Depuis toujours, Laurent se sent femme au fond de lui. Ne
voulant pas écouter cette facette de lui-même, il n’en touche pas un mot à son épouse Solange ou à ses deux enfants et va danser au Zanzibar, un lieu où se
retrouvent d’autres transsexuels. Mais une petite erreur fera basculer toute son existence…
J’avais très envie de découvrir Point Cardinal car je n'avais jamais lu de romans évoquant la transsexualité. Je
n’ai pas été déçue. Léonor De Récondo décrit avec beaucoup de justesse les
doutes qu’éprouve Laurent, son impression de ne pas être normal. Elle nous
montre également combien la transsexualité est méconnue et qu’il existe très peu
de psychologues aptes à conseiller et à orienter les personnes concernées.
L’auteure peut aussi utiliser une écriture tranchante et un
langage très cru pour nous décrire les réactions parfois hostiles des proches
de Laurent. L’évolution de Sophie, qui passe peu à peu de la stupéfaction au rejet, puis finalement à un début d'acceptation, est intéressante et réaliste. De même le comportement des enfants est aussi instructif et là encore fidèle à la réalité.
Enfin les chapitres sont très courts ce qui rend la lecture
rapide et agréable, j’ai dévoré le livre en quelques jours à peine.
Point Cardinal de Léonor De Récondo publié aux éditions Sabine Wespieser
Emma, une jeune fille de 21 ans, souffre d’une maladie
incurable qu’elle surnomme Becky. Alors qu’elle se sait condamnée, elle décide
de se rendre à New York, la ville de tous les possibles. Là, elle devient
assistante du célèbre Andrew Anderson, un jeune homme à la tête d’une immense
entreprise spécialisée dans le sang synthétique. Mais le PDG a un terrible
secret… et si ce-dernier pouvait aider Emma à guérir ?
Le plus difficile, lorsque l’on critique un livre, est de ne
pas tenir compte de l’affection que l’on éprouve pour l’auteure. Nine Gorman est
en effet une booktubeuse que j’apprécie beaucoup. Malheureusement, on ne peut
pas dire que son livre soit un coup de cœur.
Ce roman traite de vampires, nous le comprenons assez rapidement
dès le début de l’intrigue.
Avant d’aborder les points qui m’ont dérangée, je
vais lister ce qui m’a plu dans Le Pacte d’Emma. Tout d’abord, j’ai bien
aimé que l’action se déroule à New York et l’idée que le vampire dirige une
grande entreprise. De plus, le personnage d’Andrew, est plutôt sympathique et
assez drôle.
Cependant, ma lecture a été gâchée par plusieurs aspects.
Premièrement, j’ai trouvé que le pacte qu’Emma passe avec Andrew est rapidement relégué au second plan, éclipsé par la romance. J’ai
trouvé ce choix regrettable, j’espérais que la jeune fille tenterait davantage
de négocier ou que l’on y reviendrait plus souvent au fil de l’histoire.
Ensuite, ce livre de vampires ne sort pas de l’ordinaire et
ne bouleverse pas les codes du genre. Nous reconnaissons beaucoup ses sources
d’inspirations (Twilight, Vampires Diaries, True Blood). Je sais qu’il
est difficile d’innover, surtout quand le sujet a été abondamment traité, mais
Nine aurait pu tenter de nouvelles approches.
Par exemple, pourquoi les vampires sont-ils toujours
riches ? Ne pourrait-on pas créer des créatures sans le sou incapable de
comprendre l’économie moderne ? De plus, la relation de haine et de
fascination entre Emma et Andrew est prévisible.
Ensuite, le fait que la jeune fille, qui se définit comme quelconque
et n’a pas eu d’amis dans sa ville natale, se fasse courtiser par de nombreux
garçons, est assez peu crédible voire même agaçant. Ensuite, le contraste entre
les deux frères (Andrew, le méchant sanguinaire, qui aime boire le sang des
humains, et Matthew, plus gentil, essayant de boire du sang d’animal) n’est pas
sans rappeler les frères Stephen et Daimon dans Vampires Diaries. Nine
aurait pu se détacher de ces personnalités de base et essayer de les étoffer.
Enfin, je trouve que la romance prend trop de place par
rapport au monde des vampires. En effet, même si c'est le
tome 1, je trouve que l’on en apprend finalement peu sur ces créatures, nous ne
savons pas s’il existe d’autres immortels mis à part Andrew et son frère.
Cependant, la fin a malgré tout réussi à me surprendre.
Même si le roman n’a pas été un coup de cœur, je félicite la
booktubeuse d’avoir réussi à publier son premier roman.
Aza, 18 ans, souffre de troubles de l’anxiété. L’idée d’être
contaminée par une maladie la stresse au plus haut point, si bien qu’elle a des difficultés à
suivre une conversation ou à entretenir des relations normales avec les autres.
Lorsqu’elle est prise dans la spirale de ses pensées, la jeune fille ne peut
plus en sortir. Malgré cela, elle a une meilleure amie nommée Daisy, auteur de
fanfictions sur Chewbacca et Rey. Cette dernière va l’entraîner dans une
enquête mêlant un ancien ami d’enfance, une histoire d’amour assez
particulière, un milliardaire en fuite et un tuatara, une créature pouvant
vivre jusqu’à un âge avancé.
Ce roman est une excellente surprise. Au départ, je
craignais de me retrouver face à une romance classique et peu travaillée, mais
John Green sait rendre son histoire captivante.
Pour commencer, les personnages sont vraiment atypiques et
attachants. Aza, m’a énormément touchée, j’ai ressenti de la compassion pour
elle, en découvrant ses troubles de l’anxiété, qui parasitent sa vie et dont
elle peine à se libérer. Nous sentons les efforts qu’elle effectue, sa rage de
ne pouvoir être comme les autres.
Daisy, l’amie de la jeune fille est aussi fascinante. Le
fait qu’elle écrive des fanfictions sur Chewbacca et Rey, de Star Wars, m’a
beaucoup amusée. Ensuite, c’est elle qui amène de l’action dans le roman,
rendant l’histoire plus mouvementée. Enfin, malgré le fait qu’elle aime Aza et
qu’elle supporte ses crises d’angoisses, il est intéressant d’observer comment
elle peut aussi être agacée par la chose. Elle met également son amie devant
ses défauts, notamment le fait qu’elle puisse être assez égoïste et centrée sur
elle-même. La maladie d’Aza est perçue à la fois de l’intérieur et de
l’extérieur, rendant le roman complet et prenant.
David, l’ami d’enfance d’Aza, apporte une touche littéraire
et philosophique au roman. Passionné d’astronomie, il tient également un blog
où il poste à la fois son ressenti du moment et des citations d’auteurs. Nous percevons sa tristesse, son dégoût et sa fureur à l’égard de son père qui l’a
abandonné, sa solitude, car, même s’il est riche et qu’il semble tout posséder,
il se sent au fond démuni. Ce n’est pas un jeune homme prétentieux, essayant
de dominer les autres, mais un adolescent sensible, ce qui change de la
représentation habituelle que l’on peut faire des protagonistes aisés dans les
romans Young Adult. Le fait qu’il cherche à comprendre Aza, à accepter ses
troubles du comportement, en font un personnage attachant.
L’intrigue est aussi bien menée. L’enquête, qui est le point
de départ du livre, ne prend finalement qu’une petite partie de Tortues à
l’infini. Mais cela n’a pas d’importance, le plus intéressant est de se
pencher sur la vie d’Aza, sa souffrance, les réflexions des adolescents sur le
monde qui les entoure, leur rêves, leurs espoirs.
L’un des points qui m’a semblé le plus réussi est la
relation entre Aza et David. Ce n’est pas une histoire d’amour passionnée,
c’est une relation plus complexe que cela. Elle également très réaliste. Nous
le sentons notamment à fin du roman.
Je vous conseille donc chaleureusement le roman de John
Green !
Tortues à l'infini John Green publié aux éditions Gallimard Jeunesse.
Si vou s n'avez pas lu le tome 1, le lien de mon article se trouve ici.
Scarlet, une jeune marchande de légumes, est bouleversée par la disparition de sa grand-mère, qui s'occupe d'elle depuis son plus jeune âge. Elle va tout mettre en oeuvre pour la retrouver, même s'il lui faut pour cela s'associer au mystérieux Loup, qui semble cacher un lourd secret. Dans le même temps, les autorités recherchent activement une mécanicienne cyborg nommée Linh Cinder, qui s'est échappée de prison. Et si les chemins des deux jeunes filles finissaient par se croiser ? Et qu'en est-il de Levana, la terrible reine de la Lune ? Va-t-elle attaquer la Terre ou renoncer à ses projets ?
Dans ce deuxième tome, l'auteur continue son idée de réécriture de conte. Ici, nous sommes donc face au Petit Chaperon Rouge mêlé à de la dystopie. Ce récit, comme dans le premier tome, présente quelques défauts, mais pourtant, il m'a davantage plu que le tome 1.
Pour commencer, l'héroïne, Scarlet, tout comme Cinder, est attachante. J'ai adoré découvrir son histoire, son univers (ici l'action se situe davantage en France).
L'intrigue m'a également beaucoup plus transportée que dans le tome précédent, les révélations m'ont davantage surprise, même si je pouvais deviner certains points.
Nous retrouvons aussi les protagonistes sympathiques telle que Iko, mais également de nouveaux personnages amusants comme le Capitaine Thorn. La fin nous donne envie de lire la suite. J'ai d'ailleurs apprécié observer notre mécanicienne apprendre à se servir de ses pouvoirs de lunaire. Le fait qu'elle se pose des questions éthiques sur la façon de les utiliser (les lunaires peuvent générer des illusions), nous montre bien que la jeune flle est mature et a le sens des responsabilités.
Seule la romance entre Scarlet et Loup m'a semblée un peu rapide, bien qu'elle m'ait moins agacée que celle entre Cinder et Kai. De plus, les descriptions des personnages, tous merveilleusement séduisants, m'ont fait grincer des dents, rendant le récit moins mature à mon goût. Mais j'ai pu faire abstraction de ces points et ils ne m'ont pas gêné dans ma lecture.
J'ai donc envie de poursuivre cette saga avec le tome 3 Cress.
Les Chroniques Lunaires, tome 2 : Scarlet de Marissa Meyer, publié aux éditions Pocket Jeunesse.
Suite à une guerre ayant ravagé son village, M. Linh émigre avec sa petite fille vers un pays lointain, laissant tout ce qu'il connaît derrière lui. Il va devoir apprendre à vivre dans une ville immense, alors qu'il ne parle pas un mot de la langue de son pays d'accueil. Sa principale prioritée est de protéger sa petite fille. M. Linh va avoir affaire à des personnes froides et sans aménité mais également à des êtres doués d'une profonde empathie, notamment un certain M. Blank.
Ce très court roman est une excellente surprise, je ne m'attendais pas du tout à une telle histoire. Nous découvrons à la fois le récit d'une belle amitié, un style très poétique mais nous ressentons aussi une grande tristesse lorsque la vérité sur la petite fille de M. Linh est révélée. Philippe Claudel parvient également à nous faire ressentir la souffrance des immigrants qui doivent quitter leur pays suite à des guerres et les traumatismes qui peuvent en résulter. A découvrir absolument !
La petite fille de M. Linh publié aux éditions Stock.
In 1962, in Jackson, Mississippi, black people and white people are separated. Colored people and white people are not allowed to share toilets, they mustn't get married. But at the same time, Martin Luther King and the NAACP fight for equality between all communities. Could the things change in the South of United States?
That's what hopes Aibeleen, an old black maid who loves taking care of white babies, Minnie, her best friend who has a sharp tongue and Miss Skeeter, a wealthy white woman who wants to write a book about being a black help in Mississippi. But some people are determined to stop them...
I was totally taken by The help. I loved the characters, these women are wonderful, strong and endearing. I was very interested with the maids' everyday life. The link between Aibileen and Mae Mobley, Aibileen's mistress, is very touching. Thanks to her, the little girl is loved, encouraged. I was also stunned by the coldness of Mae Mobley's mother.
Moreover, I loved Minny's strength, her fight to feed her family. Her relationship with her employer, Miss Celia, is very interesting, touching. Even if Minny is annoyed by the woman, she has pity of her.
Finally, I identify with Skeeter, because I dream of being writer too. Furthermore, I appreciated the evolution of this character through the novel. At the beginning, Skeeter is very innocent, naïve, she doesn't realize how her project can be dangerous, for her and the too maids. Then she becomes aware of the risks, but even at this time, she doesn't give up. I loved her determination.
So, read The help! You won't be disappointed!
The help by Kathryn Stockett published by Penguin Books / Editions Actes Sud en français.
Joyeux Halloween ! Voici quelques livres pour vous mettre dans l'ambiance !
Marche ou crève de Stephen King :
Qui a dit que le sport était forcément bon pour la
santé ? Dans certains cas extrêmes il peut avoir des effets dévastateurs
et parfois même mortels. C’est ce que va découvrir un groupe de 100 jeunes
garçons participant à une course bien particulière, La Longue Marche. Le but de
l’épreuve est simple : ils doivent marcher sans s’arrêter jusqu’à la ligne
d’arrivée. La course dure plusieurs jours et couvre de nombreux kilomètres. Le
gagnant peut demander ce qu’il veut et est couvert d’or. Mais les risques sont
élevés. En effet, si un des coureurs s’arrête, il dispose de trois
avertissements avant de « prendre son ticket », c’est-à-dire être
tué.
Dans ce court roman, Stephen King n’est pas dans le genre
horrifique mais plutôt angoissant. Si la course peut paraître simple de prime
abord, nous nous rendons vite compte que les plus petites douleurs du quotidien
telles que les ampoules, les crampes, prennent des proportions effroyables,
puisque les coureurs ne peuvent pas s’arrêter. Nous découvrons les personnages
de façon très particulière, à travers les souvenirs qui remontent à la surface
pendant qu’ils marchent, les questions qu’ils se posent les uns aux autres.
C’est un des points les plus étonnants du livre, les protagonistes, malgré le
fait qu’ils soient adversaires dans une lutte mortelle, nouent des liens entre
eux.
King dépeint notamment la camaraderie qui naît entre Garry
et McVries, deux adolescents que nous suivons une grande partie de la course.
Ils se sauvent mutuellement la vie à plusieurs reprises. Les relations entre
les coureurs sont en général un mélange d’amitié, de brusquerie, de camaraderie
et de détresse. Le plus stupéfiant est aussi que de nombreux coureurs ne savent
pas véritablement pourquoi ils se sont engagés dans ce jeu mortel. Certains
désirent simplement mourir.
La Longue Marche permet aussi de révéler les aspects les
plus sombres des candidats, la part de folie qui les habite. La dégradation
progressive de certains adolescents, notamment d’Olson, est effrayante. Stephen
King nous fait comprendre que ce qui compte dans l’épreuve est autant le mental
que le physique. Des personnages qui paraissent résistants au premier abord
s’effondrent très vite alors que des garçons frêles mais ayant une parfaite
maîtrise de leur stress tiennent très longtemps.
L’auteur parvient aussi à nous décrire brièvement le
contexte de son histoire, bien que le plus important soit la course. Nous
comprenons que le monde dans lequel évoluent nos héros est une dictature, où
les habitants sont surveillés et écoutés par l’Escouade. Le Commandant, une
figure mystérieuse et charismatique, incarne la figure du tyran.
La grande force de Marche ou crève est enfin son côté
addictif, nous ne pouvons pas cesser de lire ! L’histoire est angoissante
et passionnante, parfaite pour Halloween !
Marche ou crève de Stephen King publié aux éditions Le Livre de Poche.
Au premier abord, Zombillénium semble être un parc
d’attraction comme les autres, où l’horreur est à l’honneur. Mais les créatures
que les visiteurs prennent pour des comédiens sont en réalité de véritables
monstres ! Quant au directeur du parc, il n’est autre qu’un vampire. C’est
ce que va découvrir un jeune mortel malencontreusement écrasé par ce-dernier
puis ramené à la vie. En effet, toutes les personnes ressuscitées par une
créature fantastiques doivent travailler à Zombillénium. Mais derrière un
simple recrutement pour l’éternité se cache une vérité plus sombre. Et les
choses ne s’arrangent pas lorsque le parc est sujet à un remaniement musclé…
Vivants, prenez garde !
Cette BD est une excellent surprise ! Elle correspond
tout à fait à la période d’Halloween puisqu’elle met scène des créatures telles
que des sorcières, des zombies, des vampires, des démons et des fantômes. Elle
est idéale pour la jeunesse puisqu’elle ne fait pas peur. Mais elle peut aussi
convenir aux adultes car bien que les employés soient des monstres, ils sont
sujets au mêmes problèmes que les vivants. En effet, les créatures, et
notamment les zombies, demandent des augmentations de salaire, créent des
syndicats et manifestent quant ils ne sont pas d’accord avec les décisions de
la direction.
A travers les monstres, l’auteur fait une critique et une
satire du monde du travail, ce qui est original et innovant dans une
bande-dessinée fantastique et pour la jeunesse.
Les personnages sont très attachants. J’ai particulièrement
apprécié la sorcière Gretchen que nous suivons en plus du jeune mortel. Elle a
un caractère bien trempé, une répartie désarmante et une puissance hors du
commun. Sans compter que son père n’est pas n’importe qui… J’ai hâte de la
découvrir dans les autres tomes !
Le seul petit bémol est que le tome 3 est paru en 2013 et
depuis… plus rien ! J’espère que les prochains vont paraître rapidement…
notamment parce qu’un film sort à l’occasion d’Halloween !
Zombillénium de Arthur de Pins publié aux éditions Dupuis.
La bande annonce du film :
L’enfant et le maudit de Nagabe (série en cours, deux tomes parus en VF)
Le monde est divisé en deux camps : l’intérieur, où
vivent les humains et l’extérieur où vivent d’étranges créatures nommées les
maudits. Si un maudit touche un humain, ce dernier se transforme en maudit
également. C’est pourquoi ils sont combattus et chassés.
Malgré ce danger, Sheeva, une petite fille humaine, vit avec
un maudit qu’elle nomme le professeur. Celui-ci veille sur elle, (en lui
interdisant de le toucher), en attendant le retour de sa tante. Mais en
réalité, cette-dernière pourrait bien ne jamais revenir… Et qui est l’auteur de
la malédiction dont a été victime le professeur ? Enfin, pourquoi Sheeva
semble-t-elle ne pas être affectée par la malédiction ?
Ce manga mystérieux, n’est pas effrayant, mais les créatures
qui le peuplent, le trait de crayon très sombre et le suspense du récit, en
font une lecture idéale pour cette période. La relation qu’entretiennent Sheeva
et le professeur est très touchante. Sheeva ne craint pas du tout l’apparence
de son ami et est vive, innocente et joyeuse, sans être idiote ou agaçante.
Elle sent que son professeur est inquiet, bien qu’il tente de le cacher. C’est
également assez amusant de voir une créature telle que lui se plier au désir
d’une enfant et fondre devant ses joues roses et ses yeux rieurs.
Malheureusement je trouve que ces deux tomes nous laissent
un peu sur notre faim, nous n’en savons pas beaucoup plus sur l’identité du
professeur, sur la malédiction, à la fin du tome 2. J’espère que le tome 3 va
résoudre nos interrogations !
L'enfant et le maudit publié chez Komikku Editions.
L’affaire JenniferJones d’Anne Cassidy.
Son histoire a défrayé les chroniques de tout le pays. Son
nom a été sur toutes les lèvres, prononcé avec un mélange de fascination, de
dégoût et d’effroi. Jennifer Jones, alias JJ a tué sa meilleure amie alors
qu’elle n’avait que dix ans. Des questions se succèdent sur toutes les
lèvres : comment une enfant de dix ans peut-elle en arriver à commettre un
meurtre ? Une fois sa peine purgée, doit-on la laisser sortir de
prison ? Peut-elle reprendre une vie normale ?
Sept ans plus tard, Alice Tully vit une existence paisible,
avec un petit ami aimant et un travail dans un café. Mais son passé est
toujours en elle, avec les remords et la crainte que son identité soit révélée
au grand jour.
Ce roman est une bonne lecture. Tout d’abord, l’auteur a
l’idée ingénieuse de nous présenter son héroïne de façon à ce que l’on ne sache
rien de son passé tortueux, ce qui nous amène à avoir un regard neutre et
objectif sur elle. Ensuite, Anne Cassidy parvient à ne pas être dans le cliché
de l’enfant malsaine, avec un comportement dérangeant, qui peuple les romans
d’horreurs. Jennifer est dépeinte comme une enfant ordinaire, malgré le fait
que le milieu dans lequel elle vit ne l’est pas.
Une des forces du roman est que Cassidy effectue des retours
en arrière afin de nous présenter l’enfance de son héroïne. Cela permet de
poser le contexte dans lequel le meurtre a été réalisé. A travers le point de
vue de la fillette, nous comprenons comment elle a pu en arriver à commettre
l’irréparable. L’auteur a la qualité de décrire avec subtilité, sans pathos et
sans exagération, les rapports difficiles que Jennifer entretient avec sa mère.
Anne Cassidy dépeint aussi avec brio la vie d’Alice Tully,
les remords qu’elle peut éprouver, la crainte que tout se sache, l’espoir de
mener une vie normale.
Ce roman a un côté addictif, l’auteur instaure une climat de
tension qui fait que nous ne pouvons nous empêcher de tourner les pages. Je
pense malgré tout qu’elle aurait pu prendre davantage le temps d’approfondir
certains passages, comme par exemple détailler davantage les relations de
Jennifer avec les parents de la victime…
Enfin, Anne Cassidy a accompli le tour de force de nous
faire apprécier une personne que l’on devrait détester.
L’affaire Jennifer Jones est donc une bonne lecture
pour découvrir les thrillers et les romans policiers !
L'affaire Jennifer Jones d'Anne Cassidy publié aux éditions Milan.