d’audace et n’ont pas hésité à retranscrire les scènes « osées » des romans, où les adolescents boivent, fument, font l’amour. Ils n’ont pas lissés les personnages, ils les ont rendu avec leur failles, et n’hésitent pas à accentuer le côté parfois parodique de l’univers.

Je trouve qu’ils ont également rendu certains personnages plus intéressant, notamment Penny, qui est davantage développé que dans les romans. Nous en savons également plus sur certains évènements qui sont simplement effleurés, par exemple la tentative d’assassinat du Grand Roi de Fillory.

Penny


J’ai aussi apprécié le fait que Jane, qui s’appelle Margot dans la série, soit montrée comme régentant le royaume. Son côté autoritaire, et le fait qu’elle soit prête à tout pour aider Eliott m’a beaucoup plu.

Margot et Eliott


J’ai aussi aimé que l’homosexualité, le polyamour soient évoqués explicitement.

Je pense donc que ceux qui ont lu les romans pourront apprécier la série, malgré les modifications qu’elle apporte ! Je recommande cependant d’essayer de lire et de regarder les deux versions séparément pour ne pas se perdre dans l’histoire !

lundi 13 mai 2019

Les magiciens de Lev Grossman

Les magiciens


Lev Grossman


Les magiciens / Lev Grossman


Quentin Coldwater est un jeune homme ordinaire vivant dans une petite banlieue triste des États-Unis. Sa passion ? Une série fantasy, Les Chroniques de Fillory, qu’il a dévoré étant enfant, et qu’il continue toujours de relire avec beaucoup de plaisir. Mais lorsque par hasard il passe un examen pour entrer dans une école de sorcellerie et y est admis, il pense vivre un rêve. Cependant, la réalité se révèle moins palpitante que ce qu’il avait imaginé, et le jeune homme ne parvient pas à guérir du mal être qui le ronge. Car les jeunes étudiants ne sont pas dans un roman, et il n’y a pas de créatures magiques à tuer sur Terre, pas de vieux sorciers leur distribuant une quête ou leur contant une prophétie. Mais peut-être n’existe-t-il pas qu'un seul monde ? Peut-être que Quentin et ses amis ont encore beaucoup de choses à découvrir…

J’ai adoré ce roman. Je l’avais acheté suite à une vidéo de Lemon June, puis laissé reposer dans ma bibliothèque durant de longs mois. C’est finalement récemment que je l’ai ressorti, et j’ai vraiment été charmée par cette histoire. La plus grande force de ce livre est qu’il joue avec les codes du récit fantasy classique.

Tout d’abord le personnage principal, Quentin, est à mes yeux un antihéros. Il est fondamentalement malheureux, rongé par le mal être, il semble toujours attendre une autre vie, un autre destin, même quand il est dans son école de magie. Il peut être aussi parfois égoïste et autodestructeur. Cependant, d’une certaine façon, nous nous attachons à lui car c’est à travers ses yeux que nous découvrons le monde de la magie. De plus, ses imperfections le rendent plus accessible, moins parfait que d’autres protagonistes de roman, plus humain et donc plus proche de nous.

J’ai aussi beaucoup aimé le petit groupe qui gravite autour de Quentin, notamment Alice, une jeune femme d’une intelligence prodigieuse et d’un courage hors du commun. Elle est plus proche du l’héroïne typique des romans fantasy, avec son côté timide et son talent, mais Lev Grossman dresse un portrait réaliste de la jeune femme, et n’en fait pas un personnage cliché. J’ai beaucoup aimé assister à ses performances magiques grandioses.

Eliott, un autre camarade de Quentin, est aussi attachant. C’est le premier élève que le jeune homme rencontre et comme lui, il souffre d’un profond mal être, qu’il tente de soigner via l’alcool et les fêtes. Plus le roman avance, plus il semble s’approcher du gouffre. Cependant la fin de cette histoire nous montre un Eliott plus épanoui et nous donne bon espoir pour l’avenir de ce protagoniste. Je l’ai trouvé très touchant.

Ce qui m’a étonnement beaucoup surprise et plu, c’est la non-idéalisation de la magie. Les cours n’ont pas véritablement un côté idyllique. Certes l’auteur nous offre parfois des descriptions grandiose, mais l’apprentissage de la magie apparaît surtout comme difficile et fastidieux. Les étudiants doivent retenir des quantités astronomiques de formules en un temps record et mémoriser des centaines de mouvements. L’auteur aime planter un décor classique, une école de magie, mais nous surprend avec ce qu’il se passe entre les murs.

J’ai aussi adoré le fait que les personnages n’aient pas forcément d’ennemis à abattre, de prophétie à suivre ou de quête à réaliser une fois leurs études achevées. Cela donne un aspect plus réalise à cette magie et à la vie d’adulte des héros. Cela ménage aussi plus de suspens pour la suite de l’histoire.

Ce tome 1 est donc une excellente surprise, j’ai apprécié le côté plus mature de l’histoire, sa forme de réalisme et les personnages ! Je recommande donc chaudement cette série à ceux qui apprécient les romans fantasy et fantastiques en général mais qui se sentent peut-être trop vieux pour succomber de nouveau à la magie de chroniques telles que Narnia.

Une série (que je n’ai pas vue) est également produite par Syfy et comporte actuellement 4 saisons. Une cinquième saison semble prévue pour 2020.



Les magiciens de Lev Grossman publié aux éditions l'Atalante.

La vidéo de Lemon June:


lundi 10 septembre 2018

Le Faiseur de rêves de Laini Taylor

Le Faiseur de rêves


Laini Taylor

 

Le Faiseur de rêves de Laini Taylor

 

Lazlo Lestrange, un jeune homme orphelin, est fasciné par la mystérieuse citée nommée Désolation. Cette ville pourvue de mille richesses et savoirs s’est coupée du monde il y a deux siècles. Personne ne sait si les habitants sont morts ou s’ils se sont volontairement coupés du monde. Alors que Lazlo parvient à devenir bibliothécaire dans le plus grand institut de la ville, des guerriers originaires de la Cité Mystérieuse débarquent dans la ville. Ils sont à la recherche d’érudits susceptibles d’aider leur ville. Même s’il ignore le problème que rencontre Désolation, Lazlo est déterminé à participer à l’aventure. Il va alors changer son destin à tout jamais…

Ce roman est un véritable coup de cœur ! Je n’avais jamais entendu parler de cette histoire et je l’ai emprunté un peu par hasard à la bibliothèque sur les conseils d’une amie. J’ai été charmée par ma lecture.

Le personnage principal tout d’abord, est très attachant. Lazlo est un être calme, doux et désintéressé mais il fait aussi preuve d’une volonté hors du commun pour accomplir son rêve. Il va évoluer tout au long du roman et devenir plus fort et plus sûr de lui. J’ai adoré le suivre dans ses aventures.

Pour qu’un héros soit attachant, il faut aussi qu’il est un ennemi que l’on aime détester. C’est le cas ici avec Thyon Néro, un alchimiste que Lazlo s’est mis à dos. Alors qu’il l’a aidé à réaliser de l’or, l’arrogant personnage use de son pouvoir pour s’approprier les documents de Lazlo sur Désolation et ainsi de se faire bien voir par les guerriers de la citée. Cependant, il a un côté attachant de par sa fragilité, la pression qui pèse sur ses épaules, (son père et la reine le presse de faire des découvertes extraordinaires). Ses interactions avec Lazlo donnent aussi lieu à des dialogues comiques qui m’ont fait beaucoup rire.

Je ne peux m’étendre davantage sur les autres personnages pour ne pas vous gâcher la surprise, mais je les ai beaucoup apprécié également. Nous suivons notamment une jeune fille nommée Sarai qui a le pouvoir de s’introduire dans les rêves des gens. Son pouvoir est présenté de façon très originale. J’ai aussi été fascinée et écœurée par Minya, une fillette cruelle qui peut contrôler les fantômes. Je ne peux vous en dire plus sur ces protagonistes, mais je vous enjoins fortement à les découvrir.

J’ai aussi adoré la façon dont l’auteure a conçu son univers. Il est exactement tel qu’on l’attend d’un roman fantasy : riche, complexe, bien décrit et bien imaginé. Le style de Laini Taylor est aussi très bon. Elle a un ton qui rappelle à la fois celui des contes et des romans d’aventure. Il est assez soutenu sans être barbant ou difficile à lire.

Bref ce roman est une excellente surprise, je suis ravie de l’avoir découvert. Le seul défaut est que ce n’est qu’un tome 1 et j’ai vraiment hâte de connaître la suite ! La suite est déjà paru en anglais, The Muse of Nightmare, mais je ne sais pas quand elle sortira en français. Je suivrai cependant attentivement l’évolution de la série.

Le Faiseur de rêves de Laini Taylor publié aux éditions Lumen.

jeudi 8 juin 2017

La Mémoire de Babel ( tome 3 de La Passe-Miroir) de Christelle Dabos


La Passe-Miroir


Christelle Dabos


Tome 3 : La Mémoire de Babel

 



La Passe-Miroir

Christelle Dabos

Tome 3 : La Mémoire de Babel

Il existe des livres qui changent une vie.

Des livres uniques à nos yeux de lecteurs parce qu’ils nous font vibrer, voyager, rêver. Ils nous marquent pour toute notre existence, et nous avons plaisir à les relire encore et encore. Parfois, nous souhaitons même oublier l’histoire de ces livres afin de les redécouvrir à nouveau. Nous désirons en parler à la terre entière, mais dans le même temps nous voudrions que les personnages n’appartiennent qu’à nous.

La saga La Passe-Miroir a définitivement changé ma vie de dévoreuse de livres. L’auteur a réussi à créer un univers fantastique, riche, complet, des personnages attachants, une intrigue originale et bien travaillée. La force de cette série est également qu’elle peut être appréciée à la fois par les enfants, les adolescents, et les adultes ! Il n’y a pas d’âge pour rencontrer les protagonistes de Christelle Dabos.

Un petit rappel s’impose : dans le tome 1, nous découvrons un monde où la Terre a explosé et s’est scindée en plusieurs arches. Sur chaque arches, les habitants possèdent des pouvoirs particuliers. Notre héroïne, Ophélie, une jeune fille discrète, réservée et maladroite est une animiste. Elle peut donc manipuler les objets. Sa spécialité est cependant assez atypique : c’est un liseuse, c’est-à-dire qu’elle est capable de découvrir le passé des objets en les touchant avec ses doigts. Elle a également la faculté de traverser les miroirs.

Sa vie bascule définitivement lorsqu’elle est forcée d’épouser Thorn, un membre du clan des Dragons. La jeune femme doit le suivre sur une autre arche, le Pôle, loin de sa famille et de tout ce qu’elle a connu. Ophélie se rend rapidement à l’évidence : ce mariage n’a pas seulement pour but de satisfaire sa famille et celle de son époux. Il se trame quelque chose de bien plus sordide au Pôle… mais quoi donc ?

Dans La Mémoire de Babel, Christelle Dabos nous fait découvrir une nouvelle facette de son univers, qui est, comme toujours, décrite avec force de détails. Nous rencontrons de nouveaux personnages, sans pour autant délaisser les protagonistes principaux. La cité de Bablel, qui peut paraître avant-gardiste et cosmopolite, n’est pas si ouverte et tolérante. Comme au Pôle, tous les coups sont permis, et Ophélie se retrouve une fois de plus entourée d’ennemis. La plume de l’auteur est toujours aussi riche et fluide, nous ne sentons pas les pages défiler sous nos doigts ! La fin est saisissante ! A lire absolument !

ATTENTION : Nous entrons dans la partie spoiler ! Je vous conseille, non je vous ordonne, je vous admoneste, je vous supplie de ne pas lire la suite de cette chronique si vous n’avez pas déjà dévoré les tomes 2 et 3 de La Passe-Miroir. Vous serez déçus de vous être laissé tenter ! Donc, éteignez votre ordinateur, enfilez votre écharpe, (même s’il fait chaud, on n’abandonne pas son écharpe comme ça voyons), et courrez dans la librairie la plus proche pour acheter Les disparus du Clairdelune et La Mémoire de Babel.

Bien. Maintenant que nous sommes entre liseurs assidus, disons le sans détour…. CE TOME 3 ETAIT GENIAL !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Pour commencer, j’ai adoré la façon dont Archibald vient chercher Ophélie sur Anima, accompagné de Gaëlle et Renard ! Christelle Dabos nous propose ici un rebondissement inattendu et nous permet également de retrouver nos personnages préférés. J’ai également apprécié l’évolution de notre libertin en chef, ainsi que le fait qu’il possède un nouveau pouvoir.

De plus j’ai trouvé très intéressant que l’auteur nous fasse découvrir les pensées de Victoire, la fille de Farouk. Nous avons un autre point de vue sur des personnages tels que Berenilde ou la Tante Roseline. De plus, son pouvoir, la capacité à dissocier son esprit de son corps, nous laisse imaginer de nombreux rebondissements futurs. Ensuite, le fait qu’elle soit incapable de marcher ou de communiquer la fait paraître d’une étonnante fragilité. Ce mélange de force et de faiblesse n’est pas sans rappeler la personnalité de Farouk, un être possédant des pouvoirs exceptionnels couplés à une mémoire défectueuse. Pour une fois, l’enfant de deux protagonistes puissants n’est pas tout de suite capable de maîtriser ses pouvoirs. Je suis persuadée que ce tome ne nous présente pas d’emblée toutes les capacités de Victoire afin ménager un suspense pour le tome 4.

Mais l’évolution la plus appréciable est celle d’Ophélie et Thorn ! Après deux ans, la jeune femme retrouve enfin celui qu’elle aime, pourtant elle peine à lui avouer ses sentiments. J’ai grommelé lorsqu’ils se défiaient mutuellement, lorsqu’ils se disputaient, faisaient de mauvais choix en croyant aider l’autre, et souri jusqu’aux oreilles quand enfin Ophélie a fait sa déclaration. A la fin de ce tome 3, notre animiste a gagné en maturité et en confiance en elle. Thorn, dont l’évolution avait été spectaculaire dans le tome 2, est toujours rigide et peu souriant, mais il s’est adouci aux côtés de la jeune fille.

J’ai aussi été charmée par les conséquences de la cérémonie du Don effectuée dans le tome 2 : Thorn peut désormais animer les objets ou passer les miroirs et Ophélie faire usage de ses griffes contre ses ennemis.

Enfin, l’identité de Dieu m’a clouée sur place ! Ainsi donc, Dieu, ou plutôt Eulalie Dilleux, serait une romancière qui aurait anticipé la Déchirure ? Je trouve le choix de Christelle Dabos amusant et en même temps révélateur sur l’emprise des mots et de l’écrivain sur le lecteur… Regardons-nous par exemple, ne sommes-nous pas envoûtés par cette saga ?

Une chose est certaine, l’attente jusqu’au tome 4 va être très longue, je comprends maintenant pleinement la douloureuse impatience de ceux qui ont dû nager en plein suspense jusqu’à la sortie du tome 7 d’Harry Potter !

Mais dans le même temps, je ne suis pas pressée de quitter Ophélie et Thorn.

Bonne relecture de la saga. :-)

Ma chronique sur les tomes 1 et 2 : suivez l'écharpe
Le site de Christelle Dabos : suivez l'écharpe
Ma chronique sur le tome 4 : suivez l'écharpe

La Passe-Miroir de Christelle Dabos publié aux éditions Gallimard.

vendredi 21 octobre 2016

La Passe-Miroir de Christelle Dabos

La Passe-Miroir

Christelle Dabos



Chose promise, chose dûe, voici ma critique de La Passe-Miroir !

Nous y suivons Ophélie, une jeune fille timide et maladroite qui possède des pouvoirs étonnants: c'est une liseuse, c'est-à-dire qu'elle peut savoir, en effleurant un objet, le nom de son propriétaire, ou la personne qui l'a tenu entre ses mains avant elle. Ophélie peut également traverser les miroirs. Sa vie va brusquement basculer lorsqu'elle se voit contrainte d'épouser Thorn, un membre du puissant clan des Dragons. La jeune femme va devoir le suivre au Pôle, à la Cour, où les machinations se succèdent. 

A première vue, nous pouvons penser qu'il s'agit d'un roman fantasy comme les autres. Mais Christelle Dabos nous transporte à travers une plume magnifique dans un univers riche et complexe. Nous adhérons à l'histoire dès les premières lignes ! Les personnages sont plus surprenants les uns que les autres, nous nous attachons rapidement à l'héroïne et à ses maladresses. Ces romans mêlent, en plus de la fantasy, de l'aventure, du suspense et une pointe de romantisme, (mais sans tomber dans la mièvrerie). Seuls deux tomes sont parus (la série en compte quatre), cependant, la suite s'annonce très prometteuse !

Dès que l'on a ouvert La Passe-Miroir on brûle de connaître la suite et on peine à lire autre chose !

Pour suivre toute l'actualité de La Passe-Miroir, voici le site de l'auteur : ici
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La Passe-Miroir de Christelle Dabos publié aux éditions Gallimard.


samedi 9 juillet 2016

Galymède fée blanche, ombre de Thym de Maëlle Fierpied



Galymède fée blanche, ombre de Thym.

 

Maëlle Fierpied


Galymède fée blanche, ombre de Thym/ Maëlle FierpiedGalymède, une fée blanche, vit incognito dans le monde des humains. Elle mène une petite vie tranquille, tentant tant bien que mal de s’adapter au monde moderne où les Hommes ne croient plus en elle. La morosité s’empare peu à peu de Galymède. Elle commence à se transformer en fée noire, un être maléfique. Pour remédier à cela, elle va se lancer dans une quête, au cœur de Féerie, le pays où vivent les créatures magiques. Accompagnée par son ami le Grand (et plus si méchant) Loup, d’un nain, d’une gargouille de pierre, et d’un elfe, Galymède va s’efforcer de retrouver le goût de vivre… et sa couleur blanche !

J’ai adoré le roman de Maëlle Fierpied. Galymède a un caractère bien trempé et m’a fait beaucoup rire. Les autres personnages sont uniques et attachants, et les péripéties s’enchaînent à une vitesse vertigineuse. L’intrigue est bien menée, et le monde construit par l’auteur est riche en détails. Le style de Maëlle Fierpied est très fluide et agréable, une très bonne lecture !

Galymède fée blanche, ombre de Thym publié aux éditions L' Ecole des loisirs.