Ce
magnifique roman graphique nous entraîne au sein d'une maison close, la
Maison sans Horloge. Vendue par sa mère à l'âge de neuf ans, Som-Som
porte un masque qui lui mange tout un côté du visage et altère ses
capacités de paroles et de compréhension. C'est pourtant sous son regard
que se déroule une histoire d'amour tragique et cruelle entre deux
comédiens. Passion et ambition côtoient la vengeance.
J'avais entendu parler de ce livre sur la chaîne d'@alexbouquineenprada et j'avais très envie de me faire mon propre avis sur cette œuvre.
Pour
commencer, il faut souligner que le travail de l'illustratrice est
absolument fabuleux ! Ses dessins riches en détails retranscrivent bien
l'atmosphère sombre et mystérieuse du lieu. Si la plupart des
illustrations sont en noir et blanc, il y a également trois planches en
couleur.
L'histoire en elle-même m'a également semblé
intéressante. En très peu de pages l'auteur parvient à construire
l'atmosphère de la maison close où se situe l'intrigue ainsi que la
personnalité des deux comédiens. J'ai aimé voir évoluer les rapports de
force entre les personnages. La réflexion sur l'ambition et l'amour est
très juste.
Som-Som est également un personnage attachant, pour
qui l'on éprouve de l'empathie face à l'horreur de sa condition (même si
aucune scène explicite n'est dessinée ou écrite). Cependant, elle passe
finalement assez vite en retrait par rapport au reste de l'intrigue, ce
que j'ai trouvé quelque peu déstabilisant. En effet, le résumé laissait
véritablement penser que nous suivrons davantage son histoire.
Enfin,
bien qu'elle ne soit pas décrite de façon détaillée, une scène de viol
dans le récit m'a quelque peu dérangée. Nous comprenons que c'est pour
montrer la relation toxique entre deux personnages, mais je reste
persuadée qu'il n'y avait pas besoin de cela pour nous faire comprendre
que cette relation était malsaine et vouée à l'échec.
Malgré ces
points noirs, je recommande aux amoureux des romans graphiques et des
atmosphères mystérieuses de se pencher sur L'hypothèse du Lézard afin de
plonger en immersion dans une histoire d'amour tourmentée.
L'hypothèse du Lézard de Alan Moore et Cindy Canévet publié aux éditions ActuSF.
Grâce à @de_poudlard_a_anima j'ai pu découvrir le merveilleux premier tome de la série L'assassin Royal de Robin Hobb !
Cela
faisait longtemps que je ne m'étais pas laissée autant embarquer dans
un univers de fantasy médiévale ! Nous y suivons les aventures de Fitz,
le fils illégitime du prince Chevalerie , qui va se voir dispenser la
formation d'assassin pour le compte du Roi. Malgré son jeune âge, Fitz
se retrouve pris au milieu d'intrigues de Cour qui pourraient engendrer
sa chute, voire sa mort ...
Ce premier tome pose les bases de
l'univers dans lequel nous allons évoluer. Malgré les nombreuses
descriptions, je ne me suis pas ennuyée un seul instant.
J'ai
immédiatement ressenti de l'affection pour le personnage de Fitz,
notamment en le voyant grandir et évoluer. L'auteur en fait un
personnage très humain, avec ses défauts et ses moments de doute, mais
également avec un cœur tendre. Sa relation avec Burrich, le maître
écuyer qui l'a élevé, est très touchante, bien que complexe et semée
parfois de non-dits.
D'autres personnages, comme celui du Fou, me fascinent, et j'ai hâte d'en apprendre plus sur eux dans les prochains tomes.
Pour
les amoureux d'intrigues politiques, de fantasy se déroulant au
Moyen-Âge ou de longues sagas, cette série est faite pour vous !
L'Assassin Royal : Tome 1 : L' Apprenti Assassin de Robbin Hobb publié aux éditions J'ai Lu
Que
dire ? Comment commencer ? Des années de lecture, des
années d’attentes, et enfin il est là. Le tome 4 de La
Passe-Miroir, cette série qui a traversé mon adolescence depuis
2013. J’attendais ce roman avec une telle impatience que je
comptais les jours qui me séparaient du 28 novembre 2019. Lorsque
jeudi j’ai eu le livre entre les mains, j’ai attendu jusqu’au
vendredi soir pour m’y plonger, afin de ne pas être dérangée
dans ma lecture et de pouvoir lire les cinq cent et quelques pages
d’un coup si cela me chantait. Bien m’en a pris. A quatre heures
du matin, les joues mouillées de larmes, j’avais terminé les
aventures d’Ophélie et Thorn.
J’essayerai
de ne pas inclure de spoilers dans cet article, mais je recommande
vivement à ceux qui n’ont pas encore lu les précédents tomes de
La Passe-Miroir d’éteindre leur ordinateur et de courir entamer
leur lecture.
Une
fois de plus, Christelle Dabos parvient à nous emporter dans une
histoire totalement inattendue et pleine de rebondissements. En
effet, pour approcher au plus près du secret d’Eulalie Dilleux, de
la Déchirure et de sa propre identité, Ophélie se fait admettre à
l’Observatoire des Déviations de Bablel, un établissement où
sont notamment examinés ceux qui n’entrent pas dans les codes de
la cité. Les inversés comme elle sont particulièrement recherchés.
Mais dans cette aventure, Ophélie ne sera pas seule. Malgré son
déguisement de Lord de Lux, Thorn fait équipe avec elle, et c’est
un vrai plaisir d’assister à leur travail en équipe et à leur
vie de couple si peu conventionnelle.
La
tempête des échos n’est pas
un tome facile. Bien qu'emportée par la magnifique plume de l’autrice, je
me suis malgré tout demandé à certains moments de ma lecture si
j’avais bien tout compris de l’intrigue. En effet,
le secret de l’univers de La Passe-Miroir n’est
pas à la portée du premier apprenti venu, et il faut s’accrocher
au moindre indice pour ne pas perdre le fil de l’histoire. Mais une
fois que les pièces du puzzle se mettent en place, tout devient
clair et limpide, et c’est un vrai plaisir de comprendre
enfin pleinement cet univers.
Ce tome 4 est également l’occasion de revenir avec plus de détails
sur certains thèmes qui traversent l’œuvre et dont nous
saisissons toute l’importance dans ce livre.
Il y a notamment la
violence et la contrainte dont on est prêt à user pour faire
respecter sa vision du bien, notamment à travers Lady Septima,
déterminée à exclure tous les étrangers de la cité de Babel, ou
Lazarus, un explorateur en apparence inoffensif mais capable de
sacrifier des vies humaines pour ses recherches ou ses inventions. De
manière générale, le rejet de ce qui est différent, non-conforme
à une norme établie, est un sujet souvent traité au fil des tomes. Au Pôle, Thorn était méprisé pour être né
d’un adultère. A Babel, les citoyens sont capables d’être
internés pour une orientation sexuelle (comme pour Blasius) ou
parce qu’ils présentent une « anomalie » dans leur
pouvoir.
Cela m’amène à évoquer le lieu principal de cette intrigue :
l’Observatoire des Déviations. Cette sorte d’institut, d’hôpital
m’a glacé le sang. J’y ai ressenti le profond malaise d’Ophélie
et des pensionnaires, la terrible sensation d’être pris au cœur
d’un système sans queue ni tête, où le patient est réduit au
stade d’un enfant soumis à ses médecins. J’ai l’impression
que Christelle Dabos a voulu dépeindre dans ce roman la violence
dont pouvait faire preuve le corps médical et les dérives de
certaines expériences. En effet, le but de l’Observatoire n’est
pas de soigner leurs patients, mais de les utiliser à des fins
despotiques.
Dans cet étrange lieu, au multiples couches, Ophélie va
véritablement au bout d’elle-même, puisqu’elle découvre enfin le secret de son identité. J’ai rarement vu un personnage aussi
malmené ! Tout au long de l’intrigue la jeune femme est
forcée de remettre en question son identité, ses valeurs, ses
choix. Pour survivre au Pôle, elle a dû lutter contre sa timidité
et son attitude réservée. Pour vaincre l’Autre, Ophélie doit interroger son être profond, sa propre personne. La suivre dans ses
découvertes est vraiment passionnant et déroutant. A la fin de
ce tome, nous réalisons l’incroyable chemin qu’elle a parcouru
depuis le moment où nous l’avons pour la première fois vu
franchir un miroir dans les Archives Familiales d’Anima.
Thorn aussi est un personnage qui évolue de façon considérable. Ce
tome 4 nous permet pendant de brèves parenthèses de suivre son
point de vue. Nous avons notamment droit à des flash-back de son
enfance, ou à des explications sur la façon dont il est parvenu à
s’échapper du Pôle. Il se montre également plus expansif, il
exprime davantage ses sentiments. Il est un soutien indéfectible
pour Ophélie. Ces deux protagonistes m’ont énormément touchée.
Nous comprenons que Thorn désire simplement être utile à
quelqu’un, se sentir aimé, accepté.
A travers ces personnages principaux, Christelle Dabos semble aussi
nous montrer combien le corps peut être une source de fardeau, de
handicap. Thorn, avec sa jambe articulée, porte le signe criant de
son infirmité physique. Il ne peut dissimuler ce qu’il considère
comme une faiblesse, et en ressent de la honte et de l’agacement.
Le fait qu’il ait de plus en plus de mal à contrôler ses griffes
renforce le dégoût qu’il éprouve pour lui-même. Le moment où
il parvient enfin à s’accepter grâce au regard de sa cousine
Victoire m’a profondément émue. Il est rare dans les romans
jeunesse de voir des personnages masculins ressentir un dégoût
profond pour leur apparence physique. La question des complexes est
en effet souvent réduite au personnage féminin.
Ophélie aussi perçoit son corps comme un fardeau, une entité qui
ne lui obéit pas et qui la trahi. Outre sa maladresse légendaire,
la jeune femme découvre avec tristesse qu’elle ne pourra jamais
avoir d’enfant. Ce droit à la maternité qu’elle s’est
involontairement retiré en libérant Eulalie du miroir la marque de
manière aiguë et la fait se sentir coupable, incomplète. Là
encore, le soutien de Thorn est bienvenu.
Les autres personnages que nous connaissons, bien que moins présents
qu’Ophélie et Thorn, sont malgré tout évoqués. Victoire
effectue une belle évolution, puisqu’elle parvient enfin à nouer
un lien fort avec le monde extérieur. J’ai été ravie et touchée
de voir que Berenilde accède enfin à ce qu’elle a toujours
aspiré : une famille. Le fait que tous les animistes, notamment
la tante Roseline et le grand Oncle soient présents pour la
bataille finale m’a enchantée !
Tous les esprits de famille
sont également présents dans le Mémorial, notamment Farouk et Artémis.
Farouk montre encore une fois sa clairvoyance supérieure à celle de
ses frères et sœurs.
Les personnages que j’aurais peut-être aimé voir davantage sont
sûrement Gaëlle, Renard et Archibald, mais Christelle Dabos
parvient à consacrer plusieurs chapitres à leur périple sur
Arc-en-Terre, nous permettant de rencontrer Don Janus, le seul esprit
de famille à avoir conservé sa mémoire. Mais l’autrice gère
plutôt bien le temps imparti à chacun de ses personnages, tout en
concluant son intrigue complexe. J’ai simplement du mal à quitter
son univers.
Jusqu’aux dernières pages, Christelle Dabos parvient à nous faire
avoir des frissons ! Et cette fin, cette fin !! Au début,
je n’étais pas sûre de l’apprécier. J’avais envie de voir si
Ophélie allait concrètement retrouver Thorn pour de bon, d’assister
à leur vie future… Je ne voulais pas quitter la jeune femme
maintenant, sur un passage de miroir !
Mais finalement, après m’être mouchée et essuyé les yeux, j’ai
réalisé que cette fin était une fin magistrale et typique de La
Passe-Miroir.
En effet, de mon point de vue, il est évident qu’Ophélie retrouve
Thorn lorsqu’elle franchit ce miroir. Elle affirme « Nous
reviendrons » à Archibald, avec ce ton assuré qu’elle
emploie lorsqu’elle s’apprête à résoudre une difficulté. De
plus, la chanson dans la boutique, évoquant la fugacité de l’amour,
mais également sa capacité d’apparaître là où on ne l’y
attend pas, sont significatifs. Enfin, les mots de Thorn, « Un
peu plus que cela même. », écrit en italique comme
lorsqu’Eulalie s’adresse à Ophélie depuis l’Envers, me font
penser que c’est lui-même qui s’adresse à son épouse, ou du
moins qu’il est toujours vivant ! Il a survécu au passage
dans la Corne de l’abondance, il peut attendre qu’Ophélie trouve
le moyen de revenir dans l’Envers.
Si j’ai considéré cette fin comme typique de la série, c’est
parce que j’ai trouvé qu’elle laissait une grande liberté au
personnage. En effet, comme l’explique Thorn, Ophélie ne cesse de
vouloir acquérir son indépendance. Faire se terminer la saga sur
son nouveau départ peut paraître frustrant, mais dans le même
temps laisse libre notre imagination. Christelle Dabos nous a donné
suffisamment de pistes de réflexions pour faire nos propres
scénarios.
Ainsi, d’une certaine façon, les aventures d’Ophélie et Thorn
ne sont jamais véritablement terminées. Même si nous ne pourrons
plus jamais découvrir cette série, il nous sera toujours permis de
redécouvrir La Passe-Miroir, d’en explorer les recoins
cachés en retraversant le miroir et en replongeant dans ces romans
chaque fois que nous le voudrons.
Je ne dis donc pas adieu à Ophélie, mais à bientôt dans une
prochaine session de relecture, au cours d’un été brûlant ou
d’un hiver venteux. Je veux également la remercier, pour m’avoir
tant transportée, fait vibrer, émue au fil des pages, au fil des
passages de miroirs. Merci à elle de m’avoir fourni de la force
dans l’adversité, un modèle auquel m’identifier, une héroïne
à citer.
Et merci surtout à sa créatrice, Christelle Dabos, dont la plume,
l’imagination et le talent auront marqué un chapitre décisif de
ma vie de lectrice. J’espère que son parcours dans l’écriture
sera toujours aussi florissant, et je serai au rendez-vous si elle
publie un nouveau roman. (Ou un essai, ou une BD, ou même sa liste
de course!)
Que l’écharpe soit avec vous !
Un peu plus que cela même.
La Passe-Miroir livre 4: La tempête des échos de Christelle Dabos publié aux éditions Gallimard Jeunesse.
Pour
lire mon article sur le tome 1, cliquez ici !
/!\
Cette article contient des révélations dérangeantes pour toute
personne n’ayant pas lu le tome 1 et souhaitant commencer la
lecture de la saga !
Quentin,
Eliott et Jane sont à présents rois de Fillory. Mais comme toujours
dans ce monde, rien ne se passe comme prévu, et Quentin ne voit pas
venir la quête espérée, qui lui permettra de devenir un véritable
héros. Une mission va finalement se présenter lorsque les jeunes
gens se voient chargés de rassembler sept clés d’or susceptibles
de sauver Fillory et le monde de la magie ! Alors que Quentin
espère être au centre des évènements, il se retrouve projeté sur
Terre et doit trouver son chemin pour regagner son royaume ! La
quête du jeune homme ne semble pas seulement être celle de sauver
Fillory mais également de découvrir quelle est pour lui la
définition véritable du héros et son but dans l’existence. Aidé
de son amie Julia, une « sorcière pourrie », il va
parcourir le monde, en passant aussi bien par Brakebills que par
Venise ou le pays du Ni !
Ce tome
2 m’a grandement satisfaite. Tout d’abord, nous retrouvons
l’ambiance assez humoristique qu’instaure Lev Grossman en faisant
prendre à son intrigue le contre-pied total des romans de fantasy
habituels. En effet, Quentin semble toujours être empêché de se
trouver au cœur de l’action. L’auteur nous surprend en
permanence !
J’ai
aussi apprécié retrouver certains personnages du tome 1 comme
Eliott ou Josh. Mais ce que j’ai surtout adoré, c’est en
apprendre plus sur Julia, la meilleure amie de Quentin avant son
entrée à Brakebills, et délaissée dans le tome 1. Nous disposons
d’informations sur ce qu’elle a accompli depuis son échec à
l’examen d’entrée dans l’école de magie. C’est un
personnage qui m’a grandement impressionné par sa détermination,
sa persévérance, son refus de s’avouer vaincue devant l’échec,
sa force. C’est une jeune femme blessée par la vie, mais qui
parvient à se battre malgré tout. J’ai également beaucoup aimé
que l’auteur nous renseigne plus sur l’origine de la magie.
Ce sont
des romans que je recommande chaudement aux lassés de fantastiques
et de fantasy, ils pourraient bien renouer avec le genre.
Le Roi Magicien de Lev Grossman publié aux éditions de l'Atalante.
J’ai
également commencé à regarder la série télévisée diffusée sur
Syfy. Celle-ci m’a également beaucoup plu, même si les
réalisateurs ont effectués de nombreux changements par rapport aux
livres. Je trouve cependant que ceux-ci sont réfléchis et indiquent
qu’ils ont pensé à la structure de l’histoire et l’ont
étudiée avec soin.
Quentin et Alice
En effet, dès la saison 1, nous suivons
l’histoire de Julia et Quentin en parallèle, nous voyons leur
évolution, le jeune homme chez les magiciens « officiels »
de Brakebills, son amie dans les bas-fonds du monde fantastique, chez
les sorcières. Cela me paraît logique et intelligent.
Julia dans la série
De
plus, je trouve que les réalisateurs ont fait preuve d’audace et
n’ont pas hésité à retranscrire les scènes « osées »
des romans, où les adolescents boivent, fument, font l’amour. Ils
n’ont pas lissés les personnages, ils les ont rendu avec leur
failles, et n’hésitent pas à accentuer le côté parfois
parodique de l’univers.
Je
trouve qu’ils ont également rendu certains personnages plus
intéressant, notamment Penny, qui est davantage développé que dans
les romans. Nous en savons également plus sur certains évènements
qui sont simplement effleurés, par exemple la
tentative d’assassinat du Grand Roi de Fillory.
Penny
J’ai
aussi apprécié le fait que Jane, qui s’appelle Margot dans la
série, soit montrée comme régentant le royaume. Son côté
autoritaire, et le fait qu’elle soit prête à tout pour aider
Eliott m’a beaucoup plu.
Margot et Eliott
J’ai
aussi aimé que l’homosexualité, le polyamour soient évoqués
explicitement.
Je
pense donc que ceux qui ont lu les romans pourront apprécier la
série, malgré les modifications qu’elle apporte ! Je
recommande cependant d’essayer de lire et de regarder les deux
versions séparément pour ne pas se perdre dans l’histoire !
Quentin
Coldwater est un jeune homme ordinaire vivant dans une petite
banlieue triste des États-Unis. Sa passion ? Une série
fantasy, Les Chroniques de Fillory, qu’il
a dévoré étant enfant, et qu’il continue toujours de relire avec
beaucoup de plaisir. Mais lorsque par hasard il passe un examen pour
entrer dans une école de sorcellerie et y est admis, il pense vivre
un rêve. Cependant, la réalité se révèle moins palpitante que ce
qu’il avait imaginé, et le jeune homme ne parvient pas à guérir
du mal être qui le ronge. Car les jeunes étudiants ne sont pas dans
un roman, et il n’y a pas de créatures magiques à tuer sur Terre,
pas de vieux sorciers leur distribuant une quête ou leur contant une prophétie.
Mais peut-être n’existe-t-il pas qu'un seul monde ? Peut-être
que Quentin et ses amis ont encore beaucoup de choses à découvrir…
J’ai adoré ce roman. Je l’avais acheté suite à une vidéo de
Lemon June, puis laissé reposer dans ma bibliothèque durant de
longs mois. C’est finalement récemment que je l’ai ressorti, et
j’ai vraiment été charmée par cette histoire. La plus grande
force de ce livre est qu’il joue avec les codes du récit fantasy
classique.
Tout d’abord le personnage principal, Quentin, est à mes yeux un
antihéros. Il est fondamentalement malheureux, rongé par le mal
être, il semble toujours attendre une autre vie, un autre destin,
même quand il est dans son école de magie. Il peut être aussi
parfois égoïste et autodestructeur. Cependant, d’une certaine
façon, nous nous attachons à lui car c’est à travers ses yeux
que nous découvrons le monde de la magie. De plus, ses imperfections
le rendent plus accessible, moins parfait que d’autres
protagonistes de roman, plus humain et donc plus proche de nous.
J’ai aussi beaucoup aimé le petit groupe qui gravite autour de
Quentin, notamment Alice, une jeune femme d’une intelligence
prodigieuse et d’un courage hors du commun. Elle est plus proche du
l’héroïne typique des romans fantasy, avec son côté timide et
son talent, mais Lev Grossman dresse un portrait réaliste de la
jeune femme, et n’en fait pas un personnage cliché. J’ai
beaucoup aimé assister à ses performances magiques grandioses.
Eliott, un autre camarade de Quentin, est aussi attachant. C’est le
premier élève que le jeune homme rencontre et comme lui, il souffre
d’un profond mal être, qu’il tente de soigner via l’alcool et
les fêtes. Plus le roman avance, plus il semble s’approcher du
gouffre. Cependant la fin de cette histoire nous montre un Eliott
plus épanoui et nous donne bon espoir pour l’avenir de ce
protagoniste. Je l’ai trouvé très touchant.
Ce qui m’a étonnement beaucoup surprise et plu, c’est la
non-idéalisation de la magie. Les cours n’ont pas véritablement
un côté idyllique. Certes l’auteur nous offre parfois des
descriptions grandiose, mais l’apprentissage de la magie apparaît
surtout comme difficile et fastidieux. Les étudiants doivent retenir
des quantités astronomiques de formules en un temps record et
mémoriser des centaines de mouvements. L’auteur aime planter un
décor classique, une école de magie, mais nous surprend avec ce
qu’il se passe entre les murs.
J’ai aussi adoré le fait que les personnages n’aient pas
forcément d’ennemis à abattre, de prophétie à suivre ou de
quête à réaliser une fois leurs études achevées. Cela donne un
aspect plus réalise à cette magie et à la vie d’adulte des
héros. Cela ménage aussi plus de suspens pour la suite de
l’histoire.
Ce tome 1 est donc une excellente surprise, j’ai apprécié le côté
plus mature de l’histoire, sa forme de réalisme et les
personnages ! Je recommande donc chaudement cette série à ceux
qui apprécient les romans fantasy et fantastiques en général mais
qui se sentent peut-être trop vieux pour succomber de nouveau à la
magie de chroniques telles que Narnia.
Une série (que je n’ai pas vue) est également produite par Syfy
et comporte actuellement 4 saisons. Une cinquième saison semble
prévue pour 2020.
Les magiciens de Lev Grossman publié aux éditions l'Atalante.
Lazlo
Lestrange, un jeune homme orphelin, est fasciné par la mystérieuse
citée nommée Désolation. Cette ville pourvue de mille richesses et
savoirs s’est coupée du monde il y a deux siècles. Personne ne
sait si les habitants sont morts ou s’ils se sont volontairement
coupés du monde. Alors que Lazlo parvient à devenir bibliothécaire
dans le plus grand institut de la ville, des guerriers originaires de
la Cité Mystérieuse débarquent dans la ville. Ils sont à la
recherche d’érudits susceptibles d’aider leur ville. Même s’il
ignore le problème que rencontre Désolation, Lazlo est déterminé
à participer à l’aventure. Il va alors changer son destin à tout
jamais…
Ce
roman est un véritable coup de cœur ! Je n’avais jamais
entendu parler de cette histoire et je l’ai emprunté un peu par
hasard à la bibliothèque sur les conseils d’une amie. J’ai été
charmée par ma lecture.
Le
personnage principal tout d’abord, est très attachant. Lazlo est
un être calme, doux et désintéressé mais il fait aussi preuve
d’une volonté hors du commun pour accomplir son rêve. Il va
évoluer tout au long du roman et devenir plus fort et plus sûr de
lui. J’ai adoré le suivre dans ses aventures.
Pour
qu’un héros soit attachant, il faut aussi qu’il est un ennemi
que l’on aime détester. C’est le cas ici avec Thyon Néro, un
alchimiste que Lazlo s’est mis à dos. Alors qu’il l’a aidé à
réaliser de l’or, l’arrogant personnage use de son pouvoir pour
s’approprier les documents de Lazlo sur Désolation et ainsi de se
faire bien voir par les guerriers de la citée. Cependant, il a un
côté attachant de par sa fragilité, la pression qui pèse sur ses
épaules, (son père et la reine le presse de faire des découvertes
extraordinaires). Ses interactions avec Lazlo donnent aussi lieu à
des dialogues comiques qui m’ont fait beaucoup rire.
Je ne
peux m’étendre davantage sur les autres personnages pour ne pas
vous gâcher la surprise, mais je les ai beaucoup apprécié
également. Nous suivons notamment une jeune fille nommée Sarai qui
a le pouvoir de s’introduire dans les rêves des gens. Son pouvoir
est présenté de façon très originale. J’ai aussi été fascinée
et écœurée par Minya, une fillette cruelle qui peut contrôler les
fantômes. Je ne peux vous en dire plus sur ces protagonistes, mais
je vous enjoins fortement à les découvrir.
J’ai
aussi adoré la façon dont l’auteure a conçu son univers. Il est
exactement tel qu’on l’attend d’un roman fantasy : riche,
complexe, bien décrit et bien imaginé. Le style de Laini Taylor est
aussi très bon. Elle a un ton qui rappelle à la fois celui des
contes et des romans d’aventure. Il est assez soutenu sans être
barbant ou difficile à lire.
Bref ce
roman est une excellente surprise, je suis ravie de l’avoir
découvert. Le seul défaut est que ce n’est qu’un tome 1 et j’ai
vraiment hâte de connaître la suite ! La suite est déjà paru
en anglais, The Muse of Nightmare, mais je ne sais pas quand elle
sortira en français. Je suivrai cependant attentivement l’évolution
de la série.
Le
Faiseur de rêves de Laini
Taylor publié aux éditions Lumen.
Des livres uniques à nos yeux de lecteurs parce qu’ils nous
font vibrer, voyager, rêver. Ils nous marquent pour toute notre existence, et
nous avons plaisir à les relire encore et encore. Parfois, nous souhaitons même
oublier l’histoire de ces livres afin de les redécouvrir à nouveau. Nous
désirons en parler à la terre entière, mais dans le même temps nous voudrions
que les personnages n’appartiennent qu’à nous.
La saga La Passe-Miroir a définitivement changé ma
vie de dévoreuse de livres. L’auteur a réussi à créer un univers fantastique,
riche, complet, des personnages attachants, une intrigue originale et bien
travaillée. La force de cette série est également qu’elle peut être appréciée à
la fois par les enfants, les adolescents, et les adultes ! Il n’y a pas
d’âge pour rencontrer les protagonistes de Christelle Dabos.
Un petit rappel s’impose : dans le tome 1, nous
découvrons un monde où la Terre a explosé et s’est scindée en plusieurs arches.
Sur chaque arches, les habitants possèdent des pouvoirs particuliers. Notre
héroïne, Ophélie, une jeune fille discrète, réservée et maladroite est une
animiste. Elle peut donc manipuler les objets. Sa spécialité est cependant
assez atypique : c’est un liseuse, c’est-à-dire qu’elle est capable
de découvrir le passé des objets en les touchant avec ses doigts. Elle a également
la faculté de traverser les miroirs.
Sa vie bascule définitivement lorsqu’elle est forcée
d’épouser Thorn, un membre du clan des Dragons. La jeune femme doit le suivre
sur une autre arche, le Pôle, loin de sa famille et de tout ce qu’elle a connu.
Ophélie se rend rapidement à l’évidence : ce mariage n’a pas seulement
pour but de satisfaire sa famille et celle de son époux. Il se trame quelque
chose de bien plus sordide au Pôle… mais quoi donc ?
Dans La Mémoire de Babel, Christelle Dabos nous fait
découvrir une nouvelle facette de son univers, qui est, comme toujours, décrite
avec force de détails. Nous rencontrons de nouveaux personnages, sans pour
autant délaisser les protagonistes principaux. La cité de Bablel, qui peut
paraître avant-gardiste et cosmopolite, n’est pas si ouverte et tolérante.
Comme au Pôle, tous les coups sont permis, et Ophélie se retrouve une fois de
plus entourée d’ennemis. La plume de l’auteur est toujours aussi riche et
fluide, nous ne sentons pas les pages défiler sous nos doigts ! La fin
est saisissante ! A lire absolument !
ATTENTION : Nous entrons dans la partie spoiler !
Je vous conseille, non je vous ordonne, je vous admoneste, je vous supplie de
ne pas lire la suite de cette chronique si vous n’avez pas déjà dévoré les
tomes 2 et 3 de La Passe-Miroir. Vous serez déçus de vous être laissé
tenter ! Donc, éteignez votre ordinateur, enfilez votre écharpe, (même
s’il fait chaud, on n’abandonne pas son écharpe comme ça voyons), et courrez
dans la librairie la plus proche pour acheter Les disparus du Clairdelune et
La Mémoire de Babel.
Bien. Maintenant que nous sommes entre liseurs
assidus, disons le sans détour…. CE TOME 3 ETAIT
GENIAL !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Pour commencer, j’ai adoré la façon dont Archibald vient
chercher Ophélie sur Anima, accompagné de Gaëlle et Renard ! Christelle
Dabos nous propose ici un rebondissement inattendu et nous permet également de
retrouver nos personnages préférés. J’ai également apprécié l’évolution de
notre libertin en chef, ainsi que le fait qu’il possède un nouveau pouvoir.
De plus j’ai trouvé très intéressant que l’auteur nous fasse
découvrir les pensées de Victoire, la fille de Farouk. Nous avons un autre
point de vue sur des personnages tels que Berenilde ou la Tante Roseline. De
plus, son pouvoir, la capacité à dissocier son esprit de son corps, nous laisse
imaginer de nombreux rebondissements futurs. Ensuite, le fait qu’elle soit
incapable de marcher ou de communiquer la fait paraître d’une étonnante
fragilité. Ce mélange de force et de faiblesse n’est pas sans rappeler la
personnalité de Farouk, un être possédant des pouvoirs exceptionnels couplés à
une mémoire défectueuse. Pour une fois, l’enfant de deux protagonistes
puissants n’est pas tout de suite capable de maîtriser ses pouvoirs. Je suis
persuadée que ce tome ne nous présente pas d’emblée toutes les capacités de
Victoire afin ménager un suspense pour le tome 4.
Mais l’évolution la plus appréciable est celle d’Ophélie et
Thorn ! Après deux ans, la jeune femme retrouve enfin celui qu’elle aime,
pourtant elle peine à lui avouer ses sentiments. J’ai grommelé lorsqu’ils se
défiaient mutuellement, lorsqu’ils se disputaient, faisaient de mauvais choix
en croyant aider l’autre, et souri jusqu’aux oreilles quand enfin Ophélie a fait
sa déclaration. A la fin de ce tome 3, notre animiste a gagné en maturité et en
confiance en elle. Thorn, dont l’évolution avait été spectaculaire dans le tome
2, est toujours rigide et peu souriant, mais il s’est adouci aux côtés de la
jeune fille.
J’ai aussi été charmée par les conséquences de la cérémonie
du Don effectuée dans le tome 2 : Thorn peut désormais animer les objets
ou passer les miroirs et Ophélie faire usage de ses griffes contre ses ennemis.
Enfin, l’identité de Dieu m’a clouée sur place ! Ainsi
donc, Dieu, ou plutôt Eulalie Dilleux, serait une romancière qui aurait
anticipé la Déchirure ? Je trouve le choix de Christelle Dabos amusant et
en même temps révélateur sur l’emprise des mots et de l’écrivain sur le
lecteur… Regardons-nous par exemple, ne sommes-nous pas envoûtés par cette
saga ?
Une chose est certaine, l’attente jusqu’au tome 4 va être
très longue, je comprends maintenant pleinement la douloureuse impatience de
ceux qui ont dû nager en plein suspense jusqu’à la sortie du tome 7 d’Harry
Potter !
Mais dans le même temps, je ne suis pas pressée de quitter
Ophélie et Thorn.
Bonne relecture de la saga. :-)
Ma chronique sur les tomes 1 et 2 : suivez l'écharpe Le site de Christelle Dabos : suivez l'écharpe
Ma chronique sur le tome 4 : suivez l'écharpe La Passe-Miroir de Christelle Dabos publié aux éditions Gallimard.
Chose promise, chose dûe, voici ma critique de La Passe-Miroir !
Nous y suivons Ophélie, une jeune fille timide et maladroite qui possède des pouvoirs étonnants: c'est une liseuse, c'est-à-dire qu'elle peut savoir, en effleurant un objet, le nom de son propriétaire, ou la personne qui l'a tenu entre ses mains avant elle. Ophélie peut également traverser les miroirs. Sa vie va brusquement basculer lorsqu'elle se voit contrainte d'épouser Thorn, un membre du puissant clan des Dragons. La jeune femme va devoir le suivre au Pôle, à la Cour, où les machinations se succèdent.
A première vue, nous pouvons penser qu'il s'agit d'un roman fantasy comme les autres. Mais Christelle Dabos nous transporte à travers une plume magnifique dans un univers riche et complexe. Nous adhérons à l'histoire dès les premières lignes ! Les personnages sont plus surprenants les uns que les autres, nous nous attachons rapidement à l'héroïne et à ses maladresses. Ces romans mêlent, en plus de la fantasy, de l'aventure, du suspense et une pointe de romantisme, (mais sans tomber dans la mièvrerie). Seuls deux tomes sont parus (la série en compte quatre), cependant, la suite s'annonce très prometteuse !
Dès que l'on a ouvert La Passe-Miroir on brûle de connaître la suite et on peine à lire autre chose !
Pour suivre toute l'actualité de La Passe-Miroir, voici le site de l'auteur : ici
Galymède, une fée blanche, vit incognito dans le monde des
humains. Elle mène une petite vie tranquille, tentant tant bien que mal de
s’adapter au monde moderne où les Hommes ne croient plus en elle. La morosité
s’empare peu à peu de Galymède. Elle commence à se transformer en fée noire, un être maléfique. Pour remédier à cela, elle va se lancer dans une quête,
au cœur de Féerie, le pays où vivent les créatures magiques. Accompagnée par
son ami le Grand (et plus si méchant) Loup, d’un nain, d’une gargouille de
pierre, et d’un elfe, Galymède va s’efforcer de retrouver le goût de vivre… et
sa couleur blanche !
J’ai adoré le roman de Maëlle Fierpied. Galymède a un
caractère bien trempé et m’a fait beaucoup rire. Les autres personnages sont
uniques et attachants, et les péripéties s’enchaînent à une vitesse
vertigineuse. L’intrigue est bien menée, et le monde construit par l’auteur est
riche en détails. Le style de Maëlle Fierpied est très fluide et agréable, une
très bonne lecture !
Galymède fée blanche, ombre de Thym publié aux éditions L' Ecole des loisirs.